Ne bradez pas vos photos !

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

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On dit souvent que pour réussir dans la photographie, il faut être super spécialisé dans un domaine, faire des choix parfois difficiles et s’y tenir.

Julien Mignot nous prouve le contraire en se définissant lui-même comme un photographe éclectique.

Ce dernier travaille aussi bien pour la presse, que pour les entreprises et vis également de la photo d’art. Dans notre entretien, il revient sur l’importance de s’écouter et de prendre du plaisir dans sa photographie.

  • Julien explique l’intérêt de faire plusieurs types de photographie et de ne pas se mettre d’étiquette
  • Mais il aborde aussi l’importance d’être un entrepreneur et de s’intéresser à l’entreprenariat pour être efficace et ne pas perdre de temps
  • Il ne faut par exemple selon lui ne pas hésiter à demander aux confrères et à ses pairs pour avoir des infos et des conseils
  • On aborde également la question de la légitimité des photographes débutants et comment faire quand on commence dans ce métier pour trouver ses premiers clients

Et bien d’autres choses encore que vous allez découvrir dans ce nouveau podcast.

Sur ce, bonne écoute !

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Transcription écrite de l’épisode :

Salut à tous et bienvenue dans Podcast Photographe Pro 2.0. Je m’appelle Fred et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, mais aussi des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

On dit souvent que pour réussir dans la photographie, il faut être super spécialisé dans un domaine. Faire des choix parfois difficiles et s’y tenir. Julien Mignot nous prouve le contraire en se définissant lui-même comme un photographe éclectique. Ce dernier travail aussi bien pour la presse que pour les entreprises et vit également de la photo d’art. Dans notre entretien, il revient sur l’importance de s’écouter et de prendre du plaisir dans sa photographie. Julien explique l’intérêt de faire plusieurs types de photographie et de ne pas se mettre d’étiquette. Mais il aborde aussi l’importance d’être un entrepreneur et de s’intéresser à l’entrepreneuriat pour être efficace et ne pas perdre de temps. On aborde également la légitimité d’être un photographe débutant et comment faire quand on commence dans ce métier pour trouver ses premiers clients. Et bien d’autres choses encore que vous allez découvrir dans ce nouveau podcast. Je vous souhaite une bonne écoute.

Julien : Je m’appelle Julien Mignot. Je suis photographe éclectique. Hétérogène, c’est toujours un truc qui était un peu important pour moi dans ma carrière, c’est de ne jamais avoir choisi. On m’a souvent dit choisi (parce qu’en France, on aime bien que les gens choisissent un style particulier, etc.), mais il s’avère que je ne l’ai jamais fait et aujourd’hui c’est ce qui me sert. Puisque je me suis nourri de plein d’influences différentes qui vont vraiment du portrait au reportage, au documentaire. Et aujourd’hui, ça me permet de faire un métier qui change tout le temps, où je suis toujours étonné des terrains dans lesquels on voit la photographie. C’était vraiment la connivence de départ, c’était d’avoir une certaine forme de curiosité pour ce qui se passait. La photographie est un moyen génial pour rassasier cette soif-là, disons. Donc aujourd’hui je travaille aussi bien pour la presse, pour des magazines, ou des quotidiens qui vont de « Libération », qui était un des premiers journaux à me faire travailler, la presse féminine « Grazia » en portrait notamment, jusqu’au « New York Times » ou des parties des publications plus spécifiques, disons. Ensuite, je travaille beaucoup dans la musique : je fais des portraits pour des pochettes d’album. Bien sûr, j’ai une dimension un peu pub et j’ai aussi un travail personnel qui est en galerie. C’est pour ça que je dis que c’est éclectique.

Fred : C’est beaucoup de chose. Aujourd’hui, tu vis de quoi majoritairement ?

J : C’est à peu près un tiers un tiers un tiers,. C’est un tiers près, un tiers, disons, de pub et de chose un peu plus commerciale dont lequel j’ai inclus la musique et c’est un tiers d’un travail plus artistique qui est en galerie.

F : Et en vendant du tirage photo ?

J : Oui, en faisant du tirage exactement.

F : Est-ce que tu te définirais comme un « photographe-entrepreneur » ?

F : Oui je me définis comme un photographe entrepreneur parce que j’ai eu la chance de trouver un studio à Paris, pas très loin de chez moi, et de monter ce studio-là, en fait, on a approprié le lieu et d’en faire un véritable endroit de shooting, enfin nos bureaux de faire de vrais travaux à l’intérieur. Et pour ça, il a fallu monter une entreprise. Alors, au-delà du statut d’indépendant du photographe, ben ensuite, on rentre dans le grand monde de l’entrepreneuriat qui est encore autre chose. Et aujourd’hui, on a pas mal de gens qui viennent bosser en fonction des missions avec nous. Et ça permet d’avoir un lieu de travail à plusieurs, de pouvoir échanger sur ce qu’on fait sans être forcément, exactement toute la même veine tout en étant complémentaire. Et le fait d’avoir à chapeauter un peu tout ça oui, ça sous-entend des responsabilités, ça sous-entend aussi d’avoir à se pencher un tout petit plus sur la question de l’entrepreneuriat en photographie. Ce qui est souvent d’ailleurs un truc dont manquent les photographes, et néanmoins, qui est primordial. Moi je n’étais pas du tout formaté pour ça. Ça ne m’intéressait pas vraiment au début. Puis après petit à petit, je m’y suis intéressé. Et c’est vraiment un levier important pour comprendre le métier, pour voir là où on va. Surtout pour ne pas essayer de perdre du temps dans les… C’est un métier qui est assez difficile où il faut vite s’affranchir d’un fantasme de se dire « je ne vais faire que des photos qui me plaisent toute ma vie ». C’est vrai qu’au début, je pense que quand on commence, on fait 10 % de photos qu’on a envie de faire, puisqu’il faut bien manger. Et que c’est délicat, et ensuite, au fur et à mesure on essaie d’inverser cette tendance-là et d’arriver à avoir plus que 10 % de chose pénible à faire. Mais il y a toujours un côté pénible partout et la gestion ce n’est pas ce qui me passionne. Mais j’en ai besoin, et c’est un outil pour me permettre de faire les choses que j’aime.

F : C’est quoi au quotidien que tu vois comme tâche entrepreneuriale ?

J : C’est vrai que des rendez-vous comptable, par exemple… On est un peu loin de la photographie de mode à Cannes. Néanmoins, ça pour le coup c’est une tâche un peu ingrate. Mais comprendre comment fonctionne une entreprise, comprendre comment le monde dans lequel on vit fonctionne. Et même plus généralement, j’ai envie de dire, comprendre ce qu’on fait, à quoi servent les taxes et où ça va, c’est des choses qui m’intéresse quoi. Parce que c’est quelque chose qui t’inscrit dans un monde social, et quand on est photographe, c’est obligé de regarder ça de près, je pense.

F : Qu’est-ce qui manque comme qualité au photographe qui galère un peu ou qui n’arrive pas à se lancer ? Tu dirais quoi ? Il faut qu’il fasse quoi ?

J : Mais c’est le travail. Ça fait 15 ans de ma vie que je me consacre à ça. Il y a pas longtemps j’ai réalisé que j’avais pris très peu de vacances en fait. Alors OK, je n’en prends pas beaucoup parce que je suis satisfait de ce que je fais. J’ai l’impression que je voyage un peu, je vois du pays, et que je n’ai pas besoin de m’extraire de Paris ou d’un quotidien qui est sans cesse renouvelé. Donc c’est sûr, j’en ai sans doute moins besoin que plein de gens. Mais ce que je veux dire c’est que c’est ardu. On est aujourd’hui submergé d’images par les réseaux sociaux et néanmoins on voit beaucoup moins qu’avant, on est beaucoup moins sélectif. J’incite les gens à passer leur temps dans les expos, à ouvrir des bouquins et à se poser des questions, puis surtout à faire, à un moment donné, lâcher le questionnement et intellect. Puis à se mettre à travailler. Mais se mettre à travailler, ça peut être allé dehors une journée, et ne pas rapporter une photo de mode. Et se trouver très mauvais le soir, mais avoir la force de se dire « OK, j’étais mauvais aujourd’hui, demain ça ira mieux » et de s’y remettre. Parce que, quand on regarde aujourd’hui les très grands maitres de la photo on a eu ici des projections de Peter Lindbergh qui est un photographe immense. On voit 300 photos dans la soirée, c’est une carrière. 50 ans de vie, 300 photos. Rapporter au quotidien, ça ne fait pas beaucoup de très bonnes images et pourtant c’est quelqu’un qui a shooté énormément. Il ne faut pas hésiter et surtout, il faut faire des gammes. Faire ces gammes comme on apprend au violon ou un instrument de musique. Quelqu’un qui devient virtuose au violon et qui va devenir soliste. Avoir passé 10 ans de sa vie à faire des gammes de 3 ans jusqu’à ce qu’il ait 18 ans avant de pouvoir se lancer dans le grand bain et commencer à voir ses concerts, etc. Et pouvoir jouer une partition juste en lisant les notes, etc. C’est la même chose. On maitrise, on sait qu’à un moment donné sur une partition, un do, ça va faire ça et qu’en fonction des indications, on ne va pas mettre ses doigts pareils et ainsi de suite. C’est pareil avec une photo. Il y a beaucoup moins de réglage et c’est beaucoup plus simple.

F : Comment tu fais toi pour te former au métier de photographe, c’est-à-dire gérer l’entreprise, gérer les réseaux sociaux, internet, tout ça ?

J : On est dans un monde génial où, en ce qui me concerne en étant en France, on peut s’adresser à un monde un peu plus large et je ne sais pas très bien comment c’est ailleurs. Mais en France, on a des formations. Je ne suis pas passé par là, mais je sais qu’elles existent, je sais qu’elles sont pour la plupart efficace que le jour où on se pose des questions sur sa reconversion et ainsi de suite. On a payé en avance des formations où on peut s’inscrire. Il y a les Agessa qui donnent beaucoup d’informations. L’UPP donne beaucoup d’information. On ne sait pas très bien où aller la chercher parfois. Mais avec internet et aujourd’hui c’est quand même assez facile d’aller d’y avoir accès. Il ne faut pas hésiter à solliciter aussi parfois des photographes professionnels. Ne serait-ce que par Instagram, « ça y est, je me lance, qu’est-ce que je fais ? J’aime bien tes photos. Est-ce que tu peux me donner un point de vue sur les miennes ? Tiens, je galère là-dessus. » Puis surtout, vachement échanger sur un truc qui est très délicat chez nous et qui, à mon avis, fait beaucoup de tort au métier pour se former. Parce qu’au début, par exemple, on ne va pas savoir donner de prix. On fait un métier qui est artisanal, mais l’exploitation des droits fait qu’on peut facturer pour une même somme de travail quelque chose qui va de 100 balles à 10 000 balles. Voilà 100 €, c’est une pige pour un petit journal et puis 10 000 € ça va être quand on va faire une photo pour une marque de mode, par exemple. Je donne des ordres de grandeur et des prix très rapides. Mais ce que je veux juste dire c’est qu’on fait fois 100 pour un travail qui est le même. Et ça, c’est vraiment perturbant pour les jeunes qui démarrent. Et moi au début, je me suis vraiment penché sur le fait d’appeler mes camardes qui avait 2, 3, 4 ans, 5 ans de plus que moi sur l’expérience. Et de dire « Voilà, là j’ai un label, il me demande de faire la pochette de tel artiste, je ne sais pas ce que je vais demander, qu’est-ce que je fais. » Il me dit « Ben voilà, t’en es là dans ta carrière… » Peut-être que le bon prix c’est ça. Mais voilà, histoire de ne pas être complètement idiot et de pouvoir réagir aussi quand on est en face des gens qui pensent que la photo ne se paye pas, alors que c’est un vrai travail. Et être capable de dire « Non, mon travail il a une valeur, et je ne vais pas le brader. Parce que si je le brade aujourd’hui, si je mets à un moment donné, un prix trop bas, ben je ne vais pas vivre demain ».

F : Et sur ça, il n’y a pas de règles en fait ?

J : Il n’y a pas de règle, mais il y a quand même des gens qui ont fait à peu près des choses un peu inventoriées… Il n’y a pas de règle sur Instagram par exemple. C’est un nouveau marché, il se met en place, on ne crédite pas forcément les photos sur Instagram alors que c’est quand même le crédit, quelque chose de légal en France et d’obligatoire. Il y a vraiment toute une dérive, les choses qui s’inventent là-dedans, ça c’est certain. Mais par contre sur des choses très installées, si. Quand on est face à des clients, quand on est face à du corporate, il y a des boulots de commandes. Il ne faut pas hésiter à se renseigner autour de soi, se tourner vers d’autres photographes qui eux, ont un peu plus l’habitude. Ça, c’est un accueil que les jeunes font, parce qu’ils ont besoin de travailler, parce qu’on a besoin de manger. Et voilà, il y a 3 choses. C’est la notoriété que ça nous apporte parce que, pareil dans tel ou tel magazine, ça permet aussi d’être un levier pour ensuite aller des marchés ailleurs, donc la notoriété. Le fun, le plaisir qu’on va prendre à faire quelque chose. Et la rémunération. Bien souvent on dit au photographe « attends je vais quand même mettre ton crédit ». Est-ce que moi quand je vais chez le boulanger et que je dis à la boulangère « ben non je vais prendre la baguette et je ne la paye pas parce que c’est quand même moi qui la mange ». Eh bien, non, je ne le fais jamais. Et c’est pareil. Il y a une vraie valeur artisanale dans ce qu’on fait. Et il faut au moins que 2 de ces conditions soient remplies. Au moins, une dans le pire des cas. Au moins, il faut qu’on y prenne : soit du plaisir, soit qu’on y gagne un petit peu pour la suite, pour notre exposition, pour ce que ça va montrer de ce qu’on sait faire. Parce qu’on va se donner du mal à bien faire, donc on a envie que ça se voie. Soit en troisième lieu, que ça peut faire bouillir la marmite d’eau chaude. Une des trois conditions. Et c’est important parce que, je viens d’un milieu assez modeste, et il faut revenir à des choses très artisanales en fait, juste pour se poser les bonnes questions et se permettre de trouver son chemin là-dedans, où on a très peur parce qu’il y a beaucoup de questions qui se posent dès le départ. Et en fait, on peut élaguer tout un tas de questions et se rebaser sur l’essentiel. Ces 3 choses je pense que c’est un bon moyen d’analyser si on a envie ou pas de faire un projet. Et de ne pas se prostituer pour le faire et surtout pas de se sous-vendre. Parce que c’est toujours mauvais de se dévaluer quoiqu’il arrive.

F : Peut-être, est-ce que tu n’es pas d’accord avec le fait que si justement les jeunes, les gens qui se lancent ont du mal à élever leur tarif parce qu’ils souffrent d’un manque de légitimité ?

J : Ouais ouais, c’est possible, bien sûr. Mais c’est des choses qui viennent, avec le temps on n’a pas beaucoup échangé avec les prophéties par exemple parce qu’en discutant avec les autres on a tous un parcours un peu différent. Moi je suis passé par la presse et c’est la presse qui m’a installé là-dedans. Aujourd’hui, on parlait avec Ambroise qui fait le stage aussi. Et il suggérait un de mes élèves par exemple de se dire : « Ne va peut-être pas aller voir vraiment sur le paysage sur des choses comme ça » et lui dire : « On ne va peut-être pas avoir les agences de com », on ne va peut-être pas avoir Havas, mais trouve une petite agence de com » qui va travailler pour des marques plus modestes ou pour des petits magazines d’entreprises et faire des choses un peu laborieuse et un peu pénible avec peu de visibilité. Mais le fait d’avoir fait ça va peut-être te permettre d’enclencher la suite. Il y a plein de ficelles, il faut en prendre une et la tirer. Et surtout peut-être avoir un côté laborieux, faire ses devoirs. C’est-à-dire que le lundi (on ne relance pas les gens après le week-end), on va faire du prospace, c’est-à-dire qu’on va prendre tous les noms, les magazines pour lesquels on a envie de bosser, tous les noms des domaines dans lesquels on aimerait bien aller. Tous les noms des petites entreprises qu’on va appeler en disant « Mais moi je fais de l’architecture, je vais appeler des petits architectes » et je vais commencer à leur dire « Vous avez fait un boulot, moi, je vous propose de le photographier » et ainsi de suite. Petit à petit, il y a forcément quelqu’un qui va répondre. Au début, le temps est très distendu et on se sent très seul au milieu de tout ça. C’est pour ça que c’est bien. Et quand on voit ses copains qui partent au boulot et qui embauchent et qu’on se sent très seul derrière son écran à la maison, à un moment donné, de s’y mettre et vraiment de « faire ses devoirs ». Et si c’est trop dur ce jour-là, on ouvre un bouquin de photo, on regarde, on se pose la question sur ce qu’on aimerait faire et on relit « La Chambre Claire » de Barthes ou des choses qui n’ont rien à voir, mais qui nous nourrissent. Et qu’il s’agisse d’un boulot très factuel de prospect, ou d’un boulot culturel qui va à un moment donné nous nourrir intellectuellement. Les 2 sont primordiaux en fait, je pense.

F : Pour toi c’est quoi l’obstacle principal que rencontrent les photographes ?

J : Le nombre.

F : Ouais le nombre c’est un problème, je pense.

J : C’est un problème à la fois et je trouve ça génial que tout le monde s’intéresse à l’image aujourd’hui. Avant, on avait tous des boites à chaussures ou des classeurs chez nos parents et on trouvait ça super d’aller les regarder de temps en temps, c’était des souvenirs qu’on se fabriquait. Aujourd’hui, tout ça est beaucoup plus diffus, s’efface, se renouvelle, se reforme, se reconstruit sans arrêt. C’est passionnant. Ma mère regardait peut-être beaucoup moins de photos, en tout cas, regardait ses photos à elle de sa famille, mais n’allait pas voir les photos de tout le monde. Elle est sur Instagram pour me suivre et je pense qu’il y a plein de choses qui l’intéressent. Et va aller voir des photos d’autres personnes. Et elle comprend enfin, pourquoi on n’est pas obligé de photographier quelqu’un qu’on connait devant un monument (rires). C’est à la fois une difficulté parce qu’on est nombreux, mais il ne faut pas oublier qu’être photographe, c’est être auteur, qu’être auteur, c’est défendre sa propre singularité. Et que je persiste et signe, OK il y a plus de photographes, mais il y a plus d’images aujourd’hui dans ce monde-là. Donc, il y a de vraies difficultés, mais on n’est pas mal lotis, nous, en tout cas, à être en France, aidée, épaulée, dans un pays qui a quand même, qui propose différentes manières de devenir photographe. Ne serait-ce que sur la structure sociale ? On peut très bien commencer par être (je n’ai jamais été très pour) entrepreneur, commencer à travailler aux Agessa ou alors monter une boite. Il y a tout un panel administratif qui nous permet de choisir ce qui nous correspond le mieux. Avec des avantages, des inconvénients, des lourdeurs à mettre en place. Peut-être un peu de difficulté à comprendre, mais ça va. On s’en sort.

F : Peut-être qu’il y a des choses que tu as envie de partager aussi sur l’actualité que tu vas avoir dans les prochains mois…

J : Ouais, je peux te dire juste que cette année encore, il y aura le Festival de Cannes, que je vais suivre pour Grazia, qui monte une toute petite équipe très cinéma pour parler beaucoup de cinéma, et bien sûr des paillettes de Cannes, mais ce n’est pas le point. Avec des anciens de Libération, je suis très fier de participer à ça, c’est un quotidien distribué gratuitement sur la croisette. Mais on en parle sur les réseaux sociaux, sur grazia.fr, sur mon Instagram. En fait tous les ans, je photographie « Grazia se délocalise à Cannes ». Je monte une petite rédaction et sors un quotidien gratuit sur « La Croisette ». Et donc on fabrique ce journal pendant les 10 jours. Ce qui demande à être, un truc très intense, puisque c’est une vraie semaine un petit peu dense. Parce qu’en moyenne c’est 60 portraits sur 10 jours, c’est une couverture, 2 portraits à l’intérieur, 2 images d’illustres, plus ensuite le tapis rouge où je me transforme une fois par an en paparazzi. Et ça m’amuse beaucoup parce qu’on passe, on change, on est 4 photographes différents la même journée. C’est passionnant.

F : Je vais répondre à la question que tout le monde se pose je pense, parce que je vois tous les ans le métier de photographe est le métier préféré des Français, surtout quand tu vois quand même le parcours d’un photographe, on se dit « Ah ouais j’aimerai bien être à leur place et tout », c’est quoi ? Ça vaut le coup ? Est-ce que c’est comme quand tu écoutes certains …

J : Tu veux dire quoi en fait ?

F : Est-ce que l’image, elle reflète réellement la réalité ?

J : Non, mais en même temps… Moi je suis très optimiste. Je n’ai pas envie de dire « Non, mais c’est difficile ». Non, ce métier, moi j’ai réussi. J’ai réussi à être là ou à un moment donné j’avais envie d’être. Et à chaque fois je ne me suis pas rendu compte que les étapes se passaient parce que c’est comme se fixer un cap. Cartier-Bresson disait « Il ne faut pas vouloir, il faut être disponible ». Eh bien, en fait ça, c’est ce qui est vrai pour prendre une photographie, il ne faut pas vouloir aller la chercher, c’est déjà trop tard. Il faut se rendre disponible et cet état advient en fait. Je pense que dans le métier c’est à peu près pareil à une échelle un peu différente. C’est se fixer un cap, aller par là-bas, tenir se cap là et de faire en sorte de na pas trop en dévier et qu’on soit dans ce cheminement. Et les choses adviennent. Elles ne se font pas dans l’instant, on est dans un monde très immédiat, donc très impatient, il faut juste prendre le temps. Effectivement à Cannes on voit tous ces photographes-là, clairement, ce qu’on voit c’est le tapis rouge. C’est une meute de chiens qui s’aboient dessus. Ce n’est pas très agréable. Mais il y a autant de façons d’être photographe à Cannes qu’il y a de genre de photo. Faire des photos de tapis rouge ou des portraits, ce n’est pas la même chose. Et cet envers du décor on le voit peu en fait. On vient de faire un portrait, on remonte la Croisette, et en photographiant les gens dans la rue parce que ça peut faire de l’illustration, parce qu’il y a cette masse de monde qui arrive et qu’on essaie d’aller chercher une autre photo. Et c’est ça qui est passionnant dans ce métier ! On peut choisir d’être un photographe en particulier de faire que de la chambre et de sortir le trépied que quand il y a telle lumière, etc., et de photographier très modestement à l’économie. Ou alors, au contraire s’engager d’aller chercher plein de choses dans des domaines extrêmement éclectiques. C’est ça qui est super passionnant.

F : Ce n’est pas obligatoire, si tu en penses pour sortir du lot justement ?

J : Ah, je crois que c’est une question à sept caractères après. C’est-à-dire qu’il y a des photographes qui vont vraiment avoir besoin de ce temps-là. Et c’est aussi savoir s’écouter en fait. Moi je sais que ça me passionne pour rassasier cette curiosité-là et que je suis quelqu’un qui va peut-être un peu avoir besoin de rythme, de vitesse, de remplir sa vie. Même puis avec l’âge je pense que je repose un peu tout ça et que je passe plus de temps, à réfléchir et ça, c’est vachement bien aussi. Mais j’avais besoin de me nourrir, d’être un peu boulimique de ça. Ça me correspondait. Je pense qu’il y a des gens qui sont beaucoup plus réfléchis, murs, et posés que moi, ils ont bien raison de l’être. Voilà, chacun a sa manière, chacun son rythme et tout est assez respectable. Il faut savoir s’écouter, se poser des questions, mais pas trop longtemps. Pratiquer c’est important.

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