Aventure sur la Brèche de Roland - Destination Reportage

Aventure sur la Brèche de Roland

Funambulism on "La Brèche de Roland" (France)

L’histoire n’a pas fait le tour du monde, mais elle aura fait le tour de la presse régionale et nationale en France. Retour sur l’aventure de Pyrénaline sur la Brèche de Roland.

« Mec, on va partir mettre la ligne sur la Brèche de Roland la semaine prochaine, faut que tu viennes faire des photos de ça ! » En général, un reportage avec Pyrénaline commence souvent comme cela, par un coup de fil à la fois perturbant et excitant, même si à la longue, on s’y fait. Le temps de faire un peu de ménage dans l’emploi du temps, sortir le sac de montagne et charger les batteries des boîtiers, et c’est parti pour une nouvelle aventure !

LA ligne des Pyrénées

Ce projet avait deux raisons d’être. La première pour Gautier, à l’initiative de cette expédition, était de réaliser un rêve de longue date. Dans la voiture pour Gavarnie, il me confie avoir commencé la highline dans le but de traverser celle-là « Rolande je mourrirai pour toi ! » lance-t-il, détournant la célèbre devise du Groland. La deuxième raison est le film de Laurent Triay, « De fil en aiguille », dont le tournage a débuté plusieurs mois et passe par plusieurs endroits clés des Pyrénées. Toujours sans véritable commande pour la presse, je me retrouve embeded dans cette nouvelle expédition, avec surtout l’envie de revenir au pied de ces imposantes falaises, redécouvrir cette légendaire Brèche de Roland que j’avais déjà admiré lors d’une randonnées familiales plus de 10 ans auparavant.

Une mission pas si simple

Sans autorisation, mais sans interdiction, l’expédition se monte rapidement et nous sommes alors une petite dizaine de « randonneurs » à rejoindre le refuge des Sarradets, première étape de l’aventure. Et le mot aventure est loin d’être mal choisi. Car même si la marche d’approche est une véritable promenade de santé comparée à certaines sorties Pyrénaline (seulement une poignée d’heures de marche avec un vrai sentier et à peine quelques centaines de mètres de dénivelés, easy !), le poids des sacs et l’invalidité partielle de Paulo et Gautier pour cause de blessure, ajoutent un peu de « piquant » à l’aventure.

Funambulism on "La Brèche de Roland" (France)

En effet, la veille du départ, Gautier ayant chuté depuis sa longline tendue dans un parc toulousain, s’est fait mal au coccyx et à la jambe. Mais peu importe, même en boitant, le Toulousain arrivera à atteindre son objectif. Paulo, deuxième co-fondateur de l’équipe n’est lui non plus pas au top de sa forme. Après un accident de parachutisme, ce dernier a du passé par la case opération et se retrouve avec un doigt bourré de ferraille, enveloppé dans une attelle. Un handicap qui ne l’empêche pas, lui non plus, d’être de la partie. « A défaut de pouvoir slacker, je fais le sherpa », lâche-t-il avec son éternel sourire.

Lorsque l’on est passionné de slackline comme Gautier et les autres membres de Pyrénaline, une Brèche de Roland semble être une complète évidence. Tendue à 2800 mètres d’altitude et entre de falaises de 100 mètres de haut, cette slackline serait la plus haute des Pyrénées aussi bien français qu’espagnols.

Funambulism on "La Brèche de Roland" (France)

Cependant la tâche n’est pas des plus évidente. Afin d’accéder au sommets des dites falaises, les Toulousains ont fait appel à deux amis grimpeurs afin d’installer une corde fixe et permettre aux autres de monter. Tandis que Guillaume et Bastien escaladent la partie de gauche, Julien, membre des Skyliners et lui aussi à l’initiative du projet avec Gautier, contourne seul la deuxième falaise et crapahute au sommet. Une fois en haut, c’est la surprise. Des ancrages sont déjà présents. Plus tard, nous apprendrons qu’une tyrolienne a été, dans un passé inconnu (et c’est pas faute d’avoir cherché !) installée sur la Brèche. Il est 18 heures. Nous redescendons au refuge.

Funambulism on "La Brèche de Roland" (France)

Installation express

Après une nuit au chaud dans le refuge, nous partons pour le pied de la Brèche avant le lever du soleil. Armé de frontales pour nous guider dans l’obscurité, nous devons faire face à un obstacle assez gênant. La dernière partie de la marche d’approche est recouverte de neige éternelle ayant glacé dans la nuit. La pente est peu élevée mais dénuée de sentier et surtout d’accroche pour les chaussures (bien sûr nous n’avons pas de crampons). Utilisant de rares cailloux en guise de piolets, nous progressons lentement sur la glace. La situation me ferait sourire, si je n’avais pas autant de matériel photo sur le dos. La simple pensée de glisser et rouler plusieurs mètres en contrebas et de massacrer ainsi mes optiques et mes boitiers me terrifie… Tandis que nous arrivons presque au bout, Gautier qui se trouve quelques mètres au dessus de moi, lâche un cri de douleur et commence à dévaler la pente. A mesure que sa jambe, qui lui fait souffrir, racle sur la glace, il hurle de douleur. Me trouvant sur sa trajectoire, j’arrive alors à le rattraper en prenant garde de pas poursuivre la partie de luge sans luge avec lui.

Une fois arrivés au pied de la Brèche, et alors remis de nos émotions, le soleil commence tout juste à se lever. Le paysage est à couper le souffle ! La lumière est complètement délirante. C’est une belle journée qui s’annonce.

L’installation de la highline peut alors commencer. Nous nous mettons d’accord avec Laurent : il filmera en haut, je prendrai des photos en bas. Ce choix n’est pas pour me déplaire, n’ayant pas encore été formé à la remontée sur corde, notamment sur une falaise de 100 mètres… Et puis, quelque chose me dit que les photos d’en bas, illustrant l’imposante Brèche de Roland sont bien plus significatives pour la presse (il faut croire que j’avais raison !).

La highline est installée très rapidement et tandis que Julien s’élance, pied nus, dans le vide, le soleil est encore bas, ce qui me permets de faire cette image.

Funambulism on "La Brèche de Roland" (France)

En descendant pour varier les angles de mes images, je tombe sur les gardiens du refuge venus admirer l’exploit. « On a bien compris que vous alliez faire quelque chose sur la Brèche ! », me lance-t-ils amusés. En effet, nous avions alors gardé le secret sur la finalité de l’expédition, sous peine de risquer de nous faire éventuellement taper sur les doigts par les autorités. Admiratifs, ils restent bouches-bées devant la parfaite traversée, aller-retour, de Julien sur cette incroyable highline de 72 mètres. A 100 mètres sous ses pieds, des dizaines de randonneurs l’applaudissent, eux aussi impressionnés par l’exploit du funambule.

Après lui, Adrien teste la ligne. Habitué des lignes un peu plus courtes, il parvient à traverser un bon tiers de la ligne avant de chuter. Quant à Gautier, blessure ou pas, l’occasion de monter sur la sangle ne pouvait pas être ratée. Faisant abstraction du vide et surtout de la peur de se blesser à nouveau en chutant, il parvient à se lever et faire quelques pas, avant de s’asseoir et profiter de l’instant. En bas, ses camarades l’applaudissent.

Au cours des prochaines heures, plusieurs funambules moins expérimentés mais tout aussi passionnés profite de cette installation pour tester des « levés ». A commencé par Laurent Triay qui a momentanément posé son 5D pour passer devant l’objectif.

Il est 16h lorsque l’équipe décide de déséquiper et repartir vers le refuge puis vers Toulouse. Le temps de ranger la sangle, faire descendre les dernières cordes coincées sur la falaise et Pyrénaline rentre à la maison, comme le matin même, à la lumière d’une frontale…

Funambulism on "La Brèche de Roland" (France)

De retour à Toulouse, mon reportage a été publié par le magazine « Wider », puis la « Dépêche du Midi » et le « Parisien, aujourd’hui en France ». Certaines images sont passées dans « Montagne et Alpinisme », « l’Equipe Mag », « Pyrénées Magazine » et enfin dernièrement dans « Sud Ouest Mag ».

Pour acheter le film « De fil en aiguille » de Laurent Triay et voir les images de cette incroyable highline, c’est ici ! 

Fred
Je m'appelle Fred et je suis reporter-photographe professionnel. En plus de mon travail pour la presse magazine, j'aide les autres photographes, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Mon métier de photographe m'amène à voyager un peu partout à travers le monde. J'en profite donc pour partager ces expériences et ces découvertes à travers des reportages et des carnets de voyage sur cette chaîne YouTube. Si vous êtes photographe amateur et que vous êtes à la recherche de conseils et d'astuces pour progresser en photo, faire de meilleures images et vous faire davantage plaisir en photographie, alors cette chaîne est faite pour vous ! ► Téléchargez gratuitement mon dernier livre « J’apprends la Photographie en mode Reportage" : http://bit.ly/pdfmethodephoto Aujourd'hui, j'arrive à vivre pleinement de ma passion : la photographie et j'aide des milliers de photographes à y parvenir eux aussi. Si vous êtes pro ou que vous souhaitez le devenir, je partage avec vous mes meilleurs conseils marketing et business pour trouver plus de clients, vendre plus de photos et vivre concrètement de ce fabuleux métier. ► Ressources pour photographe professionnel : http://bit.ly/ressourcesphotographepro
You may also like
Chevalier Tricolore, l’aventure canadienne
québec
Sous le charme de Québec City
5 Comments

Leave Your Comment

Your Comment*

Your Name*
Your Website

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.