Oliviero Toscani : il ne faut pas avoir peur d’avoir peur

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Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

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Une bonne photo doit provoquer si on en croit Oliviero Toscani. Dans ce nouvel épisode du podcast, nous avons rendez-vous avec l’un des créateurs du festival Venezia Photo, où j’ai eu l’opportunité d’interviewer pour vous plusieurs photographes reconnus.

Ce photographe italien aime la provocation, c’est même son fond de commerce.

Oliviero est connu pour avoir photographié à sa façon des sujets graves comme le SIDA ou l’anorexie. Et il a fait face à de nombreuses reprises à la critique.

Mais comme il le dit dans l’entretien qui suit, il ne faut pas avoir peur d’avoir peur.

Oliviero Toscani est l’une des références dans la photographie de mode.

Ses photos ont été publiées dans les plus grands magazines, tels que Elle, GQ, ou encore Vogue et son travail avec Benetton dans les années 80 et 90 l’a rendu célèbre dans le monde entier.

Dans ce podcast, il revient sur une partie de son parcours et partage sa vision du métier.

Je vous souhaite une bonne écoute !

 

 

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Transcription écrite de l’épisode :

 

Salut à tous et bienvenue dans Podcast Photographe Pro 2.0. Je m’appelle Fred et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce nouveau format, on va parler web-marketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, mais aussi des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Une bonne photo doit provoquer, si on en croit Oliviero Toscani. Dans ce nouvel épisode du podcast, nous avons rendez-vous avec l’un des créateurs du Fesival Venezia Photo, où j’ai eu l’opportunité d’interviewer pour vous, plusieurs photographes reconnus. Ce photographe italien aime la provocation, c’est même son fonds de commerce. Oliviero est connu pour avoir photographié à sa façon des sujets graves comme le Sida ou l’anorexie. Il a fait face à de nombreuses reprises à la critique. Mais comme il le dit dans l’entretien qui suit, « Il ne faut pas avoir peur d’avoir peur ». Oliviero Toscani est l’une des références dans la photographie de mode. Ses photos ont été publiées dans les plus grands magazines tels que Elle, GQ ou encore Vogue. Et son travail avec Benetton dans les années 80-90 l’a rendu célèbre dans le monde entier. Dans ce podcast il revient sur une partie de son parcours et partage sa vision du métier. Je vous souhaite une bonne écoute.

O : Alors je m’appelle Oliviero Toscani et je suis un auteur. Et j’utilise la photo pour mon travail. Alors ça ne suffit plus de dire photographe. Parce que tout le monde est photographe. Ça ne suffit pas à faire cliquer des caméras pour les photographes.

F : Ça ne suffit plus ?

O : Non.

F : C’est à dire ?

O : Et c’est plein de gens qui cliquent. Ce n’est pas être photographe. Ces gens qui cliquent c’est très important. Mais ce sont des caméramans, ce ne sont pas des photographes. Photographe, c’est un auteur. C’est comme un écrivain. Quand on dit écrivain ce n’est pas quelqu’un qui sait écrire. Quand on dit écrivain on pense à quelqu’un qui écrit quelque chose d’intéressant. Et c’est la même chose avec photographe. On dit photographe, ça ne suffit plus de savoir faire des photos, utiliser une caméra. L’utilisation de la caméra c’est le dernier problème. Pour moi utilisé une caméra aujourd’hui, même un singe sait utiliser une caméra. Il faut lui montrer et il peut faire photo, peut-être mieux que les photographes. Mais les singes n’ont rien à dire.


F : Ce qui fait un photographe pour vous, c’est sa démarche artistique ?

O : Ce n’est pas démarche artistique. Oui bien sûr, un artiste c’est un témoin. Un témoin de son temps. Photographier c’est un témoignage, être un témoin de son temps. Et ça on peut le faire de différentes façons. Mais même ceux qui font des cartes postales sont des témoins de leur temps. Mais il y a aussi une responsabilité qui est très importante. Parce que la photo c’est l’histoire de la mémoire humaine, depuis qu’il y a la photo, il y a mémoire humaine. Avant il n’y avait pas. Avant c’était du fake news. On aurait dû avoir la caméra pour témoigner la bible. Peut-être la bible ne serait pas écrite s’il y avait eu la caméra. L’évangile surement pas. Et même pas Jésus-Christ peut-être, avec tous ces miracles, j’aurais voulu les voir moi les miracles. Mais il n’y avait pas de caméra. Maintenant, il y a plein de caméras et le Jésus-Christ c’est très difficile qu’il revienne.

F : Vous avez un parcours qui est riche ? Vous avez vécu beaucoup d’aventures photographiques différentes ?

O : Moi je suis fils de photographe, qui était photographe de presse. Depuis que j’étais enfant, je vivais parmi les photos. Et après j’ai commencé la photographie très tôt. Et heureusement, j’avais une sœur aussi qui photographe, plus vieille que moi et qui m’a montré les photos de Williams Clyde, Cartier-Bresson, Ahoussander et tout ça. Et finit le gymnase, que j’ai fait avec tant de difficulté, je n’allais pas à l’école, j’allais au cinéma plutôt. Je préférais le cinéma, l’image du cinéma. Et d’ailleurs, ça m’intéressait beaucoup plus les sourires de Brigitte Bardot que les sourires de La Joconde, de Léonard de Vinci. J’ai toujours tout de suite apprécié l’image de mon temps. Avant j’allais au cinéma au lieu d’aller à l’école. J’ai fait 5 ans d’école de photographie à Zurich. Alors j’ai eu beaucoup d’avantages et en plus je fais partie de la génération des Beatles, de Mohammed Ali, de Bob Dylan. C’était avant les années 68. Les soixante-huitards, c’était plutôt des politiciens, nous, nous étions déjà dans l’imagination, pas de politique.

F : À quel âge avez-vous commencé à vendre vos photos, à être professionnels ?

O : À vendre ?

F : Ouais, à vivre de la photographie.

O : Ben tout de suite. Je crois que je travaille pour la photo. Mais je ne connais pas la photo commerciale d’ailleurs, ce n’est pas ça. Ce n’est pas clair là-dedans. Les grands problèmes c’est être capable d’être libre et être payé. Il faut être payé et il faut être libre. C’est drôle que pour être libre il faut faire les choses gratuitement. Ça, c’est les gens qui ne sont pas bien. Michel Ange était très cher. C’était le plus cher de tous les peintres de la Renaissance. Il était libre, plus ou moins, mais je crois que c’est ça qu’il cherche. C’est être beaucoup plus libre que certains photographes de la rue qui font les photos pour eux-mêmes. Je ne fais pas les photos pour moi-même. Je n’ai pas besoin de les photographier pour moi-même. Pour moi-même je regarde. Et si je dois montrer aux autres ce que je vois, j’utilise une caméra. La caméra c’est le dernier des outils que j’utilise. J’utilise d’abord, mon cœur, ma tête, mon cerveau, ma culture, ma vision, mon espoir et après la caméra.

F : Vous faites des photos pour les autres, pas pour vous ?

O : Ah non moi je n’en ai pas besoin, je me rappelle. Et pour moi, je fais des photos qui est malheureusement, je ne peux plus faire pour les autres parce que j’ai les contraints, la limite d’une caméra. La tête humaine et l’œil humain c’est un algorithme beaucoup plus avancé que la technologie la plus avancée. Une caméra c’est un outil d’un autre siècle. Même les plus modernes sont toujours des vieux outils.

F : Qu’est-ce que vous pensez des gens qui prennent des photos avec leur téléphone, qui partagent sur Instagram ?

O : C’est fantastique, c’est parfait. Bien sûr, ça, c’est une façon de communiquer. Chaque photo à un sens je trouve. C’est fantastique qu’on a toutes ces photos-là. 2 milliards par jour, je dis fantastique. J’aimerais bien avoir tout ça. Je n’ai pas… ça ne m’intéresse pas…

F : C’est quoi votre avis sur la profession ?

O : La profession il n’y en a plus. La profession photographe, comment on a pensé jusque-là des photographes qui sont en atelier, et c’est celui qui sait utiliser une caméra. C’est celui qui va réaliser les pensées et les visions des autres, finies, ce n’est pas ça. Même les reporteurs, c’est fini, comme on a la télé maintenant.

F : Pourquoi ?

O : Parce que, oui bien sûr, il y a des photographes-reporteurs. Mais les employés photographes, ça s’est fini. Pas besoin d’employé pour faire les photos. N’importe qui peut faire des photos.

F : Ce sont les indépendants plutôt que les salariés, par exemple. C’est ça ?

O : Non, savoir utiliser une caméra c’est fini. Ça, c’était les photographes. C’est lui qui savait utiliser la caméra. Maintenant un singe peut faire ça. Donnez un iPhone à un singe, il fait des photos, vous lui montrez comment. Mais le problème c’est qu’un singe qui n’a pas la vision, le sentiment d’un être humain. Il n’a pas le sens que les êtres humains ont, mais peut-être un jour, un singe va faire des photos.

F : Qu’est-ce que vous pensez le fait qu’on a de plus en plus accès à la formation notamment ici et partout grâce à internet ? Qu’est-ce que ça apporte à la photographie selon vous ?

O : Dès qu’il y a accès à la formation, c’est toujours bien. Il faut être informé et formé. Il faut discuter, il faut remettre en question, il faut se faire des questions. Vous savez il y a déjà maintenant tout le monde qui fait des photos bien. Mais c’est facile comme peindre. Qu’est ce dont on a besoin pour faire de la peinture ? Un pinceau, des couleurs, une toile. Mais il y a du Picasso, il y a les autres. Alors, de plus en plus la photo c’est le moyen d’expression le plus accessible. D’ailleurs, quelques fois la caméra voit beaucoup mieux, beaucoup plus artistiquement que son photographe. Il y a des gens qui font des photos et disent « Ahh, je ne l’avais même pas vu comme ça ». Et là ils pensent être des artistes. Alors que c’est la caméra qui a fait l’effet.

F : Ça, ça fait une bonne photo ?

O : Ça, ce n’est pas une bonne photo. Une bonne photo c’est la possibilité de voir quelque chose que je ne vois pas tout seul. Quelqu’un qui me fait voir un peu plus que moi. C’est ma possibilité de voir. C’est coupé un détail du monde, c’est ça la photo. C’est un détail plus ou moins grand du monde.
……

Et peut-être il va nous faire mettre en question certaines choses qu’on pensait c’était juste une certaine façon en regardant la photo d’une autre. Peut-être que je n’avais pas raison. Peut-être que c’est mieux comme ça. Mais quand même, ça me remet en question mes croyances, et ça c’est toujours bien, de remettre en question. Ça, c’est une bonne photo, qui va te faire remettre en question tes sécurités.

F : C’est quoi les qualités indispensables pour une photographe, pas forcément un photographe amateur ou qui fait des photos, mais un photographe professionnel qui veut vivre de sa photographie ? Qu’est-ce qu’il doit avoir comme qualité ?

O : Premièrement s’il veut vivre de la photo, il faut qu’il décide de faire ça. Il faut qu’il se remette en question, qu’il se fait juger. Si on se met sur le marché, il faut être capable de produire quelque chose dont le marché est intéressé. Il y a 2 façons. La première c’est satisfaire un marché. Et l’autre c’est donner intérêt. C’est faire des photos qui satisfont les demandes et l’autre c’est faire des photos qui produisent ces demandes. Il y a 2 façons complètement différentes. La deuxième c’est beaucoup plus intéressant, ça signifie que c’est une expérience. Vous savez les photographes, leur studio, leur coin, leur lumière, c’est tout confortable. Ce n’est pas intéressant ça. Il faut tout le temps expérimenter. À part la forme. Expérimenter la pensée, se remettre en question soi-même, faire des essais, faire quelque chose qui produit des intérêts. Il faut provoquer un intérêt. Voilà, c’est ça une bonne photo, celle qui provoque une discussion, un intérêt, une demande. Voilà, c’est ce qu’un bon photographe doit faire.

F : Par rapport à la pratique de photographe, par exemple vous en tant que photographe professionnel, et un artiste photographe, quelqu’un qui a un auteur photographe, comment passe-t-on de « je débute, je me lance, je commence » à « j’ai connu le succès, j’ai aussi progressé dans ma pratique, mais surtout je peux vivre et je suis libre grâce à ça » ?

O : Il faut avoir courage, il ne faut pas avoir peur d’avoir peur. De faire faillite, de se remettre en question. On ne peut pas être sûr d’être créatif, alors il faut accepter l’insécurité. Il faut essayer, il faut avoir le courage de dire « J’essaye », et si ça ne marche pas il faut recommencer jusqu’à ce que ça soit possible. Je ne sais pas quoi dire. Il faut seulement se rendre compte qu’on voit les choses différemment des autres. Il faut avoir le courage de dire que vous n’aimez pas quelque chose que tout le monde aime et vice versa. Et que vous n’aimez pas quelque chose que tout le monde déteste.

F : En fait il faut se démarquer ? Du coup, c’est une question de positionnement.

O : Oui. Pas sûr. Vous ne pouvez pas être un artiste et ne pas avoir de talent. À la fin ça ne marche pas. Vous savez tout le monde peut chanter. Et quand on chante sans et mettre le son, maintenant je suis en train de chanter comme Pavarotti. Peut-être que je suis même mieux que Pavarotti. Mais dès que j’ai le fait physiquement, c’est un désastre. Faire les photos, c’est pareil. Il y a des photographes qui font des photos, ils pensent être Pavarotti. Et ils ne se rendent pas compte que c’est le cas. Et ils aiment leurs photos. C’est comme, vous savez, je dis « Les pets sont aimés par ce qui les font ». Il y a beaucoup de gens qui font des pets, et ils aiment leur pet, mais c’est abominable ce qu’ils font. Ils ne se rendent pas compte.

F : Est-ce que vous vous définissez aussi comme un entrepreneur ?

O : Il faut ! Je suis seul moi. Je n’ai jamais eu de studio moi. Je suis un clochard, je n’ai rien. Dans mon métier, je n’ai aucune propriété de mon métier. J’ai une caméra, mais dès fois, je la loue aussi. Je pense quel travail je dois faire. Je loue les studios dont j’ai besoin pour faire le boulot. Ça dépend de quel boulot je dois faire. Et je n’ai aucune propriété qui concerne mon métier.

F : Est-ce que vous avez une vision d’entrepreneur, pas forcément de la photographie, mais quand vous cherchez des projets pour vivre de cette photographie ?

O : Vous savez, on choisit ses clients, on n’est pas choisi par les clients. Moi je ne travaille pas avec les gens que je sais que ça ne va pas marcher, des gens qui ne sont pas mon gout. Je n’ai pas peur de mourir de faim. Je n’ai jamais eu peur de ça. Je n’ai jamais fait un travail pour l’argent. C’est pour ça que j’ai gagné un bon argent. Parce que je n’ai jamais fait un boulot à cause de l’argent, comme raison primaire. J’ai même eu des nécessités, mais je n’ai jamais fait. Mais quand j’entends dire « Ah oui, je fais ça pour l’argent comme les putes », et ça, ça va te ruiner, plus tu fais ça, plus tu es ruiné. Et c’est une question morale aussi. Tu le fais pour l’argent, t’es une pute. Faut aimer ce qu’on fait.

F : Il faut bien gagner de l’argent pour vivre.

O : Oui bien sûr. Mais tu dois aimer ce que tu fais, autrement tu es une pute. Et si tu n’aimes pas ce que tu fais, ce n’est pas bien. Je dois aimer ce que je fais. Et quand on fait ça, on ne se fatigue pas, on ne fait pas de sacrifice. On fait peut-être des sacrifices physiques, de temps, mais à la fin ça paye. Il faut être libre et être payé. Mais il faut être libre premièrement et être payé. Mais ça dépend, peut-être pas beaucoup, mais le principe c’est ça. Et tu peux même faire quelque chose gratuitement. C’est comme un paiement. Parce que si tu le fais gratuitement, ça signifie que tu veux faire un cadeau à quelqu’un, ou tu veux aider quelque chose, une cause, je ne sais pas, tu fais que ça arrive, que tu mens à quelque chose, mais c’est comme un paiement. Parce que tu as la gratification de faire quelque chose qui peut être utile à la société, à une école, à un individu, à une communauté, je ne sais pas, c’est possible.

F : Il y a une photographe qui va travailler gratuitement pour avoir de la visibilité. Vous pensez qu’il pourrait se faire un site internet, un book c’est une mauvaise idée ?

O : Je ne sais pas. Quand nous aurions fait un travail sans client, mais je n’aime pas les appeler clients. Je n’ai pas de client. Je n’ai jamais eu de clients. Je ne vends pas de produits. Je suis comme un architecte qui a un client qui te donne un projet à faire. Chacun a ses clients qu’il désire. Il y a des photographes qui disent « Ohh, mais mon client il ne comprend rien, c’est un con » parce que toi t’es un con. C’est comme ça. Il faut toujours chercher à travailler avec quelqu’un de plus intelligent que toi. Au moins tu dois croire à ça. Si tu travailles avec quelqu’un que tu crois qu’il a plus d’intelligence que toi, peut-être pas, mais quelque part il est plus intelligent que toi. Tout le monde est plus intelligent que toi. Même une fourmi. Alors si tu penses à ça, tu ne peux que gagner. Tu ne peux pas perdre. Non, parce que tu cherches, c’est comme une médecine, tu cherches ce qu’il a de plus que toi pour que tu puisses apprendre quelque chose.

F : Est-ce que Venezia Photo c’est un lien avec ça ?

O : Oui j’espère. Ils ont bien commencé là, je ne sais pas comment ça va aller, mais quand j’ai pensé à faire ça, je pensais que, premièrement en Italie il n’y avait pas un Festival de photo sérieux. Et on m’avait demandé ici de faire quelque chose sur la photo depuis des années. Et après j’ai connu des gens d’Arles et j’ai dit peut-être les gens d’Arles et surtout les Français sont capables de faire ça, de faire un système d’organisation. Vous étiez capables de vendre les camemberts que c’est un fromage de troisième catégorie et le faire devenir le fromage le plus connu au monde. En Italie et en France aussi il y a beaucoup de fromage beaucoup mieux que le camembert. Mais c’est le camembert qui a eu la chance d’être utilisé pour faire le Festival du fromage au monde. Non, en France ils sont formidables à faire du marketing, de mettre ensemble les choses. Il y a la chance d’un état en France. Il n’y en a pas en Italie. Alors nous on a une anarchie. À la fin c’est difficile de conclure les choses en Italie. On se perd en route. Tout le monde à des idées, tout le monde dit ce qu’il voudrait faire, mais à la fin, on ne fait rien. Les Français ne sont pas comme ça. Ils viennent du latin, mais ils ont aussi ce côté allemand de faire… de conclure. De faire l’état, ils ont fait la révolution. Ils se sont organisés, ils ont coupé la tête au roi. Non, mais ça s’est resté. Les Français ils vont encore dans la rue pour se manifester. En Italie on ne fait plus ça. Mais les Français ils continuent. Non, mais c’est vrai, là c’est une question d’être capable, de mettre l’état, la société, les gens ensemble et faire quelque chose. Et c’est pour ça que j’ai demandé aux gens d’Arles « Venez faire l’indépendance d’Arles à Venise ». D’ailleurs, Venise est beaucoup plus belle qu’Arles. Il n’y a pas beaucoup Arles. À part les restaurants qui sont tous pareils et la bouffe française, ça va, mais ce n’est pas comme en Italie. Il y a certaine chose où on aime bouillir le café, en Italie c’est beaucoup mieux qu’en France. Je ne sais pas pourquoi les Français ne savent pas faire de café. Ça, je me le demande tout le temps.

F : Vous n’êtes pas venu chez moi encore prendre le café.

O : Non non. Il n’y a rien à faire. En France le café, vous avez tout, les machines, mais le café ça ne va pas. Nous l’organisation, ça ne va pas. Alors peut-être j’ai mis ensemble les choses, Venise et Arles, qu’ils ont faites de la photo le plus grand Festival au monde. C’est vrai, Arles, c’est le plus grand Festival au monde. Et maintenant ils ont même Venise comme pied-à-terre du Festival d’Arles. Je trouve que ce n’est pas mal.

F : L’idée de ce Festival c’est quoi ?

O : Premièrement l’idée d’être à Venise sur une l’île. Pas vraiment à Venise, c’est une île isolée. Tous les photographes ensemble qui peuvent se parler. Il n’y a pas de dispersion. Et là je trouve que ça pourrait être une idée. Et après le matin on va en ville, et le soir en retourne ici, avec l’image isolée qu’on a vue. Je trouve que ça, mécaniquement, ce n’est pas mal, pour la photo.

F : Est-ce que c’est un bon mécanisme d’apprentissage ?

O : Et après, tout le monde ensemble. Différents… ensembles…

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