La question de la légitimité en photographie

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Cet article est un aperçu du contenu présent dans la newsletter du lundi destinée aux photographes professionnels ou en devenir.

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Quand on souhaite devenir photographe professionnel et vivre de sa passion, il arrive que le premier obstacle que l’on rencontre est la question de la légitimité.

« Je ne me sens pas légitime pour être pro », « j’ai peur de ne pas être pris au sérieux par mes clients et mes confrères », etc…

 

En fait, ce problème ne touche pas uniquement les photographes, mais un paquet (sinon toutes) les professions d’indépendants. Graphiste, peintre, rédacteur, communiquant, journaliste, qu’est ce qui fait que l’on est légitime ou non pour exercer un métier ?

Est ce le diplôme ? 

Quand on voit le travail de certains diplômés de formations soit disant prestigieuses, on peut se le demander…

Et puis, en quoi le fait de savoir faire quelque chose implique forcément que cela va être fait à la perfection ?

Est ce l’expérience ?

Il faut bien commencer un jour et vous n’allez pas forcément devenir grand reporter pour des magazines du jour au lendemain (encore que…) ou avoir des dizaines de clients dès le premier mois de votre activité.

Alors, qu’est ce qui vous rend légitime ?

Dans l’une de mes dernières vidéos, dans laquelle j’ai interviewé le très talentueux photographe Eric Bouvet, ce dernier a souligné que « l’on est tous photographe, mais on est pas tous très bons photographes ».

 

Et il a raison quand il met en avant le fait qu’aujourd’hui, tout le monde fait des photos, donc tout le monde est photographe (dans un sens). Par ailleurs, le matériel étant de plus en plus performant et accessible, tout le monde est potentiellement capable de faire de bonnes images et même oser en vendre pour gagner de l’argent avec.

Cela énerve une partie des photographes professionnels qui y voit une concurrence insupportable, au lieu d’y voir une raison de plus de rester humble et de chercher à s’améliorer continuellement. Mais c’est encore un autre problème et on y reviendra dans un prochain article sur le blog…

 

Chacun a le droit d’avoir son avis et sa définition de la légitimité.

 

Pour ma part, est légitime un photographe qui s’est formé un minimum, qui a fait le choix de se lancer à 200% dans son métier et qui a de l’ambition (tout en ayant les moyens de ses ambitions).

Peu importe son cursus, l’école qu’il a fait ou non, le nombre de ses clients actuels ou passés, son nombre d’année d’expérience.

Si ce photographe souhaite vivre de sa passion et fait tout ce qu’il peut pour atteindre cet objectif plus que louable, il est légitime pour vouloir être photographe.

 

Si en plus, parce qu’il se donne à fond et qu’il est dans une logique de progression, il a de bons résultats et qu’il fait de bonnes photos, il est alors légitime pour être photographe professionnel et vendre sa production ou ses services.

 

Personnellement, j’ai eu beau être diplômé en journalisme d’une grande école, je n’ai jamais dit à un seul de mes clients que « j’ai fait Sciences-Po », ni montré mon CV pour pouvoir vendre une photo ou un reportage à un magazine.

Par ailleurs, comme tout le monde, j’ai bien commencé de zéro, avec aucun travail à montré et aucune référence à donné. Pourtant, cela ne m’a pas empêché de gagner suffisamment d’argent en vendant des reportages, pour acheter du matériel photo, payer mon loyer, remplir mon frigo et obtenir ma carte de presse de journaliste professionnel.

Le fait est que si vous êtes passionné et ambitieux, vous allez être convaincant et vos clients vont vous trouver légitime.

Mais encore faut il se convaincre d’abord soi-même avant de chercher à convaincre les autres…

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Faut-il aider les photographes ?

 

Categories: Destination photo

Photojournaliste professionnel et passionné, auteur du blog Destination Reportage.

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