Olivier Lavielle : aller voir ailleurs pour progresser

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

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Est ce possible de vivre de la photographie d’art tout en variant ses sujets et ses thématiques ? Olivier Lavielle en est la preuve vivante.

Ce touche à tout de l’image est devenu photographe professionnel un peu par hasard comme il nous l’explique dans ce nouvel épisode du podcast.

En plus d’être artiste photographe, Olivier est également ambassadeur pour Panasonic et il a même contribué au développement d’un appareil avec cette marque.

Dans cet entretien passionnant, Olivier rappelle qu’Il y a des passerelles entre la photo et le cinéma, et on parle du coup des nouveaux médias et des nouveaux métiers comme youtubeur.

Il explique en quoi il est Important de diversifier ses projets pour ne pas stagner, mais aussi le fait qu’Il faut aussi montrer son art et le partager, s’exposer au regard des autres pour vraiment devenir un artiste.

Si vous faites partie des photographes qui touchent un peu à tout sans vraiment réussir à vous canaliser sur une seule chose, ce podcast est fait pour vous

 

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Transcription écrite de l’épisode :

 

Salut à tous et bienvenue dans Podcast Photographe Pro 2.0. Je m’appelle Fred et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, mais aussi des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Est-ce possible de vivre de la photographie d’art tout en variant ses sujets et ses thématiques ? Oliver Lavielle en est la preuve vivante. Ce touche-à-tout de l’image et devenu photographe professionnel, un peu par hasard, comme il nous l’explique dans ce nouvel épisode de podcast. En plus d’être artiste photographe, Olivier est également ambassadeur pour Panasonic, il a même contribué au développement d’un appareil avec cette marque. Dans cet entretien passionnant, Olivier rappelle qu’il y a des passerelles entre la photo et le cinéma, et on parle du coup des nouveaux médias et des nouveaux métiers comme YouTubeur. Il explique en quoi il est important de diversifier ses projets pour ne pas stagner. Mais également, le fait qu’il faut aussi montrer son art, et le partager, s’exposer aux regards des autres pour vraiment devenir un artiste. Si vous faites partie des photographes qui touchent un peu à tout sans vraiment réussir à vous canaliser sur une seule chose, ce podcast est fait pour vous. Je vous souhaite une bonne écoute.

O : Je m’appelle Olivier Lavielle, je ne suis pas photographe depuis très longtemps. Ça fait à peu près une douzaine d’années, ça a débuté il y a 12 ans. Ça a débuté tout à fait par hasard, comme les choses débutent généralement par accident ! Je pilotais des avions. J’avais un mur blanc chez moi, je voulais des photos qui ressemblaient un petit peu à ma passion, et puis en les cherchant un petit peu, j’ai fini chez IKEA comme tout le monde. Et quand j’ai vu que tout le monde avait la même photo dans son salon, j’ai préféré aller acheter un appareil photo et les faire moi-même. Et puis comme j’ai des amis qui sont très sympas, à chaque fois qu’ils venaient à la maison, ils trouvaient les photos sympas, et ils se barraient avec.

J’ai créé un site internet en leur disant : « Bah écoutez, si vous voulez des photos, dites-moi lesquelles vous font plaisir, je vous envoie le fichier, vous vous démerdez à les imprimer ». Et trois semaines après avoir ouvert le site internet, quelqu’un m’appelle et dit : « Tiens, j’ai une galerie à Paris, est-ce que tu veux qu’on discute ? » Au début, j’ai cru que c’était une blague d’un de mes potes, parce qu’ils sont très blagueurs, et puis finalement c’était vraiment très sérieux. Et voilà, de diverses professions, j’ai fini photographe comme ça par le fruit du hasard et juste l’ouverture d’un simple site internet gratuit. Ça n’a pas été un investissement excessif. Avant, j’étais pilote tout à fait amateur, j’adore les vieux avions. J’avais des problèmes aux yeux, de facto, je n’ai pas pu faire pilote professionnel. Et donc, j’ai trouvé le moyen de faire steward pour rester quand même dans le milieu de l’aviation. Ca me permettait de voyager beaucoup déjà, j’avais une vision du monde qui était assez non-exhaustive, et puis à côté de ça, je pilotais des avions pour mon propre plaisir. Et c’est à peu près tout ce que je faisais. À partir du moment où j’ai eu un appareil photo, j’ai commencé à voir le monde complètement différemment, plus dans le détail que dans sa globalité. Et puis voilà, ça a changé ma vie, ça a été une thérapie la photographie, parce que, tu vois, c’est un hobby qui est devenu une sorte de thérapie, puis un moyen d’expression, enfin à peu près l’histoire de tous les artistes.

F : Aujourd’hui tu vis de la photographie ?

O : Alors, oui. Je pourrai ! Je n’ai pas lâché tout à fait mon travail à Air France parce que ça me permet de voyager de manière assez aisée, puis parce que j’adore vraiment l’aviation donc j’ai beaucoup du mal à le quitter. Mais je fais ça à temps partiel. Et la photo, oui, c’est quelque chose qui… Enfin, je pourrai arrêter de travailler par ailleurs et vivre de la photographie.

F : Donc tu es photographe et steward ?

O : Oui, c’est ça.

F : Excellent.

O : Ouais, épatant ! C’est super complémentaire parce que, finalement quand d’autres photographes malheureusement sont obligés de faire des efforts financiers ou trouver des financements pour voyager, moi je peux partir du jour au lendemain. Ne serait-ce que dans le cas de cette profession-là, alors je fais ça à temps partiel, je ne fais pas ça tout le temps. Mais en face du temps, je garde quand même les avantages qui sont inhérents à cette profession-là. Donc demain s’il me prend envie d’aller en Birmanie, je prends un billet pas trop cher et puis j’y vais. Ça me prendra juste le temps de faire la valise et de prendre l’appareil photo avec moi.

F : Excellent ! J’ai vu à côté que tu étais aussi ambassadeur pour un constructeur.

O : Oui, oui, alors ça aussi, ça a été… C’est des petites joies comme ça pour un photographe, avoir sa photographie qui est reconnue, c’était déjà un petit miracle pour moi. Et ça me surprend toujours d’ailleurs de voir mes photos dans des galeries, et de voir des gens qui viennent, comme aujourd’hui d’ailleurs, juste pour moi ! C’est quelque chose que j’ai du mal encore, 10 ans plus tard, à considérer comme étant une normalité. Et quand il y a eu une grande marque d’appareils photo qui m’a appelé, pour me dire : « Voilà, on a besoin d’ambassadeur pour tester les appareils » et même aujourd’hui pour les conceptualiser avec eux, puisque c’est une marque qui a quand même à cœur de vouloir fabriquer des appareils qui sont utiles pour les photographes, et pas que du plaisir pour les ingénieurs qui le fabriquent. Aujourd’hui, le dernier boitier qui est sorti de leurs usines, on l’a fabriqué ensemble. Et pour fabriquer soi-même son propre outil, ça a été une grande aventure super intéressante.

F : C’est quoi le boitier ?

O : C’est le Lumix Panasonic, Lumix G9. Voilà, c’est un boitier, qui moi, m’était utile. Le problème du micro 4/3, pour l’instant — enfin pour l’instant et à mon avis ce sera à tout jamais comme ça —, mais ça manquait de définition pour moi, mon travail artistique. Je fais de grands formats qui sont exposés en galerie jusqu’à 2,80 m et le format même du capteur de la micro 4/3 ne permettait pas de faire ce genre de tirage. Et c’est une chose qu’on avait beaucoup discutée avec les ingénieurs de Panasonic, et ils m’avaient toujours demandé : « Mais toi, tu as besoin de quoi ? ». Et j’ai dit : « J’aurai besoin d’une montée en définition qui soit beaucoup plus significative que du 20 millions de pixels ». Et donc, du coup ils m’ont sorti dans le G9, un mode « Haute définition » à 80 millions pixel, évidemment ce n’est pas encore assez, puisque c’est un mouvement du capteur qui va unir 8 photos pour faire 80 millions de pixels. Mais, comme moi, je prends des objets statiques, ça me va très bien. Je mets ça sur un trépied et je branche le truc et hop, ça me fait 80 millions de pixels. Et comme je fais beaucoup beaucoup de photos aujourd’hui, pour des magazines ou des institutions de sauvegarde des animaux, etc., et que je passe beaucoup de temps en Afrique, j’avais aussi besoin d’une machine qui soit suffisamment polyvalente pour pouvoir shooter des animaux, et du sport aussi, parce que j’adore le sport. Je fais un peu de tout ! Ça parait un peu brouillon comme ça, mais quand on aime la photographie, on aime bien faire un peu de tout. Je n’aime pas trop qu’on mette les gens dans des cases. Ce qui me rapporte beaucoup d’argent, c’est la photographie d’art et le reste, c’est vraiment du plaisir. Les journalistes savent combien on rachète les photos, ce n’est pas un délire non plus. Et donc du coup, dans un boitier d’appareil photo, j’ai ce mode 80 millions qui me permet de faire mes photos d’art et j’ai entre les mains l’appareil photo le plus rapide du monde aujourd’hui puisqu’on arrive à shooter des rafales de 30 images par seconde en gros, avec celui d’autofocus et tout ce qui va avec. Ce qui est une possibilité qu’offre le mirrorless et ça j’ai découvert le mirrorless avec Panasonic justement. Et il me reste un Nikon à la maison que je n’utilise que très très rarement parce que trop lourd, trop gros, trop chiant, quand on a 40 ans, on n’aime pas trop trimbaler des trucs trop lourds, au bout d’un moment, c’est un peu pénible. Et là, dans mon petit boitier G9, j’ai absolument tout ce que je voulais, et c’est quelque chose qu’on a fait ensemble. Voilà, c’est vraiment un appareil photo qui me ressemble, qui est d’une polyvalence extrême.

F : Et là, cette relation que tu as avec cette marque, c’est toi qui es allé la chercher ou ?

O : Alors c’est eux qui sont venus me trouver, dans le cadre d’une discussion qu’ils avaient eue avec le patron des galeries qui m’exposent. Eux on fait la démarche de les approcher puisqu’ils ont beaucoup de photographes et qu’ils en connaissent beaucoup, pour demander qui aimerait représenter la marque. Et beaucoup de mes collègues photographes ont refusé parce qu’il s’agissait de la micro 4/3 et évidemment, dans la photographie, c’est plutôt le moyen format ou le fullframe qui a la cote, qui a la confiance des photographes, et pas le micro 4/3. Moi, je m’en foutais en fait quelque part, je voulais vivre cette aventure, en plus ils ne m’ont jamais interdit d’utiliser du fullframe ou du moyen format si j’en avais envie.

F : Là tu as été rémunéré pour ça ou ils ne te donnent que du matériel ?

O : Alors, ils ne me donnent pas le matériel, ils me le prêtent. C’est du prêt à long terme, j’ai à la maison toute la collection de Panasonic à partir du moment où j’ai commencé à travailler avec eux. Donc les premiers appareils photo que j’ai testés jusqu’aux dernières photos qui sortent aujourd’hui, comme le GH5S, etc. Parce que je fais de la vidéo aussi, du cinéma donc je teste aussi les caméras dans leurs fonctions vidéastes. Donc je les ai tous à la maison, plus les optiques. Puis ils me fournissent toute la logistique dont j’ai besoin, pour faire les shooting et tester les appareils photos ou ne serait-ce que pour faire mes shooting personnels. Donc voilà, là, dernièrement, je suis allé plonger sous la banquise, j’avais besoin des caissons, toute la logistique qui va avec comme la lumière, etc. C’est eux qui fournissent. Et effectivement, je suis rémunéré de manière trimestrielle, pour nourrir leurs réseaux sociaux avec les photos que je prends avec leur matériel. Pour un photographe, ce n’est pas très contraignant de devoir prendre des photos au final.

F : Est-ce que tu penses que ça peut être un revenu ? Ça peut être un nouveau métier ? Puisqu’il y a le métier d’influenceur, d’Instagrameur, YouTubeur, etc. Je pense que t’es au fut de tout ça parce que t’as l’air de t’être renseigné… Qu’est-ce que tu penses de tout ça toi ? Est-ce que le métier de photographe peut être remplacé ou soit être en complémentarité avec le métier d’influenceurs ? Parce que tu es un peu influenceur du coup ?

O : Oui, parce que là je suis ambassadeur, très clairement, je suis ambassadeur Lumix. Il se trouve que Panasonic se sert de ses ambassadeurs pour toutes ses campagnes de publicité donc, c’est nous qui faisons les photos ! Déjà, on a une influence visuelle sur la clientèle de Panasonic. Par exemple, on nourrit tous leurs réseaux sociaux : Facebook, Instagram, etc. avec nos propres photos. Inévitablement, c’est complémentaire. Et de toute manière, la photographie, c’est un métier de l’image, de la même manière que les gens qui font des podcasts, des vlogs, ou peu importe ce qu’ils font dans l’image, c’est aussi très complémentaire avec le cinéma. Quand je suis passé de la photographie à la direction de photographie, ça n’a pas changé ma vie en fait. Une caméra, ça se règle comme un appareil photo, c’est de la captation d’image. C’est tout le temps la même chose. Donc tout ça, c’est des métiers qui sont ultras complémentaires. Donc, pourquoi pas être influenceur photographe ou…

Je sais que les gens, ils aiment bien se mettre dans des cases, il y a des gens qui trouvent qu’il y a des sous-travaux de l’image. Par exemple, être un YouTubeur pour un mec qui fait du cinéma, c’est un sous-travail. Pour autant, c’est complètement faux parce que mine de rien, on prend des mecs comme Norman par exemple, avec une vidéo ils touchent tellement plus de monde que n’importe qui avec un film long métrage. Ces gens-là ont un pouvoir de toucher les gens qui va au-delà de ça. Donc je pense que les gens mériteraient d’arrêter de se poser ce genre de question et de considérer les gens comme étant des travailleurs de l’image en fait. Des créateurs, au final, parce que faire un blog, c’est aussi de la création ! Et il y en a des très bien. Nous, on a créé une série avec Vincent Scalera et Léa Camilleri, une série qui s’appelle « En fait ». Et c’est parti d’une chaine YouTube. On s’est dit : « Nous, on sait faire du cinéma ! Sur YouTube, il y a des gens qui font plus de la vidéo que du cinéma. Il y a un truc à prendre donc faisons du cinéma sur YouTube ». Et aujourd’hui, elle est diffusée à la télévision cette série. Donc ça mène à tout !

O : Quelle chaine ?

F : NRJ12. Je joue dedans ! Enfin, c’était vraiment un truc fait en famille à la base, avec des techniciens de cinéma par contre. Donc l’image elle est…, Voilà, on a mis toutes les techniques qu’on connaissait là-dedans. Et c’est très complémentaire de la photographie puisque d’ailleurs moi, mon poste, c’est Directeur de Photographie. C’est bien ce que je fais sur un plateau. Ce n’est pas de la style-photographie, ce n’est pas de l’image fixe, mais c’est de l’image en mouvement. Mine de rien, c’est la même technique.

F : Tu te vois comme un photographe entrepreneur ?

O : Non. Non, je me vois comme un photographe… Tu veux dire administrativement parlant ?

F : Non, non ! En gros, est-ce que tu te considèrerais comme un entrepreneur ? Entrepreneur dans le sens quelqu’un qui monte un business, qui peut le faire grossir ?

O : Non, non, surtout pas. J’ai été obligé de faire une entreprise pour pouvoir facturer les gens qui me versent de l’argent et qui me paient mon loyer. Mais le but de ça, ce n’est pas ça du tout en fait. L’art, c’est de l’expression. Par exemple la photo, ça a marché de suite, j’ai eu beaucoup de chance. La photo m’a emmené au cinéma. Mais le cinéma, ça a été une galère absolue. Pendant 5 ans, presque 6 ans, j’ai travaillé gratos. On ne peut pas parler d’entrepreneuriat si j’avais fait un business plan, je ne me serai jamais foutu là-dedans parce que ce n’est pas rentable une seconde. Ça m’a même couté beaucoup de pognon, au final, parce que j’ai fait mes propres courts métrages, dont un qui m’a couté 25 000 balles. C’est une perte sèche !

Les gens qui travaillent là-dedans, et je pense qu’il faut avoir le respect de le reconnaitre. Même les grands YouTubeurs qu’on connait, moi, je les connais parce que c’est webedia qui a commencé à financer notre série, donc c’est des gens qui englobent Norman, Cyprien, etc. Et ce n’est pas des entrepreneurs ! Ces gens-là, ils ont galéré pour de vrai. Ils ne sont pas arrivés là en se disant : « Tiens, on va faire du pognon ». Ils sont arrivés là parce qu’ils voulaient partager quelque chose. Et il se trouve qu’après il y a des annonceurs qui ont décidé de faire un échange de bons procédés avec eux. Mais je ne connais pas un artiste qui soit réellement un entrepreneur. D’ailleurs la plupart du temps, c’est des gens… La paperasse, c’est le moment de l’année où ça les fait chier à un maximum. Donc on ne pense pas à notre travail en termes de production monétaire. En tout cas, je peux parler pour moi-même. Quand je fais une photo, je la fais parce que c’est la photo que j’ai envie d’accrocher dans mon salon. Après si elle parle à quelqu’un et que quelqu’un veut l’acheter évidemment je ne peux pas lui dire non. Mais ce n’est pas une démarche commerciale à la base.

F : D’accord. C’est étonnant, on pourrait y penser que ça pourrait être le cas parce que quand tu es dans une logique où tu rentabilises aussi tes… tu continues d’être steward, comme ça tu as des frais en moins sur tes voyages. Toi, tu es ambassadeur pour une marque, du coup, tu as du matos. …. Sur ça ?

O : C’est ça. En fait, je n’ai jamais réfléchi en termes de frais, j’ai toujours réfléchi en termes de oui non. C’est assez binaire ! Les gens viennent me dire : « Tiens, est-ce que tu veux faire ça ? » Tiens, c’est une nouvelle aventure, faisons-le. Quand on est photographe, c’est vrai que travailler pour une marque d’appareil photo, ça représente un confort. Moi, ça me fait gagner du temps en fait. Du temps et de la paix de l’esprit !

Quand je vais faire du shooting au Bénin par exemple, je ne m’inquiète pas de savoir si on va me taper dans l’appareil photo ou pas. Parce que je sais que Panasonic me le remplacera immédiatement, quitte à me le renvoyer par Chronopost sur place. Pour moi, ce n’est pas une démarche de me dire : « Tiens, je vais économiser de l’argent où je vais gagner un appareil photo ». C’est juste que là, on m’a enlevé une épine du pied. Très concrètement, j’ai une logistique qui suit. Je ne me pose pas la question de devoir chiner le matériel qu’il me faut. Je passe un coup de fil, il me trouve ce qu’il faut. Il me l’envoie, s’il le faut. Je veux un drone, ils se débrouilleront pour me le trouver. Et moi, je les remercie quelque part en leur fournissant de l’image. C’est un échange de bon procédé. Moi, je gagne du temps en fait. D’ailleurs, l’argent, en règle générale, les gens ont l’impression que c’est un système pour accumuler. L’argent que je gagne, moi, il me sert à sauver du temps. Quand je peux ne pas avoir une activité professionnelle non artistique, eh bien, ça me permet, justement, de développer encore plus mon côté artistique. Ce qui est le but en fait de ma vie quelque part. Là, je me sens bien là-dedans. Les activités non artistiques me financent le temps que je vais pouvoir dégager pour les activités artistiques. Ce n’est pas une idée de consumérisme ou dans ce genre de chose, mais je ne pense pas qu’on trouve beaucoup de…

Quand on sait la galère que c’est aujourd’hui de faire sa place dans l’artistique que mieux vaut ne pas rentrer là-dedans en se disant : « Tiens, je vais faire du pognon ». En fait, dans la plupart des cas, ça ne marche pas. Moi, j’ai eu beaucoup de chance, mais il y a beaucoup de gens que je croise qui sont de talentueux artistes qui ne feront pas de pognon. S’ils sont venus là pour faire du pognon, ils vont être excessivement déçus. Mieux vaut venir là pour s’amuser. Là, on n’est jamais déçu !

F : Tu te dis que tu fais cinquante trucs différents, du coup c’est super intéressant. Est-ce que tu ne penses pas que le positionnement, c’est quand même super important ? En fait toi, tu es un peu l’exception qui confirme la règle que le positionnement est important pour qu’un photographe vive de sa production. Se positionner sur une chose, la faire bien et être reconnu dans le métier pour ça !

O : Alors malheureusement, pour moi, ça, ça mettrait l’art au niveau d’un travail complètement classique à ce moment-là. Voilà, je rentre dans une boite, on me dit d’être manager, je vais essayer d’être le meilleur manager possible pour pouvoir éviter de me faire virer un jour. Et quand moi, j’ai quitté ce milieu-là pour rentrer dans l’artistique, c’est parce qu’indubitablement, j’ai essayé de fuir cet état de fait là. Moi, l’art… Je me suis payé une liberté. Donc, non. Je n’irai jamais me concentrer dans quelque chose et m’astreindre. Si un jour quelque chose ne me plait pas, je ne vais pas m’y accrocher particulièrement. Je passerai à quelque chose qui me plait plus et j’essaierai de construire quelque chose autour de ça. Jusqu’à ce que je l’épuise, jusqu’à passer à autre chose. Et donc après, c’est une gestion du temps. C’est vrai que je fais beaucoup de choses, je travaille pour des magazines. N’importe quel client qui me demande un travail, à condition que ce travail corresponde aussi à ma vision artistique. Ce n’est pas une marotte, c’est juste que je sais que je suis bon dans ce que j’aime faire. Et donc je ne me laisse pas enfermer dans quelque chose que je n’aimerai pas faire parce que d’abord ça ne serait pas respectueux pour mon client parce que je ne lui fournirais pas quelque chose qui est à la hauteur du travail qu’il me demande ou qu’il espère du moins. Si elle est là, la question est de savoir s’il y a une cohérence dans mon travail, il y en a toujours eu une.

F : Ce qui étonnant, c’est de voir que ça fonctionne pour toi le fait de partir un peu dans tous les sens. Il y a même des photographes qui se lancent, qui se cherchent un peu, qu’ils veulent faire du mariage, du corpo, de la presse. « Je pourrais faire des manifs à Paris et puis, après, je vais faire du grand reportage en Afrique » et qui se perdent dans le chemin parce que justement, il y a de la concurrence dans chacun de ces secteurs, même si l’art n’est pas un métier comme les autres et que c’est à part.

O : Oui. Je vois ce que tu veux dire. J’avoue qu’il y a une concurrence. Le problème de ça, c’est que soit on la considère. Et là on se met une pression qui n’a pas lieu d’être dans l’art. Ou alors, on se dit tant pis, je fais ce que je fais. Et si ça touche des gens tant mieux, si ça ne touche pas des gens, je me serai fait plaisir. C’est pour ça que je disais tout à l’heure, le postulat, à mon avis, dans l’art, c’est d’abord de se faire plaisir. Et moi, je me fais plaisir en touchant un petit peu à tout, en vivant de nouvelles expériences.

Tu vois, c’est ce qui me gêne avec les gens qui sont un petit peu psychorigides autour d’un seul projet ou d’un seul thème, c’est que malheureusement, ils finissent par ne plus se faire plaisir. Et ça, je l’ai remarqué plusieurs fois en discutant avec des photographes. C’est ce que je dis aux participants de mes masters class. Quand vous voyez que vous arrivez à un… Je ne sais pas si tu fais de la musique, mais quand tu fais de la musique, généralement, tu commences à la guitare, tu progresses très vite et au bout d’un moment du stagnes complètement.

L’art, c’est un peu pareil. Il y a un moment tu arrives à la limite de ce que tu fais. Et donc c’est important d’aller fouiller une discipline dans le même art, mais une autre discipline, par exemple la photo sous-marine ou quelque chose d’autre. Ça permet de « reseter » un petit peu ton système de pensée et ta forme de tunnellisation autour de ton projet pour pouvoir y revenir avec un regard nouveau. Et pour moi, c’est d’une importance capitale justement de diversifier un petit peu mes projets de telle manière que quand j’ai fini un projet qui s’est éloigné de mes projets précédents, ça me permet de revenir vers mes projets précédents avec un regard nouveau et de pouvoir les redémarrer. C’est l’exemple que je prends avec mes participants. Quand tu vas chez Sephora, il y a des odeurs partout, tu sens des parfums, tu n’en peux plus au bout d’un moment. Et tu finis par ne plus rien sentir. Et c’est pour ça qu’ils ont du café. Le café, ça permet de reseter, d’envoyer un message olfactif beaucoup plus puissant qui resete complètement ces capteurs olfactifs pour permettre aux gens de pouvoir repartir, de pouvoir distinguer de nouveau les odeurs. Et je pense que dans tous les cas de figure de la vie, c’est toujours important de pouvoir aller s’offrir le loisir, de voir autre chose, pour pouvoir de nouveau regarder les choses qu’on connait avec un nouvel angle de vue. C’est le principe des vacances ! On en a marre de son boulot, on fait un break, on prend des vacances et quand on revient, on a une nouvelle énergie pour recommencer quelque chose. Donc, non ce n’est pas incompatible, au contraire. Je conseillerai même aux gens d’avoir le courage de faire ça.

Mais il y a beaucoup d’égo dans l’art en général. Et dans la photographie aussi beaucoup. Et les gens en fait ont peur de se frotter à des techniques photographiques qu’ils ne maitrisent pas. Parce qu’ils ont peur de salir leur nom quelque part avec des photos qui ne seraient pas à la hauteur de ce qu’ils pensaient être leur travail. Et c’est pour ça qu’il y a beaucoup de gens qui s’enferment dans un process parce que tant qu’ils ont un truc qu’ils maitrisent, ils s’y accrochent pour ne pas se mettre en défaut. Et je connais énormément de photographes qui font ça. Et je n’arrête pas de leur dire, mais quel est l’intérêt de faire ça ? Parce que mine de rien, tu ne vas pas grandir. Pour grandir, il faut — ce n’est pas une question de se mettre en danger, j’ai horreur de cette expression parce que ce n’est pas vrai, on ne risque pas notre vie — aller se vitaliser avec des choses qu’on ne connait pas.

Les gens oublient leur enfance. L’enfance ce n’est que la découverte de choses nouvelles. C’est pour ça que les enfants se développent très très vite. Parce qu’ils sautent du coq à l’âne et ainsi de suite. Et ils se nourrissent d’un tas d’informations qui les structurent au final. Ces informations sont un énorme puzzle ! Et pour moi, c’est ça en fait. Typiquement, passer de la photographie sous-marine au grand reportage en Afrique, à la photo sportive, etc. Ça permet de me structurer en tant que photographe. Et toutes les techniques que j’applique dans tous ces domaines-là me servent, transgressent ces domaines, pour aller s’appliquer dans d’autres techniques. Par exemple, très bientôt, je vais faire un shooting sous l’eau avec des personnes qui vont faire des choses particulières, on va monter ça. Et ça, c’est des techniques que j’ai appris en faisant de la photo sous-marine. En faisant tout connement des photos de poissons que tout le monde fait. Mais ces techniques-là, je vais les emmener dans autre chose. Il y a aussi énormément d’épaves d’avion, parce que moi j’adore les avions, sous la flotte, un peu partout dans le monde. Et voilà ! Là, je suis en train de mettre en place une espèce de projet où on va descendre beaucoup de lumière sous l’eau. Et on va prendre ces épaves d’avions comme je les prends à la surface, mais sous l’eau. Et ça, je n’aurai pas su que c’était possible si je n’avais pas commencé la photo sous-marine.

F : Et là dans ce cadre-là, le résultat il est tout le temps le même ? Je parle très concrètement, très pragmatique. Le final, c’est toujours un tirage, donc peu importe que ce soit une photo faite dans une manif, ou… ? Tu vends des photos de manif par exemple en tirage ?

O : Non, parce que je suis toujours du mauvais côté de la manif. Celui que le média mainstream ne veut pas voir. Souvent les photos que je prends, elles ne sont pas très utilisables pour le message que ces mecs-là veulent envoyer. Voilà j’ai eu beaucoup de photos de force de l’ordre en train de taper sur la Croix rouge, c’est des choses comme ça. Je suis toujours au milieu de la grosse bagarre. Donc il y a eu quelques photos qui ont été vendues, celles dont on pouvait faire quelque chose. Mais il y a énormément de photos, malheureusement, elles n’allaient pas dans le sens de l’information qu’on voulait donner ce jour-là. Mais je prépare une exposition là-dessus. Parce que c’est très graphique en fait, il y a de la beauté même là-dedans, vraiment il y a du beau geste on va dire. Il y a des gens qui ont une façon… J’ai vu des manifestants arrivés avec des frondes ! C’était tellement drôle au final, parce que ce sont des gens qui demandent la modernisation de la société ici et là. Et ils travaillent à l’ancienne, à la fronde, je trouve ça assez rigolo, finalement.

F : Quand tu vas couvrir une manifestation — en quelques mots, tu n’essaies pas forcément de matcher sur ça —, mais sur Paris, parfois il y a plus de journalistes que de casseurs !

O : Non, c’est vrai ! (rires)

F : Il n’y a même plus de marché en fait pour ce genre de photo.

O : On les fait par plaisir, pour le plaisir. C’est là où je voulais en venir. Moi je me suis mis à la photo de manif, parce que c’était là. Et je me suis dit, j’ai un appareil photo. Il se passe un truc. Allez, vas-y. Ce n’est pas de l’art. Et en fait si, ça devient de l’art au final. Parce qu’on peut trouver de l’art aussi là-dedans.

F : Ça, c’est plus la vision artistique que journalistique pour toi à ce moment-là ?

O : C’est devenu parce que j’ai bien vu que le journalisme, comme tu le disais très justement, il y a 1 million de journalistes pour 50 casseurs. Je n’ai pas besoin de ça pour vivre. Alors moi je ne vais pas aller empiéter sur des trucs où il y a des mecs qui ont vraiment besoin de vendre ces images-là. Je ne vais pas faire le forcing pour vendre les images, à moins que je sois particulièrement persuadé que j’ai la seule image, que j’ai une image qui vaut vraiment le coup, que je suis le seul à l’avoir. Sinon moi, j’ai un grand projet artistique autour de ça. Je vais essayer de faire de l’art autour du journalisme. On n’a pas le droit de faire de l’art dans le journalisme.

La photo journalistique devient de l’art avec le temps. Mais au jour J de l’information, tu ne peux pas te permettre de retoucher ou de développer, ne serait que développer une image à but journalistique. Parce que la personne qui va recevoir cette image, s’il y a la sensation qu’elle a été touchée d’une manière ou d’une autre, ils ne vont pas considérer cette information comme étant fiable. Donc les rédactions te demandent d’envoyer les fichiers en JPEG dans toute la brutalité du fichier si tu veux. Et donc, de facto, il manque des choses. Parce que moi, j’aime bien aller travailler le cadre en postproduction, aller travailler un contraste, faire ressortir quelque chose plus qu’autre chose. Il y a tout le process artistique qui se passe à 50 % derrière la caméra, à 50 % sur la postproduction, en tout cas dans mon art à moi. Et ça, c’est ce qu’on nous empêche de faire dans le journalisme. Maintenant l’artistique immédiat d’une manifestation, c’est les gens de la manifestation qui te le donne. Voilà, le beau geste, le beau coup de pied, le joli coup de matraque, bien exécuté, voilà !

F : Je peux parler un petit peu aussi marketing photographe, même si c’est un gros mot… Parce que finalement, le but du jeu à la fin, c’est de vendre tes images ! Donc, il faut utiliser des techniques qui te permettent d’arriver à les vendre. Et le marketing est une boite à outils… mais qui va aider les photographes. La newsletter, c’est du marketing ! Qu’est-ce que tu as comme vision sur ça ?

O : Marketing, c’est super important. Ce n’est pas important dans tous les cas de figure. Moi, je comprends ce que tu dis. Je refuse de considérer que la démarche première de mon art… Je n’ai jamais réfléchi en me disant : « Je vais vendre ces photos ». C’est ce que je te disais au début. Je suis arrivé là, mais par hasard. Moi, je faisais des photos parce que ça me plaisait d’avoir des images ou des choses que j’aimais. Ça n’a pas été une démarche de se dire tiens je vais créer une image de photographe et je vais les vendre. Maintenant, elles se vendent !

Et puis je m’aperçois que finalement ça me rapporte suffisamment d’argent pour me permettre une liberté. Donc inévitablement, je suis rentré dans ce process-là. En plus, c’est une victoire pour un photographe, pas vraiment de vendre la photo, mais que la photo se diffuse. Et inévitablement aujourd’hui, dans le monde dans lequel on vend, la diffusion de la photo, c’est une photo qui s’est vendue. À moins de l’offrir à des associations ou des choses comme ça, mais la plupart du temps, si tu veux en faire de la pub, etc. il est évident qu’il faut une attribution pour ça. Donc c’est ce qui finit par arriver. Et au bout d’un moment, tu te dis que pour se faire connaitre plus, il va falloir faire une forme de marketing. Est-ce que le postulat de ce marketing-là, c’est vraiment de vendre les photos ou plus les faire connaitre ? Je ne saurais pas dire, tu vois ça dépend des individualités. Mais effectivement, il y a une forme de marketing derrière pour se faire une place. Il suffit de venir au salon de la photo pour comprendre que c’est un milieu ultra concurrentiel. Quand on regarde les halls du Salon de la Photo, tous ces gens-là sont photographes. Il y en a, mais des milliers ! Et on n’est plus à l’époque de Robert Doisneau où quand on avait un appareil photo, on était 10 en France à en avoir un. Maintenant, on est des milliers, puis maintenant les gens ont un smartphone aussi. Donc pour se faire connaitre, tu es obligé de considérer le marketing aussi. De te mettre toi-même en scène.

F : Est-ce que justement ta stratégie involontaire pour le coup, ce n’est pas de te recentrer autour de toi, autour de ta personnalité, le fait d’être sur plein de choses différentes que du fait que ça vienne de toi, créer un, pas une demande, mais les gens vont être intéressé par ce que tu vas faire, peu importe ce que tu vas faire, parce que c’est toi qu’ils vont aller chercher ?

O : Je pense que c’est ça. Et en fait, je m’en rends compte aujourd’hui, sur des événements comme celui-là. Ça me surprend ! Il y a des gens qui paient pour venir m’écouter leur donner des cours de photo. Et du coup, évidemment, je pense que tu as raison. C’est exactement ça. C’est autant la personne que le travail au final que les gens recherchent aujourd’hui. Et c’est le monde tel qu’il est devenu de toute manière. Les gens se mettent en scène eux même. C’est vrai qu’aujourd’hui, tu ne peux pas nier que la personne en fait se vend avant même son travail. Et ça, c’est devenu une nouvelle règle de jeu. Avant c’était le travail qui se vendait, et la personne, le photographe on ne le connaissait pas vraiment, on le découvrait lors d’un vernissage ou ce genre de chose. Et maintenant, c’est plutôt l’inverse, les gens connaissent l’individu avant de connaitre son travail.

F : C’est une bonne chose pour la photographie ou une mauvaise chose, ça ?

O : Je crois que c’est une évolution. Sincèrement, je crois que c’est une bonne chose. Puisqu’il faut répondre à cette question-là. Par exemple, je vois le pavé dans la marre qu’a balancé Panasonic avec son G4. Le cinéma, ça tournait en boucle avec les mêmes personnes, les mêmes financements qui allaient aux mêmes endroits, etc. C’est hyper élitiste ! Faire un film, ça coutait énormément de pognon. Les mecs ont sorti une caméra à 2900 balles. Et d’un seul coup, n’importe qui a pu faire du cinéma. Alors effectivement, quand n’importe qui fait du cinéma, on finit par avoir n’importe quoi. Mais au milieu de ce n’importe quoi il y a des gens qu’on n’aurait jamais vus et qui sont sortis du lot et qui ont renouvelé le genre, qui ont apporté des choses merveilleuses au cinéma.

Et la photo, c’est pareil aujourd’hui. Un smartphone, on fait de la photo. On n’a plus besoin d’investir des sommes astronomiques. Et donc du coup, les gens se mettent en scène eux-mêmes sur Instagram, sur Flickr, sur tout ce qu’on veut. Et au milieu de tout ce gloubi-boulga de truc qui n’a aucun sens la plupart du temps, eh bien, il y a des photographes qui sortent de là. Parce qu’ils se sont mis en scène eux-mêmes, et cette mise en scène va emmener les gens à voir leur travail. Faire un site internet, ouvrir un compte Instagram, c’est se mettre en scène soi-même quelque part. Moi, je trouve que ça apporte énormément à la photographie. On va enfin virer certains dinosaures qui surfent sur leur truc depuis des années et qui n’apportent plus rien, mais qui ont un statut quasiment de stars, mais qui n’apporte plus rien du tout à la photographie. Pour faire apparaître des gens qui vont inévitablement prendre ma place un jour. Moi, j’ai 40 ans, je suis vieux. Ces médias-là, les réseaux sociaux, je ne les maitrise pas aussi bien que les gamins de 18 ans qui arrivent aujourd’hui. Donc il y en a forcément un qui prendra ma place un jour. Et il prendra ma place parce qu’il le fait mieux, voilà. Il se serait mis en scène, mais ce n’est pas vraiment sa personne qui aura réussi. C’est-à-dire que les gens l’auront connu. Ils se seront intéressés à son travail et ils auront trouvé qu’il était meilleur. Et il sera certainement meilleur. Donc la photographie va évoluer. Elle deviendra plus belle, plus puissante, plus performante. Non, pour moi c’est une très très bonne nouvelle.

Il y a qu’à voir Netflix par exemple. Les types sont arrivés. Ils n’y connaissent pas grand-chose au cinéma, seulement ils ont du pognon. On voit des générations entières, de nouveaux comédiens, de nouveaux réalisateurs, mais qui sont, mais tellement, au-delà de ce qu’on faisait en France, ne serait-ce qu’en France jusqu’à présent. Des mecs comme Lelouche et compagnie, il y a bien longtemps qu’ils ne font plus rien. Ils surfent avec un nom. Et Netflix, ils sont allés chercher des… voilà. Moi, c’est une grande révolution ça. Le tout numérique là ! Réseaux sociaux tout ça, l’information, elle fuse. Ça va permettre à des gens de sortir de là où ils sont et d’être vus comme tels qu’ils sont en fait finalement.

F : Dernière question. Quel est le conseil que tu donnerais à un jeune photographe, à un photographe qui galère, qui se cherche un petit peu ?

O : De s’exposer. Toujours s’exposer. Je prends toujours un exemple avec mes petits participants là. Tu prends un mec, il ressemble à un clodo, il peint un champ de maïs au bord d’une route. C’est un clodo qui peint un champ de maïs au bord d’une route. Puis un jour, ce mec il a faim, il va dans un resto, il paie son resto avec ses toiles. Donc les toiles et le mec, il les fout au mur, le tenancier du resto. Et là il y a d’autres mecs qui viennent manger. Et ils voient des toiles

  • Tiens ce n’est pas mal ça, c’est qui ?
  • Eh bien, c’est un clodo qui peint au bord des champs.
  • Ah oui je l’ai vu, c’est le clodo, il s’appelle comment ?
  • Il s’appelle Van Gogh.
  • Ah d’accord, c’est Van Gogh.

Et Van Gogh il va travailler à travers la France et il va mettre ses toiles comme ça pour payer sa chambre, son truc et son machin. Et le premier pelos qui a vu sa peinture un jour dans un resto, quand il va aller dans un hôtel où il y a une peinture, et bien il saura que c’est une œuvre de Van Gogh. Juste, alors que le mec c’est un clodo qui peint au bord d’une route, mais il a montré son art. Et son art a commencé à exister dans la tête des gens. Il suffit d’une personne qui connait ton nom pour devenir un artiste au final. Voilà. Le seul conseil que je donne aux gens, c’est, ne gardez pas votre travail pour vous, n’ayez pas peur de vous confrontez au regard des autres. Parce que si vous voulez passer du statut du mec qui fait de la photo à l’artiste, il faut inévitablement que votre art, il vive. Et pour vivre, il faut qu’il soit vu par d’autres personnes. L’art ne vit que dans le regard des autres au final, donc, c’est ça le conseil. Peu importe ce que vous faites.

Si je devais donner deux conseils qui vont l’un avec l’autre. Le premier ce serait par commencer de photographier ce que vous aimez le plus au monde. Et ça peut être n’importe quoi, ça peut être les bougies, les canettes de bière, les pieds de chaise, les chiens, les chats, peu importe. Si vous aimez quelque chose, vous avez un regard dessus qui mérite d’être partagé. Montrez aux gens comment vous aimez cette chose-là, et il y a de bonnes chances que vous puissiez le partager avec quelqu’un. Et une fois que vous avez ça, exposez-le. Et aujourd’hui des expositions — c’est ça aussi qui est fantastique — avant, il fallait un réseau, il fallait voir des galeries, ces gens-là étaient… possible. Aujourd’hui, c’est gratuit de s’exposer ! Un compte Instagram, c’est déjà une exposition. Donc il n’y a pas d’excuse particulière. Montrez votre art et partagez-le. Voilà ! Vous allez vous exposer au regard des gens, ça va vous faire grandir, vous faire évoluer, et puis avec un peu de chance, ça va marquer quelqu’un qui peut vous aider. Mais s’il ne vous voit pas, il ne pourra pas vous aider.

F : Cet épisode du podcast est maintenant terminé. Si ce dernier vous a plu et que vous voulez le soutenir, il vous suffit de vous abonner sur iTunes et de laisser une note de 5 étoiles, ainsi qu’un commentaire. Cela ne vous prendra qu’une minute et aidera grandement au référencement du podcast. Enfin, un dernier mot pour vous dire que si vous souhaitez avoir plus d’information et de conseil pour faire grandir votre activité de photographe professionnel, vous pouvez-vous abonnez gratuitement à ma newsletter du lundi dans laquelle je partage chaque semaine des conseils très utiles. Le lien est en description de cet épisode. Je vous donne rendez-vous dans le prochain podcast du Photographe Pro 2.0. À bientôt !

 

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Je m'appelle Fred et je suis reporter-photographe professionnel. En plus de mon…

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