Steven Herteleer : comment devenir influenceur - Destination Reportage

Steven Herteleer : comment devenir influenceur

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Steven est photographe de pub… et influenceur, un nouveau métier qui est apparu avec Internet.

Dans ce nouvel épisode du podcast, il nous parle des avantages à être influenceur pour une marque, y compris dans le secteur du voyage.

Car oui, on peut gagner beaucoup, vraiment beaucoup d’argent. Mais ce n’est pas fait pour tout le monde.

Le métier d’influenceur, comme celui de photographe c’est avant tout des galères qui s’enchaînent.

Steven nous explique dans cet épisode comment il a réussi à réussir malgré toutes les difficultés. Il partage avec nous quelques très bonnes astuces pour se lancer sur les réseaux sociaux et il faut dire que Steven sait de quoi il parle.

Aujourd’hui, il compte plus d’un demi million de fans sur Facebook et près de 100 000 sur Instagram…

J’ai rencontré Steven lors d’un séminaire de formation sur du marketing et du coup on parle également du fait qu’il est important de se former tous les jours pour devenir un meilleur photographe.

C’est l’un de mes podcasts préférés jusqu’à maintenant car Steven partage vraiment énormément de choses et fait preuve d’une très grande pédagogie.

Il explique réellement pas à pas comment devenir un photographe à succès et c’est assez rare pour le souligner !

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Transcription écrite de l’épisode :

 

Salut à tous, et bienvenue dans le podcast Photographe Pro 2.0!

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts de différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Steven est photographe de pub et influenceur. Un nouveau métier qui est apparu avec internet. Dans ce nouvel épisode du podcast, il nous parle des avantages à être influenceur pour une marque, y compris dans le secteur du voyage. Car oui, on peut gagner beaucoup, vraiment beaucoup d’argent même dans ce secteur! Mais ce n’est pas fait pour tout le monde, car le métier d’influenceur comme celui de photographe, c’est avant tout des galères qui s’enchaînent. Et Steven nous explique dans cet épisode comment il a réussi malgré toutes ces difficultés. Il partage avec nous quelques très bonnes astuces pour se lancer sur les réseaux sociaux. Et il faut dire que Steven sait de quoi il parle! Aujourd’hui, il compte + d’un demi million de fans sur Facebook, et près de 100 000 sur Instagram.

J’ai rencontré Steven lors d’un séminaire de formation sur du marketing. Et du coup, on parle également du fait qu’il est important de se former tous les jours pour devenir un meilleur photographe. C’est l’un de mes podcasts préférés jusqu’à maintenant car Steven partage vraiment énormément de choses et fait preuve d’une très grande pédagogie. Il explique réellement et pas à pas, comment devenir un photographe à succès, et c’est assez rare pour le souligner.

Je vous souhaite une bonne écoute !

– DEBUT de l’interview –

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

Je suis Steven HERTELEER, je suis photographe de pub et réalisateur dans la pub. Et je suis aussi influenceur voyage. Donc en fait tu vois, j’aime bien la photo et je me suis dit je vais faire tout ce qu’on peut faire avec de l’image (rires). Comme ça je m’ennuie jamais!

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

Ca consiste en quoi un influenceur?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage :

C’est un peu un nouveau métier qui est en cours de définition. Donc je pense qu’il y a beaucoup de définitions qui existent. Je dirais qu’on est dans le monde des médias, ce qui a toujours été important. La monnaie d’échange ça a été la visibilité que tu peux avoir. C’est ça que tu vends, que tu sois à la télévision ou dans un journal, t’as une audience qui a une certaine taille et qui a des certains goûts, et qui te suit pour un certain intérêt. Tu regardes pas TF1 pour la même chose que tu regardes M6. Ou la chaîne nationale Geo. Et donc influenceur, c’est un nouveau métier qui est apparu depuis quelques années sur internet et qui consiste à avoir une visibilité sur internet, mais pour soi-même. Par exemple sur Youtube ou sur Instagram ou sur Snapchat ou Facebook. Et donc avoir une communauté de gens qui te suivent toi, pour une raison particulière. Parce que t’adores la cuisine, parce que t’es quelqu’un qui fait des blagues aux gens, parce que t’es un sportif. Et donc influenceur ça veut dire que t’as une capacité à t’adresser à une audience spécifique sur un sujet spécifique. Et que en théorie, si ton audience a vraiment confiance en toi, t’es capable de l’influencer en fonction de tes choix.

Alors, influence: il y a un côté négatif type manipulation et c’est plutôt influencer type « Moi photographe, j’adore shooter avec telle marque, et je vais dire à ma communauté bah voilà, ça c’est mon matos préféré ». Et ben il y a des marques qui peuvent être intéressées pour faire des partenariats ensemble pour dire ben « Vas-y, on aimerait que tu utilises notre marque pour que ton audience connaisse mieux notre marque ».

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

En fait c’est devenu un nouveau métier de la photographie, tu penses?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

Hmmmm… Je dirais que c’est devenu un nouveau métier à part entière. Et que la photographie est seulement un des médias utilisés et utilisables. Tu peux très bien être influenceur en vidéo, ça se fait bien. Mais j’imagine même, je sais pas si il y ça encore aujourd’hui, mais je pense que ça va arriver: des influenceurs podcast, juste audio. Ou même influenceur écrit tu vois, genre juste bloggeur par écrit. Genre j’ai quelques amis qui font ça, qui ne montrent jamais de photos et qui font juste de l’écrit. Donc c’est un peu matriciel. C’est à dire que c’est un nouveau métier de la photo, mais la photo c’est aussi un des métiers de l’influenceur. Et donc je pense que c’est 2 disciplines assez proches. Et dans le monde actuel de + en +, je pense que dans ces métiers artistiques c’est important d’avoir plusieurs cordes à ton arc. Tu vois, de faire de la photo et de la vidéo, d’être influenceur, d’être un peu bloggeur. De faire une série avec un pote, de faire pleins de trucs comme ça. Et donc je le vois pas comme une nouvelle partie de la photo, je le vois comme une partie de mon agenda dans l’année tu vois. Genre il y a quelques jours par mois qui sont consacrés à ça. Tout comme il y en a quelques uns pour la photo. Et puis parfois je fais de la photo pour le côté influenceur, et puis parfois je suis un peu influenceur pour mon côté photographe. Et puis tout se mélange un peu en fonction des projets.

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

Et aujourd’hui, tu vis toi concrètement de quoi? Ton chiffre d’affaires il est généré par quoi? Par la photographie, par la vidéo, par l’influence?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

En business de manière générale, tu sais que t’as des phases de vie d’un produit ou d’une offre. Et moi mon offre photo et vidéo elle est mûre. Donc ça fait pas loin de 10 ans que je fais ça. Et donc du coup aujourd’hui je vis facilement de la photo et de la vidéo parce que j’ai ma clientèle, parce que j’ai mon savoir-faire, j’ai une patte. On m’appelle en photo pour des choses bien spécifiques. Des photos de pub vraiment dans quelques secteurs spécifiques. On m’appelle en vidéo vraiment pour une patte très particulière que j’ai vraiment façonnée pour être le seul à faire exactement comme ça.

Et influenceur je l’ai fait un peu par passion au début, je ne me suis pas dit « Je vais être influenceur demain ».  C’est plutôt que j’avais des photos de voyage en + et je me suis dit « Vas-y je vais les mettre sur internet pour montrer mon travail parce que ça me fait plaisir ». Et le truc a pris, ça a marché, ça a été de + en + visible. Et puis j’ai continué. Et là des marques ont commencé à me contacter. Et donc j’ai toujours refusé parce que j’ai toujours été un peu méfiant. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui sont méfiants d’internet, qui sont méfiants de Facebook ou des choses comme ça. Donc j’ai toujours fait un peu attention pour voir, observer un peu comment ça se passerait.

Et puis je me suis rendu compte que là depuis quelques années c’est en train de bien se structurer, il n’y a plus trop de bad buzz ou de trucs sensationnels. Il y a plutôt des choses de bonne entente entre des marques et des influenceurs. Tu vois des belles marques qui te disent « Ben tu sais quoi, on te libère 1 semaine, on te passe une voiture, t’es libre sur le sujet, tu peux faire ce que tu veux ». Ce genre de missions tu vois, par exemple j’en ai eu une il y a quelques semaines au Québec, où le Québec m’a invité avec un autre ami influenceur. Et ils nous ont laissé plus ou moins carte blanche. Ils avaient quelques requêtes mais comme n’importe quoi dans la vie en fait. Dès que tu bosses avec quelqu’un il y a des requêtes. Donc j’ai zéro problème avec ça. Mais surtout ils étaient là « On vous veut pour votre patte, pour votre style. Donc allez-y, éclatez-vous ». Essayer quand même de rentrer dans ce cadre et puis voilà quoi. Après c’est un voyage au Québec, donc comment tu peux ne pas aimer? Et voilà donc ça j’ai commencé à accepter les jobs comme ça à partir du 1er Janvier de cette année. Donc il y a 1 mois et demi. Et là ici on est au Venezia Festival. Je suis invité par Canon également pour rencontrer des animateurs de workshop et tester un peu du matériel Canon qui est une marque que j’aime bien.

Donc voilà tu vois c’est des choses assez naturelles. Je ne vais pas faire quelque chose pour une marque qui ne me ressemble pas, pour un gros chèque tu vois. Il y a des gens qui font ça, mais moi je pourrais jamais j’ai besoin d’authenticité pour moi-même et pour mon audience en fait. Fin tu le lis à mon avis. Quand quelqu’un se travestit, tu le sens. Tu vois si je me mettais à faire des trucs pour du parfum, ce serait bizarre. Tout le monde se dirait « Mais attends mais qu’est-ce que tu fais? ». Moi j’ai un besoin de simplicité, d’authenticité, de vérité, d’honnêteté tu vois?

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

Quand tu parles d’avantages du coup liés à l’influence, est-ce que c’est QUE des avantages en nature du style une invitation à un festival voyage et tout, ou ça peut carrément être un business tu penses?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

La semaine dernière, je shootais une fille qui est assez connue. Je vais pas dire qui c’est, pour elle. Mais elle est assez connue on va dire tu vois elle a gagné une émission de télé-réalité et elle a 200 000 followers, voilà. Et elle, pour utiliser un produit sur Instragram, qu’elle va mettre dans sa Story, même pas dans sa Timeline. Donc c’est quelque chose qui est visible 24 heures, c’est 3 500€ tu vois. Donc si tu veux devenir riche là-dedans, tu deviens bloggeuse mode, ou bloggeuse beauté. Parce que ça génère des passions énormes. Tu vois, tu t’adresses à des filles entre 13-25 ans et je pense que sur cette audience, le syndrome de la bonne copine ça fonctionne super bien. Tu vois genre la fille qui dit « Les filles, mon truc préféré ce mois-ci c’est ça » : ça, ça fonctionne ultra bien. Ca crée vraiment des ventes pour les clients et donc ça a une vraie valeur.

Moi sur mon secteur, si je dis à des gens « Yo, allez tous en Islande! » : il y en a qui vont aller en Islande, mais c’est pas la même inertie quoi. Il va y en avoir quelques uns qui vont aller en Islande et puis ils vont se préparer 1 an à l’avance, c’est lourd quoi. Et puis l’Islande en tant que tel ça veut rien dire, donc ça veut dire est-ce que c’est une marque de voiture en Islande ? Et je parle des voitures islandaises. Est-ce que c’est la marque d’avion, est-ce que c’est l’Office de Tourisme d’Islande ? Donc c’est des trucs beaucoup plus larges. Un voyage tu vois c’est très large comme scope. Et donc du coup, oui tu peux en vivre complètement. J’ai des amis dans tous les secteurs d’influence qui en vivent. Santé, voyage, etc… Le truc le + puissant oui, c’est mode-beauté les choses comme ça, fitness. Mais oui oui voyage tu peux si tu te débrouilles bien, tu fais attention, que tu vis simplement en fait. C’est à dire que quand t’es un voyageur, t’as un style de vie, où t’as appris à essayer de gagner des sous à droite à gauche, et où t’as appris à pas trop dépenser tes sous. Si t’arrives à conserver ça, oui tu peux voyager à l’année. Et juste en vendant des choses à des hôtels ou la visibilité puisque c’est ça la monnaie d’échange.

Mais en proposant de la visibilité à des hôtels, des marques de voiture, des marques d’avion, des trucs. Mais c’est du boulot. T’es pas assis dans un siège à ce qu’on t’appelle jour et nuit. Il y a quelques personnes dans le monde pour qui ça marche peut-être, j’en sais rien. 100 personnes dans le monde qui sont comme ça qui attendent juste les coups de fil et qui voyagent tout le temps. Mais sinon t’as une énorme majorité des micro influenceurs qui vont devoir démarcher, passer un coup de fil ou deux. Et qui arrivent à organiser hein! Au Québec, on a rencontré d’autres influenceurs qui avaient passé une centaine de coups de fils. Et donc ils avaient une voiture pour la 1ère semaine, et une autre voiture pour la 2ème semaine. Tel hôtel, un spa, un truc. Et les mecs limite se sont fait un truc que tu peux même pas imaginer! C’était le voyage de rêve. Mais il y a 2 mois de boulot en amont pour préparer tout ça. Il y a du boulot derrière parce que t’as promis à chaque partenaire de la visibilité. Et donc tu vois d’une autre manière tu pourrais très bien travailler en entreprise et utiliser tes vacances et dépenser tes sous. Au final t’auras travaillé autant, t’auras voyagé autant. Et voilà. Mais si tu souhaites faire que du voyage, tu peux le faire à temps pleins et voyager à temps pleins oui. Mais en travaillant.

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

C’est vachement intéressant ce que tu dis! Du coup tu crées du contenu, tu fais le travail d’un photographe corporate, et un travail de photojournaliste aussi quelque part? C’est un peu comme un voyage de presse. Et tu as de l’influence au même titre qu’un journaliste qui a de l’influence dans une rédaction. Du coup est-ce que c’est pas un mix un peu de tout ça où tu vas prendre le rôle de l’agent de communication, du journaliste, du machin ?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

Aujourd’hui, + que dans le passé, je pense que t’es obligé de faire plusieurs métiers pour réussir. Notamment dans les métiers artistiques. Je ne vois plus le métier de photographe comme juste une discipline artistique. Je vois ça comme une petite entreprise dont t’es le patron. Et l’objectif final quand t’es photographe, ben c’est d’avoir ton studio avec un directeur studio, et puis d’avoir un agent qui va s’occuper de tes deals. Et puis d’avoir peut-être une maquilleuse avec qui tu bosses tout le temps. Fin d’avoir une team en fait, un vrai truc. Et potentiellement des contacts dans des journaux des choses comme ça. Mais ça c’est le point d’arrivée une fois que t’as réussi et que t’as 40 ans de carrière.

Mais pour en arriver là au début, la réalité c’est que soit t’as fait une école, et tu sors de l’école et tu galères. Soit t’as jamais fait d’école et tu galères quoi qu’il arrive. Et donc il faut te construire tout seul, il n’y a pas de chemin pour devenir photographe. C’est galère en permanence, marche après marche. Et puis un moment ça commence à marcher de mieux en mieux. Et donc t’as plusieurs façons de le faire. T’as une façon où tu peux dire « Moi je fais un style de photo, QUE cette photo tout le temps ». Et tu finis par être reconnu si t’es bon et si ton truc est vraiment positionné. Et puis t’as d’autres façons de faire. Et une des façons de faire qui est celle que j’ai choisie, et puis c’est aussi ma philosophie de vie: c’est de faire tout ce que j’aime. Et donc de pas me limiter juste à la photo. Si je veux faire de la vidéo, d’en faire. Et puis si je veux faire de la musique, ben franchement d’en faire même si je ne suis pas musicien, mais why not? Et puis aussi sur les disciplines, tu vois. Du voyage, de la mode, de la pub. Et puis aussi sur les façons de faire. Avec des potes, avec des anciens camarades de classe, ou via internet. Tu vois c’est des approches différentes. Et personnellement j’aime bien tout tester parce que je suis assez curieux. Parce que je m’ennuie assez vite aussi, tu vois j’aime pas trop la routine.

Et donc du coup, pour moi, c’est pas du tout du tout négligeable aujourd’hui les réseaux sociaux. Et c’est même pire que ça: c’est que je vois ça comme une chance énorme. Si tu retournes dans les années 1990, pour percer en tant que photographe, ben il y a qu’une manière: c’est de te faire repérer par un magazine, ou par une marque. Mais comment tu veux te faire repérer par une marque quand t’as jamais bossé? C’est un peu comme pour avoir un CDI tu vois, on va te dire t’as quoi comme expérience? J’ai fait que des stages. Ah oui mais on prend que des gens qui ont déjà bossé. Oui mais comment tu veux que j’ai bossé, il faut commencer quelque part. Ou comme quand tu veux trouver un appartement et qu’on te dit il faut un job. Et puis si tu veux un job on dit il faut un appartement. Et là, avec les réseaux sociaux, t’as l’opportunité de plus demander son avis à personne. Et de toi-même lancer ton propre magazine ou ta propre chaîne télé sur Youtube, sur Instagram, et tu lances ton truc. Et puis c’est ton job après d’arriver à le faire grossir. Donc c’est dur hein, franchement c’est super dur. Il y a pleins de techniques qui existent sur internet mais la vérité c’est qu’il y a pas vraiment de techniques qui marchent. En tout cas, il n’y a aucune règle qui quand tu l’appliques, fait que tu vas réussir. Donc c’est que du sur-mesure un peu, et c’est que du feeling.

Mais d’une manière assez certaine, si tu crées un réseau social, que tu mets en tant que photographe je parle par exemple pour ma discipline, tu mets tes meilleurs travaux, t’as une vraie démarche de qualité, tu l’alimentes souvent, et ça c’est le côté réseaux. Mais il y a un côté social, qui est d’interaction avec les autres. Donc si d’un côté t’arrives à créer ce contenu, et d’un autre côté t’arrives à sociabiliser avec les gens. Et donc ça veut dire :

1. Ajouter ta mère, ton père, ton frère, tes potes, tes anciens potes de lycée, tes anciens collègues, tous les gens que tu croises tout le temps.

Ben t’as un noyau dur de gens qui connaissent vraiment ton travail et qui vont vraiment réagir à ton travail. Parce que c’est pas la même chose de voir sur Instagram une photo, ou la photo de mon super pote qui se lance en photo. Tu vas pas la liker de la même manière, tu vas pas commenter pareil. Et donc si t’arrives à te faire un noyau dur de toutes les personnes qui comptent dans ta vie et que t’as rencontrées, ben déjà t’as quelques dizaines/centaines de personnes qui te suivent. Et déjà avec ça, à mon sens, t’as un socle suffisant, une audience suffisante pour trouver du boulot à temps plein. Parce que les vrais gens qui vont te filer du boulot c’est pas le mec qui est à Hong Kong qui est restaurateur et qui a liké ton truc. Lui, c’est juste que ça donne de la crédibilité d’avoir des dizaines de milliers de followers. Mais les vraies personnes qui vont te filer du boulot c’est quoi? C’est la meilleure amie de ta mère, mais à qui t’as pas pensé parce qu’elle lance un truc de boulangerie et elle veut faire un film de Noël. Et puis c’est 2000€. Et ben voilà, 2000€ tac mais par la pote de ta mère que t’aurais jamais pensé à contacter.

Et en fait si tu multiplies avec des centaines de personnes ce truc-là et que toi tu postes les travaux que t’aimes bien, ça provoque du hasard. Moi c’est comme ça que je le vois hein! La plupart de mes jobs: je poste une photo, et dans la demi-heure j’ai un message genre « Hey, mais c’est trop bien, ça me fait penser que tac ». Et c’est souvent tu crées la conversation en fait, tu crées le hasard. Et donc ajouter un noyau dur, c’est ajouter des gens qui sont presque prêts à bosser avec toi et il suffit juste d’un projet qu’ils n’ont pas encore forcément. Et donc quand tu postes tous les jours avec une audience de 300 personnes qui te connaissent, ben tous les jours tu te donnes 300 possibilités que eux, ou que des amis à eux voient quelque chose qui, comme par hasard les intéresse. Et tu connais ce truc-là par cœur, c’est le jour où tu décides d’acheter une voiture que tu vois que il y a des pubs de voiture partout quoi. Et tu les vois pas tant que t’as pas besoin de voiture. Et tu te dis que c’est du hasard, mais non c’est pas ça. C’est que les messages ils sont là en permanence, mais tu les filtres. Mais le jour où t’as besoin de faire des photos de ton mariage et que là, t’as un pote qui poste une photo de mariage, tu fais « Ah ben parfait, depuis ce matin justement je cherche un photographe de mariage ». Et si tu regardes bien, t’en vois tous les jours des photos de mariage en vrai. Et donc voilà c’est ça pour moi l’essence, le cœur des réseaux sociaux. Ca c’est le step 1.

Et le step 2, quand le truc grossis, ça devient énorme.

Et moi sur mes réseaux sociaux donc sur Facebook il y a un demi million de personnes et sur Instagram il y a 100 000 personnes donc c’est massif. C’est une autre échelle. Et là, oui, je commence à atteindre des gens que je ne connais pas. Mais il y a un lien quand même, c’est pas des purs inconnus qui débarquent de nulle part. En général c’est quand même pote de pote, ou c’est au moins des gens avec qui j’ai parlé pendant 6 mois, qui me posent des questions des trucs et puis hop, ils connaissent quelqu’un. Mais en venant de nulle part nulle part, je crois pas que ça soit déjà arrivé. Il y a toujours eu une prise de contact légère, un léger fil tu vois. Donc ça augmente juste légèrement l’envergure. Mais pour encourager les gens qui se lancent là-dedans et qui ne croient pas en Instagram, ajoutez tous vos potes et déjà il va se passer quelque chose.

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

Pour aller un peu + loin sur ça, quand tu dis « On sort d’école on galère, ou on fait pas d’école on galère », d’après toi qu’est-ce qui a marché pour toi? C’est quoi la solution? Est-ce la formation?

D’ailleurs tous les deux on s’est rencontrés dans une formation dans le Marketing, alors que ça n’a rien à avoir avec la photo à 1ère vue. Mais en fait ça a tout à avoir! Qu’est-ce que tu dirais sur ça toi ?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

Moi je pense que même quand t’es au + haut niveau, il faut continuer à te former. Premièrement. Je pense que les formations les + importantes, c’est celles qui te font sortir de ton cadre. Et dans l’absolu moi je serais prêt à prendre une formation en cuisine tu vois, si c’est avec d’autres gens intéressants, si le prof est intéressant. Parce que potentiellement, la formation de cuisine va me faire réaliser un truc en vidéo que j’ai pas compris. Parce qu’il y a beaucoup de parallèles sur pleins de choses dans la vie en fait. Tous les métier, il y a un peu des mécanismes similaires tu vois. Pour recruter des gens, pour s’associer avec des gens, pour comment de A à Z tu fais quelque chose tu vois. Faire un film et faire un gâteau, je suis sûr qu’il y a des trucs en commun. Je suis sûr que tu peux faire des vrais parallèles.

Et j’ai un exemple très concret: un moment j’ai été filmer à l’Elysée. Et à l’Elysée ils ont un chef étoilé qui est un des meilleurs chefs français. Et je l’ai vu bosser en fait. Mais c’était pour faire un film sur lui tu vois. Donc j’étais pas en stage avec lui mais j’ai pu observer quand même et le voir bosser. Et la façon dont je l’ai vu bosser, le mec il fait 300 couverts. Et quand tu regardes, donc il y a une équipe de 30 personnes, et tout est toujours propre. Mais propre de chez propre. Genre ils font un truc, il est rangé, il est remis à sa place tac. Et t’as l’impression qu’il se passe rien en fait. Mais les mecs te servent 300 couverts à l’Elysée. Donc il y a des chefs d’Etat des trucs, c’est ce qu’il y a de + exigeant en France. Et les mecs en fait c’est calme calme calme, c’est tout le temps calme. Ca dure 3 heures le service. Et t’as 2-3 moments de 4-5 minutes ou genre pfiou pfiou pfiou ça s’active, ça parle pas trop, il y a des gestes, des trucs tac tac tac tout est rangé paf c’est parti, fini. Ca ré-attend, et ça repart. Tu vois ça, tu te dis OK.

Moi mon montage vidéo où j’importe tous mes rush n’importe comment, tu te dis « Non mais tu sais quoi, je vais faire des dossiers, et je vais les ranger ». Et en fait, maintenant, ma façon de bosser, c’est que je prends une grande partie de temps, peut-être une demi-heure tu vois, au début de mon projet, à juste faire les dossiers, les renommer exactement comme il faut. Avoir tout le temps la même structure. Mes médiats à un endroit, mes musiques. Jamais « unknown » fichier, truc ou feuille ». Parce que ce qu’il se passe c’est que une semaine après quand ton client te demande des modifs, et ben tu mets des heures à tout retrier. Et donc j’ai maintenant un process super clair et super rangé et extrêmement propre. Un peu comme ces cuisines où tu veux faire un truc, t’as juste à déplacer ça et c’est fini. Mais ça c’est 1 exemple.

Mais en fait, ta question c’était « Est-ce qu’il faut continuer à se former ? » c’est ça?

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

Oui, ou comment tu te formes en fait? Et si tu te formes?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

Ben moi je me forme de façon concrète dans des workshops. Dès que je vois quelqu’un que j’admire ou qui m’inspire, j’essaye de participer à son workshop. Et j’ai aucun orgueil tu vois concernant le niveau. Je me dis pas genre « Je suis trop bon pour avoir un prof », ou genre « Ce prof est moins bon que moi », ou des choses comme ça. Je pense que tout le monde peut apprendre des choses à tout le monde. Et même parfois, ça m’arrive de donner des cours par exemple en réseaux sociaux. Bien sûr je vais inspirer les gens dans la salle mais c’est pas que top/down, je vais pas dire les choses comme nous on a pu voir à l’école. Et j’espère qu’un jour ça va changer. Je considère + qu’on est tous dans une salle. Moi je vais inspirer parce que j’ai un peu + d’expérience mais t’as des gens dans la salle qui vont avoir des idées notamment par leur fraîcheur ou par leur métier différent ou juste parce qu’ils ont une idée qui peut juste changer le point de vue de toute la salle. Et donc je me forme aussi par rapport à mes élèves. Ou je me forme aussi par rapport à des amis ou dans des discussions avec des potes ou en lisant des choses. En fait je me forme vraiment, c’est un peu cliché mais, je me forme un peu avec la vie. Tu vois genre je vois ce qu’il se passe, je prends des trucs, et voilà.

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

Est-ce que toi tu te définirais comme un entrepreneur photographe? Et pour toi c’est quoi les qualités que doit avoir un bon photographe qui veut vivre de sa passion? Tu vois le lien?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

Oui. Oui je me considère comme un entrepreneur photographe. En fait avant tout je me considère comme 2 choses : comme un entrepreneur, ET comme un artiste. Et la photo a une grosse place dedans parce que c’est par le fruit du hasard hein, c’est un peu mon cœur de métier. Pas forcément parce que je l’ai choisi, mais parce que c’est pour ça qu’on m’appelle le +.

Maintenant, on m’appelle aussi beaucoup pour la vidéo. Et maintenant on commence à m’appeler pour influenceur voyage. Mais si demain on commençait à m’appelait pour écrire des choses parce qu’on aime bien mes textes, why not? tu vois. Ou pour de la stratégie, ou tu vois on m’appelle pour de la formation maintenant aussi en réseaux sociaux, formateur c’est un métier ça fait 1 an que je le fais. Jamais j’aurais pensé former des gens et j’adore la pédagogie tu vois. Donc je me vois oui comme un entrepreneur, curieux et ouvert.

Et comme un artiste parce que je considère qu’être artiste, c’est un état d’esprit on va dire. Et la photo, c’est juste un média. Mais moi si je fais de la photo, c’est juste parce que je peux pas faire autrement. Je suis obligé créer des choses. Fin, je deviens fou en fait si je crée rien. Je suis obligé de délivrer tu vois, de produire beaucoup beaucoup beaucoup et ça passe par la photo. Mais j’ai fait aussi 10 ans de musique, et puis 10 ans de dessin. Et puis je fais de la vidéo et tout. Et donc n’importe quel art à la base, m’intéresse. Et Instagram je le vois un peu comme quelque chose d’artistique aussi. Moi je le considère comme mon propre magazine. C’est à dire que tu fais une vraie sélection de tes photos. Chaque photo tu la choisis, tu la retouches comme tu veux. Chaque photo tu la légendes, et toutes les photos les unes par rapport aux autres, ont un fonctionnement propre pour te donner une vue d’ensemble de ton magazine. Donc c’est un vrai travail artistique en soi je trouve la page Instagram.

Donc oui je me considère comme entrepreneur, artiste photographe. Et les conseils que je pourrais donner à quelqu’un qui veut se lancer de manière générale: moi ma stratégie ça a toujours été de me dire que quoi qu’il arrive, que je le veuille ou non, il faut que je vive, et il faut que j’ai des sous pour vivre. Ca c’est une des données, tu peux pas le changer. Fin si, tu peux mais après il faut squatter chez tout le monde, et puis demander à tes parents. Mais en vrai, t’as besoin de sous et après c’est à toi de définir combien t’as besoin tu vois: ça dépend où tu vis, ça dépend de ce que tu veux. Mais tu vois sur Paris c’est dur de vivre pour moins de 1 000–2 000€ par mois. Et si t’as ça, tu n’achètes pas ton matos photo, tu n’achètes pas de studio photo, tu t’entoures pas.

Donc en vrai, si tu commences à penser comme ça, en mode entreprise, petite entreprise, tu ne dois plus seulement produire un salaire, tu dois produire un chiffre d’affaires. Et il y a un truc qu’on oublie tous : c’est qu’il y a des impôts encore après. Donc imaginons que t’as besoin de 5 000€ par mois pour te payer ton studio photo à 1 000€, ton appareil que tu vas rembourser et tout, donc t’as besoin de 5 000€. En vrai, t’as besoin de produire 7 000-8 000€ parce qu’il y a des impôts. Donc ça commence à chiffrer assez vite.

Et donc tout de suite en entrée de jeu, je considère que l’objectif n°1 si tu veux pouvoir t’éclater en photo et vraiment vivre de ton truc, c’est trouver n’importe quelle manière de produire ces sous. Sinon, tu vas devoir arrêter, t’as pas le choix. Et n’importe quelle manière idéalement en photo tu vois. Tu pourrais être serveur chez Mcdo mais ça va te prendre beaucoup d’énergie. Donc au moins essayer de faire un truc dans la photo comme ça au moins tu vas apprendre des choses, même si c’est pas ce que tu préfères. Un exemple: imaginons que tu veuilles faire de la photo de mode. Et tu vois que la photo de mariage, il y a beaucoup de mariages dans ta région, ou que t’es genre à un âge où tous tes potes se marient. Ben tu peux te dire « OK je vais faire de la photo de mariage pendant les 3-4 mois d’été, c’est juste le week-end ». Au début, tu vends 700-800€, puis 1 000-1 500€, puis quand tu deviens bon 2 000€. Et puis à un moment tu te dis « Cool, là j’arrive avec 4 mariages à me faire 8 000€ ». Donc là tu peux commencer à t’acheter tu matos, à te prévoir un studio, à prendre un assistant, des choses comme ça.

Mais voilà, moi ça a toujours été ma stratégie que de me dire:

1. générer des sous idéalement sur des jobs les + concentrés possibles.

Parce que si tu génères tes 8 000€ par mois en bossant 70 heures par semaine, ben t’as plus le temps pour tes projets perso non plus. Donc mon conseil c’est de trouver une façon de facturer de vrais jobs, peu importe ce que c’est. Parce que même en mariage tu vas apprendre des choses, ça va rebondir par rapport à ce que je disais un peu tout à l’heure : même si t’aimes pas, que tu te dis « Non mais moi je suis photographe de mode je suis pas photographe de mariage », non non, ton objectif n°1 c’est de produire un revenu pour faire tourner ton entreprise.

2. ton objectif n°2 c’est d’utiliser tout le temps libre que t’as pour t’éclater, faire ce que t’aimes.

Développer de nouvelles choses. Par exemple si t’as envie de devenir photographe de mode, c’est cool. Mais encore une fois, Vogue ne va pas t’appeler pour tes beaux yeux quoi. Ils vont t’appeler parce que t’es incontournable. Et incontournable aujourd’hui ça se construit. C’est des années de travail, c’est des tests, tu commences par shooter des amis, puis t’as entendu parler de quelqu’un dans une agence et t’arrives à le contacter. Il ou elle veut bien faire des photos, etc… Et tu montes comme ça, tu trouves un styliste, tu trouves des maquilleurs, tu montes une petite équipe. T’arrives à te faire publier dans un journal sur internet. Hop, à un moment à un cocktail tu rencontres un mec qui est rédacteur en chef d’un magazine. T’arrives à avoir une photo publiée, ça marche bien. Tu construis le truc. Et ça, c’est beaucoup de travail aussi. Mais moi, j’appelle pas ça du travail parce que c’est que de la passion c’est que du kiff. Mais du coup c’est comme ça que je construirais ma stratégie si j’étais un jeune photographe. C’est :

1. générer du cash pour pouvoir vivre et investir, et puis vraiment construire un vrai studio.

2. utiliser tout le temps libre pour construire mon rêve, me faire mon portfolio, mes contacts. Et tranquillement dans un 2nd temps, ça peut être au bout d’un mois si t’as de la chance, ça peut être au bout de 20 ans. Mais tranquillement, basculer vers ce qui te plaît le +. Et là j’en suis à ça aujourd’hui, et je fais 80% de ce que j’aime. 80-90% de mes journées c’est QUE ce que j’aime. Et puis il y a toujours un job qui te plaît moins. Mais même dans l’absolu moi j’apprends aussi de ce job que j’aime moins. Ne serait-ce que pour me dire « Je fais plus ce genre de job ». Donc il y a toujours du positif dans tout.

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

Qu’est-ce que tu dis aux photographes qui ont connu les périodes où justement Vogue t’appelait comme ça, te faisait bosser sur commande etc, la belle époque. Et qui aujourd’hui se plaignent que c’est la crise, parce que c’est pas pareil, c’est dur, etc… Qu’est-ce que tu leur dis à ces photographes ?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

Je leur dis que le monde change, que c’est pareil dans tous les métiers. Que moi j’aimerais pas être conducteur de métro ou caissier à la SNCF parce que eux ils vont prendre vraiment cher, ils ont pas de solution. Et je me dis qu’à un moment, si t’es photographe, t’es artiste. Et si toi t’es pas capable d’inventer le futur, euhhh personne le fera! Donc tous les métiers changent, oui il y a l’apparition des réseaux sociaux, oui il y a de l’injustice. Mais il y a aussi une part de justice. Parce qu’au moins, ça donne sa chance à tout le monde.

Mais quoi qu’il en soit, il y a + de compétition, c’est chaud, c’est vraiment chaud. Je sais très bien que moi-même bientôt dans 5-10-15-20 ans, il va y avoir d’autres trucs qui vont arriver. J’en sais rien des hologrammes tu vois, et je comprendrai rien. Et je pense que la démarche d’artiste, c’est toute ta vie être ouvert au changement, et même pas, c’est accueillir le changement. Genre revendiquer le changement presque. Moi j’attends ça avec impatience les nouvelles technologies.

En vrai de vrai Instagram c’est pas ma génération. C’est la génération de mon petit frère tu vois, je suis arrivé juste après. Et en vrai de vrai il y a eu une petite barrière tu vois, je me suis lancé tard. Je comprenais pas pourquoi il fallait que je passe une demi-heure ou une heure par jour sur les réseaux sociaux à retoucher une photo qui allait être sur internet pour mettre des mots clés, des hashtags et tout. Franchement au début je me disais jamais de la vie je passe + d’une minute pour mettre une photo. Et puis voilà ça fait 2-3 ans que j’ai lancé ça et maintenant oui c’est pendant les périodes un peu chaudes, c’est une heure, une heure et demi quand je dois vraiment poster sur tous les réseaux sociaux, tous les jours. Ca peut prendre du temps. Quand c’est même un film, ça peut prendre des heures de montage. Mais en fait je le vois comme mon propre magazine. Il y a beaucoup de gens qui regardent ce que je fais et qui vont m’appeler peut-être pour des jobs. Donc ça fait partie du job. Et donc un photographe qui veut pas le faire, je lui dis « Tu peux y arriver sans le faire. Il y en a pleins qui y arrivent et y arriveront sans le faire, mais tu te fermes une énorme énorme opportunité de toucher toute une génération et tout un corps de métier ».

Parce qu’aujourd’hui, de la même manière, tous les directeurs de la comm’, tous les rédacteurs en chef, tout le monde est sur Instagram et observe. C’est un formidable lieu d’exposition en fait. Qui est ouvert, qui est gratuit, et qui ne tient qu’à toi. Personne ne peut le faire à ta place, donc c’est ton choix. Tu peux décider de le faire ou de pas le faire.

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

C’est génial tu vois, parce que tu y vois de l’opportunité, de l’optimisme mais ne serait-ce pas un voile négatif ?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

En fait, je lutte pas contre ce qui est inévitable. Dans un monde absolu, moi je travaille pas, j’ai un potager, on achète un village avec tous mes potes. Et toute la journée on crée: de la musique, des trucs, des photos, de la peinture, au soleil.  Ca, c’est dans un monde idéal. J’ai tenté de le faire (rires), on s’est installés plusieurs fois avec des potes dans des destinations trop cool, on a fait de la musique pendant plusieurs mois, c’était génial. Mais il y a toujours ce truc des sous qui revient. Et on se retrouvait toujours à sec, et donc il fallait relancer un peu, bosser.

Mais donc du coup, dans la vraie vie les réseaux sociaux sont là. Il y a un rouleau compresseur qui est en marche. Il y a des millions de gens qui se jettent dedans. Les jeunes sont vachement doués, vachement forts, vachement rapides. Et en + ils sont capables de passer des heures dessus. Mais en tant que photographe, t’as une force que les autres n’ont pas: c’est que tu fais des photos de ouf et que t’es censé faire les meilleures photos de tout le réseau social. Donc à un moment, le patron c’est censé être toi.

Donc non je ne lutte pas contre ça. J’observe que c’est inévitable, et je me dis OK quelles sont les cordes à mon arc pour bien l’utiliser. Moi je fais de la photo de voyage, de la photo de pub. OK je fais un Instagram de voyage, un Instagram de pub. Et je fais un angle qui fait que ça va moi, me faire plaisir, mais aussi quand même je tiens compte du marché et je vois ce qui plaît aux gens. Et voilà, comme je te disais j’aime bien shooter un peu de tout. Donc publier ça, ou publier ça, ça ne change pas grand chose. Si je vois qu’à un moment, mon audience elle veut ça, ben je vais lui donner ça. Puis je me garde les autres trucs à moi pour des expos, ou pour une publication un jour. Ou même pour moi. Juste faire des photos ça me fait plaisir, j’ai même pas forcément besoin de les montrer tu vois. Du coup j’adapte.

Si il y a un truc à retenir à mon avis, c’est que c’est inévitable d’être sur le monde des réseaux sociaux aujourd’hui. C’est trop dommage de pas y être. Et pour ceux qui veulent pas, en fait je pense qu’il n’y a personne qui ne veuille pas être sur les réseaux sociaux. Je pense que les gens veulent pas faire le travail qui consiste à être sur les réseaux sociaux. Mais dans l’absolu, si on dit « Bouge pas, on va faire un truc automatique qui fait tout pour toi », les gens vont dire « Oui je veux bien ».

Et donc du coup, la question devient: faut-il ou pas être sur les réseaux sociaux ? Mais plutôt comment y aller ? Et ensuite, t’as des contraintes. Si tu dis je veux y être mais que ça fasse 0 minutes par semaine, c’est possible. Tout le monde a dans sa famille des cousins qui ont 16 ans et qui seraient trop trop contents de pouvoir gérer le compte de leur oncle photographe qui a des photos de ouf contre quelques centaines d’euros par-ci par-là. Lui il va s’éclater à faire ça parce qu’il adore, toi ça te coûte pas trop cher, lui ça lui fait aussi de l’argent de poche. Fin je veux dire, si tu cherches, il y a des solutions. Tu vois c’est comme si on te disait « Mec, avec un tout petit peu d’effort tu peux être à la télé tous les jours, ou dans les journaux tous les jours ». Un vrai artiste qui a besoin de montrer son travail il va pas dire non. Il va dire non parce qu’il va dire c’est impossible, c’est trop dur, je comprends rien. C’est des contraintes, c’est des blocages par rapport aux médias mais c’est pas un refus d’y être.

Fred, photographe professionnel & auteur-réalisateur du podcast:

Pour celui qui va te dire, parce que ça revient souvent: « J’ai pas envie de me mettre en avant parce que c’est mes photos que j’ai envie de mettre en avant, c’est pas moi-même » ?

Steven HERTELEER, photographe de pub et réalisateur dans la pub, influenceur voyage:

Ben c’est ce que je fais moi. Il y a beaucoup de gens qui ont jamais vu ma tête sur les réseaux sociaux. Occasionnellement je vais la montrer quand je vais être face caméra pour expliquer quelque chose, en particulier pour des sujets où je veux attirer l’attention des gens, tu vois. Typiquement, si un jour je faisais de l’humanitaire, ben là je me mettrai probablement moi en avant parce que je voudrais parler aux gens tu vois, genre attirer leur attention. Mais là je parle de mon travail, de ma patte artistique et il y a aucun intérêt de moi, créer un truc avec les gens. Fin, il y en a et certains vont en voir, mais personnellement ça m’intéresse pas. Et donc du coup oui, j’ai quand même ma photo de profil pour qu’on voit aussi ma tête. Mais la photo elle a 4 ans si tu veux, donc c’est plus trop moi.

En fait je comprends l’objection parce que je pense que dans les réseaux sociaux, les bloggeuses modes, beaucoup de gens qui font les réseaux sociaux sont bloggeuses mode,  le truc où tu te montres toute la journée, où tu parles de toi et où tu expliques que t’es génial. No offense pour les bloggeuses modes, d’ailleurs j’ai des très bonnes amies qui sont super fortes et tout, mais t’as de tout en fait. Et t’as des choses aussi en fait qui peuvent faire peur aux artistes qui veulent pas se mettre en avant.

Et oui donc pour synthétiser là-dessus, oui je pense que t’as beaucoup de gens qui sont bloqués parce qu’il y a une caricature des réseaux sociaux. Et cette caricature, c’est « Face caméra, tu parles de toi toute la journée devant ». Plus ou moins. Oui, c’est sûr que ça existe. Mais après c’est ton taf de faire quelque chose de qualité à un moment tu vois. Il y a aussi beaucoup de photographes qui font des choses qui toi, peuvent ne pas te plaire. Il y a aussi beaucoup de musiciens qui font de la « soupe ». Et puis au contraire t’as des gens qui vont adorer cette « soupe » et qui vont trouver les musiques un peu trop intellectuelles chiantes. C’est çà le monde de l’art aussi, c’est ça la beauté du truc. C’est que chacun fait à sa manière. Et donc oui, je recommande en effet de ne pas se montrer soi, et de montrer son travail. C’est ce que je fais, et ça marche très bien.

– FIN de l’interview –

Cet épisode du podcast est maintenant terminé! Si ce dernier vous a plu, et que vous voulez le soutenir, il vous suffit de vous abonner sur iTunes et de laisser une note de 5 étoiles, ainsi qu’un commentaire. Cela ne vous prendra qu’une minute, et aidera grandement au référencement du podcast.

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Je vous donne rendez-vous dans le prochain podcast du Photographe Pro 2.0. 

À bientôt!

 

Fred
Je m'appelle Fred et je suis reporter-photographe professionnel. En plus de mon travail pour la presse magazine, j'aide les autres photographes, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Mon métier de photographe m'amène à voyager un peu partout à travers le monde. J'en profite donc pour partager ces expériences et ces découvertes à travers des reportages et des carnets de voyage sur cette chaîne YouTube. Si vous êtes photographe amateur et que vous êtes à la recherche de conseils et d'astuces pour progresser en photo, faire de meilleures images et vous faire davantage plaisir en photographie, alors cette chaîne est faite pour vous ! ► Téléchargez gratuitement mon dernier livre « J’apprends la Photographie en mode Reportage" : http://bit.ly/pdfmethodephoto Aujourd'hui, j'arrive à vivre pleinement de ma passion : la photographie et j'aide des milliers de photographes à y parvenir eux aussi. Si vous êtes pro ou que vous souhaitez le devenir, je partage avec vous mes meilleurs conseils marketing et business pour trouver plus de clients, vendre plus de photos et vivre concrètement de ce fabuleux métier. ► Ressources pour photographe professionnel : http://bit.ly/ressourcesphotographepro
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