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De Ramstein à Rammstein

3800 kilomètres, 21 jours de reportages et plusieurs milliers de photos, mon mois de juin aura été assez sportif. Mais il aura surtout été très intéressant et même assez excitant.

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Objectif Barkhane : Première fois en Opex

Mali Barkhane journalisme guerre

Quand on commence à s’intéresser à la photographie et au journalisme, on est forcément très vite attiré par le grand reportage, et ont se met à admirer les « reporters de guerre », ces têtes brûlées qui risquent leur vie pour informer les autres.

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Tourisme à Niamey (Niger)

Fred Marie formation photo apprendre la photo

En général, lorsque l’on parle du Niger, c’est davantage pour parler de terrorisme, que de tourisme. Cette ancienne colonie française (indépendante depuis 1960) est aujourd’hui une destination « dangereuse » pour les occidentaux, du fait des actions terroristes du groupe Boko Haram dans le pays et aux alentours…

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Mes dernières aventures avec l’armée dans la presse

C’est une petite fierté pour moi, ce mois ci, je fais la Une du magazine « Opérations Spéciales » et je signe pas moins de 12 pages à l’intérieur ! Mais au delà de la satisfaction de voir son travail publié, le plus important c’est le souvenir impérissable de ces dernière aventures avec des personnes incroyables. Laissez moi vous raconter un peu les coulisses de ces reportages pleins d’adrénaline et de découverte !

Exclu – « J’ai sauté avec les forces spéciales »

Plutôt vendeur comme titre vous allez me dire. A la base, il était question de couvrir un événement « privé », les « Ulmer aeronautique oxygen jumps session 2015 » pour le magazine Opérations Spéciales. « Vous avez votre brevet de parachutisme ? » me demande alors le rédacteur en chef lors d’un appel téléphonique il y a quelques mois. « Euh… pourquoi ? »

Quelques jours plus tard, et grâce au professionnalisme et à la gentillesse du personnel de la société Ulmer, me voici dans un avion militaire pour y faire mon premier saut en parachutisme, et pas des moindre car il sera réalisé sous oxygène !

La veille du saut, j’ai eu la chance de photographier des sauts sans m’élancer moi-même dans le vide. Attaché avec mon harnais, me voici debout sur la tranche arrière de l’appareil, en train de shooter des chuteurs opérationnels Allemands, Polonais, Français, Italiens et même Malaisiens…

Le reportage de 8 pages texte et photos est à retrouver dans le numéro 16 de Opérations Spéciale

Objectif Barkhane

L’autre histoire a lieu quelques mois avant la première. Dans la chaleur de l’été et la poussière du camp de Canjuers, je trimballe mes boitiers sur le plus grand camp militaire d’Europe occidentale. Au programme de ces quelques jours au milieu de nul part, dans le Sud Est de la France, des Marsouins de l’armée de Terre se préparent à partir pour le Mali, dans le cadre de l’opération Barkhane.

Mais avant de se frotter aux conditions de vie extrêmes du désert malien et les dangers de cette partie du monde en guerre, les hommes du 11e régiment d’artillerie de marine (RAMa) doivent peaufiner quelques détails. Manoeuvres en véhicules blindés, gestion et mentoring des Forces Armées Maliennes (les FAMa) et autres embuscades des forces armées terroristes, avant d’embarquer pour l’Afrique, les soldats sont testés et entraînés une ultime fois.

En plus de 4 pages de texte et de photos publiées ce mois dans le mag, vous pouvez également découvrir le petit diaporama sonore que j’ai réalisé sur cette préparation.

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Back in Zak’, décollage imminent

C’est l’un des gros projets de l’année pour l’équipe Pyrénaline. Après être resté 10 jours coincé dans un nuage au Pic du Midi, puis avoir supporté le vent et les premières nuits d’automne dans le Vercors, il est temps de partir sur une aventure plus reposante : destination la Grèce et ses plages paradisiaques !

Je m’envolerai avec eux dans quelques jours pour poursuivre mon travail sur les sports extrêmes, car il sera à nouveau question de saut pendulaire et de BASE jump. Mais avant de partir, j’en profite pour vous donner quelques infos, qui pourraient aussi bien intéresser les amateurs de voyage que de photographie.

Treasures of Zakynthos – A Timelapse Film from Maciej Tomków on Vimeo.

L’une des plus belles plages du monde

Cernée de falaises de 200m de haut, un terrain de jeu parfait pour mes amis jumpers, notre destination finale sera la baie des naufragés, « l’une des plus belles plages du monde » se vantent les Grecs. Pour y être déjà allé il y a deux ans dans le cadre de mon tour d’Europe en train (vous allez me dire qu’il n’y pas de train de sur l’île), c’est un endroit vraiment chouette. Cette petite île d’à peine 406 km2 est une petite Corse, où l’on peut aussi bien trouver, plage de sable blanc, montagne et boîtes de nuits.

Peu de transports publics malheureusement sur l’île, il faudra louer une voiture ou un deux roues pour se déplacer efficacement. Autre « point info » pour les voyageurs qui aimeraient visiter l’île, cette dernière est accessible en ferry depuis le continent grec au départ de la ville de Kyllini.

Sinon, pour la petite histoire, on dit que Zakynthos est protégée par Dionysos, non pas le groupe de musique, mais bien le dieu grec de l’excès, la folie, la démesure et du vin. N’y voyez aucun parallèle avec la venue des membres de Pyrénaline !

Fuji XT1 VS Nikon D4

Un petit point matos. Si vous me suivez régulièrement sur Facebook ou Instagram, vous avez surement constaté que ces derniers mois, je travaille essentiellement avec du matériel Fujifilm, notamment un hybride XT1 très efficace et très léger.

Pour ce nouveau reportage en falaise (oui parce que je ne vais pas là-bas (uniquement) pour la plage et le soleil), je vais laisser le D4 se reposer à Toulouse et je partirai « léger » avec deux boitier XT1, un petit X100T et trois optiques Fuji. Moins de poids dans le dos, moins de problèmes à l’aéroport quand on sait que les bagages à main sont limités à 8kg et qu’un D4 (boitier nu) pèse déjà 1,4kg !

Bureau du jour dans le Vercors ! #travel #FujifilmFrance #xt1 #fujifilm_Xseries #fujifilmexperience #basejumping #photojournalism

Une photo publiée par Fred Marie (@destinationreportage) le

Ce choix peut sembler étonnant quand on sait que le D4 est d’une efficacité redoutable pour photographier des mecs qui se jettent dans le vide, notamment grâce à son mode rafale 11 images/seconde. Mais finalement, et j’y reviendrai prochainement dans un nouvel article dédié à cette comparaison plus poussée, mon expérience du XT1, notamment lors des Natural Games et autres reportages en montagne avec les chasseurs alpins, ce petit boitier fait très bien le travail.

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Hellfest, le purgatoire du métal fête ses 10 ans

10 ans. 10 ans déjà que le Hellfest est né des cendres du Furyfest. En 10 ans, le Hellfest sera passé du petit festival audacieux mais aux lendemains souvent incertains, à un monstre indéboulonnable, immortel parce qu’évident.

Pour son 10ème anniversaire le festival fut gâté par ses fans : plus un seul billet n’est disponible depuis décembre, preuve d’une fidélisation sans pareil. Cerise sur le gâteau, le festival s’est vu sacrer meilleur grand festival de France 2014, attribuée par les Festivals Awards.

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Coté chiffres, 128 groupes sont venu enflammer les scènes du Hellfest, devant 150.000 festivaliers. A proportion hors normes, moyens hors normes : comme chaque année, l’organisation du Hellfest a su surprendre ses fans par ses innovations : les modes de paiements sont repensés, le site est recouverts de gazon, le nombre de bars, snack, espace de repos et sanitaires a explosé, sans pour autant empiéter sur l’espace des festivaliers.

Chaque année amène son lot de complications, chaque année l’organisation exploite son expérience pour répondre à tous les problèmes pour proposer le festival le plus agréable possible (on repense à l’édition 2014, marquée par une canicule inattendue et des points d’eau surchargés).

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Au-delà des aménagements destinés à accroitre le confort des festivaliers, l’organisation a clairement cherché à marquer un tournant dans l’histoire du festival à travers son esthétique : d’immenses structures ornent les scènes principales, et encadrent des écrans géants permettant de profiter des concerts sans quitter la buvette. De plus, des animations fleurissent en tout lieu du festival, assaillant l’emploi du temps déjà bien chargé du festivalier.

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Si ce tournant enterre clairement le caractère underground du festival, lui octroyant une aura irréelle (certaines mauvaises langues diront « Disneyland »), il n’estompe en aucun cas ce qui est à la fois l’origine même du festival et son principal moteur : la volonté de rassembler.

L’organisation a toujours affichée son désir de proposer un festival éclectique, en programmant des groupes issus de tous les univers du métal : du Punk au Black Métal, du Stoner au Rock alternatif, en passant par des ovnis comme le Drone metal.

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Ce but d’éclectisme est le leitmotiv du festival, mais également la clé de son succès : si le Hellfest peut se vanter de quelque chose d’unique, c’est bien son ambiance : 150.000 festivaliers, ca fait un sacré paquet de différences… Et pourtant ! Se rassembler, c’est avant tout partager, l’ambiance du Hellfest peut facilement se résumer à une immense guirlande de festivaliers, tous différents mais tous réunis par une passion commune dans l’unique but de faire la fête.

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Du retraité qui ne se déplace jamais sans sa chaise pliante, au punk aviné qui ne dort jamais sous sa tente, la diversité des profils empêche de figurer un visage unique au festivalier lambda du Hellfest, sinon celui de la joie.

Sans doute aucun, au-delà de la célébration de son dixième anniversaire, le Hellfest à définitivement exposé la profondeur de ses racines, qui chatouille certainement le fond de l’enfer…

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Photos : Frédéric Marie

Texte : Simon Marquez (sur la photo ci-dessous)

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Photos réalisées avec un Fuji X100T

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Vol au dessus d’une forteresse aérienne

Vendredi 5 et samedi 6 juin dernier, un événement peu ordinaire a animé la petite commune audoise de Duilhac-sous-Peyrepertuse. Des athlètes aux palmarès vertigineux, tels que les Soul Flyers (recordmen du monde de BASE Jump) ont tenu compagnie à la plus haute forteresse médiévale de France, à plus de 800 mètres d’altitude. Parapente, skydive, BASE Jump et wingsuit étaient au programme le temps d’un tournage publicitaire pour RedBull et la commune.

Quand sport extrême rime avec patrimoine

« Il ne s’agit pas d’un événement sportif, mais d’un tournage », rappelle Laurie Franco, en charge des opérations. Cependant la presse a été conviée et a en croire l’édile du village, l’objectif était de braquer les projecteurs sur le patrimoine culturel et historique qui fait vivre tout un territoire.

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Rien d’étonnement donc pour les touristes, de voir déambuler une voile floquée du blason de la célèbre boisson énergétique autrichienne, dans les ruines d’un château ayant embrassé la cause Cathare au 13ème siècle… C’est dans ce paysage idyllique, dominant les Corbières, que le français Théo de Blic, l’Espagnol Horacio Llorens, champion du monde de parapente acrobatique en 2013, et le Brésilien Rafael Goberna, ont « fait le show » pour les caméras, réalisant d’impressionnantes figures aériennes.

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Les Soul Flyers en guest-stars

Pour faire déplacer des médias comme l’AFP sur un tournage publicitaire, il ne fallait pas moins que la présence et la performance de deux étoiles des sports extrêmes : les Soul Flyers. Leur dernier record du monde en BASE jump depuis la plus haute tour du monde à Dubai avait fait le tour des médias de la planète. Cette fois, Fred et Vince se sont envolés depuis un hélicoptère, puis un avion pilatus afin d’être largués en wingsuit et frôler le château à quelques mètres seulement des remparts !

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RedBull aura la primeur d’une diffusion de ces images courant juin sur leur site internet, avant la sortie quelques mois plus tard d’une vidéo promotionnelle du château de Peyrepertuse, plus culturelle donc, afin d’illustrer un dossier de candidature sur la liste du patrimoine de l’Unesco.

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Les funambules de Pyrénaline à l’assaut du Pic du Midi

Ce n’est pas une première mondiale, mais ce n’est quand même que la troisième fois dans l’histoire, que des funambules se mettent en tête d’équiper un téléphérique. Il y a deux ans, les Skyliners ouvraient la voie en installant leur sangle sur les télécabines de Paradiski. Quelques temps plus tard, une équipe allemande réitère l’exploit. Et puis c’est au tour des Toulousains de Pyrénaline d’aller faire un petit tour en téléphérique…

Il fait étonnement beau en cette matinée du jeudi 28 mai. Après une courte nuit passée sur le parking de la Mongie, je prends un petit déjeuner avec le reste de l’équipe Pyrénaline à moitié en train de nous équiper, en attendant l’arrivée des autres journalistes. Après quelques semaines de préparations et plusieurs annulations suite à une mauvaise météo, nous voilà fin prêt à réaliser un exploit sportif de taille : installer une slackline entre les deux télécabines du Pic du Midi, et pour certains, tenter un saut de parachute depuis cette même ligne (« base-line »), ce qui n’a encore jamais été fait !

Pour une fois, la marche d’approche ne va pas être épuisante, une fois le matériel chargé dans les cabines, il suffit simplement de grimper sur le toit de ces dernières, solidement attaché avec un baudrier, et profiter du soleil et d’une vue absolument imprenable ! Sous nos pieds, quasiment 300 mètres de vide, et encore un peu de neige. Sur le toit, les funambules s’activent. Le téléphérique du Pic du Midi nous est gentiment mis à disposition le temps d’une matinée, mais ce dernier est toujours en cours de maintenance avant la réouverture du printemps.

Efficacement répartis avec le matériel dans chacune des cabines, les membres de l’équipe mettent moins d’une heure pour installer et sécuriser la ligne. Paulo est le premier à s’élancer, pieds nus, dans le vide. C’est ensuite au tour de ses autres coéquipiers, de profiter, avec plus ou moins d’aisance, de cette ligne exceptionnelle, perchée à 2600 mètres d’altitude et avec une vue à 360° degrés sur les Pyrénées !

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« Allez Fred, c’est à toi de te chier dessus maintenant ! », me lance Paulo. Ah oui, j’ai oublié de vous dire. Ayant prévu le coup et étant dans l’incapacité budgétaire de m’offrir un petit tour en hélicoptère pour faire des images où l’on voit les deux cabines dans le champ, j’ai souhaité me mettre en rappel sur l’une des deux structures mouvantes, afin d’obtenir un cadre un peu inédit. Me voilà pendu dans le vide, au-dessus de 300 mètres de vide, afin de faire une série de photo d’Adrien et son beau T-shirt « Legalize illegal stuff ». Heureusement que j’avais prévenu l’équipe qu’il y aurait des journalistes de France 3, et de « penser aux tenus vestimentaires »…

Le temps pour moi de remonter après quelques photos et il est déjà l’heure de démonter la ligne afin de permettre à la cabine d’en face de s’avancer un peu plus vers le Pic pour le départ en BASE Jump de quelques sportifs de l’équipe. Ça, je ne l’avais pas anticipé. « Tu traverses avant qu’on démonte ? », me demande l’un des funambules. Sourire un peu forcé, pas le temps de réfléchir longtemps, me voilà prêt à traverser ma première highline, et quelle highline !

Si la descente en rappel depuis le toit d’une télécabine est une expérience assez effrayante, la traversée d’une sangle d’une vingtaine de mètre sur poulie avec le même visuel n’est pas plus rassurante. Mais cela reste une expérience incroyable !

Une fois arrivé de l’autre côté, le conducteur de la cabine nous positionne à un endroit plus élevé par rapport au sol et surtout plus loin des falaises environnantes. Tandis que ce dernier ouvre grand les portes, les membres de l’équipe enfilent casques et parachutes. Le temps de faire un dernier check-up, les voici qui s’élancent de la cabine, en réalisant d’incroyables figures !

14h, mission accomplie pour l’équipe Pyrénaline, de retour au parking de la Mongie. Le soir-même, les premières images de la highline du Pic du Midi feront la fermeture des JT de 20h de France 2 et de France 3, avant d’être dans pas moins de 15 titres de presse locale et régionale les jours suivant.

Mais cette expédition express n’avait pas uniquement pour but de faire connaître l’équipe, il était aussi question d’un repérage pour un événement encore plus grand et bien plus impressionnant sur le téléphérique, pour septembre prochain.

La suite au prochain épisode…

 

 

Voir le reportage de France 3

Derniers exploits de l’équipe Pyrénaline : 

 

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A l’école des soldats de montagne

Entre janvier et février dernier, j’ai eu la chance de partir dans les Alpes afin de réaliser un reportage pour le magazine Opérations Spéciales, avec qui je collabore régulièrement pour des sujets Défense.

=> Lire mon dernier reportage pour ce magazine

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L’idée était de découvrir l’univers des soldats de montagne, dans un endroit assez incroyable, l’école militaire de haute montagne. C’est dans cette petite structure de l’armée de terre, perdue au coeur de Chamonix, capitale mondiale de l’alpinisme, que l’on forme les soldats à l’art de la guerre en montagne. Dépendant de la 27ème Brigade d’infanterie de montagne, l’école dispense une formation complète aux soldats qui viennent en stage, ou qui font partie de la section d’éclaireurs de montagne (SEM) comme élèves sous-officiers.

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J’ai eu le plaisir de suivre différents exercices : ski de randonnée, ski alpin, franchissement de passage et même cascade de glace avec Marion Poitevin (lors d’une sortie du CAF cette fois), l’une des instructrices de l’école, en plus d’avoir la double casquette de guide de haute montagne et celle de Caporal-chef.

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Rencontre avec l’élite mondiale de l’alpinisme

L’école abrite également le Groupe Militaire de Haute Montagne (GMHM), une équipe de 10 militaires (dont un civil), tous alpinistes chevronnés et ayant réalisé d’incroyables exploits.

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Dès mon premier jour à Chamonix, je me suis retrouvé dans mon baudrier, équipé de crampons et d’un piolet, encordé au Capitaine Didier J., l’un des membres du GMHM, pour photographier un équipement de franchissement de passage hivernal par les commandos de montagne. Une expérience assez impressionnante et très enrichissante, car il fallait progresser sur un terrain difficile, ne pas penser au froid et faire attention à ne pas abimer l’appareil photo qui avait tendance à geler…

Dans son numéro de mai-juin prochain, le magazine Opérations Spéciales publiera mon reportage sur ce groupe que l’on compare souvent à la « Patrouille de France version armée de terre ».

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Crédit photo : Candice (EMHM)

En attendant, vous retrouverez 6 pages de reportages sur l’école militaire de haute montagne dans le numéro de mars-avril, qui sortira à la fin du mois de février dans les kiosques.

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Un nouveau partenaire

Pour ceux qui suivent ce blog et mon actualité, notamment sur Facebook, vous savez que je prends le temps de bien préparer mes reportages, et cette fois, il me fallait me préparer au froid et aux conditions difficiles. Déjà partenaire technique du GMHM et de Marion Poitevin, la société Millet m’a également « habillé » chaudement afin de réaliser des prises de vue dans la neige et sur cascade de glace dans de bonnes conditions. C’est un plaisir de collaborer avec cette marque française car leurs vêtements et chaussures sont confortables et surtout très efficaces contre le froid !

Millet

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Battle in Toulouse

casseurs toulouse manifestation Remi Fraisse

Parfois il ne faut pas aller très loin pour se retrouver dans une rue en proie à des affrontements violents entre forces de l’ordre et casseurs. Ce samedi 1er novembre, ces scènes invraisemblables se sont déroulées à quelques centaines de mètres de chez moi… Ce jour-là, une manifestation en l’honneur de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste tué par un tir de grenade il y a quelques jours, a dégénéré, au point de transformer le centre ville de Toulouse en champ de bataille…

Récit d’une journée plus que mouvementée.

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Tandis que je m’avance vers la place du Capitole, point de rendez-vous de la manifestation, je commence à compter les camions de CRS et autres gendarmes mobiles, stationnés à proximité. Après avoir salué quelques collègues journalistes, je pars faire un petit tour de reconnaissance dans les rues avoisinantes. Aussitôt entrée dans la rue de Rémusa, premier check-point des forces de l’ordre. Alors que je montre ma carte de presse, un groupe de manifestants se fait fouillé et l’un d’entre eux à la très mauvaise idée de résister, notamment lorsqu’un policier tente de lui arracher des mains son petit mégaphone rouge vif. Plaquage au sol, mur de collègues pour éviter la photo qui dérange. Apparemment, les consignes sont strictes : empêcher les débordements, d’entrée de jeu. Ironique lorsque l’on sait que les affrontements vont durer plus de 5 heures et de façon aussi bien sporadique qu’anarchiste dans les rues de Toulouse…

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Après une heure de regroupement sur la place du Capitole, un cortège se met en place et part dans l’une des rues bloquées par la police. Premières intimidations de la part des manifestants, jets de projectiles, réponses des hommes en armures : premier jet de lacrymo.

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Le cortège fait demi-tour. Alors que toutes les rues partant de la place semblent condamnées, les manifestants continuent de scander des slogans virulents, face aux cordons de CRS. Tout à coup, le cortège se remet en route pour emprunter une rue… déserte de toute force de l’ordre. Etonnant, et surtout inquiétant ! Un flot de personnes cagoulées et visiblement très énervées s’engouffre dans cette rue commerçante… Alors que certains placardent des feuilles mentionnant des messages liés à la mort de Rémi Fraisse, d’autres, à visage bien couvert, commencent à taguer les murs avec des messages plus radicaux et anarchistes.

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La « manifestation », qui n’en est alors plus vraiment une, arrive au croisement de la rue de Metz, où attendent les CRS… L’escalade de violence débute. Jets de pierre, poubelles brûlées… Le cortège poursuit sa route en direction du palais de justice. Mais alors que nous arrivons au niveau de la place du Salin, les CRS ouvrent les hostilités en repoussant brutalement les assaillants. Le bruit des grenades lacrymogènes projetées en l’air est à peine couvert par l’hélicoptère de la gendarmerie qui suit le groupe depuis le Capitole. J’ai l’impression d’être dans un film de guerre, je me rapproche des hommes cagoulés qui jettent des pierres et manque de me faire toucher par une grenade avant de décrocher du fait de la fumée qui pique méchamment les yeux et qui m’empêche de les garder ouvert dans le viseur de l’appareil. Le temps de reprendre mes esprits, je repars en direction de l’épais nuage de fumée pour tenter de capturer le moment où un manifestant shoote au pied dans une grenade. Les forces de l’ordre gagnent du terrain, je les laisse me dépasser et je les suis.

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Casqués, mais sans armures, il s’agit bien de la BAC, la brigade anti-criminalité, qui gaze généreusement tout ce joli monde. Des confrères arrivent, et je me rend compte que j’étais tout seul au début de cette courte mais intense scène d’affrontement. J’essaie de prendre de l’avance et je me mets à courir vers les premiers rangs de policiers. Dans sa course, l’un d’entre eux fait tomber son flashball… Nous essuyons des jets de pierre. Alors que je cours vers la fumée, un pavé explose à mes pieds. Je commence à me demander si l’on est davantage en sécurité du côté des policiers…

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J’arrive à Esquirol. Il y a beaucoup de monde. Heureusement les magasins ont verrouillé leurs portes et même abaissé leurs grilles. De l’autre côté, les clients, consternés, observent ces scènes de guérilla urbaine. Les casseurs continuent de tout taguer et tout détruire sur leur passage. Ils s’en prennent alors à une agence bancaire du Crédit Mutuel. Après avoir défoncé la porte à coup de pierres et de pieds, ils explosent les caméras de surveillance avant de saccager l’intérieur. Un tag « Tiens, tes agios » trône sur le mur en brique de l’agence.

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La violence gagne en intensité. Les forces de l’ordre chargent des deux côtés de la rue. L’horreur : un manifestant est projeté par terre, roué de coups. C’est alors qu’une passante d’une soixantaine d’année commence à interpeller l’un des policiers qui se défoulent sur l’homme déjà pris à partie par trois de ses collègues casqués et en armures. Et puis c’est elle qui se retrouve à terre, matraquée, menottée.

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Les casseurs sont repoussés dans la rue Saint-Rome. Le mouvement se disperse et je perd de vue les cagoules. Après quelques minutes de courses dans les rues aux alentours, je les retrouve, en plein quartier Saint-Georges. Certains commencent à s’en prendre à nouveau à une agence bancaire. C’est la BNP qui est visée cette fois. Difficile de prendre en photo cette scène, car je reste sur mes gardes. Je suis le seul photographe dans le coin, seuls les badauds sont témoins de cet acharnement matériel avec leurs téléphones. Je ne voudrais pas qu’ils décident de ne pas avoir de photos de ces destructions dans la presse, ni voir un contingent de la BAC débouler derrière en courant, matraque à la main… Prudemment, je continue de les suivre.

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Arrive alors l’épisode final, et le plus impressionnant : Jean Jaurès. Nous arrivons au square Charles De Gaulle quand finalement, la BAC débarque. Mais ils ne sont qu’une poignée, une dizaine tout au plus, et clairement dépassés. Rapidement, les militants arrivent à les encercler. Insultes, slogans violents, ils sont clairement humiliés, devant des passants et clients des commerces des alentours qui ne comprennent même pas ce qu’il est en train de se passer. La scène est délirante. Je décide alors de filmer afin de rendre compte de cette situation, compliquée à photographier (même en passant à 8000 ISO). Un jeune homme est touché. Allongé par terre, il est entouré par des manifestants qui insultent les policiers. Blessé sur le flanc par un tir de flashball, il est transporté dans un restaurant avoisinant.

Et puis, c’est le début du grand n’importe quoi…

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Les allées Jean Jaurès se retrouvent sous un feu nourri de grenade lacrymo, visant aussi bien les passants que les militants, qui répondent avec des jets de bouteilles en verre, jetées également à l’aveugle. Avec des confrères photographes, nous manquons de justesse d’en recevoir une sur la tête.

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Les forces de l’ordre tentent alors une nouvelle tactique. Ils se regroupent, sélectionnent une cible, tirent quelques grenades, courent vers cette dernière, et après l’avoir plaqué au sol, l’amène violemment vers leurs véhicules. Je photographie l’arrestation de trois jeunes militantes, dont une que je reconnais, et qui m’avais offert un café dans sa caravane sur la zone de Sivens il y a deux semaines de cela. Je suis sous le choc de la voir, mains sur la tête pour se protéger des coups de matraque, elle qui n’a rien lancé, sinon son poing en l’air pour scander des messages à propos de Rémi Fraisse. Je me concentre à nouveau et fonce vers elle pour shooter cette scène. Mais un policier avance vers moi, une lacrymo à la main et pointé sur mon visage. Je lève mon boitier en l’air et lui hurle que je suis journaliste. In extrémis il me laisse reculer.

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Cette invraisemblable bataille se poursuit encore plus d’une heure sur les allées Jean Jaurès. Personne ne comprend pourquoi la circulation n’est pas coupée par les nombreuses forces de l’ordre qui semble complètement dépassées. Des projectiles ricochent sur les voitures et manquent de toucher des personnes âgées qui n’ont pas la chance de courir pour échapper aux nuages de gaz. Soudain des tirs partent en plein milieu des allées, mais cette fois les projectiles atterrissent en plein dans la bouche de métro, à plusieurs mètres du contingent de manifestants. Ces derniers commencent à applaudir les policiers pour ce « tir cadré », en guise de moquerie. Moins drôle, trois femmes d’une cinquantaine d’années sont enfermées dans l’ascenseur du métro, juste dans le nuage de gaz…

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Voyant que la situation se calme relativement, je décroche pour envoyer mes images à Paris. J’apprendrai ensuite dans la soirée que le reste des militants s’étaient regroupés sur la place du Capitole pour calmer le jeu, puis les choses auraient dégénéré et les forces de l’ordre auraient chargé…

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Plus de 5 heures de grand n’importe quoi dans Toulouse.

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