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Entretien avec une iconographe

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

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Valérie Philippe est iconographe indépendante.
Dans ce nouvel épisode du podcast, elle nous parle de son métier et de l’importance de ce dernier.

Avec près de 20 ans d’expérience dans la presse et un long passage par la célèbre agence parisienne « Rapho », cette iconographe lyonnaise nous donne de très bons conseils pour bien proposer nos photos aux rédactions.

On parle notamment de l’importance de l’éditing et de la construction très rigoureuse d’un sujet, d’une histoire, d’un reportage.

Valérie nous donne aussi des pistes et des conseils pour bien négocier ses tarifs avec ses clients et notamment d’autres iconographes.

Enfin, elle rappelle l’importance d’aller au contact des autres acteurs de la photographie et le fait de privilégier le contact humain et dans la vraie vie.

Je vous souhaite une bonne écoute !

 

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Transcription écrite de l’épisode :

 

Salut à tous ! Et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0. Le podcast dans lequel je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce podcast, nous parlons webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, mais aussi des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes, de laisser une note de 5 étoiles et de partager cet épisode autour de vous.

Valérie Philippe est iconographe indépendante. Dans ce nouvel épisode du podcast, elle nous parle de son métier et de l’importance de ce dernier. Avec près de 20 ans d’expérience dans la presse, et un long passage par la célèbre agence parisienne Rapho, son iconographe lyonnaise nous donne de très bons conseils pour bien proposer nos photos aux rédactions. On va parler notamment de l’importance de l’editing, et de la construction très rigoureuse : un sujet d’une histoire de reportage. Valérie nous donne aussi des pistes et des conseils pour bien négocier ses tarifs avec ses clients, et notamment d’autres iconographes.

Enfin elle rappelle l’importance d’aller au contact des autres acteurs de la photographie, et le fait de privilégier le contact humain et dans la vraie vie. Je vous souhaite une bonne écoute.

On est avec Valérie Philippe sur une étude iconographe et qui va nous parler aujourd’hui d’iconographie, de choix de photo, qu’est-ce que c’est le métier d’iconographe parce qu’on n’en connait pas assez. Et est-ce que tu es d’accord aujourd’hui pour nous partager quelques conseils pour de bonnes pratiques ? Peut-être à avoir quand on est photographe pour vendre ses photos à la presse, pas forcément qu’à la presse puisque je pense que dans tes clients tu as aussi des journaux qui ne sont pas forcément des titres de presse classiques. On s’est rencontré avec une de tes demandes, justement, via… de photos pour un magazine, ce n’est pas magazine Défense, mais c’est un magazine sur la Mutuelle des Armées.

V : C’est le magazine de la Mutuelle des Armées qui s’appelle Uneo.

F : Donc c’est un magazine corporate, de communication ?

V : De communication, on peut dire oui. Mais en tout cas, qui s’adresse exclusivement au monde de l’Armée, aux militaires.

F : Est-ce que tu peux te présenter un petit peu ? Nous parler un petit peu de ton parcours.

V : Alors, mon parcours, moi j’ai commencé en tant qu’iconographe à l’agence Rapho, je suis rentré en 95 et j’y suis resté pendant 10 ans et je travaillais au département international. J’étais en charge en fait de l’iconographie pour la presse étrangère, l’édition étrangère. J’étais aussi en lien en fait avec les agences étrangères que nous représentions en France, donc il y avait plusieurs agences que ce soit une agence anglaise, une agence allemande, italienne, différentes agences. Et je m’occupais aussi de l’export, c’est-à-dire envoyer, traduire l’ensemble des sujets qui étaient produits par les photographes de l’agence Rapho et donc les envoyer à l’ensemble des agences. Et puis je dirais, booster les agences pour faire des ventes, pour booster les ventes. Et d’autre part, je m’occupais aussi, bien entendu, de vente directe auprès de magazines importants avec lesquels on travaillait comme Newsweek, Time, Le New York Times, Stern en Allemagne, Geo Allemagne, Marianne. Et puis je travaillais beaucoup avec la Suisse aussi avec la presse suisse. Donc j’essaie d’obtenir un maximum de commande, parce qu’il faut savoir que les photographes de Rapho n’étaient pas des photographes salariés, donc ils ne vivaient que de droit d’auteur donc il fallait trouver des opportunités pour que les photographes puissent produire et que ces productions soient prises en charge par des magazines. C’est en commande, donc en fait les photographes travaillent en commande, et ensuite une fois que les photos avaient été publiées dans le magazine producteur, les photos revenaient dans le fond de l’agence et on les revendait et voilà ! Mais bon les commandes étaient pas toujours si fréquentes que ça, tous les photographes ne travaillaient pas forcément en commande. Beaucoup d’entre eux produisaient leurs propres sujets sur leurs propres fonds, donc ce n’était pas évident parce que derrière il fallait déjà se rembourser les frais, donc c’était compliqué. Donc c’est vrai que la vie, financièrement, pour les photographes ce n’était pas évident. Et je pense qu’aujourd’hui ça ne s’est pas arrangé.

F : Donc du coup toi, ta mission c’était de mettre en relation le photographe avec un journal ?

V : Tout à fait. Donc moi j’allais voir mes clients, je montrai des portfolios, et j’essaie de vendre les photographes, vendre leur regard et aussi leurs reportages et tout ça quoi. Bon, la plupart des relations commerciales que j’avais, en fait, se passaient au festival de visa pour l’image à Perpignan où là, moi et la personne avec qui je travaillais, Sylvie Languin qui était donc la responsable du département international, on était 2 sur l’international et c’était à Perpignan pendant une semaine non-stop du lundi au samedi, de 9 h du matin jusqu’à 17-18 h c’était rencontrer les clients, trier les portfolios, recevoir des photographes étrangers qui montraient leurs portfolios et qui parfois justement 6 heures. On a fait des découvertes assez extraordinaires pour l’image. Je dis entre 95 et 2005, donc c’était soit une dizaine d’années. Donc, Rapho a été racheté par Hachette dans les années 2000, je ne sais plus exactement, et à ce moment-là, mon rôle a changé dans le sens sachant qu’entre temps, ils avaient racheté l’agence Gamma, et puis Keystone. Donc là, on m’a demandé en fait de m’occuper des ventes, donc là je ne faisais plus du tout d’iconographie, d’ailleurs j’en étais bien malheureuse, et je m’occupais exclusivement des ventes de reportage, essayer de trouver des commandes et vente aussi de portrait de célébrité, de photographe d’agence Gamma et de l’agence anglaise que nous représentions qui s’appelait, je crois, l’agence Kat si je ne me trompe pas, ça remonte un peu loin. La problématique pour moi c’était de mettre en concurrence des photographes salariés de Gamma et des photographes de Rapho qui ne vivaient que dans le droit d’auteur. Donc, il y a eu un plan social et je suis partie en même temps satisfaite et pensant avoir bouclé un peu la boucle, tout ce que je pouvais faire en fait à Rapho.

F : Et aujourd’hui du coup, tu es iconographe indépendante ?

V : Donc aujourd’hui je suis iconographe indépendante, pendant les 10 années qui ont suivi après Rapho, j’ai travaillé dans plusieurs agences comme Pitchertank, j’ai été responsable commerciale au sein du groupe Marie Claire pour revendre la production photo et texte des magazines du groupe. Ça, j’ai fait ça pendant 1 an. J’ai travaillé peu de temps, mais chez Max BPP, puis j’ai travaillé dans certains magazines, j’ai un petit peu tourné dans des magazines divers et variés. Voilà, et puis aujourd’hui je suis sur Lyon, et je continue mon activité d’iconographe avec quelques clients qui sont sur Paris.

F : D’accord, et c’est quoi le métier d’iconographe ? Ça consiste en quoi ?

V : Bah le métier d’iconographe, c’est proposer des visuels qui puissent coller à un propos.

F : Quel est l’intérêt d’avoir des iconographes aujourd’hui ? Volontairement, je mets un peu les pieds dans le plat aussi sur ça, aujourd’hui la grande partie des photographes sont photographes indépendants, ils travaillent pour plusieurs clients différents comme je fais, comme plein de gens qui écoutent ce podcast le font aussi. Et ils apprennent à se vendre eux-mêmes, ils arrivent à répondre à une demande qui est directe. Les agences aujourd’hui n’ont plus la puissance qu’elles avaient avant. Pourquoi aujourd’hui passer par une iconographe ? À quoi ils servent les iconographes aujourd’hui ?

V : Bah l’iconographe a une connaissance approfondie de l’ensemble des fonds iconographiques qui existent, déjà d’une part. En fait, de gens non professionnels je dirai, en quotient des entreprises, bon dans la presse je crois qu’ils connaissent leurs métiers, ou dans l’édition. Mais je veux dire un iconographe est censé en tout cas savoir où trouver tel type de document, ça peut être un document historique. On peut aller, on peut faire appel par exemple à des parcs nationaux aux États-Unis parce qu’on cherche une photo de montagne bien précise, ça peut être un fond historique, ça fait appel aussi quand même à des recherches plus approfondies sur des thématiques bien précises. Et puis aussi, tout dépend aussi du budget à louer par le client, parce que quand il n’y a quasiment pas de budget pour les droits d’auteurs, on est obligé parfois de se débrouiller sur ce qu’on appelle des microstocks. Et on ne trouve pas tout, donc il faut comprendre que parfois aussi il faut faire comprendre à nos clients que s’ils veulent vraiment de la qualité, il y a des choses qu’on ne trouve pas dans les agences de microstock.

F : Sur le côté en général, ils vont te payer toi et en plus du coup il faut qu’ils payent aussi la production que tu vas trouver ?

V : Tout à fait.

F : Et toi tu ne prends pas de commission par exemple sur ces ventes ?

V : Non non.

F : Donc toi tu vends une prestation à ce client et derrière il peut avoir des couts en plus ?

V : Tout à fait. Bah forcément il y a des couts en plus.

F : Et ça, ça fonctionne encore aujourd’hui ?

V : Bien sûr.

F : D’accord, c’est quelque chose qui semble un peu compliqué à imaginer en fait.

V : Il y a peut-être des iconographes qui prennent un pourcentage sur les droits d’auteur ? C’est possible, moi je n’ai jamais entendu. Mais moi, mon rôle, vis-à-vis de mes clients, c’est de leur fournir un nombre de visuels suffisant pour qu’ils puissent faire leurs choix. Donc imaginons, si j’ai, on va dire, 10 visuels à trouver, enfin 10 thématiques différentes, je vais proposer son sujet. Parce que parfois, les sujets ne sont pas aussi riches que ça. J’ai proposé 10 images, 15 images, peut-être parfois que 4, parfois que 3 parce qu’il n’y a pas autant de matériel que ça disponible. Et donc après c’est au client de choisir. Et mon rôle c’est aussi de négocier les droits d’auteur, c’est le rôle aussi d’un iconographe. S’assurer qu’on a tous les droits, droit d’image. Et puis négocier avec l’agence ou le photographe indépendant. Voilà, gérer le crédit, etc.. et après on apporte ça au client et le client après n’a plus qu’à payer de son côté. C’est ce que je fais par exemple avec le magazine Lunéo. Je fais un récapitulatif de photo, le format le négocie à tel tarif.

F : C’est toi qui négocies les tarifs pour ton client du coup ?

V : Ouais.

F : D’accord.

V : Mais il peut arriver parfois que des iconographes ne négocient pas et vont juste fournir les visuels sur des bons d’images, des microstocks par exemple.

F : Et là, quand tu négocies tu te bases sur des tarifs UPP, des trucs comme ça ? Sur des grilles tarifaires de syndicat ou pas forcément ?

V : Alors, il y a 2 possibilités parce que moi j’ai vu, quand j’étais salariée dans l’ensemble des groupes de presse dont lesquels j’ai travaillé, je pense presque tous, ce sont les magazines qui ont leurs propres tarifs. Donc là, on appelle le photographe, donc là je suis plus indépendante, là je suis au sein d’un magazine, c’est le magazine qui impose ses tarifs. Le photographe il est d’accord ou il n’est pas d’accord. Ou alors il y a des deals qui sont faits avec les agences ou quelqu’un, bon à ce moment-là, on est censé chercher dans telle ou telle agence, parce qu’il y a des deals qui ont été faits, des accords. Moi, actuellement, je travaille pour un client qui lui n’a pas ses propres tarifs, ce qui n’est pas fréquent. Mais bon, moi régulièrement j’appelle les photographes, je dis : « Voilà, le tirage il est d’autant, le format il est tant. Qu’est ce que vous proposez comme tarif ? »

F : Et pourquoi tu n’élabores pas une grille tarifaire ?

V : Mais j’y pense, mais voilà, le problème c’est que je veux que les choses soient équilibrées par rapport au photographe, c’est-à-dire que le client il aura tendance si moi j’établis une grille tarifaire à rabaisser un maximum. Si on commence « à imposer » en tout cas les tarifs du client au photographe, je mets un doigt dans quelque chose où je sais que ça peut franchement aller à la baisse. C’est ça qui me met un petit peu dans une situation où je ne suis pas très très à l’aise. Et moi je sais que les photographes ne vivent que dans un droit d’auteur, donc c’est pour ça que je tiens aussi à ce que les photographes soient suffisamment payés, en droit d’auteur ou en salaire.

F : Il y aura d’autres podcasts prochainement sur ça, sur notamment avec les gens de carte de presse et des syndicats d’auteur, justement pour ça. Qu’est-ce que tu donnerais comme conseil à un photographe qui va avoir une collaboration avec une iconographe ? Peut-être avec toi, qu’est-ce que tu remarques comme erreur fréquente que font les photographes et qui à chaque fois quand tu vois ça tu dis « mais c’est dommage parce que si tu ne faisais pas ces erreurs tu aurais beaucoup plus de résultats, tu arriveras à avoir plus de photos, tu arriverais à mieux vivre tes images » ?

V : Je pense c’est de savoir monter un sujet. Une histoire, raconter une histoire.

F : Même pour des photos d’illustration ? Correspondant à une demande très ciblée comme toi tu en fais souvent quand tu dis « il faut une photo pour une hauteur, pour une largeur, avec tant de personne, tant d’équipement, de chose comme ça.

V : En faisant du reportage aussi, on crée l’illustration.

F : Non, mais c’est vrai, il y a plein de gens d’ailleurs qui ne pensent pas à ça : à faire un reportage et créer de l’illustration en même temps.

V : Enfin, moi quand je travaillais à l’agence Rapho, l’ensemble des photographes qui faisaient du reportage, ses photos elles étaient utilisées aussi en illustration. Donc, ce qu’on appelle l’illustration pure, style un peu bon d’image et tout ça, moi c’est pas du tout ma culture en fait. Donc un photographe qui souhaite vraiment produire l’illustration pure et dure, ce n’est pas ma culture donc je ne sais pas trop moi je suis plus issue de la photo journaliste, du reportage humaniste.

F : Et pour une photo journaliste, justement, est-ce que tu penses qu’il fut avoir comme réflexe quand on est face à un iconographe ou quand on va l’être prochainement pour vendre des images ? Parce que pas forcément une iconographe indépendante comme toi, mais peut-être une iconographe dans une rédaction ?

V : Mais, je pense, il faut vraiment montrer des sujets, à mon avis construits, d’une part si on peut. C’est important, donc savoir raconter une histoire. Et puis savoir montrer aussi qu’on est capable de travailler dans des environnements différents. Et, alors est-ce qu’on sait faire du portrait ? Si on sait faire du portrait, il faut vraiment montrer du vrai portrait. Moi c’est ce que je pense donc il faut mettre en valeur, je veux dire ses compétences en tant que photographe et ses spécialités, ses spécificités. Je pense par exemple un photographe comme Jean Luc Manaud, bah qui est plus là, qui était un spécialiste du désert, de l’Afrique. Il ne faisait pas un bout que portrait par exemple, je pensais les choses comme ça. C’est montrer ce qu’on sait faire d’une façon la plus riche possible.

F : Mettre en avant ses qualités. Et est-ce que tu vois des erreurs, peut-être au niveau de la présentation de ses photos ? Dans le sens où on va peut-être t’envoyer, quand tu reçois une demande, des séries ou des liens Dropbox, des liens où ils transfèrent des choses qui sont peut-être même pas correctes en termes d’IPTC ou ce genre de chose, où les méthodes données ne sont pas ressemblantes.

V : Ça, c’est pas trop ça qui me choque en fait. Ce qui me dérange, je dirai plus, en fait le manque de compréhension par les photographes et parfois par certains iconographes dans certaines agences, ça arrive, qui en fait ne comprennent pas les demandes. Pourtant j’essaie d’être précise, je vais dire par exemple » je cherche une couverture, donc je vais avoir besoin, forcément a priori, don c’est plutôt une hauteur, ou alors si c’est une largeur qu’on peut recadrer » et j’envoie généralement la maquette avec le logo qui prend beaucoup de places donc il faut quand même s’adapter. Et j’envoie généralement un brief assez précis, et je dirai 80 % ne conviennent pas. Et je reçois trop d’images qui ne correspondent pas, la lumière parfois elle n’est pas bonne. Enfin soit ce n’est pas compris, soit ce n’est pas les images sont bonnes, elles ne sont pas bonnes niveau qualitatif, surexposé ou pas formidable ou alors pas du tout recadrable. Donc j’ai l’impression c’est une perte de temps. Je télécharge, donc de temps en temps j’en mets quelques-unes de côté, je dis « ouais, tiens ça c’est bien, tiens il a compris, un tel a compris, c’est bon ». Mais, c’est vrai que je ne garde pas la majorité parce qu’il y a un choix beaucoup trop large. Enfin bon, moi j’ai la culture, ce que j’ai appris à Rapho à faire des editing très courts, serrés. Et c’est vrai que ça je le vois pas beaucoup. Moi je préfère recevoir 4 images qui sont bien plutôt que 40 et après qu’il faut que je retravaille derrière, il faut que j’en extraie 4.

F : Donc, être plus concis, être plus sélectif, plus rigoureux dans son editing et surtout s’adapter à la demande, ce n’est pas pensé que ça le fera, et que ça pourra toujours être intéressant de t’envoyer des photos.

V : Mais il y en a certains qui pensent qu’en envoyant des photos, bon ça ne colle pas tout à fait, mais on ne sait jamais comme ça bon… Bah non, ça ne va pas, ça ne conviendra pas.

F : Et c’est un gros problème parce que l’editing ce n’est pas une matière qu’on apprend à l’école et même pas forcément à l’école de journalisme. Moi j’ai fait une école de journalisme, on n’apprend pas forcément à faire ça. Qu’est-ce que tu conseillerais au photographe pour se former seul à ça ? Comment apprendre à faire l’editing outre qu’en passant par une de mes formations ?

V : Je ne sais pas, parce que moi j’ai un peu appris à faire toute seule. J’ai appris sur le tas. Honnêtement, je ne sais pas quoi te répondre parce que moi mes premières années je suis arrivé à Rapho et j’avais l’œil et je savais ce qu’était une bonne image très très vite. Je ne suis pas meilleure que d’autres, mais je n’ai pas le souvenir qu’on m’a appris à faire un editing. C’est retenir, c’est conserver les meilleures images et qui en même temps faut que l’information soit importante et qu’elle soit esthétiquement parlant, ouais qu’elle tienne la route. Éventuellement qu’il y ait une horizontale et qu’il y ait une hauteur. Mais, j’ai vraiment appris sur le tas donc moi c’est ce que je dirais quoi. Trop d’images tuent l’image. On a un reportage qui tient sur 80 images. Enfin moi, j’ai appris à l’époque où les photographes travaillaient en Kodachrome ou en Ekta, et vraiment c’est pour ça qu’on déplaçait les photos tac tac tac, et puis on faisait l’editing avec le compte-fils sur la table lumineuse. Et c’est vrai que c’était serré, un reportage faisait 40 images, 30-40 et puis stop, basta ! Après le reste pouvait faire ce qu’on appelle des doublons, des triplons, ça pouvait partir en archive, en illustration, c’est comme ça qu’on travaillait. Mais c’est important de raconter une histoire et surtout ne pas faire de doublon, de répétition. C’est comme ça qu’on travaillait à l’agence Rapho, qui est une très très bonne école.

F : Moi, j’ai beaucoup appris aussi en rédaction. Puisque peut-être que t’es d’accord avec le fait qu’il faut aussi produire parfois en fonction du support dans lequel on va diffuser du coup ça sert à rien de faire que des hauteurs s’il y a que des doubles-pages de photos dans un magazine, et ce n’est pas quelque chose qu’on apprend instinctivement à faire.

V : Mais comme tu me disais, à Toulouse, tu avais fait un stage avec un photographe à « 20 minutes », et que tu disais que quand tu fais un reportage, mais il faut dans ta tête déjà prévoir « Tiens, il faut que je puisse proposer aussi une double, une couv’ ». Enfin, voilà il faut penser à tout. Moi je pense que c’est important aujourd’hui un photographe qui fait des reportages, qui veut vendre à la presse, je pense qu’il faut qu’il pense à tout ça. Mais je n’ai pas le sentiment que ça le freine dans sa créativité, enfin, je ne suis pas photographe, mais bon.

F : Tout à l’heure tu parlais de Visa pour l’image, justement qu’est-ce que tu comptes faire encore aux photographes d’aller à Visa pour rencontrer des iconographes et essayer de vendre, sachant que quand on y vend…

V : Alors je pense que c’est toujours bien d’y aller, honnêtement.

F : Puisqu’on se rend compte que c’est plus vraiment une plaque tournante pour faire du business quand on est photographe.

V : Alors, moi je n’y suis pas allé, ça fait un petit moment quand même, donc j’y suis allé vraiment à la belle époque, on va dire. Ça fait très longtemps que je n’y suis pas allée. Moi, j’ai connu Visa en 95-2008. Au début, c’était plutôt assez intimiste, mais bon c’est vrai que ça a un peu changé. Néanmoins, je pense que c’est intéressant pour rencontrer l’ANI (l’Association des Iconographes), vraiment, parce qu’ils sont très compétents et quand on est repéré par des iconographes… C’est-à-dire que l’information elle passe entre tous les iconos. Et les iconos c’est eux qui fournissent l’image dans les magazines. C’est très important d’être en contact avec les iconographes, vraiment. Donc je pense en tout cas, Visa pour l’image c’est l’occasion ou jamais. Je crois que s’ils ont… L’ANI intervient aussi et présent aussi en Arles, et sur d’autres manifestations. Donc il faut voir ça avec Claudia Zels, qui est la présidente de l’association. Et vraiment, ce sont des gens très compétents. Enfin moi je fais partie de cette association, mais je suis sur Lyon donc c’est un peu compliqué, je ne suis pas très active, mais c’est vraiment important en fait que les photographes se rencontrent via les membres de l’ANI. Je pense que c’est vraiment bien, s’il y a des photographes qui se manifestent parfois au sein de l’association pour montrer leur travail, je ne sais pas trop, ça, il faudrait voir avec Claudia. Mais c’est extrêmement important.

F : Qu’est-ce que tu penses quand tu parlais tout à l’heure des microstock ? Et c’est quoi la différence entre une agence et un microstock ?

V : Une agence pour moi, par exemple je vais parler de Signature. C’est une agence qui représente des photographes auteurs, qui sont dans une démarche humaniste, démarche personnelle, enfin on est vraiment dans quelque chose de très personnel, créatif. Tandis que ce que j’appelle moi, le microstock, ça ne veut pas dire que microstock est d’ailleurs nul, hein. Ce sont des photos d’illustration à moindre coût qu’on retrouve quasiment dans toutes les agences de microstock, qui ne coûtent pas très cher, mais qui sont censées représenter une certaine réalité de la vie, mais qui ne sont pas la réalité. Voilà, c’est une représentation American Way Of Life, c’est famille. Mais il y a des clients qui veulent ce type d’image, parce que non seulement c’est pas cher, mais aussi parce que quand ils demandent par exemple « Je veux un enfant avec sa mère en train de pique-niquer par exemple », si on va chez Tendance Floue, chez Signature on va avoir de vraies photos, « des photos qui ne sont pas montées », c’est la réalité. Ça va être peut-être la femme du photographe avec sa fille en train de grignoter un bout sur la plage. Par contre si on va sur des agences de stock, ça sera la jolie maman avec la jolie petite fille avec la petite nappe bien propre et ce qui n’est pas… Ce qu’on voit rarement quand même, voilà ce que je veux dire, ça reflète une réalité qui n’existe pas. Ça reflète un monde qui n’existe pas.

F : Ouais c’est plus pour du corporate ces usages-là.

V : Mais malheureusement non, dans la presse aussi.

F : Il y a quoi comme agence de microstock que tu peux citer par exemple pour qu’on ait une idée ?

V : Il y a Fotolia, AGE, Shutterstock, il y en a plein je sais plus.

F : Ça, ce n’est pas un moyen pour un photographe de faire connaître son travail ou tu penses que c’est une bonne chose ou une mauvaise chose de participer à ça ? Quand on est photographe pro ? Et qu’on veut bosser pour la presse ou faire du reportage par exemple ?

V : Un photographe qui fait du reportage pour moi, sa production ne correspond pas vraiment à ce que peut proposer les agences de microstock. Par contre, c’est juste parce que ça me fait penser à un photographe que j’ai rencontré qui habite à Paris dans le 18e, je ne m’en rappelle pas le nom. Le type est assez étonnant, qui en fait produit je ne sais combien d’images à l’année, je ne vais pas donner de faux chiffres, mais il produit en fait vraiment pour les agences de microstock. C’est un type calme, bosser pour la presse, etc. Qui a à peu près une cinquantaine d’années, il a son studio chez lui dans le 18e à Marx Dormoy et en fait, il a des accords avec des modèles, des mannequins, etc. Il fait ses prods, les mannequins ne se font pas payer et ils balancent ça à toutes les agences de microstock. Mais il produit, il produit, c’est du boulot, il produit énormément. Et en fait je l’ai rencontré il y a 5 ans, il gagnait 7000 € par mois, rien que de ses ventes de photos en microstock, donc elles ne sont pas vendues chères. Et ça augmentait de mois en mois, il a montré son relevé. Mais lui, en parallèle, il vendait ses photos sur son site, qui sont dans une agence de microstock, il les vendait en droit d’auteur. Il les vendait à la presse, à des agences qui connaissaient ce photographe qui ont vu sur son site « Ah elle est superbe cette image », mais qui ne savait pas que ces photos existaient en microstock, voilà !

F : En gros, on peut vendre à différents types de personne.

V : Mais lui, il produisait vraiment dans cet angle-là quoi. C’était : « Je veux coller à la demande, je veux faire… Je n’en sais rien, je sais plus ce qu’était la thématique », mais c’était bien fait, c’était propre et c’était clean. Il gagnait, il jubilait, il gagnait très très bien sa vie.

F : Mais ce que disent pas mal de photographes qui sont dans ce secteur-là, c’est que si on veut se lancer dans le stock, il faut vraiment faire que ça quoi. Et vraiment bien le faire. Et justement sur la partie, quand on est iconographe on est amené à chercher du « Libre de Droit », ce qui n’existe pas vraiment en France. Mais en gros, du gratuit.

V : Bah moi personnellement, quand j’ai des clients qui ont un budget, honnêtement je préfère faire appel à des photographes auteurs.

F : Je m’en doute, mais il y a des gens qui ne sont peut-être pas conscients comme toi que derrière il y a un vrai travail à rémunérer qui vont peut-être aller vers des Flickr, il y a ce genre de plateforme là. Et en même temps, j’ai rencontré des photographes qui m’expliquaient que c’était pour eux une façon d’avoir non seulement de la visibilité, mais aussi déclencher des ventes à long terme, d’avoir des images sur Flickr, pas libres de droits, mais librement téléchargeable par exemple, qu’est-ce que toi tu penses de tout ça ? Est-ce que tu penses qu’un photographe aurait tout à gagner à ne pas forcément percher à constamment protéger ses images.

V : Alors ça, c’est la grande question, pareil en musique, on pose la même question.

F : J’ai rencontré une compositrice, c’est pareil, qui fait ça. Toute sa discographie est sur Soundcloud.

V : C’est un album libre de droits pour se faire connaître. Moi, je ne suis pas convaincue.

F : C’est rigolo, un des premiers épisodes du podcast, c’est celui de Laurent Dequick, qui est photographe,  photographe un peu d’architecture, et qui bosse beaucoup avec Yellowkorner, qui fait du tirage d’art. Enfin tirage d’art, mais pour du particulier donc des gens qui n’ont forcément pas beaucoup de moyens pour investir dans de l’art. Et lui il dit quelque chose de très intéressant qui est : « Parfois ça ne sert à rien d’essayer de trop se bagarrer avec son client sur la question des droits d’utilisation des images, essayer de lâcher un petit peu du leste, être plus flexible pour être rappelé à nouveau, pour être moins casse-pied ». Toi, tu penses quoi de tout ça ?

V : (rires) C’est ménager la chèvre et le chou ! Je ne sais pas, c’est comme dans tout rapport commercial, c’est comme moi en tant qu’iconographe. Si je demande plus, si je demande à être mieux payée peut-être qu’on ne me rappellera plus. Qu’est-ce que j’en pense ? Je pense en tout cas il faut demander un minimum, comme un minimum syndical ou je ne sais pas. Mais on ne peut accepter de vendre une photo à 50 € par exemple.

F : Et justement, quel conseil tu donnerais à un photographe qui cherche les arguments un petit peu, autre que vous comprenez un appareil photo, ça coûte cher. Je fais un vrai métier, je n’appuie pas que sur un bouton. Quelle démarche tu conseillerais d’avoir à un photographe ?

V : En tout cas, un magazine, il se vend aussi en grande partie grâce à l’image, c’est l’image qui fait vendre. Et quand on vend une image, quel que soit le support, tout le monde est payé non ? Il me semble. Que ce soit pour une brochure, une affiche par exemple, une affiche d’un festival de théâtre, on va dire on n’a pas de budget, mais oui ! Mais alors l’imprimeur, il a été payé. Le graphiste il a été payé. Donc non j’estime que le photographe il doit être payé. À partir du moment où c’est de la création, on estime que la création quelque part ça n’a pas de valeur. Bah quand je vois, par exemple, sur Facebook des choses passer qui sont diffusées par la communauté de photographes avec lesquels je suis en contact. Et quand on voit des demandes que ce soit Marseille, je crois, qui ont passé… L’office du Tourisme de Marseille, je ne veux pas dire de bêtise, mais bon.

F : Ah oui, je l’ai vu passer. De Théo… un des membres d’… a partagé. J’ai vu, il a partagé !

V : Voilà, on demande : « Envoyez vos photos, vous êtes amateur alors on voudrait par exemple des champs de lavande en Provence, etc. Peut-être que vous aurez la chance d’être sélectionné, etc. »

F : Comme dans tous les concours d’Office du Tourisme ou de Région…

V : Et je trouve ça juste scandaleux quoi. Tout ça, c’est pour ne pas payer. Bah non, tu veux de la bonne image, tu payes.

F : Ouais, c’est être rationnel par rapport à avoir un discours commercial. Mais est-ce que toi, en tant qu’iconographe, ça ne t’est pas arrivé à un moment d’avoir une instruction de ne pas avoir de budget justement, et avoir quelqu’un au bout du fil qui te dit « Voilà, ce n’est pas assez cher payé pour cette photo ». Toi, tu n’as pas trop le choix parce que t’as que ce budget sous la main. Est-ce que t’as été convaincue par certains arguments de photographe qui t’ont fait changer d’avis ou que toi t’as envie de changer d’avis, tu vois ce que je veux dire ?

V : Ce n’est pas moi qui tiens la bourse non plus. Moi, je suis plutôt quand même du côté des photographes en général, parce que je comprends que ce n’est pas toujours évident. Et moi, je défends le photographe, mais j’essaie aussi que le client… Il y a parfois des demandes des photographes qui sont complètement aberrantes. Il peut y avoir des demandes de prix. « Écoute, non désolé, mais ça ne passera jamais ». Donc ça peut m’arriver de dire à des photographes : « En général, tu vois pour un quart de page, ça tourne à peu près autour de ça ». Donc j’essaie pour que les choses soient équilibrées, vraiment pour le client, et puis pour le photographe. C’est important, il faut aussi respecter les clients, moi je ne veux pas accepter il y a un photographe qui me demande 800 € pour un quart de page par exemple. Il y a des choses qui ne passent pas. Après… Je ne sais pas, j’ai été claire !?

F : Carrément, de toute façon après comme tu dis, c’est tout le temps un petit peu au feeling entre les gens. OK, écoute, est-ce que t’as un dernier conseil à donner aux gens qui nous écoutent, aux photographes ? Des trucs que t’aimerais partager ou peut-être une ressource que t’aimerais partager, peut-être un livre ou une ressource qui toi, tu penses qui pourrait être utile pour un photographe pour bien démarcher des iconographes ou vendre mieux sa production, vendre et revendre, si on parle d’agence par exemple ?

V : Alors là, non je n’ai pas d’idée là tout de suite maintenant, je n’ai pas réfléchi. En tout cas, c’est important de se faire connaître et ne pas hésiter à contacter, à appeler les rédactions, mais il n’y a pas que la presse. En tout cas, appeler les rédactions, se faire connaître. Il n’y a rien à dire c’est rencontré des gens. Ce n’est pas envoyer un mail, bon, envoyer un mail oui, mais aller rencontrer les rédacteurs photo, aller dans des festivals, rencontrer les iconographes, les membres de l’ANI (Association Nationale des Iconographes). Puis voir aussi, regarder tout ce qui se passe, regarder publication et ce qui se fait. C’est-à-dire qu’avant d’aller voir un magazine, va savoir un petit peu aussi de quoi ça parle. Parce qu’il arrive parfois qu’il y ait des photographes qui se présentent et qui ont un matériel qui ne correspond absolument pas.

F : Ce que dit justement Dimitri dans son interview.

V : C’est important, c’est garder les yeux ouverts, les oreilles grandes ouvertes et être toujours à l’affut de tout ce qui se passe, ce que m’avait dit Stanley Greene quand je suis rentré à Rapho, on avait des amis en communs donc c’était quelqu’un que je connaissais bien. Et avant que je suis rentrée à Rapho il m’a dit : « Valérie, open your eyes, open your ears, tu rentres à Rapho ça va être extraordinaire, mais tu écoutes, tu regardes et tu emmagasines, tu emmagasines toutes tes connaissances, c’est important ». Donc, oui je dirai ça. Va voir ce qui se passe, aller dans des festivals, puis voilà, regarder les livres qui sortent et voilà !

F : Je te remercie.

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Julien Fabro : comment vivre de YouTube

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Julien Fabro est un jeune créateur lyonnais très actif sur les réseaux sociaux, notamment YouTube et Instagram.

Il n’est pas photographe professionnel mais il arrive à vivre de sa production photo et vidéo.

Dans ce nouvel entretien, on parle essentiellement d’influence.
Quel est ce nouveau marché et en quoi consiste ce nouveau métier d’influenceur ?

Julien nous donne des conseils pour avoir plus de followers sur Instagram et faire gonfler sa chaîne Youtube.
Au moment où nous avons enregistré cet épisode, sa chaîne est suivie par plus de 40 000 personnes et des marques viennent régulièrement le solliciter pour des collaborations et autres prestations.

Il va partager avec nous comment monétiser ses réseaux sociaux et concrètement comment gagner de l’argent avec un blog ou une chaîne Youtube.

Enfin, Julien est aussi ambassadeur Panasonic, il est équipé par cette marque et nous explique comment il en est arrivé là.

Je vous souhaite une bonne écoute !

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Transcription écrite de l’épisode :

 

Salut à tous et bienvenue dans Podcast Photographe Pro 2.0. Je m’appelle Fred et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, mais aussi des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Julien Fabro est un jeune créateur lyonnais très actif sur les réseaux sociaux notamment YouTube et Instagram. Il n’est pas photographe professionnel, mais il arrive à vivre de sa production photo et vidéo. Dans ce nouvel entretien, on parle essentiellement d’influence. Quel est ce nouveau marché et en quoi consiste ce nouveau métier d’influenceur ? Julien nous donne des conseils pour avoir plus de followers sur Instagram et faire gonfler sa chaine YouTube. Au moment où nous avons enregistré cet épisode, sa chaine est suivie par plus de 40 000 personnes et des marques viennent régulièrement le solliciter pour des collaborations et autres prestations. Il va partager avec nous comment monétiser les réseaux sociaux et concrètement comment gagner de l’argent avec un blog ou une chaine YouTube. Enfin, Julien est également ambassadeur pour Panasonic, il est équipé par cette marque et nous explique comment il en est arrivé là. Je vous souhaite une bonne écoute.

F : On est donc à Lyon avec Julien Fabro qui est influenceur, YouTubeur. Tu vas te présenter, tu vas nous dire qui tu es exactement. Nous on s’est connu la veille du 14 juillet l’année dernière où on était tous les deux dans un hélicoptère de combat en dessus de Paris. Ce qui était une expérience assez rigolote, pas banale. Merci à toi de donner un peu de ton temps pour partager avec les auditeurs de ce podcast. Tu es aussi photographe en tant que vidéaste. Est-ce que tu peux te présenter et nous dire un peu qui tu es et ce que tu fais ?

J : Ouais carrément. Bonjour à tous ! En gros je suis un jeune créateur lyonnais, j’ai 26 ans. Aujourd’hui sur Internet, je produis des vidéos sur YouTube sur ma chaine. Ça, on va dire c’est mon plus gros business. Autour de tout ça, on a plein de choses qui gravitent. Déjà j’ai un site Internet qui s’appelle Piwee.net. C’est un blog lié à l’actualité, marketing, etc. Ensuite je fais aussi pas mal de consulting sur le social média. Je fais aussi pas mal de prod » vidéo parce que ça s’imbrique un petit peu avec YouTube, etc. J’essaie vraiment de m’axer sur ça. Et je suis petit peu prof sur story telling vidéo et sur l’influence marketing.

F : Et tu as quel âge ?

J : 26 ans.

F : OK, c’est génial ! Ici on est dans un espace de co-working au moment où on fait l’interview à Lyon. Et tu interviens aussi dans ce même bâtiment tu me disais pour donner des cours en tant que prof sur cette thématique-là justement. Comment tu en es venu à arriver comme ça, à créer un business en ligne et aussi à devenir créateur vidéaste, photographe ?

J : Longue question ! En fait tout a commencé, j’ai eu mon bac, etc., j’ai commencé par suivre des études dans le commerce. Un BTS NRC, j’ai fait 2 ans. Et suite à mon diplôme, j’ai décidé de rejoindre une société. J’ai eu une opportunité, j’ai été chargé de développement pendant 1 an au sein d’une start-up qui faisait une sorte de coque pour téléphone. C’est juste une coque que tu mets derrière, tu peux personnaliser et moi j’étais là pour la partie commerciale. Mais vu que c’était une start-up, j’ai touché un petit peu à tout. Aux réseaux sociaux et à la communication. D’ici là, je me suis dit en fait que c’est génial. Internet c’est magique, il y a encore 5 ans je n’étais pas sur Facebook. Je n’avais rien ni Twitter ni chaine YouTube. Je n’avais rien. Et là j’ai été piqué à ça. Je me suis dit « Écoute, là, je quitte tout ». Je quitte le commerce pour me consacrer à la com ». J’ai repris en fait une 3e année à suivre du com », école de communication. Donc là c’était vraiment apprendre les bases de la com ». Et pendant ce temps j’étais en alternance en community manager (CM). En fait c’est à partir de cette année où j’ai ouvert tous les profils sur les réseaux sociaux. Vu que j’étais CM en alternance, j’avais de grosses responsabilités, mais bon j’y suis allé un peu au bullshit. Je leur ai dit « Prenez-moi, je suis très bon, je m’y connais en social média » alors que pas du tout. Et en fait les 3 premiers mois je me suis vraiment autoformé dessus. Mais vraiment sur la créa, sur le story telling, sur les réseaux sociaux, sur la curation, sur tout un tas de choses. Et c’est en faisant toutes ces recherches que j’ai découvert l’univers magique des blogs. Et là je me suis dit, c’est incroyable. La partie même qui me faisait rêver tu sais c’est ces blogueurs qui partaient en voyage et qui recevaient des cadeaux. Et là je me suis dit, j’étais tout jeune, vraiment c’est cool. Du coup, je me suis dit que moi aussi je vais écrire un blog. Donc là j’ai créé un premier site sur quelque chose qui me faisait kiffer. J’avais envie d’écrire sur le marketing. Donc j’ai créé un premier site qui s’appelait creativads.wordpress.com. Il n’y avait pas question de payer, je ne savais pas comment ça marchait donc j’avais quelque chose de gratuit. Et voilà, j’ai découvert tout ça comme ça. Pour te dire en espace de 1 an j’ai fait 12 000 visites sur ce site. Ce n’était pas dégueu j’étais content. Ensuite j’ai fait mon année, j’ai eu mon diplôme. En début de 4e année je me suis dit, là ça me plait, j’ai fait un peu de visiteurs, etc., maintenant j’aimerais un vrai site à moi, plus large, je ne vais pas me cantonner qu’à la pub. Et là, je mets les moyens, je m’achète un thème, un nom de domaine, un hébergement, etc. Et le projet Piwee est né ! Donc j’étais toujours en alternance dans l’entreprise où j’étais avant. J’étais toujours en SUP’DE COM en 4e année. Et là dès le premier mois, en lançant ce premier site bidon l’année d’avant, je me suis fait mes armes. J’ai connu tout un tas de gens sur Twitter, mais de manière totalement virtuelle. Et en fait il y a un truc que j’adore faire, c’est aller échanger avec les gens par DM. Des gens que je ne connais pas. Des pointures, des CM, des chargés de com », des responsables com », même des directeurs d’agence. Et en fait je me suis fait mon petit réseau, très rapidement j’ai eu plein de personnes qui m’ont suivi. Donc quand j’ai lancé Piwee, il y a eu le petit coup d’annonce. Dès le premier mois, j’ai fait 15 000 visiteurs. Et là, la machine était lancée. Deuxième mois, pareil, 30 000 visiteurs.

F : Et c’était déjà monétisé ou pas encore ?

J : Non. Pas du tout. Les 6 premiers mois, ce n’était pas monétisé. Et dis-toi que sur les 4 premiers mois je faisais fois 2 tous les mois en termes de trafic. Au bout du 2e mois, j’ai créé Piwee en novembre 2013. En décembre 2013 j’avais une agence de com » à Lyon, agence RP qui m’a dit « Julien, on a vu ce que tu fais avec Piwee, etc., on aimerait te proposer un poste chez nous pour on va dire créer un pôle social média pour digitaliser l’agence. Pour que l’agence prenne ce virage digital. » Je leur ai dit OK, à 2 conditions : j’ai négocié un peu le salaire et surtout je ne peux pas venir sans travailler sur Piwee. Donc l’idée c’était que je peux gérer Piwee quand je veux. Ils ont dit oui pour les 2 choses. Du coup j’ai dit au revoir à l’école, à la formation. Finalement je n’ai qu’un bac +3 et j’ai dit au revoir à l’alternance. Ça les a un peu fait chier. Et pendant 6 mois j’étais community manger en agence et à la fois blogueur. En fait ça a duré 6 mois parce qu’au bout d’un moment Piwee grossissait, je devais être à 150 000 visiteurs au bout de 6 mois, ce qui est cool. J’avais déjà une petite équipe de rédaction, des gens qui étaient chargés de produire du contenu gratuitement pour moi en échange de visibilité. C’est des étudiants qui ont besoin d’avoir une petite ligne sur le CV en mode « moi aussi je produis des choses sur Internet » et ça les distingue des autres quoi. Donc ça, c’est super cool, c’est fait de manière donnant donnant. Et en aout, 8 mois après le lancement de Piwee, j’ai quitté l’agence pour me consacrer à Piwee à plein temps. Et le jour où j’ai pris cette décision, je n’ai rien négocié, j’ai dit « Je me barre » et je n’avais aucun revenu sur Piwee. Donc là j’ai ouvert toutes les vannes pub : Adsense, Criteo de la retargeting, un peu de Taboola, c’est les suggestions de site en bas. Il y a eu quelques articles sponso et en fait dès le premier mois je me suis fait un SMIC et là, la machine était lancée.

F : Ah ouais direct ? Excellent !

J : Et il n’y a pas eu de temps mort. Et c’était une prise de risque de ouf parce que j’avais un CDI, j’ai démissionné. Donc je n’avais pas le chômage, je n’avais rien et je me suis dit que mon kiff c’était de produire du contenu sur Internet et voilà. Et voilà c’était une histoire un peu longue désolée.

F : Non c’est super intéressant. C’était quand que tu as quitté ton boulot pour monétiser ton site ?

J : C’était il y a 4-5 ans.

F : Ah c’était il y a pas très longtemps en fait.

J : 2014 donc 4 ans.

F : Tu penses qu’aujourd’hui tu pourrais refaire ce même choix avec les revenus Adsense qui baissent et tout ça ?

J : Pour donner un chiffre, enfin je m’en fous de parler d’argent. Avec Piwee très rapidement, j’ai gagné entre 600 et 2600 € par mois avec Adsense. Ce qui est costaud.

F : Genre les mois les plus mauvais, c’était 600 €…

J : Là on s’était arrêté en aout 2014, 1 an après, en avril, mai et juin 2015, c’est des mois où j’ai pété les scores où on était à plus de 1 million de visiteurs mensuels. Là, c’est ouf c’était un peu plus de 2600 € sur Adsense. Donc là tu vois ça fait plaisir, c’est cool.

F : Là, aujourd’hui tu fais encore du Adsense et tout ça ou tu as arrêté ?

J : Et du coup là, ça s’est totalement pété la gueule. Parce que déjà tu as l’audience de Piwee qui a baissé totalement parce que c’est un site qui dépend des réseaux sociaux, du reach et des algorithmes qui font chier. Excuse-moi, mais on peut le dire.

F : On va en parler un petit peu de ça justement.

J : On va en parler un petit peu, mais voilà aujourd’hui Piwee fait 100 000 visiteurs. C’est du quali, une cible de créateurs, de communicants, etc. Mais c’est dommage. Et les revenus Adsense…

F : Dépendent du trafic et donc du coup, se sont cassé la figure.

J : Attends je reprends juste le fil de ta question, tout ça pour dire que pour finir l’histoire, Piwee, j’aime bien prendre cet exemple, tu as toujours un cycle de vie d’une entreprise. Tu sais t’as la phase de création, t’as la croissance, t’as la phase de maturité et t’as le déclin. Piwee aujourd’hui est en fin de maturité. C’est-à-dire qu’il faut que je me pose la question est-ce que c’est en déclin ou est-ce que ça va repartir ? Là j’en suis là aujourd’hui. Et en fait je me suis posé cette question il y a 2 ans. Là, les algos, ils commencent à faire chier. La vidéo est tendance, etc., et j’ai découvert un créateur américain, c’est un peu ma star. C’est Casey Neistat ! Et les vlogs en fait qu’il faisait, ça m’a transpiré. Parce que pareil je bougeais énormément avec les marches, je faisais beaucoup de voyage, etc. Et je me suis dit, le format vidéo même si j’avais hyper peur de la vidéo je me suis dit c’est ce qu’il faut faire.

F : Donc Casey Neistat, pour ceux qui ne connaissent pas c’est un vlogueur américain qui a révolutionné un petit peu le style de vidéo sur YouTube, sur les réseaux sociaux en filmant sa propre vie. Enfin il n’a pas vraiment inventé, il y a des gens qui le faisaient avant lui, mais qui ne faisaient pas aussi fréquemment. Lui, il l’a fait tous les jours le daily vlog. Je crois qu’il est passé de 300000 à 4 millions d’abonnés en 1 an. C’était la plus grosse audience sur YouTube. C’est vrai qu’aujourd’hui il y a plein de gens qui ne le connaissent pas encore alors qu’il a 10 millions d’abonnés. Et c’est hallucinant quoi. Juste une petite parenthèse pour ceux qui ne le connaissaient pas.

J : Et tout ça pour dire que j’ai pris ce virage. En fait depuis 2 ans, ce qui est marrant c’est que j’ai retrouvé cette fougue quand j’ai créé ma chaine YouTube que j’avais au début de Piwee. Au début de Piwee, j’écrivais tout le temps des articles pour entretenir le feu, pour avoir du trafic, etc. Et quand j’ai lancé ma chaine YouTube, je faisais 200 vues par vidéo pendant les 6 premiers mois. Et je faisais 3 vidéos par semaine. Donc ça me prenait environ 60 % de mon temps. C’est à partir de ce moment où Piwee a aussi diminué en trafic parce que j’avais moins de temps dessus. Mais après, c’était tellement un kiff personnel que Go, quoi ! Et aujourd’hui tu vois pour répondre à ta question, c’est difficile de vivre d’un business par Internet uniquement avec les revenus Adsense ou publicitaires. Avant c’était ouf, même sur Piwee tu sais quand tu mets des vidéos Dailymotion par exemple sur ton site, les pubs tournent, c’est toi qui vas gagner de l’argent. J’étais à 15 $ du CPL.

F : Ce qui est énorme !

J : C’est incroyable ! Aujourd’hui à mon avis c’est divisé par 15.

F : Le CPL sur YouTube c’est 1 je crois hein.

J : 0,70. Et aujourd’hui tu vois avec ma chaine YouTube, je suis à un peu plus de 40000 abonnés. Je fais entre 200 000 et 400 000 vues mensuelles.

F : Et tu génères de la publicité sur chacune des vidéos ?

J : Oui. Juste au début.

F : D’accord. Ca génère combien ça ?

J : Ça génère environ 200-300 € par mois.

F : Surtout quand on voit le travail que tu mets dans tes vidéos. J’invite les auditeurs à aller voir tes vidéos parce qu’il y a vraiment des trucs. En fait ce qui est rigolo c’est de voir ta progression. Je vois dans les commentaires il y a tant de gens qui disent « Wouah, t’as progressé, etc. ». Et c’est vrai en fait pour t’avoir suivi depuis pas loin du début parce que ta première vidéo en immersion avec l’armée c’était il y a 1 an et demi ? Voilà donc pour avoir suivi un peu de loin tout ça je vois la différence avec aujourd’hui, ta prod » vidéo ressemble à certaine prod » d’agence de com » qui envoie quoi ! Je ne dis pas tout ça pour te flatter, mais c’est vraiment impressionnant et puis ce qui est rigolo c’est que t’as cette capacité de fougue, de joie, d’avoir envie de comprendre comment ça fonctionne et ça se voit avec la photo. Et non c’est vraiment très impressionnant. Et c’est quoi aujourd’hui ton business model, parce qu’à force des choses t’es devenu ce qu’on appelle un influenceur. J’avais déjà parlé dans un précédent podcast avec l’interview de Steven Herteleer, tu connais ? C’est un photographe de mode. Il bosse beaucoup pour L’Oréal en prod » vidéo aussi. Il a un gros business et à force des choses comme il bouge tout le temps, il est 6 mois par an dans un avion, il est devenu un influenceur voyage. Il travaille avec Alex Vizeo. Il a livré énormément de trucs. L’interview dure 45 min je crois, je te conseille de l’écouter, tu apprendras peut-être 2-3 trucs. Et du coup ce nouveau métier d’influenceur est-ce que tu peux en parler ? Comment toi tu le vois, comment tu le vis ?

J : Déjà le mot influenceur ça veut tout dire et ne rien dire. L’influenceur on va dire pour définir, c’est quelqu’un qui a une communauté sur internet et qui a cette capacité d’influencer. Ça peut être l’acte d’achat, c’est ce que les marques visent en fait. Les influenceurs, ça existe depuis la nuit des temps avec les célébrités, avec les stars, etc. C’est des communautés en ligne. C’est un métier hyper compliqué parce que t’en as des vrais, t’en as des faux, t’as ceux qui achètent. Je pense que t’as vu mon évolution.

F : Oui t’as acheté des followers, ça se sent. (rires)

J : Tous mes followers sont faux. On les voit dans les commentaires. Voilà c’est un travail de longue haleine. Tu travailles tout le temps, etc. Et aujourd’hui ça a la chance de payer et c’est super cool, mais il y a énormément de taffes derrière.

F : Et puis tout le monde ne perce pas en plus.

J : Oui tout le monde ne perce pas non plus. Moi je dirai l’influenceur c’est le truc à la mode. Quand tu vois un petit peu les courbes aux USA, les investissements dans l’influence marketing c’est énorme. Et apparemment dans les 5 ans à venir il y aura plus de budgets dans l’influence que dans la télé. Et vu qu’on a 5 ans de retard en France là, on commence vraiment à avoir beaucoup beaucoup d’opérations avec les influenceurs. Toutes les marques veulent faire ça.

F : On voit beaucoup d’influenceurs qui sont en fait des créateurs et on a l’impression que pour être influenceur il faut forcément être un bon créateur. Est-ce que t’es d’accord avec ça ou pas ?

J : Non. En fait pour moi je dissocie vraiment créateur et influenceur. L’influenceur tu vois c’est, je ne sais pas par exemple si on reste un peu dans le délire de YouTube. Sur YouTube tu prends McFly et Carlito, tu prends Squeezie, tu prends Amixem ou des choses comme ça, je les adore ils font du bon taffe, mais ce n’est pas des gens qui savent filmer tu vois. C’est des mecs qui sont drôles. Ils ont des monteurs avec eux. Et Go quoi !

F : Ils sont dans la création, mais pas vidéo ni photo. Ils sont dans la création de texte…

J : C’est des créateurs de fait, parce qu’ils sont sur Internet, ils font des vidéos, mais ce n’est pas eux qui font… Tu n’es pas sur la même patte qu’un photographe, qu’un vidéaste.

F : Et à contrario est-ce que tu penses que tous les photographes peuvent être influenceurs ? C’est un peu la question que se posent beaucoup de photographes. Tu vois par exemple dans mon audience, il y a des photographes qui ont parfois 10-20 même 30 ans de métier qui se retrouvent à se prendre un peu la réalité du marché aujourd’hui notamment le marché de la presse dans la figure, qui voient les gens comme toi qui regardes avec un peu méfiant ou parfois risible et qui se disent que c’est pas juste ou tu vois qui sont un peu parfois même aigris. Et qui se disent « Ouais, mais moi tout ça je pourrais le faire » tu vois, mais qui finalement ne le font pas du coup ils ne trouveront jamais les résultats. Est-ce que tu penses que toi, avec le recul que t’as sur ça et qui fait maintenant de la photo et de la vidéo de façon professionnelle sauf que t’es pas sur les mêmes canaux de distribution que nous autres photographes pros qui vont dans la presse, les particuliers les choses comme ça… C’est quoi ton opinion sur ça ? Est-ce que toi tu penses, est-ce que t’as envie de dire que les photographes devraient être influenceurs ou pas forcément ?

J : En fait « on ne nait pas influenceur on le devient ». Et on ne choisit pas. Moi je n’ai jamais choisi de devenir influenceur. Quand j’ai lancé Piwee c’était un kiff. Quand j’ai lancé les vidéos, c’était un kiff aussi. Il n’y avait aucune finalité derrière. C’est juste un élan. Après quand t’es photographe t’as la chance d’avoir une patte. T’as la chance de produire du contenu qui est visible et qui est beau. Donc c’est beaucoup plus facile de se créer une communauté parce que c’est chouette ce que tu fais. Par contre quelqu’un qui se lance, qui ne sait pas trop faire de photos, ça va être un peu plus difficile. Après genre un photographe peut devenir influenceur ? Ça dépend, pour toi c’est quoi un influenceur ? C’est quelqu’un qui a une communauté ou c’est quelqu’un qui a la capacité de vendre des choses à des marques ?

F : Qui crée une communauté, qui va faire des opérations avec des marques, qui va faire du contenu sponsorisé, qui va produire du contenu comme tu fais en marque blanche, des choses comme ça.

J : Je pense que tous les photographes, tous les vidéastes, tous ces créateurs doivent avoir des comptes pour être visibles sur Internet, mais on ne peut pas déclencher le truc. Il y a des photographes qui sont bourrés de talents et qui sont à 200 abonnés sur Instagram depuis 4 ans quoi.

F : Qu’est-ce qui leur manque à ces gens tu penses ? Pourquoi un photographe ne fait pas décoller son compte Instagram même s’il a la meilleure prod » du monde, qu’il a des publications dans les plus gros magazines et que son compte n’explose pas ?

J : Mauvais hashtag, mauvaise visibilité, mauvaise communication. Il ne sait peut-être pas se mettre en valeur. Ce n’est pas son métier non plus tu vois. On va dire que l’influenceur, c’est un couteau suisse. Il maitrise tout. Il maitrise la prod », la communication, il sait se vendre. Il deale avec des marques, il modère. Bref il y a tout un éventail de chose qu’on doit maitriser pour être « influenceur », pour entretenir sa communauté. Donc le photographe sait se vendre, mais est-ce qu’il sait communiquer autour de ce qu’il fait ? Ça, ce n’est pas sûr.

F : Donc ça veut dire qu’il faut qu’il se forme à toutes ces compétences-là.

J : Ça peut être intéressant de passer par de la formation ou de prendre des conseils. Un petit consultant qui va driver en y faisant une strat social média à suivre. Mais c’est hyper compliqué. Toi par exemple, t’as des voyages de fous, etc., t’as un bon compte Insta ?

F : Moins de 10 000.

J : Ah non, je n’ai rien dit. Je croyais que t’étais à 300 k.

F : Sur YouTube par exemple j’ai un peu de mal, mais je sais que je n’y vais pas à 100 %. Moi la leçon que j’ai tiré de tout ça c’est que si tu ne t’y mets pas à 100 % tu n’auras pas les résultats qui suivent. Ce n’est pas un truc qui se fait tout seul, tu peux automatiser une partie de ton activité, de ta création, etc., mais c’est toujours un peu compliqué. Est-ce que t’as des conseils à donner sur tout ce qui est justement autour d’Instagram ? Et puis après de YouTube ? Instagram c’est assez évident pour un photographe, YouTube un peu moins.

J : Tu parles en termes d’évolution et de communauté ?

F : Par exemple, ouais. Ou d’optimisation de chaine, de compte.

J : Ben après sur Instagram je m’y lance vraiment à fond. Là l’objectif c’est vraiment péter le game et balancer vraiment de la belle photo et faire plaisir. Du coup sur Instagram il y a plein de choses qu’il faut faire pour que ta chaine grossisse, etc. Moi je capitalise vraiment sur ma chaine YouTube. Tous les abonnés que j’ai sur Insta, c’est des gens qui me suivent sur YouTube. Et du coup j’essaie de faire un maximum de relais depuis ma chaine YouTube sur Instagram. Ensuite sur Instagram, l’objectif, ça va être de se faire repérer par des comptes plus gros qui vont réutiliser tes photos, te taguer, etc. T’as des comptes par exemple @bokehshots ou @electricshots, etc. C’est des comptes qui ont entre 100 et 500000 abonnés. Ils partagent que de belles photos avec des bokeh ou avec une patte ou avec une certaine lumière, un flair, etc. Et l’objectif ça peut être les taguer sur tes photos pour qu’eux les voient et te citent.

F : Pour qu’ils repartagent ton contenu, l’utilisent sans te payer pour ensuite te donner de la publicité.

J : Exactement. Et ça cartonne.

F : Et ça tu vois c’est un truc qui est complètement inconcevable pour un photographe professionnel. Parce que nous le but du jeu, c’est qu’on achète nos images.

J : Ouais c’est sûr, mais quand tu tapes un compte à 200 k abonnés, les gens qui suivent ce compte ils savent que c’est de la belle photo donc ils ont envie de la transpirer. Une photo qu’ils trouvent cool, ils vont aller voir les créateurs. S’ils aiment bien une photo, ils aimeront toutes tes photos. Après c’est ça, tu investis pour être visible. Et demain une OP que tu vendras à 500 € avec 300 abonnés Instagram, demain tu la vendras à 2000 € avec 15000 abonnés Instagram.

F : C’est quoi une OP justement ? Qu’est-ce que tu entends par OP ?

J : Une OP je ne sais pas, c’est une marque qui vient me voir en me disant Julien écoute j’aimerai t’inviter en Corse pour que tu testes mon hôtel et que tu me fasses une vidéo et des photos Insta.

F : Donc là tu vas travailler pour cette marque, mais bénévolement. En échange juste du voyage et des trucs comme ça où tu vas être payé en plus ?

J : Ça dépend, t’as un peu tout. Généralement t’es payé.

F : T’es payé comment ? T’es payé à la journée de travail ou au contenu que tu vas délivrer ?

J : Ca dépend de tout le monde quoi. Moi je sais que je facture à la journée de travail. On va dire qu’une vidéo, ça me nécessite 2 jours de travail, je vends 2 jours de travail. Pour les immersions par exemple, quand je pars 4 jours, là c’est au forfait.

F : Et tu définis ça en fonction de tes clients ou tu as des tarifs fixes ?

J : Non j’ai des tarifs fixes. Après l’influence c’est hyper modulable. Je sais qu’une vidéo, ça me coute ça, par contre quand il faut faire une vidéo plus 15 stories plus 3 photos Insta plus des Tweets, etc.

F : En gros plus il y a du boulot, plus tu vas en demander plus.

J : Ah, c’est sûr !

F : Donc en gros ton nombre de followers, de fans, de likes virtuels va définir aussi ton chiffre d’affaires indirectement puisque ça sera une augmentation éventuellement de ton cout de travail.

J : En fait c’est une petite partie tu vois. Après je sais que j’ai ma patte bien à moi. Si quelqu’un me contacte pour que je lui fasse une vidéo, il ne va pas me contacter pour avoir une vidéo. Il va me contacter pas pour me jeter des fleurs, mais pour avoir du Julien Fabro. Un style très identifiable avec du B-roll qui part dans tous les sens, des beaux plans, etc.

F : Après tu fais de la prestation vidéo classique en fait en quelque sorte. Ou t’as un client, une demande et tu produis.

J : Ce qui est marrant c’est qu’en fait j’ai plusieurs activités vidéo. Les marques qui viennent me dire « Julien, j’aimerai que tu fasses une vidéo sur moi », donc là c’est une vidéo sponsorisée. T’as les vidéos en marques blanches, donc la même marque qui me dit « Je veux que tu me fasses une vidéo, mais tu ne la publies pas, mais tu nous la livres pour que nous on la diffuse sur nos chaines », donc là c’est de la prod ». Et troisième cas, t’as ceux qui veulent une vidéo en marque blanche avec moi qui apparait dessus comme une vidéo que je fais sauf que je ne la publie pas sur ma chaine, mais c’est pour eux.

F : Ah et tu monnayes aussi ton image à ce moment-là. Et ça tu le fais en tant qu’auto entrepreneur ?

J : Là où j’en suis, je suis auto entrepreneur.

F : D’accord. Donc ce n’est pas des droits d’auteur, c’est de la prestation.

J : Puis après t’as plusieurs lignes dans le devis. Mais tu vois quand tu fais une vidéo avec ta tête où l’objectif final derrière est de vendre, la marque utilise ton image pour faire vendre le produit. Donc c’est normal.

F : Et toi tu n’as pas de problème avec ça sur justement quand une marque, je prends l’exemple je fais exprès de mettre un peu les pieds dans le plat, mais par exemple la vidéo que t’as faite pour Ferrero où t’allais filmer des communautés-là. À ce moment-là comment ça se passe ? T’es payé par… ?

J : Je ne suis pas payé. Là c’est mon petit flair, je me suis dit Non. Déjà je suis un consommateur Nutella, je me suis dit que visiter la plus grosse usine Nutella au monde qui se trouve en France, c’est cool quoi. Donc j’y suis allé comme ça. Déjà parce que l’expérience était sympa. Et après je me suis dit j’ai un format qui marche bien sur ma chaine, c’est le format immersion. J’ai fait des choses avec l’armée, j’ai fait des choses avec la gendarmerie, autour de France, aux 24 h du Mans, enfin bref il y en a plein. Et en fait je me suis dit le fait de faire une sorte d’immersion dans les coulisses d’une énorme société, ça peut être que bénéfique. Moi je vais faire la vidéo et derrière si ça plait je vais surement avoir par effet domino d’autres marques qui me disent « On a kiffé ce que t’as fait et on aimerait que tu viennes le faire chez nous.

F : Oui c’est comme ce que tu disais sur ton portfolio de vidéo corpo.

J : Et la vidéo a cartonné. Ça a généré énormément de conversation parce que Nutella, c’est un sujet qui porte un peu touchy, je l’ai fait à ma manière.

F : Ça ne t’a pas desservi ?

J : Non je ne pense pas. Je ne pense pas parce que je n’ai pris… Je reste fidèle à moi-même quoi. Je kiffe le Nutella, j’en mange tous les matins. J’y vais en tant que Julien Fabro qui aime le Nutella qui en mange tous les matins. Mais qui essaie, eh bien, déjà de filmer tout le processus de fabrication, mais surtout qui essaie de poser les bonnes questions aux directeurs d’usines sur les méthodes de fabrication, etc. Comme ça chacun pouvait se faire sa libre opinion. Là-dessus la vidéo a fait un peu plus de 120 000 vues, il me semble. Donc c’est cool pour 40 000 abonnés. Et ça n’a pas manqué, quelque mois après j’ai eu, là j’ai 3 immersions qui sont bookées suite à cette vidéo. Les gens me disent on a vu ta vidéo Nutella, on veut ça. Appliqué à d’autres domaines.

F : C’est rigolo parce que ce que tu fais, ton business model, c’est un peu le business modèle des vidéastes, des photographes indépendants, mais à la sauce réseaux sociaux, mais avec la touche influence quoi. Par exemple quand tu fais un voyage de presse, tu fais un blogtrip, c’est comme un journaliste qui serait invité par une société pour venir créer du contenu, on lui fasse vite un peu l’accès quoi.

J : Toute façon toutes les OP de presses aujourd’hui elles sont dupliquées en OP influenceurs. T’as toujours par exemple, tu prends les essais automobiles, pendant 3 semaines pour un lancement européen ou mondial t’as la marque qui va t’envoyer au Canari. Pendant 3 semaines tu vas avoir des vagues, pendant 2 jours, le jour J, les mecs arrivent en avion, ils prennent la caisse, ils la prennent en main. Ils font leur truc, ils bouffent à l’hôtel, etc. Ils partent le lendemain et le jour d’après t’as une nouvelle vague de journées qui arrivent, etc. Et là t’as toujours des dates qui sont pour les influenceurs. Influenceurs autos, influenceurs tech, influenceurs lifestyle etc.

F : En fait, il n’y a pas grand-chose de nouveau en quelque sorte, c’est juste une adaptation à la différence que toi tu peux en plus profiter de ces moments-là pour créer du contenu pour toi, pour ta chaine, pour des trucs qui ne sont pas forcément monétisés.

J : En fait j’investis énormément, c’est-à-dire que quand on me propose des trucs cool, j’ai tendance à accepter en me disant, parce que la finalité c’est quand même de vivre de tout ça, en me disant, c’est cool on va essayer de faire une chouette vidéo pour essayer d’intéresser d’autres gens après. Pour essayer de pérenniser un petit peu le format. Après c’est clair qu’il y a la dimension kiff. Je kiffe avant tout voyager, découvrir des choses, je suis très curieux.

F : Oui c’est cool, ça te permet de vivre de ta passion.

J : Comme l’armée, tu vois ce qu’on a fait ensemble, c’est génial. Découvrir comment se préparent les soldats au 14 juillet, etc.

F : Il y a un truc sur lequel j’aimerai bien y revenir sur la partie vlog, et quand tu parles justement de vendre un peu ton image en plus de ton contenu. Il y a beaucoup de photographes qui ont du mal, j’en avais discuté encore tout à l’heure avec la précédente interview que j’avais tournée sur la question de se mettre en avant personnellement surtout les photographes de presse tu vois qui ont beaucoup de mal avec ça. Pour eux c’est : il faut mettre en avant son sujet, les gens qu’on prend en photo, les gens qu’on filme, mais pas soit en tant que personne parce que ça fait trop égoïste, ça fait trop photo centré. Parfois, j’ai une peur aussi de me mettre en avant. J’ai eu beaucoup de mal aussi à tester le vlog. Je me suis vraiment fait violence. Mais je pense que toi aussi t’es passé par là, tout le monde passe par là. Qu’est-ce que toi tu dirais à quelqu’un qui bloque sur cet aspect-là ? Voilà, qu’est-ce que tu lui dirais concrètement ? Sachant qu’il ne sait même pas si ça vaut le coup en fait.

J : Ouais après déjà si on n’a pas une petite envie à l’intérieur, il ne faut pas le faire. Parce qu’on ne tiendra jamais le rythme. Si on a envie, si on ne le fait pas on ne le saura jamais. Pendant 10 ans j’ai eu une sorte de problème d’image. Je ne m’acceptais pas trop. Dès qu’il y avait un objectif braqué sur moi c’était en famille, c’était des potes n’importe qui, je me cachais en mode “Noon tu ne me prends pas en photo”. Donc les vlogs c’était l’étape la plus compliquée de toute ma vie. Et je me suis dit “Mon gars, il faut te lancer”, si tu ne le fais pas tu vas regretter toute ta vie. Aujourd’hui tu voyages, t’as la chance d’avoir du beau contenu, tu peux inspirer des gens, tu peux faire passer tous les messages que tu veux, mais il faut faire de la vidéo. » Et ça s’est fait. Les 10 premières vidéos étaient très compliquées, la toute première était encore plus. Mais aujourd’hui tu vois je kiffe ça, je ne peux pas m’en passer, c’est une drogue aujourd’hui la vidéo. Après tu me connais. Je ne fais pas des vidéos pour l’aspect starification, je m’en fous d’être connu ou reconnu. C’est juste raconter une histoire. Tu racontes une histoire, tu fais passer des messages et ça, c’est trop cool. La vidéo c’est un format qui est hyper modulable et t’apprends sans cesse comme la photo.

F : Ouais c’est vrai qu’il y a une grosse logique d’apprentissage et de test.

J : Mais après ouais c’est sûr que c’est compliqué de se lancer.

F : Mais si c’était facile, tout le monde le ferait. Et parfois il faut aussi sortir de sa zone de confort et se challenger et ce n’est pas ce qu’on fait naturellement en fait. Ce n’est pas évident.

F : Aujourd’hui tu bosses avec des marques, tu bosses notamment avec une marque d’appareil photo. Comment ça se passe ? Tu es ambassadeur pour Panasonic c’est ça ?

J : Alors je suis ambassadeur Panasonic. Donc là c’est plus le côté Lumix qui sont les appareils photo. En fait c’est marrant parce que j’avais un voyage à Tahiti là l’année dernière. Une sorte de voyage de presse on va dire avec plusieurs sponsors. Donc là j’étais déjà équipé Lumix, c’était l’appareil photo que j’avais, c’était le G80. Et il y a un boitier qui me faisait rêver, c’était le GH5 qui est l’une des caméras référentes aujourd’hui sur le côté vidéo et rapport qualité/prix. T’as un boitier avec des specs de ouf à 2000 €, boitier nu donc c’est génial. Et là j’ai essayé de contacter Panasonic en leur disant j’ai un beau voyage de prévu à Tahiti, j’aimerais si c’est possible vous emprunter un GH5 pour faire du… là-bas. Je n’ai pas eu de réponse, ils m’ont répondu en janvier de cette année. Le voyage était en octobre. Et ils m’ont contacté, je leur ai dit que ce que je veux vraiment c’est essayer de mettre en place un partenariat à l’année. L’idée c’est vous me filer du matos et moi je crée du contenu avec ça pour inspirer les gens et dire « GH5 c’est le feu ». Du coup ils m’ont dit « Garçon t’es gentil, des demandes comme ça on en a 50 par jours, fais tes preuves ». Donc là ils m’ont filé le GH5 avec une optique pendant 1 mois. Et j’ai blindé de partout. J’ai fait 2 vidéos sur YouTube. J’ai fait plein de photos sur Instagram en les taguant. Et en fait ils ont kiffé. Et là j’étais passé par une agence de presse et suite à ça ils ont totalement kiffé. J’ai réussi à avoir le contact de la marque.

F : Une agence de com » avec une attachée de presse. Oui parce que l’agence de presse c’est pour diffuser en image.

J : Du coup j’ai eu contact avec la marque et là je leur ai proposé mon deal, je leur ai dit qu’il faut que je m’équipe. Vous kiffez le taf que je fais. Je kiffe vos boitiers. Puisqu’il faut bien avoir conscience que je n’ai pas pris Lumix parce que c’était les seuls à m’accepter. J’étais déjà client Lumix et je voulais un GH5. Et du coup le deal c’est « Écoute Jul, on te file ce que tu veux. C’est du prêt à long terme en fait sur 1 an. Le matos n’est pas à toi, tu dois nous le rendre. Mais dès que t’as besoin de quelque chose, tu nous dis et toi tu produis ton contenu derrière. » Donc aujourd’hui j’ai la chance d’avoir 2 boitiers, 5 optiques, 5 batteries et c’est génial quoi. J’ai du télé objectif, de la focal fixe, du grand-angle, quelque chose d’un plus hybride. Enfin bref c’est génial quoi. Sans dépenser 1 centime.

F : Je te comprends parce que moi c’est pareil avec Fujifilm, j’ai 2 boitiers, 5 optiques, des batteries.

J : T’es aussi ambassadeur ?

F : Ouais ouais je suis ambassadeur aussi pour Fujifilm. On me pose beaucoup la question justement comment on devient ambassadeur, etc., et ça m’intéressait d’avoir ton point de vue. J’ai déjà fait avec Olivier Lavielle qui est un photographe qui est aussi ambassadeur pour Panasonic, mais lui c’est un deal un peu différent. Il crée du contenu pour leurs réseaux sociaux. Et il est rémunéré pour ça. En plus d’avoir du prêt de matériel. Et sur certains shooting il est aussi aidé financièrement quand il a besoin de louer quelque chose. C’est Panasonic qui sort le chéquier. Donc pour te montrer que ça existe aussi à un autre niveau. Je pense qu’on peut donner en plus un peu la récompense parce qu’on arrive à la fin de l’interview et il y a eu beaucoup de trucs qui ont été dits et pour les gens qui sont restés jusqu’à la fin. Quand on négocie quelque chose comme ça avec une société, c’est toujours important de se renseigner au maximum sur tout ce qui se passe, ce qui est possible de faire pour pouvoir demander toujours le plus possible quitte à avoir ce qu’on peut avoir le moins quoi. Et si on fait un deal du prêt de matériel contre du contenu, parfois il faut savoir que des sociétés donnent même des appareils photo, donc les appareils sont à toi, tu peux es revendre si tu veux, ce qui te fait de l’argent. Ils sont prêts à payer du contenu. Bon bref c’était une petite parenthèse sur ça. Pour négocier, toute façon pour négocier c’est un art, il y a 50 000 bouquins sur ça et ce n’est pas forcément évident.

J : Après tu vois par exemple pour conclure, enfin pour terminer la question, je suis ambassadeur d’une marque de skateboard électrique qui s’appelle Acton. Donc là c’est le produit qui me faisait rêver. Là j’y suis vraiment aller, enfin c’est la seule fois je pense que je suis allé voir non. C’est une des rares fois où je suis allé voir une marque en mode votre produit il est trop ouf, il me le faut. Et je suis allé le voir, on a monté un deal. « On te file la planche, si elle est pétée, tu nous la renvoies, on te refile une. »
Et en plus il y a de l’affiliation.

F : T’as un bon de réduction et de l’affiliation.

J : Donc là mes abonnées ont 15 % avec le code…

F : Et la planche elle vaut combien ?

J : T’as plusieurs prix, mais on va dire que celle que j’ai est à 1000 €.

F : Donc 15% sur 1000 € c’est quand même intéressant.

J : Et moi derrière j’ai un petit cashback sur ce montant.

F : De combien ?

J : Je ne peux pas dire. Mais tu vois c’est gagnant-gagnant et là, je leur ai fait à peu près 20 000 € de chiffre d’affaires, je pense, depuis le début de l’année. Ce qui est pas mal.

F : L’affiliation c’est un truc qui est très puissant. On n’a pas trop parlé de tous les business modèles qui étaient possibles pour monétiser un site web ou une audience, mais toi tu connais lesquels et tu utilises lesquels par exemple à part l’affiliation du coup.

J : J’en utilise 3. Régie, donc tout ce qui est display, etc.

F : Donc là c’est de l’Adsense en gros ?

J : C’est l’Adsense, du pré-roll sur YouTube, etc. Donc là tout ce qui est display.

F : Pré-roll, c’est des publicités qui arrivent avant d’ouvrir la vidéo. Quand un moment on ouvre la vidéo, il y a une petite pub en bas. Skip ad, c’est ça !

J : Donc là c’est du dynamique en fait. Plus tu fais de vues, plus tu gagnes. Ensuite t’as le brand content. C’est-à-dire tu vas produire du contenu pour une marque. Donc « tu ne vas pas te prostituer », tu continues de faire ce que t’as l’habitude de faire sauf que t’essaies de réfléchir à une mécanique pour mettre en avant la marque. Et enfin troisième, l’affiliation. Donc là le principe je pense que tout le monde le connait.

F : Tu fais de l’affiliation avec Amazon aussi ?

J : Oui, beaucoup avec la chaine YouTube.

F : Et ça marche bien ?

J : Ça dépend. Je fais plus d’argent avec le skate électrique qu’avec l’affiliation Amazon.

F : L’affiliation Amazon ça reste quand même assez obscur. Il y a des gens qui arrivent à faire beaucoup, des gens qui ne décollent pas. C’est assez particulier. Est-ce que tu as quelque chose à rajouter et puis merci pour tout le contenu que tu partages. Est-ce que tu as des trucs à rajouter, un message que t’aimerais faire passer à ta copine ou à tes parents ? (rires). Mais je veux dire est-ce que t’as un truc que t’aimerais partager sur la création de contenu ou sur l’influence, la création de communauté qui toi t’as marqué, un conseil qu’on t’a déjà donné que t’aimerais partager un peu, qui pourrait faire changer un peu l’état d’esprit général.

J : On ne m’a jamais donné de conseil, mais ce conseil tu vas le comprendre c’est familier, mais sortez-vous les doigts du cul quoi. Vous avez des rêves, faites-les. Lâcher tout si vous êtes aujourd’hui mathématicien, prof, n’importe quoi, que vous êtes passionnés de photos lâchez tout pour la photo et Go ! Tu vois j’ai passé 2 jours à la montagne, je pue encore le feu pour faire de l’astro photographie, pour découvrir ça. On a bivouaqué avec un ami et juste pour le kiff de se dire on a truc en tête et Go ! Et c’est comme ça que tu kiffes, c’est comme ça que tu produis du beau contenu et c’est comme ça que tu progresses aussi. Donc voilà, un conseil si vous avez des envies, des rêves, foncez, ne vous posez pas de questions puisqu’on a qu’une vie.

F : Génial. À part sur YouTube, on te retrouve où du coup ? Sur Piwee encore ?

J : Piwee, Instagram en tapant Julien Fabro. Je mettrai les liens dans l’article en lien avec ce podcast. Ben écoute merci et à bientôt !

F : Yeah, ça marche ! A plus !

Cet épisode du podcast est maintenant terminé. Si ce dernier vous a plu et que vous voulez le soutenir, il vous suffit de vous abonner sur iTunes et de laisser une note de 5 étoiles, ainsi qu’un commentaire. Cela ne vous prendra qu’une minute et aidera grandement au référencement du podcast. Enfin, un dernier mot pour vous dire que si vous souhaitez avoir plus d’information et de conseil pour faire grandir votre activité de photographe professionnel, vous pouvez-vous abonnez gratuitement à ma newsletter du lundi dans laquelle je partage chaque semaine des conseils très utiles. Le lien est en description de cet épisode. Je vous donne rendez-vous dans le prochain podcast du Photographe Pro 2.0. À bientôt !

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Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

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Claudia Zels a une double casquette, elle est présidente de l’ANI, l’association nationale des iconographes et cheffe photo du magazine Management.

Avec elle, on parle d’iconographie, de la mission des iconographes et surtout de l’intérêt de travailler avec ces professionnels de l’image.
Quand on est photographe indépendant, c’est vraiment primordial de savoir comment travaillent les personnes susceptibles de nous acheter des images.

Quel est leur quotidien, comment font il pour trouver les images ou les photographes dont ils ont besoin ?

En sachant cela, il sera plus simple de réussir à vendre des photos et surtout de ne pas perdre son temps ainsi que celui des iconographes.
Car comme le rappelle Claudia, il est très important de bien cibler ses clients et proposer des histoires pertinentes par rapport au support visé.

Nous avons déjà abordé ce sujet lors d’un entretien précédent avec Dimitri Beck du magazine Polka, d’ailleurs je vous conseille d’écouter de toute urgence cet épisode si vous voulez vendre vos photos à la presse.

Claudia nous donne également de très précieux conseils pour bien se présenter à une rédaction.

Elle insiste notamment sur l’importance des mails personnalisés et la demande de rendez-vous, notamment lors de lectures de portfolio.

Si vous avez un peu du mal à présenter votre travail, cet épisode va vous plaire !

Je vous souhaite une bonne écoute.

 

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