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Hellfest, le purgatoire du métal fête ses 10 ans

10 ans. 10 ans déjà que le Hellfest est né des cendres du Furyfest. En 10 ans, le Hellfest sera passé du petit festival audacieux mais aux lendemains souvent incertains, à un monstre indéboulonnable, immortel parce qu’évident.

Pour son 10ème anniversaire le festival fut gâté par ses fans : plus un seul billet n’est disponible depuis décembre, preuve d’une fidélisation sans pareil. Cerise sur le gâteau, le festival s’est vu sacrer meilleur grand festival de France 2014, attribuée par les Festivals Awards.

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Coté chiffres, 128 groupes sont venu enflammer les scènes du Hellfest, devant 150.000 festivaliers. A proportion hors normes, moyens hors normes : comme chaque année, l’organisation du Hellfest a su surprendre ses fans par ses innovations : les modes de paiements sont repensés, le site est recouverts de gazon, le nombre de bars, snack, espace de repos et sanitaires a explosé, sans pour autant empiéter sur l’espace des festivaliers.

Chaque année amène son lot de complications, chaque année l’organisation exploite son expérience pour répondre à tous les problèmes pour proposer le festival le plus agréable possible (on repense à l’édition 2014, marquée par une canicule inattendue et des points d’eau surchargés).

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Au-delà des aménagements destinés à accroitre le confort des festivaliers, l’organisation a clairement cherché à marquer un tournant dans l’histoire du festival à travers son esthétique : d’immenses structures ornent les scènes principales, et encadrent des écrans géants permettant de profiter des concerts sans quitter la buvette. De plus, des animations fleurissent en tout lieu du festival, assaillant l’emploi du temps déjà bien chargé du festivalier.

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Si ce tournant enterre clairement le caractère underground du festival, lui octroyant une aura irréelle (certaines mauvaises langues diront « Disneyland »), il n’estompe en aucun cas ce qui est à la fois l’origine même du festival et son principal moteur : la volonté de rassembler.

L’organisation a toujours affichée son désir de proposer un festival éclectique, en programmant des groupes issus de tous les univers du métal : du Punk au Black Métal, du Stoner au Rock alternatif, en passant par des ovnis comme le Drone metal.

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Ce but d’éclectisme est le leitmotiv du festival, mais également la clé de son succès : si le Hellfest peut se vanter de quelque chose d’unique, c’est bien son ambiance : 150.000 festivaliers, ca fait un sacré paquet de différences… Et pourtant ! Se rassembler, c’est avant tout partager, l’ambiance du Hellfest peut facilement se résumer à une immense guirlande de festivaliers, tous différents mais tous réunis par une passion commune dans l’unique but de faire la fête.

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Du retraité qui ne se déplace jamais sans sa chaise pliante, au punk aviné qui ne dort jamais sous sa tente, la diversité des profils empêche de figurer un visage unique au festivalier lambda du Hellfest, sinon celui de la joie.

Sans doute aucun, au-delà de la célébration de son dixième anniversaire, le Hellfest à définitivement exposé la profondeur de ses racines, qui chatouille certainement le fond de l’enfer…

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Photos : Frédéric Marie

Texte : Simon Marquez (sur la photo ci-dessous)

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Photos réalisées avec un Fuji X100T

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Comment survivre au Hellfest

24-06-13 Hellfest à Clisson du 20 au 23 juin 2013

Vivre le Hellfest, un appareil photo dans les mains…

Le Hellfest est devenu au fil du temps une véritable destination touristique. Après ses 400 participants en 2002, le plus gros festival de musique métal français a dépassé le cap des 100 000 participants (et accessoirement les 140 000 litres de bière) lors de la dernière édition. Parmi eux, environ 30% viennent de l’étranger.

Amateur de ce genre musical très particulier mais pas forcément fan inconditionnel, l’édition 2013 de ce festival démentiel fut donc pour moi une sacrée expérience et une aventure photojournalistique des plus intéressantes.

24-06-13 Hellfest à Clisson du 20 au 23 juin 2013

Un camping… particulier

Première étape en arrivant au Hellfest : trouver un endroit pour planter sa tente. Et ce n’est pas évident. Si garer sa voiture relève déjà du parcours du combattant, alors trouver quelques mètres carrés pour poser sa Quechua (on avait dit pas de marque, mais y avait que ça à perte de vue !) et pour les plus conviviaux, une tonnelle, histoire de pouvoir picoler… pardon discuter au sec, est un exploit !

Une fois confortablement installé, l’heure est à la musique et surtout à une succession de files d’attentes aussi interminables les unes que les autres. Au Hellfest, on fait la queue pour tout ! Retirer de l’argent, acheter des jetons, qui permettront de faire ensuite la queue pour acheter à manger, à boire, ce qui vous amènera enfin à faire la queue pour accédez aux toilettes. Bref, la patience est la meilleure arme du festivalier.

L’oasis de l’espace presse

Comme à chaque grand événement, l’organisation propose un endroit « sécurisé » et muni d’une connexion internet aux journalistes afin de leur permettre de travailler dans de bonnes conditions. Manque de bol, la connexion wifi n’est pas des plus rapides et l’espace presse est confondu avec l’espace VIP, ce qui exclu donc la question « est ce que je peux laisser mon matos photo à 10 000 balles sur la table le temps d’aller acheter un café ? »… Mais peu importe, je ne bosse pas pour l’AFP aujourd’hui, j’ai juste besoin de photos d’ambiance pour mon reportage sur le Hellfest.

L’avantage d’une salle de presse, c’est aussi de pouvoir être au plus près des artistes, à travers notamment des conférences de presse. Cependant, il n’y a rien de bien intéressant visuellement à shooter un mec assis derrière une table, lunette de soleil sur le nez et une bouteille d’eau devant le micro.

24-06-13 Hellfest à Clisson du 20 au 23 juin 2013

Plongeon dans la fosse

Alors avant de se lancer la fleur au fusil et les boitiers numériques hors de prix aux épaules dans une fosse de barbus et de tatoués excités (comment ça je suis dans le cliché ?), il faut s’avoir que le Hellfest, ça ressemble plus ou moins à ça :

Vous l’aurez donc compris, on va pas faire le malin et risquer de prendre un pogo dans l’optique à 1500 euros. Afin de permettre aux photographes de shooter les artistes sur scène, un large couloir est sécurisé devant la fosse et permet surtout de récupérer les metalleux qui, plus ou moins alcoolisés, décident de partir en slam (comprenez en surf) sur la foule pour finir dans les bras musclés d’une armoire à glace en bout de chemin. Au final, cette scène est presque plus intéressante à immortaliser que le mec hurlant dans son micro, shooté par 50 photographes en même temps. Mais la partie amusante s’arrête rapidement, aussitôt la chanson terminée, tandis que l’armoire à glace te demande gentiment de promptement quitter les lieux, toi et tes boitiers.

24-06-13 Hellfest à Clisson du 20 au 23 juin 2013

Photographier le Hellfest n’est donc pas de tout repos, d’autant plus que les vols dans les tentes obligent à porter un sac lourd toute la journée. Pour ma part j’avais embarqué le macbook, deux boitiers et 4 optiques. Cet événement mérite cependant de s’y intéresser car il est riche en adrénaline, en émotion et en images incroyables. Et comme dans tous les festivals, il est possible de faire de belles rencontres, surtout lorsque l’on a un appareil photo dans les mains et qu’on a affaire à une communauté très sympa comme celle des métalleux.

 

Plus d’informations :

lire l’excellent papier de Simon Marquez, la plume qui m’a accompagné lors de mon reportage de 2013.

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Mots clefs : Hellfest, Reportage Photo, Musique, Festival, Camping.

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