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Devin Supertramp « Montrer un monde meilleur avec des vidéos positives »

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En octobre dernier, j’étais en Grèce pour un reportage sur la dernière aventure de Pyrénaline et Rock’n’Rope, vous savez, ces fous qui se jettent des falaises avec des cordes. Mais cette fois, c’était encore plus spécial, car pour immortaliser cette incroyable performance, c’est Devin Graham, alias « Devin Supertramp », rien que ça, qui a fait le déplacement depuis l’Utah aux Etats-Unis ! Avec une petite équipe de caméramen et de pilotes de drone, le jeune prodige de la vidéo virale sur YouTube a réalisé un petit chef d’oeuvre de 4 minutes sur l’événement de Zakynthos (la vidéo est à la fin de l’article). J’ai eu le plaisir de l’interviewer sur la falaise où nous avons bossé pendant cette semaine riche en adrénaline !

Destination Reportage : Salut Devin, est ce que tu peux te présenter aux lecteurs du blog ?

Devin Graham : J’ai 32 ans et je fais des vidéos depuis que je suis tout petit. Cela fait 5 ans que je publie mon travail sur YouTube, mais j’ai commencé à l’âge de 12 ans. J’ai commencé en amateur avec des vidéos de snowboard et des clips musicaux avec mes frères et soeurs, désormais c’est mon métier. J’ai choisi de faire ça sur Internet pour permettre au plus grand nombre de voir mon travail gratuitement.

Quel matériel utilises tu ?

Quand j’ai débuté, j’utilisais la caméra de mes parents, qui filmait en VHS, ensuite j’ai bossé avec une Super8 et aujourd’hui j’utilise une RedDragon et du matériel Canon et GoPro. Nous avons de bonnes relations avec GoPro, ils nous aident avec du matériel, même si on a tendance à casser beaucoup de caméras sur les tournages !

Justement, tu filmes souvent du sport extrême, quelle est la ligne éditoriale de ta chaîne YouTube ?

Nous essayons de publier une nouvelle vidéo chaque semaine, qui soit à chaque fois différente de la dernière. Donc par fois c’est des petits chiots sous un sapin de Noël, ou des gens qui se jettent dans le vide avec des cordes, ou encore du BASE Jump… On essaye de trouver des choses fun à filmer et à proposer aux gens qui nous suivent.

Aujourd’hui tu ne vis que de ça ?

C’est la seule chose que je fais dans ma vie, faire des vidéos sur Internet pour que les gens les voient. Je suis intimement persuadé que tu dois pouvoir faire ce que tu as envie de faire. J’ai toujours fait des vidéos pour le fun et pas pour l’argent. J’aime faire ça, être avec mes amis et filmer pour rendre les gens heureux. Grâce à cet état d’esprit, je n’ai jamais l’impression de travailler, il est juste question de faire ce que j’ai envie de faire, et c’est génial d’arriver à en vivre aujourd’hui.

J’ai déjà parlé de toi sur mon blog, à travers ta vidéo « Fighting for your passion », est ce que tu peux nous parler un peu de ton parcours et des difficultés auxquelles tu as fait face ?

J’ai eu plusieurs chaînes YouTube et j’ai fais beaucoup d’erreurs. Le fait est qu’à chaque fois j’ai appris de ces erreurs. Avant de pouvoir faire vraiment ce que je voulais, j’ai dû faire des petits boulots, comme par exemple de la photo de mariage. La leçon qui a été primordiale pour moi, pour atteindre le succès, c’est que si tu veux réussir sur le web, tu dois être régulier et publier toutes les semaines. C’est uniquement à ce moment là que j’ai commencé à avoir de bons résultats.

Combien d’heure travailles tu par mois sur tes vidéos ?

Je n’ai jamais vraiment compté et ce n’est pas vraiment mesurable. Je suis capable de travailler 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour finir une vidéo. Je n’ai pas de vacances ou de « break ». Cette année j’ai visité 24 pays et une vingtaine d’Etats américains, je suis toujours sur la route, tout le temps en voyage.

Donc tu travailles énormément ! Quelle est ta vision sur ton métier ?

Comme tout ce qui est artistique, la vidéo est un secteur très concurrentiel, il faut trouver sa niche, quelque chose d’unique et surtout ne pas essayer de copier les autres, trouver son « style » et y croire. Ce que je fais n’est pas du business, c’est de l’art.

Je pense que ce qui fait de mon style unique, c’est que mes plans sont toujours en mouvement. Beaucoup de gens utilisent des trépieds et font des choses très statiques. J’utilise un steadycam pour être tout le temps dans le mouvement et donner aux spectateurs l’impression d’être ici avec moi. C’est pourquoi j’utilise aussi beaucoup le grand angle, pour rentrer dans la scène.

Qu’est ce que tu veux dire à travers ton travail, à travers tes vidéos ?

Notre message principal c’est d’aimer la vie et en tirer le meilleur possible. Nous voulons inspirer les gens et les amener à sortir, faire les choses qu’ils aiment, être positifs. Car il y a tellement d’énergies négatives dans les médias et autour de nous. Nous voulons montrer un monde meilleur à travers des vidéos positives.

Tu voyages beaucoup, qu’est ce qu’il te plait dans le fait de voyager ?

J’aime les gens que je rencontre en voyage. Dans chaque pays que je visite, les gens sont différents et uniques, avec de nouvelles histoires et j’utilise cette énergie pour être plus heureux. Partout où je vais, j’apprends plus sur moi.

Sur la falaise, j’ai vu que tu prenais aussi des photos, qu’est ce que tu préfères entre la vidéo et la photo ?

J’ai toujours aimé l’image, qu’elle soit fixe ou animée. Pour moi c’est juste une question de feeling, parfois une scène doit être filmée, parfois elle doit être photographiée. J’aime pouvoir faire les deux. Je suis réalisateur, pas photographe, mais j’aime la photographie. Je veux montrer aux gens comment je vois le monde, que ce soit en vidéo ou en photo

Quel conseil donnerais tu à un jeune réalisateur qui veut se lancer sur YouTube ?

Sois sûr de faire ce que tu fais pour les bonnes raisons. Si tu veux juste être célèbre, tu n’y arriveras probablement pas, mais si tu le fais parce que tu aimes ça, et avec ta vision unique des choses, alors ça fonctionnera, même si ce n’est pas tous les jours facile.

Qui sont tes modèles ?

J’adore Steven Spielberg, Jurasic Park est mon film préféré, mais également Christopher Nolan, avec Inception, et également J.J Abrams, qui réalise le dernier Star Wars. J’adore les histoires qu’ils racontent et surtout leur façon de les mettre en images. Et puis, je suis un fan d’Alexandre Supertramp, un jeune voyageur qui est allé en Alaska et qui a inspiré beaucoup de gens. J’ai changé mon nom sur le web pour lui rendre hommage.

La dernière vidéo de Devin en Grèce

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Sébastien Roignant (« F/1.4 ») : « Je rêve d’un monde où l’on serait tous excellents dans notre domaine »

« F/1.4 », vous connaissez ? Attention, je ne vous parle pas de l’ouverture d’un objectif, mais de la chaîne YouTube du génial Sébastien Roignant, photographe pro et également blogueur. Dernièrement, j’ai eu le plaisir de l’interviewer pour vous, fidèles lecteurs du blog !

Tout d’abord, est ce que tu peux te présenter pour les lecteurs du blog ?

Bonjour, je m’appelle Sébastien Roignant et vous êtes bien dans une interview « de » F/1.4 (et non pas « par » F/1.4 ^^). Je suis photographe depuis maintenant presque 10 ans et professionnel (prestation et auteur) depuis 6 ans. Je fais du portrait / mariage / mise en scène. Je suis aussi le créateur de la chaîne de formation « F/1.4 – A pleine ouverture ».

Comment et pourquoi est né « F/1.4 – A pleine ouverture » ?

F/1.4 est né sur le coup de tête d’une idée longuement réfléchie. Oui, en y réfléchissant, cette phrase peut être logique ! J’ai été très inspiré par Phlearn, la chaîne qu’a créé Aaron Nace aux USA. Je l’ai beaucoup regardée et cela m’a donné envie de créer mes premiers tutoriels. J’en ai fais 3 sur un an. Puis j’ai eu envie d’en refaire mais je savais que ça ne servirai à rien de continuer sur ce « rythme ». J’ai donc pris le pari complétement fou de faire une vidéo chaque semaine. Et cela fait 3 ans que je m’y tiens.

Pourquoi l’avoir créé ? Surement à cause de ma part d’utopie. Je rêve d’un monde où l’on serait tous excellents dans notre domaine, où on chercherait tous à perpétuellement s’améliorer et aller de l’avant. Oui je sais, c’est totalement irréalisable mais c’est bon de rêver ! J’ai donc lancé F/1.4 pour partager le savoir, le recul que j’ai acquis en quelques années et le redonner à qui pourrait en tirer profit. Je me disais que j’avais vécu, surement beaucoup d’autres photographes l’ont vécu. Et juste entendre quelqu’un d’autre le dire permet d’avancer plus vite ! J’aurai aimé avoir ce genre d’aide à mes débuts.

Crédit photo : Olivier Pieri

Ta chaîne YouTube est suivie par plus de 26 000 personnes et a presque atteint les 2 millions de vues, comment tu expliques ce succès ?

Je ne sais pas si on peut parler de succès mais c’est génial ! C’est toujours compliqué d’expliquer pourquoi quelque chose marche ou ne marche pas. surtout lorsqu’on est partie prenante de ce « quelque chose ». Je pense qu’il y a 3 ans, il n’existait pas de chaîne comme F/1.4, de chaine d’apprentissage photo qui n’était pas destinée uniquement aux débutants et qui ne se prenait pas au sérieux. J’ai fais mon possible pour continuer dans cette voie que je m’était fixé et surtout dans la régularité.

J’ai fais ma chaîne comme je suis dans la vie. C’est moi qui parle et moi qui choisis les thèmes, la façon de parler, l’humour (si on peut appeler ça de l’humour). Et je pense que c’est ce coté « humain » que le public aime. On est tous pareil de ce coté là. Nous sommes des humains qui pratiquons l’art de la photographie. On a tous le même dénominateur commun.

Il ne faut pas sous estimer le travail qu’il y a eu derrière. Le travail est la clé de toute réussite. Celui qui croit pouvoir réussir par magie ou par chance se plantera forcément !

Tu es avant tout photographe professionnel, quels sont des domaines de prédilection ?

Oui, c’est avant tout mon but premier : m’améliorer dans ma pratique photographique. Je crois bien que j’ai monté F/1.4 aussi pour me challenger à tout le temps apprendre de nouvelles choses et surtout les comprendre. J’ai un travail personnel et un travail professionnel. D’un coté je fais du portrait, de la mise en scène cinématographique, du landscape nude et de l’autre du mariage ou du corporate.

Le travail personnel est primordial pour tout photographe. Il faut savoir sans cesse se remettre en question, chercher de nouvelles voies d’expression, ne pas se complaire dans sa zone de confort. C’est comme ça que je continue à vouloir faire de la photographie, à garder ce plaisir qui me fait avancer à grands pas.

Mes domaines de prédilection changent avec le temps. En ce moment je suis toujours sur ma série « Soledad » qui me permet d’aller explorer des coins magnifiques de France mais je vais bientôt revenir à la mise en scène cinématographique car ça me manque beaucoup !

Sur ton site, tu proposes des workshops, en quoi cela consiste-t-il ?

Apprendre via des vidéos c’est un bon début mais rien ne remplace l’expérience réelle. Vous pourrez regarder toutes les vidéos, lire tous les livres qui existent, jamais vous ne saurez faire de photo. Vous aurez la théorie mais pas la pratique. Ce qui est le plus important. Alors j’ai lancé les cours en réel. Cela consiste en une ou deux journées de formation sur un thème précis. prenons par exemple le workshop « Portrait en lumière naturelle ».

Cela va plus loin que juste s’essayer au portrait en extérieur. Je parle de ma démarche photographique. J’explique à mes workshopeurs jusqu’où peut aller cette démarche, à quel point il faut s’y impliquer. C’est autant du développement personnel que de la pratique photographique. Les deux sont liés de toute façon.

On commence le vendredi soir par un apéro pour se présenter, commencer à aborder ce que l’on va faire le jour suivant. L’aspect convivial est très important pour moi. C’est comme mes épisodes, c’est du « fait maison » à la cool mais avec un contenu sérieux et réfléchit. On se retrouve le lendemain matin pour une session shooting. Il est très important de pratiquer pour comprendre cette démarche. C’est la partie coup de pied au cul.

L’après midi nous nous retrouvons autour des photos prises le matin pour apprendre à décrypter les bons clichés et trouver la perle rare. On finit ensuite par une explication de post production et la plupart du temps par un repas en commun qui se poursuit tard dans la nuit. Je vous parlais de l’aspect convivial !

Dans tes épisodes, tu donnes beaucoup de conseils aux photographes amateurs, j’imagine que tu as déjà dû t’attirer les foudres de certains pros qui luttent contre cette « nouvelle concurrence » ?

Je donne des conseils aux photographes amateurs mais aussi aux professionnels ! Je n’ai pas encore eu, à ma connaissance, de foudres de ceux que j’appellerais les « îles ». Beaucoup de photographes ont peur, se disent qu’il ne faut surtout pas partager sa connaissance car ils perdraient leur clientèle. C’est complétement faux, au contraire. Ils s’enferment eux mêmes dans une énergie follement négative et n’avanceront pas.

Si ça se trouve il y a en ce moment même un complot qui s’organise par des milliers de photographes professionnels pour me faire taire et je n’en sais absolument rien ! Mais j’en doute fortement. J’ai, au contraire, eu beaucoup de retours de personnes très contentes de ce partage et de cette ouverture.

Quelle est ta vision du métier de photographe (et que penses tu de ses évolutions) ?

Vaste question. Le métier de photographe est si multiple que je n’en connais vraiment qu’une partie. Il y a mille façon de pratiquer cette profession. On m’a dit un jour que la photo allait mourir d’ici 5 ans. Je ne suis juste pas d’accord du tout avec cette prophétie.

Le métier va forcément évoluer mais ce qui est sur, c’est que nous allons avoir besoin de plus en plus d’image dans ce monde sur-connecté.

Il est important pour tout photographe de toujours avoir l’envie d’évoluer. On a pu le voir avec l’arrivée du numérique. Bon nombre d’entre eux se sont arrêtés sur le coté de la route et ont dépéris. C’est normal, ils n’ont pas eu la force ou l’envie de passer le cap d’une nouvelle technologie. Ça nous arrivera surement dans les 10 – 20 ans qui arrivent. L’avènement d’une nouvelle façon de prendre des clichés, de les traiter … Il faudra savoir réagir et s’adapter. C’est l’évolution.

Si tu ne devais en choisir qu’un, quel conseil donnerais tu aux lecteurs du blog qui veulent faire de plus belles photos ?

Le meilleur conseil que je peux donner est aussi le plus difficile à comprendre : prenez du recul sur votre travail, sur votre vie.

C’est très difficile à comprendre car c’est un cap à passer. Avant ce cap notre cerveau résiste de toutes ses forces pour nous dire : « Oui ton travail est parfait » « Tes amis te disent que c’est bien donc c’est bien ». Il a peur de la somme de travail qu’impliquera le passage de ce cap. Mais c’est essentiel pour aller de l’avant et faire de vraies belles photos qui ont un sens.

Et lorsque vous avez l’impression de prendre du recul, ne vous arrêtez pas là. Prenez en encore plus de recul sur cette impression. Vous ne pourrez devenir meilleur photographe qu’en devenant une meilleure personne.

Une petite question « matos », qu’est ce que tu utilises comme appareils et optiques ?

Petite réponse alors ! Je suis en Canon 5d mkIII (et mkII) avec des focales fixes : 14 f2.8 / 24 f1.4 / 50 f1.4 / 135 f2.

On en est déjà à la saison 3 de « F/1.4 », qu’est ce qui nous attend pour la saison 4 ?

Curieux va !

Il y aura des changements pour la saison 4. J’ai étudié les bons et les mauvais cotés des épisodes déjà réalisés et je vais supprimer les bons pour ne garder que les mauvais. Ou peut être l’inverse, je ne suis pas encore sûr !

Je dois y réfléchir encore …

Les épisodes du dimanche seront plus courts, je vais tenter d’être moins bavard. Les interviews de la semaine seront toujours présentes. Il y aura un deuxième rendez vous vidéo et même peut être une autre chaîne ! Mais j’en dis déjà trop !

Crédits photos : Sébastien Roignant

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