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Category : Conseils Photo

Marc Simon, la passion du photojournalisme

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Vous le savez peut être si vous suivez mon travail sur les réseaux sociaux, je collabore depuis quelques année, assez régulièrement avec le magazine VSD.

Cet hebdomadaire qui vient de changer de propriétaire et de fréquence de diffusion assez récemment est l’un des rares magazines en France à correctement payer les photographes. Marc Simon a été le chef photo de VSD pendant près de 18 ans et avant ça photographe pour le magazine pendant 25 ans.

Dans ce nouvel épisode du podcast, nous parle de son parcours et partage de nombreux conseils très précieux pour un photographe qui veut vivre du photojournalisme.

Marc explique comment dois faire un photographe pour présenter son travail à une rédaction, et il donne non seulement des conseils mais aussi et surtout la méthode qui fonctionne.

Je lui demande aussi comment faire pour trouver de bonnes idées de reportage. Car tout est question d’idée au final, et non pas d’avoir un nom ou avoir fait telle ou telle école !

Bien entendu, il rappelle que la qualité des images est essentielle et notamment l’importance de l’éditing.

Combien faut il envoyer de photos dans un reportage à un Picture éditeur ? Pourquoi est ce important d’aller rencontrer les iconographes dans les événements, notamment à Visa pour l’image ? Faut il se diriger vers le marché de l’art quand on est photojournaliste ?

On parle aussi des archives et de comment faire vivre ses images dans le temps pour gagner plus d’argent sur le long terme.

Enfin, Marc rappelle qu’il faut être avant tout passionné pour vivre du photojournalisme aujourd’hui car le métier est beaucoup plus dur qu’avant.

Je vous souhaite une bonne écoute.

 

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Sébastien Roignant, le photographe à pleine ouverture

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Comme beaucoup de photographes, Sebastien Roignant a plusieurs activités.
Il fait du mariage, du portrait, du nu artistique et également de la formation, à travers des workshops et via sa chaîne YouTube « F/1,4, à pleine ouverture ».

Sébastien est un véritable entrepreneur-photographe qui a bien compris l’utilité du marketing pour faire progresser son chiffre d’affaires.

Dans ce long entretien, nous revenons sur l’importance du marketing pour les photographes et le fait que ce dernier peut être éthique.

Nous sommes d’accord tous les deux sur le fait que c’est d’ailleurs un outil terriblement puissant, à condition de comprendre que l’objectif n’est pas forcément de plaire à tout le monde et surtout aux haters.

On parle aussi de l’importance du personal branding et comment se mettre en avant pour créer une connexion avec ses futurs clients.

Une fois n’est pas coutume, on parle beaucoup de développement personnel, de l’importance de se remettre en question et de l’investissement personnel pour pouvoir devenir un meilleur photographe.

Sa chaîne Youtube « F/1.4 » est l’une des plus suivies en francophonie sur la photographie. Autant dire que Sebastien a quelques conseils à donner dans ce domaine.

Enfin, on parle aussi du business de la photographie de stock et comment bien se lancer dans cette activité.

Je vous souhaite une bonne écoute !

 

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Transcription écrite de l’épisode :

 

Salut à tous ! Et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0. Je m’appelle Fred et dans ce podcast dans lequel je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Nous allons parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des entretiens avec des photographes professionnels reconnus, et des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous.

Comme beaucoup de photographes, Sébastien Roignant a plusieurs activités. Il fait du mariage, du portrait, du nu artistique et également de la formation à travers des workshops via sa chaine YouTube F/1.4 à pleine ouverture. Sébastien est un véritable entrepreneur photographe, qui a bien compris l’utilité du marketing pour faire progresser son chiffre d’affaires. Dans ce long entretien, nous revenons sur l’importance du marketing pour les photographes et le fait que ce dernier peut être éthique. Nous sommes d’accord tous les deux sur le fait que c’est d’ailleurs, un outil terriblement puissant à condition de comprendre que l’objectif n’est pas forcément de plaire à tout le monde et surtout pas aux haters. On parle aussi de l’importance du personal branding et comment se mettre en avant pour créer une connexion avec ses futurs clients. Et une fois n’est pas coutume, on parle beaucoup de développement personnel, de l’importance de se mettre toujours en question, et de l’investissement personnel pour pouvoir devenir un meilleur photographe. Sa chaine YouTube F/1.4 est l’une des plus suivies en francophonie sur la photographie. Autant dire que Sébastien a quelques conseils à donner dans ce domaine. Enfin, on parle aussi du business de la photographie de stock, et comment bien se lancer dans cette activité. Je vous souhaite une bonne écoute.

F : Salut c’est Fred et je suis avec Sébastien Roignant et vous n’êtes pas dans un épisode de F/1.4. Vous êtes dans le podcast Photographe Pro 2.0 avec aujourd’hui, un nouveau photographe lyonnais, on est toujours dans la lancée après les précédentes interviews. Merci Seb, de nous recevoir chez toi ici à Lyon pour cette interview. Est-ce que tu peux te présenter ? Nous dire un petit peu qui tu es. Ce que tu fais comme photo ?

S : OK, c’est toujours un peu compliqué de se présenter. Donc je suis Sébastien Roignant, je suis photographe depuis maintenant une dizaine d’années. Et on va dire que je suis, si je devais me caractériser je suis essentiellement photographe, je fais des photos artistiques on va dire, de mise en scène, de landscape nude et de portrait. Le landscape nude étant le nu en extérieur, dans des paysages. Alors ça, c’est essentiellement ce que je fais, je suis aussi prestataire photo. Donc je fais de la photo de mariage, essentiellement et de la photo corporate. Et en activité, on va dire : activité principale en termes de chiffre d’affaires, je suis formateur photo et YouTubeur de la chaine F/1.4 qui existe depuis maintenant plus de 6 ans. Et donc je forme les photographes à faire de meilleures photos, et surtout les photographes qui veulent se lancer dans l’activité professionnelle et qui se sont déjà lancés et qui n’y arrivent pas trop, surtout du côté de la photo de mariage.

F : Tu te définis du coup comme YouTubeur ?

S : Non. Je ne me définis pas comme YouTubeur parce que mon business n’est pas sur YouTube. C’est une plateforme sur laquelle je mets du contenu, mais je ne me considère pas YouTubeur dans le sens où je ne suis pas dans le YouTube game, je ne compte pas sur YouTube plus que ça pour me faire des revenus, je fais de l’enseignement sur YouTube. Ça pourrait être une autre plateforme, et ça pourrait être sur le site sauf qu’il y a plus de visibilité sur YouTube. Si je le fais tout seul sur mon site, ça pourrait être plus compliqué.

F : Moi, je t’ai connu grâce à YouTube et je pense qu’il y a plein de gens qui t’ont découvert aussi grâce à YouTube parce que tu as une des plus grosses chaines YouTube en francophonie sur la photo, aujourd’hui.

S : Une des trois plus grosses, oui.

F : En plus ton contenu il est vraiment bien, et il est très pédagogue. Il est très divertissant donc, je pense, tu es pile-poil dans les codes de YouTube pour la vulgarisation.

S : Pas forcément. Puisque je crois même qu’il y a des épisodes où je suis très dans la partie, enfin, dans une classe de YouTube, qui est le tutoriel. Même si je mets un peu de divertissement de temps en temps parce que ça m’éclate et que j’aime bien faire des conneries et tout ça, ça reste quand même des épisodes, enfin des vidéos qui sont faites pour enseigner, et non pas juste pour dire — je vais caricaturer ce que font certains — mais du vlog en disant : « Tiens, je vais manger ça quoi ». C’est vraiment toujours dans un but d’enseignement, donc ce n’est pas vraiment de la vulgarisation comme le fait… ou des choses comme ça, expliquer un truc à tout le monde. Là, tu me diras : « Ca ressemble un petit peu, mais c’est plus technique on va dire ». Je m’adresse à une petite frange de la population plutôt que vouloir brasser sur tout le monde. Tu vois la différence ?

F : Oui, carrément. Mais on pourra parler un peu de YouTube justement après, comme on est toujours dans ta présentation, tu disais ton business model il est multiple en fait, tu es sur plusieurs types de photo. Et on dit souvent aux photographes qui se lancent qu’il faut qu’ils se spécialisent dans quelque chose. Toi tu fais partie des gens, un peu comme Franck Boutonnet que j’ai interviewé aussi avant, qui me disait qu’il n’est pas sur pas mal de trucs aussi, il peut bien faire aussi du corpo que du mariage que de la photographie documentaire. Comment t’y arrives toi à gérer tes projets personnels avec ta série Soledad, une de tes séries, enfin ton travail d’auteur, ton travail d’artiste, comment tu arrives à gérer ça avec tes formations ? Ton boulot de corpo ? De photographe ?

S : Très difficilement. Après je suis totalement dans le côté, juste pour revenir sur ce que tu as dit, il faut se spécialiser. Après, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier, mais quand je dis « se spécialiser », c’est par exemple ne pas faire de la photo portrait, mariage, bébé, famille, chien, chat… Enfin proposer tout à ton client. C’est plus dans le côté, voilà : « Voilà, dans la formation je propose ça. Dans les prestations pour particuliers je propose quasi uniquement du mariage. Dans le corporate, je ne propose quasiment que du reportage ». Je ne vais pas aller faire du portrait ou des choses comme ça. Dans chaque domaine, j’ai une spécialité. Et après, il y a le côté diversifié un tout petit peu son activité parce que si à un moment, il y a quelque chose qui ne marche pas, tu as toujours l’autre côté. Sauf que ça va sur différentes gammes de clients, ça ne touche pas les mêmes clients. Ça c’est plutôt une bonne chose parce que ça permet une année sur l’autre en fonction aussi de ses envies, de gérer tout ça. Comment je gère ça ? Comme je te l’ai dit difficilement dans le sens où c’est des activités différentes, et qui demandent quasiment le même investissement. Et donc il faut toujours faire des choix, qui dit choix dit privilégier certaines choses et abandonner certaines autres. Il y a des choses qui avancent très peu vite comme ma carrière d’auteur parce que je n’ai pas le temps et pas forcément non plus, enfin je ne vais pas dire l’énergie, mais je ne suis pas quelqu’un d’ultra marketeux et peut-être beaucoup moins que toi je pense. J’aime bien refaire les choses dans mon coin, faire mes trucs. Et c’est vrai que par exemple, aller démarcher les galeries, vendre mes photos après, je préfère les faire.

F : On a toujours du mal à se vendre soi-même…

S : Ce n’est même pas une histoire de se vendre soi-même, parce que me vendre moi-même j’ai aucun problème pour me vendre dans la photo de mariage, je n’ai pas de problème à me vendre, c’est plus le côté y aller. Tu vois, tu as des choses qui sont chiantes à faire, pour certains c’est chiant, pour d’autres ils adorent ça. Certains détestent faire le travail de prendre des photos et adorent les vendre. Moi, j’adore faire les photos et je n’aime pas les vendre. Donc tout le côté : mettre en avant les choses, c’est une étape. Tu sais ça, quand on est professionnel, il y a le moment où on fait les choses, et à un moment où on les vend. C’est-à-dire on ne peut faire les choses, enfin… En photo d’art, on peut faire les choses sans les vendre, mais en photo corpo… Enfin, en photo de prestation, on ne peut pas faire les choses si on ne les a pas vendues. Donc de ce côté-là, tu es obligé de le faire puisque sinon tu ne bosses pas. Dans la photo auteur tu fais des trucs, et t’essaies après de… Je crois qu’il y a des gens, ils font une série et pendant 1 an, pendant 2 ans il la vende. Sauf que pendant 2 ans, ils ne font pas grand-chose. Et ce n’est pas mon truc à moi !

F : C’est vrai qu’en photo d’art, c’est un peu délicat. En même temps, c’est un peu le concept de la photo d’art. C’est un peu comme des actifs qui prennent de la valeur, qui se vendent, et voire qui se revendent.

S : Mais il faut avoir une cote pour ça. Et cette cote, on va dire qu’il ne suffit pas seulement d’être bon photographe, ou ce n’est même pas obligé d’être bon photographe. Faire sa cote c’est aussi une stratégie marketing, c’est aller choper les bonnes expositions, les bons lieux de vente. C’est ça qui fait qu’au final on arrive à faire augmenter sa cote et être plus en vue. Je dirais moins que la qualité de ton travail, malheureusement.

F : Après c’est très subjectif ce genre de photo en plus, tu peux très bien dire qu’un photographe…

S : On va partir sur un débat qui va être compliqué là !

F : Pour revenir sur… Tu parles de marketing et tant mieux ça permet de faire une petite transition parce que tu es quand même bon en marketing. Par rapport à pleins de photographes que je connais, tu es quand même un des seuls qui soient présents sur beaucoup de plateformes notamment sur YouTube, qui s’en sert comme de l’apport de business, et en plus qui a diversifié tout ça, qui fait pleins de stratégies, pleines de tactiques, d’avoir un opt-in sur tes vidéos, pour capter, créer une liste mail, etc. C’est plein de trucs qui sont, enfin je pense que 5 % des photographes qui ont une liste mail avec la volonté de la monétiser derrière ou de monétiser un réseau social. Et je me rappelle d’une vidéo que tu avais faite, je crois que tu avais fait des formations aussi sur ça avec un marketeur, et justement vous expliquez tous les deux, parce que je crois que lui c’est un ancien photographe c’est ça ?

S : C’est un ancien photographe qui est maintenant totalement dédié au marketing, au développement personnel.

F : Ouais. Donc ce que vous disiez dans la vidéo c’était — je mettrai la référence dans l’article — vous parliez de l’importance du marketing pour un photographe. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ça ? Qu’est-ce que tu dirais à un photographe qui se lance qui pense que le marketing, c’est fait pour les businessmen et que voilà, c’est ça ! Moi, je reçois des fois des messages genre : « Tu es plus businessman que photographe ! ». Mais enfin, ce qui n’a aucun sens quelque part parce que quand tu es businessman, c’est-à-dire chef d’entreprise. Du coup, quand tu es photographe, tu es chef d’entreprise. Qu’est-ce que tu dirais à ces gens-là ? Tu dois peut-être avoir des haters, je pense, ou des gens qui te critiquent peut-être pour ça non ?

S : Ouais, après c’est drôle que tu me dises ça parce que moi, je me considère comme très mauvais marketeur. Tout simplement parce que c’est des choses qui m’emmerdent à faire. Tu parles des opt-ins, tu parles de tout ça, je suis d’ailleurs en train de travailler sur le prochain… du site, qui sera bien meilleur de ce côté-là. On va dire que j’étais à la place des photographes dont tu parles, de ceux qui disent : « Non, le marketing c’est mal ». De toute façon, le marketing c’est que des gens qui ont qu’une seule envie, c’est de te vendre des trucs et t’arnaquer derrière. C’est le vendeur d’encyclopédies dont mes parents ont encore tous les Universalis à la maison. J’avais cette vision-là. Et le truc c’est qu’en ayant ma boite, j’ai été obligé de vendre, c’est ce que je te disais tout à l’heure, c’est qu’on est obligé de vendre pour bosser. Avant je faisais de la 3D, et le truc c’est que je ne veux pas m’amuser… Enfin, si je veux m’amuser à faire de la 3D pour moi, mais ça ne me paiera rien, c’est encore moins que la photo d’art. Ça ne paie absolument rien. Et donc je devais aller choper des architectes et même des fois des promoteurs, donc des gens qui sont totalement marketeurs, enfin surtout pour les promoteurs. Les promoteurs, leur but ce n’est pas de faire des bâtiments, c’est de vendre. Donc je devais bosser avec des gens comme ça, et il a fallu que j’y aille. Quand je suis arrivé photographe, c’était encore un peu plus compliqué parce que c’était encore plus du travail personnel. La photo a été pour moi une rencontre artistique, une rencontre émotionnelle, là où la 3D c’était un business. Et donc il a fallu encore plus que je me vende. Tu vois la différence ? C’est encore plus compliqué. Mais j’ai compris au fur et à mesure que j’étais obligé de le faire donc un coup, ça passait. Puis quand j’ai rencontré Siegfried, il est arrivé dans ma vie, je ne vais pas dire en bourrin, mais il a fallu faire le forcing. Il a mis le pied devant la porte, tout en étant très gentil. Et j’ai compris avec lui que le marketing pouvait déjà être éthique. Et que grâce au marketing, on pouvait amener du bien aux gens. C’est con, mais par exemple, sur les formations de mariage que je vends, ou les formations de vidéo dont tu parles, quand je vois là, les gens, la quarantaine de personnes que je suis sur mes workshops mariage. Quand je vois qu’ils sont contents qu’ils aient signé, un mariage à plus cher que ce qu’ils étaient avant, qu’ils se sont éclatés, qu’ils ont arrêté d’avoir des clients chiants… Eh bien, oui, j’ai bien fait mon marketing. Parce que d’un, oui je les ai incités à m’acheter ça, mais de l’autre c’était pour le bien. Et donc j’ai compris que le marketing, si notre produit est bon, si on est sincère dans ce qu’on fait, si on n’est pas la personne qui sait : « Je vais de vendre ça, mais je sais que ça ne te servira pas et que ça va juste te prendre ton argent ».

F : Tu apportes de la valeur aux gens !

S : Oui, on apporte du bien-être aux gens, et le marketing ce n’est pas juste : « Tiens on te poste 10 fois la pub, pour que tu achètes un truc dont tu n’auras jamais besoin ». C’est : « Oui, je te passe de la pub pour ça parce qu’il faut que tu connaisses mon produit ». Mais le produit, d’un je ne t’oblige pas à l’acheter et de deux, le produit est bon. Ça ne sert à rien d’acheter un truc soit un truc que tu n’utiliseras jamais soit un truc qui, au final, ne t’a rien appris. Je me perds un peu dans la question du début, mais la rencontre avec le marketing ça a été ça, et donc au fur et à mesure j’ai compris ça, et j’ai compris aussi qu’on pouvait s’amuser. Alors je ne m’amuse pas encore trop dans le marketing YouTube, le marketing formation, parce qu’il y a peut-être encore pleins d’enjeux pour moi, ou c’est peut-être comme c’est une relation avec beaucoup de mondes devant, c’est encore un peu complexe. Je n’ai pas la personne en face, alors que maintenant en marketing mariage, quand j’ai des clients, des prospects en face de moi, c’est un amusement plus au point parce que l’idée c’est juste qu’ils disent oui. Parce que je sais très bien que la prestation que je vais leur apporter, s’ils sont là et qu’on s’entend bien, ce sera magnifique pour eux. Donc là, c’est juste un but qu’ils disent « Oui », et c’est un jeu. Donc le marketing peut aussi devenir un jeu. Et c’est là où ce que j’essaie de transformer actuellement sur toutes mes formations c’est de faire en sorte que le marketing de ça deviennent un jeu, donc de tester des choses, d’arrêter… Parce que quand tu es encore face plus aux gens, quand tu dis tu as des haters, tu as des gens qui te disent : « Non, mais là tu abuses à demander le mail, ou à faire ci ou à faire ça, ou à le répéter à chaque fois ». Oui, sûrement si tu le regardes tout le temps, si tu regardes 15 ou 20 ou 200 vidéos d’affilés. Oui, ça va te faire chier ça c’est sûr. Et moi, le premier ça va me faire chier. Mais il y a un moment où il faut aussi en vivre, ce que les gens comprennent c’est que les employés ont leurs salaires à la fin et il râle quand leurs salaires n’arrivent pas. Sauf qu’ils savent qu’ils ont leurs salaires à la fin. Quelqu’un qui a sa boite, il doit aller le chercher son salaire.

F : Sans sécurité, sans rien !

S : Exactement. Toi, tu es à ton compte ?

F : Oui, pareil. En plus de ce que tu dis, c’est super intéressant. Et au-delà en plus du fait qu’il y a des gens qui vont y être soumis qu’une fois à ton message, il faut qu’il soit régulièrement là ce message. C’est ce que font un peu les photographes de mariage quand ils ont une page Facebook. Ils vont parler de mariage tout au long de l’année, mais tout le monde qui regarde ça ne va pas se marier. Par contre, quand ils vont vouloir se marier ou envisager, ils seront bien contents d’avoir ce message-là, toi ça matchera parfaitement à ce moment-là. Et de la même façon, tu l’as sûrement remarqué que pour quelques haters que tu as, tu as aussi des clients très satisfaits qui vont revenir, qui vont même devenir des ambassadeurs pour toi. Moi, je sais qu’il y a des gens, j’ai un peu changé leur vie à un certain niveau.

S : D’accord. C’est ceux-là qu’il faut privilégier. J’ai arrêté de penser pour les gens qui ne m’aimaient pas. C’est con, mais après ça dépend. On a chacun notre personnalité, on a chacun nos trucs, on est chacun sensible ou pas à ce genre de chose. Mais quand on s’expose sur internet, on s’expose à tout le monde, on s’expose beaucoup à ceux qui parlent, et ceux qui parlent, c’est les haters, ceux qui n’aiment pas. Et ça peut toucher ! Moi, je connais de gros YouTubeurs qui ont plusieurs millions d’abonnés et qui sont très sensibles et encore à des saloperies qu’on peut leur envoyer. Plus tu es visible, plus tu as des saloperies qui peuvent t’arriver dans la gueule. Mais à l’inverse, pour cette petite frange de la population qui n’ont rien d’autre à foutre de mieux dans leur vie, que de regarder que des choses qu’ils n’aiment pas, au moins avec un œil critique, et pas un œil méchant. Il y a toute cette frange, la grosse majorité, c’est des gens qui vont juste le regarder comme ça et qui vont des fois intervenir (et souvent pas). Et qui vont bien réfléchir aux choses, qui vont picorer un peu partout. Et tu as une frange aussi de ton auditoire qui est juste hallucinant. C’est gens, comme tu dis, tu as changé leur vie. Enfin, je vais dire limite, ils t’idolâtrent. Ce qui à moi me gêne un petit peu parce qu’il n’y a rien, je suis juste un photographe qui a pris la parole. Personne ne me l’a donnée, je l’ai juste prise ! Mais c’est là où je suis très content de ce que j’ai pu faire parce que je sais que dans mon auditoire, et j’en rencontre très souvent via les workshops, et via le Salon de la photo et tout, je n’ai quasiment que des gens avec qui j’ai envie de discuter. Là, les workshops que je fais, c’est toujours des supers bons moments et c’est des gens qui paient pour venir. Des fois, c’est juste pour passer une journée avec moi, mais au final auraient appris énormément de choses. On se sera rencontré, on aura discuté, on aura bu ensemble, on aura mangé ensemble. Et ces gens qui des fois t’envoient des cadeaux, qui surtout parlent de toi, comme tu disais c’est les meilleurs ambassadeurs, et c’est surtout des messages qu’on reçoit. Autant il y a des fois, c’est sûr qu’il y a certains commentaires, certains messages, tu fais… Le pire, c’est ceux qui te restent en tête. Et à côté de ça, tu as 50 messages ou on va dire même tu as 5 messages qui sont juste hallucinant de gentillesse et de profondeur. Et tu te dis : « Mais tu ne dirais même pas ça à une des personnes les plus proches de toi, quoi ! » Quand je fais des épisodes un peu plus personnels, genre sur la vie de ma société où… Je crois que le pire c’était quand j’ai montré que j’avais perdu 15 kilos, j’ai reçu des messages… Enfin voilà, il y a des gens qui me disaient qu’ils ont vécu des choses très dures dans leur vie et tout ». Tu es là, tu fais : « Waouh, d’accord. C’est que ça peut aussi apporter ça ». Donc c’est ce que je disais tout à l’heure qu’il faut arrêter de faire pour ceux qui ne t’aiment pas, il faut faire pour ceux qui t’aiment. Et ceux qui suivent, comme ça. Mais essentiellement pour ceux qui t’aiment, tout en gardant un gros esprit critique quand même, pour ne pas s’enfermer dans juste la bulle où tout le monde m’aime parce que je ne vois que ceux qui m’aiment. Il faut aussi prendre ceux qui ont un réel avis critique, bien comme il le faut, et pour pouvoir avancer et faire de meilleures choses. Parce qu’on ne fait pas que de bonnes choses.

F : Moi, je dis quelque chose aux autres photographes des fois, ou des gens qui sont sur YouTube, c’est que moi je recherche à avoir presque des haters en fait, je trouve que c’est un bon indicateur. Parce que dès que tu as des gens qui sont capables de se connecter à 7 h du matin pour vomir leur haine sur leur clavier et dire que tu es une merde, en fait moi, je trouve que c’est presque gratifiant. Dans le sens où ça veut dire que tu as passé un autre palier, tu as réveillé… Tu touches tellement de monde que tu vas aussi toucher des gens qui te connaissent ni d’Ève ni d’Adam et qui sont près à avoir cette motivation de presque t’insulter. Parce que tu sais que pour ce petit pourcentage-là, tu l’as dit, tu auras plein de gens qui seront super contents. Parce que du coup, tu vas toucher plus de monde. Mais en étant aussi vrai, en étant aussi parfois même, pas forcément tout lisse, ton discours va parler à des gens qui sont comme toi. Et c’est pour ça que tu trouves des gens qui, en présentiel après, qui te ressemblent. Puisque tu ne fais pas le gros YouTubeur lisse qui ne veut pas sortir une petite blague un peu…

S : Non, au contraire, c’est ce que j’enseigne énormément à mes stagiaires. C’est qu’il faut absolument mettre sa personnalité en avant.

F : Oui, puisque que les gens t’achètent, toi ! Plus que tes photos, plus que tes formations.

S : Sur un site, la page « À propos », c’est la page la plus importante après la « Home ». Donc c’est qui tu es, et après ce que tu fais. Le dernier mariage que j’ai signé, ils n’étaient même pas arrivés sur mon site mariage, ils étaient arrivés sur mon site auteur. Et dans son mail, c’était : « On te veut toi ». » Vous avez vu mes photos de mariage ? »  Non, mais ce sera bien ». OK, très bien !

F : Mais c’est là que les réseaux sociaux interviennent aussi. C’est que tu crées, tu utilises le côté social du réseau social justement pour créer une connexion avec les gens, créer une communauté et c’est la même chose pour l’art. En fait, tout se regroupe, parce que, que tu fasses de l’art, peut-être même de la presse à un certain niveau parce que tu as certaines relations qui vont demander tel type de photographe parce que c’est presque son histoire à lui qui est aussi intéressante que ses photos par moment.

S : Oui, puis l’engagement. Enfin n’importe qui, après je ne connais pas les journaux et tout, mais je pense que n’importe qui ne pourra pas écrire à L’Humanité, au Point. Il y a d’autres journaux qui ont des tendances politiques très différentes.

F : Et du coup, est-ce que c’est quelque chose que tu conseilles aux photographes d’être à fond sur les réseaux sociaux, voire même à se montrer et à se dévoiler comme tu le fais aussi sur YouTube, même si tu le fais d’une façon, tu ne fais pas du vlog, ou tu en fais un petit peu…

S : Enfin un peu de temps en temps quand ça m’amuse de le faire et quand je trouve qu’il y a un réel intérêt surtout, quand je voyage en fait. Ou qu’il y a une journée qui était cool, et pour partager un petit peu. Après on pourra y revenir, mais ça fait partie des épisodes qui sont plus pour la communauté, pour les gens qui me connaissent déjà, plutôt que pour faire des cours pour ramener d’autres personnes. Je ne sais pas si je conseillerai d’être à fond, je pense qu’il faut vraiment faire comme on a envie d’être. Par exemple, moi je ne suis pas extrêmement présent dans les réseaux sociaux, quoi que t’en dises. J’ai YouTube, ma page Facebook elle n’a pas été actualisée depuis je ne sais combien de temps. Je suis un peu plus sur Instagram en ce moment parce que les stories, je trouve ça drôle et ça me fait marrer de les faire. Et je trouve que c’est un bon exercice aussi comme je me revendique plus du côté story telling en mariage, il y a le côté : raconter des histoires sur les stories qui est cool. Je suis un peu plus sur Instagram, mais sinon je n’ai pas dû ouvrir mon Twitter depuis 2 ans. Et ça existe et j’ai encore un compte qui publie automatiquement des choses de mon Facebook. Comme sur Facebook il n’y a plus rien, ça ne doit plus publier depuis longtemps. Il y a des gens qui sont extrêmement présents sur les réseaux sociaux, parce qu’ils aiment ça. Après c’est vraiment en fonction de ce que toi tu veux, je ne conseillerais pas de le faire si c’est juste une stratégie sauf si tu veux que ton truc soit une stratégie. Ça peut être difficilement incompréhensible, mais j’ai toujours fait du marketing malgré moi. Quand j’ai connu Siegfried, j’avais déjà sorti ma formation « Vendre un mariage », et il l’avait acheté pour voir. Il m’avait dit : « Eh bien, tu as toutes les règles du marketing ». Alors que je ne les connaissais pas les règles de marketing. Et en lisant des bouquins et tout après, j’ai compris : « Ah ouais, je dis ce mot-là, et ça fait ça ». Mais je ne le savais pas, j’ai juste fait des tests. « Ah tiens, ça, ça fonctionne me que j’ai vu quelques trucs ». Donc il faut se forcer un peu à communiquer, ça, c’est sûr. Mais il y a tellement de moyens de communiquer autrement que par les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux ne sont pas forcément obligatoires. Même des fois, à la limite, c’est une bonne chose de ne pas y être parce qu’on va aussi peut-être aller taper la frange de la population qui ne veut pas être sur les réseaux sociaux. Et tout le monde n’est pas sur les réseaux sociaux. Donc heureusement, limite, maintenant c’est bien, c’est comme, j’en discutais avec un YouTubeur qui me disait… Je lui disais : « Je ne veux absolument pas mettre de majuscules dans mes titres ». Il y a le côté « putaclic » ! Je mets des majuscules type putaclic, et tout ça. Je fais une gueule bizarre sur la miniature. Et je lui disais : « Non, moi je ne veux pas mettre ça, ça, c’est hors de mon éthique ». À part je l’ai fait une fois cette année, mais c’était juste pour me foutre de la gueule du truc. C’était le 1er avril où j’ai mis gratuitement en majuscule, mais c’est juste parce que je me foutais de la gueule du truc. Et il me disait « Ouais, mais limite, maintenant comme tout le monde le fait, peut-être que ceux qui les mettent en minuscule ça va devenir ceux qui vont ressortir puisque ça sera le…..

F : On dit pareil des miniatures, je crois que c’est Casey Neistat qui avait cassé un peu le truc en ne mettant plus de trucs travaillés, mais juste une sorte de capture un peu au hasard dans la vidéo. Et avec un titre, pas forcément putaclic, juste un truc normal.

S : Après lui, il a la communauté aussi pour essayer ce genre de chose quand même. Mais je pense qu’il faut juste bien réfléchir les trucs après ça peut vraiment devenir une stratégie, mais il faut se forcer sans se dénaturer. C’est surtout ça. Il faut se forcer parce qu’il y a des fois des choses qu’on ne connait pas, qu’on répugne et qui en fait peuvent très bien nous convenir, nous faire rire et nous intéresser. Donc c’est pour ça qu’il faut se forcer à aller chercher des choses ou à essayer de nouveaux trucs. Mais si on voit que ça nous répugne, il ne faut pas le faire. Le problème, c’est que maintenant tout le monde est sur les réseaux sociaux, il y a pleins de bouquins qui disent comment agir sur internet, comment agir sur les réseaux sociaux, comment faire ci, comment faire ça, sauf que si tout le monde le fait… Tu sais c’est comme Bison futé, si tout le monde suit les indications de Bison futé, si tout le monde suit un GPS qui n’a pas d’indications en temps réel…

F : Tout le monde va être dans les bouchons !

S : Il n’y aura à la limite personne sur l’autoroute et tout le monde sera sur les petites routes à côté parce qu’ils ont dit que l’autoroute allait être bouchée.

F : En plus, ça peut être un gros piège de passer dans… Moi, je vois beaucoup de photographes qui disent « Oui, mais pourtant je fais tout ce qu’on me dit, je vais sur Facebook, je vais sur Instagram, je fais des stories et ça ne décolle pas, je n’ai toujours que 100 likes enfin 100 fans ». Et effectivement quand tu ne te démarques pas sur un truc, je pense que tu vas dire : « Oui, c’est un peu de la même façon le même problème dans les tarifs ». Quand tout le monde va dire si on s’aligne sur tous les tarifs et qu’on tire vers le bas, au final tu vas avoir plein de tarifs très bas et justement le mec il va arriver derrière et il va aller tirer le tarif vers le haut, va sortir du truc et on va lui dire : « Mais pourquoi le mec il est plus cher que les autres ? ». Et après on rentre dans la logique économique pure. Après il y a un truc que tu me dis qui fait écho. Quand tu dis : « J’ai toujours fait du marketing sans vraiment le savoir ». Il n’y a pas longtemps, j’ai lu un bouquin de Russell Brunson. Je ne sais pas si tu connais. C’est le mec qui a créé Clickfunnels, un Américain qui disait justement que pour lui, le marketing, ça ne s’applique pas qu’au business, ça s’applique à tous les champs dans la vie. Il dit que si tu n’es pas bon au marketing, tu connaitras l’échec dans plein de domaines de ta vie par exemple, dans les relations amoureuses. Et quand tu dis la page « À propos », c’est la page la plus importante de ton site web, le nombre de gens qui font des erreurs, qui ne mettent même pas une page « À propos ». Et par contre quand ils vont remplir un profil de site de rencontre, ils vont être capables de vraiment se mettre en avant, de choisir les bonnes photos, la bonne description. Et là, ils sont bons en marketing pour le coup.

S : C’est du marketing, il n’y a qu’à voir le nombre de coachs en séduction qui existe ! On en rigolait avec Siegfried. On en a rigolé sur certains…

F : Qui ensuite se lancent dans le marketing ?

S : Même pas, je me rappelle des soirées où on rigolait. Il y a des gens très très bien, il y a de très bons trucs et tout, mais c’est juste des fois dans la façon de faire. « What ?! Ce n’est pas possible quoi ! » Mais le pire c’est qu’ils trouvent leur clientèle et tout ça.

F : Tu parleras toujours à quelqu’un et tu auras toujours à l’inverse, des gens qui ne vont pas aimer et qui vont vouloir le critiquer. Je l’ai mis dans mon dernier livre — je fais du marketing, j’ai tellement de bouquins derrière — où je dis justement qu’il y a 3 façons de réagir face au succès des autres. C’est soit tu t’en fous, soit tu es en mode haters, tu dis : « Eh bien, c’est normal que ça ne puisse pas marcher » et voilà. Soit tu te dis : « Attends je vais tester parce que si ça marche pour lui, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas pour moi ». C’est assez rigolo que ça se résume un peu à ces 3 trucs.

S : Eh bien, c’est savoir se remettre en question et se connaitre aussi, beaucoup. Moi, c’est des questions que je me pose énormément sur moi, je suis aussi assez calé dans le développement personnel, je lis pas mal de bouquins là-dessus et tout. Tu parlais de réseaux sociaux, je suis pris entre le côté : « J’aime être tout seul tranquille, rester chez moi ». Entre une soirée entre potes et rester chez moi à travailler mes photos et à regarder un film, généralement, je choisis la soirée chez moi. Et de l’autre côté devoir être mis en avant, devoir mettre ma vie aussi en avant par les réseaux sociaux pour toujours alimenter, alimenter, alimenter… Ou même faire des lives, faire des vidéos, faire des trucs comme ça, c’est con ! Tu es là, tu te demandes s’il faut le faire ou pas le faire. Oui, je dois le faire, mais est-ce que j’ai envie de le faire ? Mais si je n’ai pas envie de le faire et que je le fais, est-ce que ça va se ressentir ? Il y a un équilibre à trouver, un équilibre entre « Est-ce qu’il faut toujours plus ? Est-ce que ce que tu as déjà suffit ? Est-ce que si financièrement ça va, tu as besoin d’en faire plus, parce que d’autres réussissent à en faire plus ? » Tu te dis : « Si je n’en fais pas plus maintenant, est-ce que je ne le regretterai pas plus tard ? » Tu vois, c’est des choses qui sont extrêmement difficiles… Ce sont des décisions extrêmement difficiles à prendre.

F : C’est un manque de clarté aussi le truc, on ne sait pas trop si ce qu’on fait ça vaut le coup, si ça va avoir des résultats…

S : Ce n’est pas forcément ça ! C’est plus un manque de clarté dans les objectifs dans ce cas-là. Il y a un truc dans le développement personnel, mais obligatoirement — même en société — c’est de définir ses objectifs.

F : Sois smart !

S : Voilà ! Les acronymes et tout ça. C’est un truc, je trouve, qui est assez difficile parce que tes objectifs, tu peux les réviser tous les ans et tout ça. Mais ils peuvent aussi changer en fonction des rencontres que tu fais dans ta vie, de ce qui t’arrive. Et la société ne met en avant que les gens qui réussissent à fond. Et ce qui était très drôle, c’est que j’ai sorti en début d’année une vidéo sur la vie de ma société ou j’expliquais que j’ai vécu beaucoup de moments compliqués, que jusqu’à très peu de temps, c’était très compliqué financièrement et tout ça. Soit pour des décisions mal prises, soit pour des choses que je faisais mal ! Et il y a plein de gens qui me disent, mais on ne pensait pas, on pensait que tout allait bien. Sur les réseaux sociaux, tu nous montres que tout va bien. Si la première chose que je te dis dans ma vidéo : « Ça ne va pas, je me suis chié, je ne suis pas bien et tout », tu n’auras pas envie de la regarder cette vidéo, tu n’auras pas envie de l’écouter. Au contraire c’est parce que j’ai tout montré avant que je peux me permettre de dire maintenant qu’il y a des moments qui sont plus difficiles que d’autres. Et puis ça montre aussi que la vie d’une société c’est loin d’être… Et puis tu peux être vachement aussi tiraillé. J’ai lu un bouquin qui m’a changé vraiment beaucoup, c’est « Le secret d’un esprit millionnaire ». Je ne me souviens pas de l’auteur. C’est un best-seller…

F : Ce n’est pas celui de Napoléon Hill ?

S : C’est un truc un peu plus récent que celui de Napoléon. C’est un mec bien sûr ultra fortuné qui a super bien réussi et tout ça. Mais j’ai beaucoup aimé puisque dedans il disait… Il m’a fait revoir en fait ma vue de l’argent venant d’une famille moyenne, très modeste… Enfin, on va dire « Bas moyenne ! » Tu vois le côté : « Bon, ils se font des millions ». Tu sais tu as le côté : « Putain, les enculés », quoi ! Et en fait non, il y a le côté où on n’est pas obligé de gagner vraiment 2000 € par mois. Même 1500 ou le SMIC. On peut très bien se faire en 4 jours, 200 000 €. Je n’ai jamais fait, mais j’aimerais bien. Il y a une fois en une semaine, j’ai fait 40 000 €, même plus que ça. Après il y a plein d’autres semaines où je n’ai rien fait. Après, c’est du chiffre d’affaires. Mais j’ai vu qu’en très peu de temps, on peut — avec une bonne stratégie — se faire de l’argent.

F : À ce moment-là, tu ne t’es pas autoflagellé en te disant : « Ah c’est mal ! Je n’aurais pas dû gagner tout cet argent, ah, mais je suis mauvais ».

S : C’est ça ! On va dire qu’on peut travailler pendant très longtemps pour à un moment, décrocher le jackpot.

F : Bien sûr. Et ça, c’est très français en plus le côté non seulement par rapport à l’argent, non seulement par rapport à l’échec, c’est un truc que tu ne retrouves pas aux États-Unis ou au Canada. On va te dire : « Échoue vite ! » Et justement si tu as échoué, c’est presque un truc que tu mets dans ton CV, genre : « J’ai planté deux boites ! ».

S : Parce que j’ai pris tout l’argent, je me suis cassé, j’étais fainéant (rires).

F : Il ne faut pas trop dire pourquoi tu as planté la boite. Moi, j’écoute plein de podcasts américains et souvent — je vais te poser cette question-là puisque c’est la question qui revient à chaque fois — « C’est quoi ta pire erreur ? » Parce qu’on n’apprend pas forcément des succès des gens, mais surtout de leurs erreurs et des gens comme toi, qui ont beaucoup d’expériences dans plein de domaines parce qu’il a touché à plein de trucs différents, c’est quoi la pire erreur que tu aies faite ?

S : C’est compliqué parce que je n’ai pas vraiment eu une grosse erreur qui m’a couté énormément dans le sens où je n’ai planté de boite, j’ai eu des grosses difficultés…

F : On va arrêter le podcast, ce n’est pas intéressant ! (rires)

S : Mais après je me suis planté plein de fois sur plein de trucs. Mais je n’ai pas le sentiment d’avoir fait une très grosse erreur dans ma vie. Si je devais parler d’une erreur, ce serait plus une erreur pas à un moment, mais sur la globalité, ce serait l’erreur de ne pas avoir compris. Et je suis encore dans ça, de ne pas avoir compris le marketing assez tôt. De ne pas m’en foutre de tout ça et juste faire mon truc. Je te dirai surtout ça puisque des erreurs on en fait tout le temps. Je tournais une vidéo encore ce matin pour mon groupe de photographes de mariage sur les erreurs. Ce qui amène notre expérience et qui amène du coup à créer une meilleure vie. Et d’apprendre de tout plein de petites erreurs qui vont nous faire avancer. Même comme en marketing, faire du split test, tu sais ça, ça marche mieux, ça, ça marche moins bien, c’est tout con, mais voilà. Donc oui, les erreurs ce serait plus de, la grosse erreur que j’ai faite c’est de vouloir — ce qui m’a couté quasiment ma boite quand même ces derniers temps — c’est d’avoir embauché du monde et de ne pas avoir su les diriger.

F : Salariés ?

S : Salariés et prestataires à côté. D’avoir pris des décisions qui n’étaient pas les bonnes décisions à prendre sur le moment. C’est-à-dire voir trop grand sans avoir le…

F : Le management qui suivait derrière ?

S : D’un, ça, puisque je ne suis pas bon en management, de deux…

F : J’ai vu avec ton chat ! Tu n’es pas très bon manageur. Mais, il ne miaule plus donc ça va…

S : Tu vois ! Non, mais il fait, il lui faut juste un peu de temps… J’étais beaucoup plus avec ce chat qu’avec les gens avec qui je bossais ! De bosser sur des choses qui n’étaient pas essentielles. De ne pas avoir écouté plus Siegfried qui disait ça, il ne faut pas le faire, ça, il faut que tu bosses là-dessus plus que ça. Voilà, d’avoir pris des mauvaises décisions ! Pour bien faire le truc, avoir été dans des directions comme faire un certain site internet, comme se dire qu’il fallait être plus sur le réseau social. Se dire ça, plutôt que de bosser le cœur du truc qui aurait pu rapporter plus d’argent. Mais après voilà, c’est comme ça les erreurs qui font que maintenant je ne ferai plus cette erreur-là, l’erreur d’avoir tout voulu. L’erreur d’avoir tout voulu faire moi-même ou en interne plutôt que de dispatcher sur des prestataires qui savent et qui avaient déjà fait des choses.

F : Et ça, c’est peut-être dû à un manque d’expérience, forcément tu n’as pas toute l’expérience qu’il faut quand tu te lances dans un projet. Et tu disais que tu as lu des bouquins, tu t’es formé. Avant tu me disais que t’envisageais de suivre un workshop d’un autre photographe ce qui peut sembler parfois, quand je dis ça aussi aux gens qui me suivent que moi des fois je vais payer pour un cours d’un autre photographe qui fait parfois la même chose que moi, tu vois, des sports outdoor. Et ça semble un peu bizarre, d’aller cher un concurrent. Mais justement, toi, qu’est-ce que tu aimerais dire à tous ces gens qui sont convaincus que se former se résume à aller piocher une vidéo à une autre gratuite. Et là, pour le coup tu es allé sur ce domaine-là avec ta vidéo sur « Tout gratuitement », et qui ne comprend pas l’intérêt d’acheter un bouquin, qui n’a rien à voir avec la photo par exemple un bouquin de Napoléon Hill ou suivre des formations et investir là-dedans ?

S : Ce qui est marrant si on prend la photo, c’est que les gens n’ont aucun mal à dépenser de l’argent pour du matériel, mais ont beaucoup de mal à dépenser de l’argent pour se former et utiliser ce matériel correctement. Sauf qu’à la base si tu te formes, tu sauras plus facilement faire de l’argent ou mieux utiliser ton matériel pour pouvoir en acheter du meilleur après plutôt que d’acheter du très bon matériel tout de suite et au final de ne rien savoir. Après je ne suis pas dans le côté où il faut absolument se former à fond avant de commencer. Pas du tout ! Ce n’est pas du tout ce que je conseille même si certaines personnes ont besoin de ça. Moi, j’ai beaucoup appris sur le tas. C’est-à-dire que je me lance dans un truc et j’apprends. Je ne saurais pas me dire : « Tiens, je vais apprendre ça pour pouvoir faire ça. » Il y a des moments où j’ai envie de faire ça, donc je vais aller apprendre ça. J’ai besoin de faire ça donc je vais aller apprendre ça. C’est comme ça que j’ai tout appris et que j’apprends toujours. Au contraire, je ne serais pas formateur si je ne croyais pas en la formation. Je ne fais pas partie des photographes ou de toutes les autres personnes qui se sont lancés dans la formation par opportunisme en se disant : « Tiens c’est vrai que ça marche bien la formation, il parait que c’est difficile de vivre en tant que photographe donc le seul moyen de vivre maintenant c’est de vivre de la formation pour photographes ».

F : Il y a des gens comme ça ?

S : Il y a beaucoup de gens comme ça. Beaucoup beaucoup de gens comme ça ! D’un côté, ils n’ont pas tort dans le sens où c’est vrai que ça devient plus compliqué de vivre de la photo même si je ne suis pas forcément d’accord avec cette vision-là. Je dis plus qu’il faut bosser plus. Mais pour ceux qui en veulent, il y a de la place pour tout le monde même dans la formation. Puis même, c’est plutôt bien aussi qu’il y ait un peu de concurrence quand même.

F : Peut-être même plus dans la formation, j’ai l’impression, que dans certains domaines quand tu vois le marché de l’information aux États-Unis, quand tu le vois en France. Quand tu vois des creative live aux États-Unis ou juste sur une thématique, tu as 15 formateurs différents et que le truc marche quand même méga bien. Et en France dès que tu as un concurrent, tu vas dire : « Non, c’est bon, il y a déjà quelqu’un c’est mort ! »

S : C’est vrai. Après c’est aussi une question de confiance, je ne te dirai pas que là maintenant, je ne lancerai pas F/1.4 maintenant parce que je me dirai « Ouais ». J’ai lancé F/1.4 uniquement en me disant qu’il n’y avait rien en France et qu’il n’y avait rien en français. Ceux que j’ai vu se lancer avant moi, je me disais : « Ouais bof, oui on peut faire mieux quand même ». Après, j’ai lancé en 2012. C’est en 2012 qu’il y a Xavier Navarro qui a commencé, qu’Andrea a commencé. En 2012, il y en a plusieurs qui ont commencé comme ça et qui sont encore là maintenant. Là, ce serait plus compliqué maintenant de se lancer même si c’est toujours totalement faisable et il y en a qui le montre encore. Mais aller se former auprès de ce qu’on pourrait appeler concurrent… Si on applique ce qu’on disait tout à l’heure le fait d’être différent, d’être soi-même tout simplement, eh bien, toi tu me parlais quand tu es arrivé qu’on a quasiment la même cible et là, tu te lances dans une cible qui est la mienne aussi. « OK d’accord, c’est bon, oui… Qu’est-ce que tu viens chercher ? »Mais après, on a des choses totalement différentes à enseigner, le fait juste qu’on fasse des choses complètement différentes. Et c’est là aussi ou la personnalité est extrêmement importante. Tu pourrais être très bien meilleur que moi, si j’ai une personnalité qui plait à plus de gens, je vais mieux marcher.

F : Mais c’est le fait qu’on soit deux personnes différentes, qu’on n’ait pas les mêmes centres d’intérêt sur tout.

S : Ça permet d’avoir des points de vue différents !

F : Moi, les meilleurs partenaires que j’ai aujourd’hui dans mon business, c’est des gens qui font la même chose que moi et qui propose ça aux mêmes personnes. Tu vois ce bouquin-là… un des meilleurs affilié — je crois que j’ai reversé plusieurs milliers d’euros — et il a la même cible et parfois même ça devient flippant parce que certains de ses clients m’écrivent en disant : « Bonjour Nicolas, machin… » Et lui c’est pareil ! C’est un truc qui existe quasiment que sur le web ça. La porte des business comme ça. La porte des business, ça existe depuis toujours, avec les commissions et tout ça. Mais sur le web, c’est tellement… Et simple pour un prospect de passer d’un site web à un autre, d’une formation à une autre. Puis quand quelqu’un commence à se former dans quelque chose… Tu vois le rayon des livres photo, il ne désemplit pas, des boites comme Eyrolles continuent à sortir 10 bouquins par an. Chaque fois, c’est toujours la même chose, plus ou moins. Et quand tu vois qu’en France le marché des bouquins je crois que c’est 10 à 15 % que pour Amazon, tout le reste c’est de la librairie physique.

S : Seulement 10 à 15 % ?

F : Oui, c’est un truc de fou, hein ! Et tu vois qu’en fait ça ne sert à rien de voir les gens comme des concurrents surtout qu’en plus le métier de photographe c’est un métier qui est intimement lié à la personnalité du photographe.

S : C’est ce sur quoi je voulais rebondir. Peut-être que dans la formation, je vois un tout petit moins ce côté nuancé parce qu’imaginons quelqu’un qui a 1000 € par an pour se former, s’il les dépense chez toi, il ne va pas les mettre chez moi. Et peut-être qu’il nous aime tous les 2. Et c’est juste que par exemple tu as une formation en marketing, j’ai une formation en marketing, il va dire je dois choisir. Voilà !

F : Mais tu as la même façon avec un mec qui veut se marier.

S : Ces mariés, il va mettre… C’est un événement, une fois dans une vie. Et le truc c’est que je vois plus ça d’un côté artistique. Tu vois la formation ce n’est pas artistique. La formation c’est être bon formateur et avoir une bonne personnalité. Du programme, de la façon que tu as d’enseigner qui inclut tout derrière. En tant que photographe de mariage ou portraitiste ou autre, il va plus y avoir – pas forcément corporate, mais quoique corporate un petit peu quand même — il va y avoir le côté : « Tu aimes mes photos ou pas ? » et « Tu m’aimes ou pas ? » Parce que je vais devoir passer du temps avec toi durant l’une des plus belles journées de ta vie. Et tu n’as pas envie d’avoir quelqu’un que tu n’aimes pas à côté de toi dans ces moments-là. Donc c’est quelque chose d’encore plus personnalisé et surtout une vision plus artistique que la formation. Peut-être que c’est pour ça que j’ai un peu plus de mal sur le marketing formation, c’est que je n’ai pas encore fait peut-être ce déclic total dans ma tête.

F : Honnêtement je pensais vraiment comme toi au début et quand j’ai vu en fait les retours de mes prospects qui me disaient « Je n’achète pas chez toi, ça m’intéresse, mais je viens d’acheter une formation chez Laurent Breillat, chez quelqu’un d’autre ». C’était après qu’il avait vu le truc. Il ne s’est pas dit un moment : « J’ai ces deux choix, vers lequel je vais ? ». Il a acheté un premier truc parce qu’il a eu connaissance du truc en premier et c’est après qu’effectivement quand tu as 1000 €, tu mets 1000 € pour te former et tu ne peux matériellement pas avoir plus, forcément tu ne vas pas aller chez l’autre. Mais ce n’est pas parce qu’il a eu un choix. Et généralement les meilleurs clients que j’ai chez moi dans les formations c’est des gens qui ont acheté chez mes concurrents. Parce qu’ils continuent en fait. Moi, je ne vois plus trop le truc comme ça, mais bon après…

S : Moi, je te dis après c’est de l’évolution, moi je suis très dans mon coin, j’ai une nature à être dans mon coin.

F : Tout photographe a un petit côté solitaire aussi !

S : C’était Depardon qui disait que pour être photographe, il fallait aimer la solitude. Mais après voilà tu vas voir plein de gens, tu fais tes trucs et tout. Moi j’ai été voir aussi plein de gens, mais c’est vrai que les relations que je crée prennent du temps tout simplement parce que pour moi, ça doit prendre du temps. Sauf que les relations qui ont été créées, elles sont soudées. Ce sont des choses qui ont mis 2, 3, 4, 5 à 6 ans à se faire et sauf que là, les confiances sont extrêmement là et en exagérant, on donnerait la vie l’un pour l’autre, quoi ! Il n’y a plus… « Ah, oui, tu me proposes ça ? » Pfff, je te dis oui d’avance ! Et dans le marketing, il y a ce côté se mettre ensemble pour pouvoir toucher plus de monde, pour travailler mieux. Moi, je pense que c’est ce qui me manque aussi beaucoup. Je travaille un peu trop tout seul même si je me soigne un peu. En tout cas, je travaille trop tout seul en termes de marketing, en termes de gens qui markètent pour du tuto photo, pour de la formation photo. Les gens avec qui je bosse, c’est plus des YouTubeurs qui n’ont pas du tout le même business model que moi.

F : Qu’est-ce que tu penses assez rapidement sur ça ? J’en avais discuté avec un ami YouTubeur, il n’y a pas longtemps. On discutait justement qu’à chaque fois qu’un entrepreneur qui utilise YouTube un peu comme toi, un peu comme moi sort une vidéo de vente où on va clairement parler de notre produit, essayer de le vendre, etc., à chaque fois qu’il y a ça, comme tu dis, il y en a qui font ça d’une façon ridicule avec le paperboard, ou la Lamborghini ou la piscine, un truc comme ça ?

S : À quel point c’était mis en scène ou pas ? Je crois que ce n’était pas mis en scène, que ce n’était pas voulu, que c’était aussi merdique que ça.

F : Il y a eu la polémique avec Seb la Frite qui s’était foutu de la gueule d’un marketeur comme ça. Et justement à chaque fois qu’il y a… Ou des mecs comme Antoine Blanchemaison, je ne sais pas si tu le suis, qui vend que du marketing aussi et qui utilise vraiment les codes et qui les pousse au bout. Eh bien, les « vrais YouTubeurs », les mecs qui font soit du divertissement à la Squeezie soit de la vulgarisation à la e-penser qui finalement pensent la même chose du business sur YouTube se foutent de leur gueule publiquement en faisant une vidéo comme Seb la Frite soit parlent dans leur réseau interne en disant : « Ouais c’est des mecs qui décrédibilisent les YouTubeurs, etc. ». Alors que c’est des gens qui commencent petit à petit à se mettre à ce business-là à avoir une liste mails, à vendre des trucs. Qu’est-ce que t’en penses de tout ça, toi ? Qui a raison ?

S : Personne n’a raison ! C’est juste qu’ils utilisent YouTube d’une façon très différente. Après beaucoup comme Bruce de e-penser, ils sont extrêmement bons marketeurs et extrêmement bons businessmen. C’est une de ces très grosses qualités en plus de la vulgarisation. En fait, il faut faire la différence entre un Squeezie d’avant, je ne les suis pas, mais des Norman, qui ont eu leur succès grâce à YouTube et des gens qui ont un produit et qui arrivent sur YouTube pour le vendre. C’est pour moi, très différent. C’est dans ce sens-là que je te dis que je ne suis pas YouTubeur, pour moi. D’un côté si, je me suis lancé dans YouTube sans vouloir vendre quelque chose, mais c’était plus dans le côté enseigner, côté faire passer des choses. Pour moi, ils utilisent le réseau YouTube de façon tellement différente que de ça vient l’incompréhension. Évidemment si un mec comme Cyprien ou autre faisait une vidéo de vente avec tous les codes du marketing et tout ça, ça ne marcherait pas parce que son public, ce n’est pas ça. Sauf que le gars qui est marketeur et qui vend, il y en a un que je suis et que j’aime beaucoup Marketing Mania qui est un très bon, mais lui il vend à des marketeurs. Ou des gens qui veulent faire du marketing. Donc c’est tout à fait logique qu’il emploie les codes du marketing. Ce serait même idiot qu’il ne le fasse pas.

F : Et pourtant lui, sa chaine YouTube a passé les 100 000 abonnés sur une chaine de marketing — ce qui est juste délirant — c’est aussi parce qu’il a vraiment su exploiter les codes de YouTube.

S : Aussi ! Mais il y a des deux. En fait, il a réussi à vulgariser le truc, donc à devenir attractif et derrière, il réussit à…

F : Et la finalité, ça reste quand même la même dans le sens où tu crées une communauté. Et plus la communauté est engageante, plus le langage est en accord avec ton contenu, avec toi, plus ça sera poussé par YouTube, plus tu feras des ventes.

S : Regarde un mec que j’ai rencontré et qui est vraiment vraiment bon, c’est Fabien Olicard. Lui, c’est un dieu. Le mec, il comprend tout. Et je regardais des analyses de ses façons de faire et tout. Le gars est ultra gentil, quand tu le rencontres tu as juste qu’une seule envie, c’est de passer du temps avec lui. Il n’est vraiment pas con. Même si je trouve que maintenant c’est beaucoup trop dans le YouTube game pour moi, mais c’est pour ça que j’ai lâché un petit peu le truc. Mais il a réussi, il a sorti son bouquin qui a été un succès monumental. Il a réussi à impliquer sa communauté, il a réussi à jouer sur…

F : Il utilise ce qu’on appelle le marketing de tribu. Ce que dit le bouquin de Seth Godin qui est excellent à ce sujet !

S : C’est tout à fait ça. Le truc c’est que j’essaie de faire un peu ça, mais c’est que ça demande du temps et ça demande de ne pas rester tout seul dans son coin. Tu peux le faire tout seul dans ta chambre et tout ça, mais ça demande de montrer des choses, de faire des choses. Et ce n’est pas le truc que je rêve le plus, en parler avec les gens… Donc il y a toujours un côté : « Est-ce qu’il faut montrer les choses ou pas ? » Ça prend de l’énergie, ça prend du temps, et pour revenir à ta question, je suis désolé, je me perds un petit peu. Donc non, au contraire, aucun n’a raison. Il faut faire comme tu as envie de le faire. Et je pense plus que les gens comme Seb la Frite ont trouvé un bon couillon à mettre en avant pour faire des vues plutôt que de vraiment contrebalancer le truc. Après l’autre vidéo, je ne sais plus son nom, elle était vraiment vraiment conne ! C’était plus pathétique qu’autre chose. Pour rebondir là-dessus je dirai plutôt qu’à chaque fois par exemple quand je fais une vidéo de vente, elle est forcément un peu plus difficilement acceptée qu’une vidéo qui n’a pas de réel but de vendre. Ou alors il faut trouver un bon stratagème. J’avais eu une vidéo qui avait très très bien marché. C’était une formation sur la photo de couple. Et j’avais montré la séance couple qui était dans la formation, mais sans les commentaires de la formation. Donc j’ai fait en 10 min, j’avais condensé des trucs, mais j’avais fait en 10 minutes avec les voix de quand je suis sur la séance photo. En disant : « Voilà, il y a la version commentée. qui dure 2 heures avec le post traitement avec tout ça dans cette version-là ».

F : Donc tu montres ton extrait quoi !

S : C’est un extrait, mais qui n’est pas dans la formation. Je ne prends pas un extrait de la formation et je la passe. C’est un extrait autre…

F : Tu avais créé du contenu pendant le tournage de la formation pour t’en servir comme promotion du compte ?

S : C’est le même contenu, mais il n’y avait pas ce contenu-là dans la formation. Il n’y avait pas le contenu sans commentaire. Et c’était déjà ultra intéressant pour les gens qui n’achetaient pas et les gens qui voulaient aller plus loin, eh bien, ils achetaient le truc. Donc je pense qu’il faut être assez intelligent sur ce côté-là et pas juste faire une vidéo de vente. Ou alors, bien dire au début, ceci est une vidéo de vente.

F : C’est ce que fait Stan d’ailleurs chaque fois ! Chacune de ses communications mêmes sur ses tunnels de vente en mail, je l’expérimente aussi. Ça marche bien si tu dis clairement les choses. Et du contenu gratuit ! Ce podcast est un contenu gratuit, derrière il y a du contenu payant, et plus tu apportes de valeur à la fois à ton contenu gratuit et contenu payant, plus tu vends.

S : Oui. C’est pour ça que toutes les vidéos comme ça où soit c’est un peu sponsorisé, soit c’est sponsorisé, soit j’ai quelque chose à mettre en avant, je le dis dès le début. Je ne le dis pas dans le titre, parce que dans le titre je trouve que ça fait trop. Mais dès le début, c’est dit.

F : Après il ne faut pas se tirer une balle dans le pied volontairement sous prétexte qu’on a une croyance ou un truc comme ça.

S : Mais il faut le dire dès le début. En fait je crois que le pire c’est de cacher les choses. Et chaque fois que tu le dis au début, au moins ce n’est pas caché et les personnes qui décident de regarder ne se sentent pas trahies. Il y avait eu une polémique, il y a 2 ans. Un truc avec un YouTubeur français où il était chez Quick et qu’en fait il n’avait pas dit que la vidéo était sponsorisée. Ça avait fait un gros tollé et d’ailleurs ça avait amené sur les coups des, je ne sais pas si c’est une loi maintenant…

F : Je ne sais plus…

S : Si si c’était un YouTubeur français qui avait fait ça, je ne sais plus son nom.

F : Il y en a beaucoup qui ne disent pas quand même. Même des gros !

S : Ca je trouve ça… J’ai une vidéo comme ça… je m’étais ramassé pas mal de pouces rouges et de mauvais commentaires justes parce que les gens croyaient qu’elle était sponsorisée alors que pas du tout. C’était une vidéo que j’avais faite sur un jeu vidéo que j’utilisais pour montrer la composition photographique. C’est juste que je trouvais le jeu tellement beau que j’ai dû le dire plein de fois dans la vidéo. Mais c’était sincère, c’était juste que ce jeu je l’ai adoré. C’était un de mes jeux préférés. Et à la fin les commentaires, c’était « C’est dommage de ne pas dire que la vidéo est sponsorisée ». Eh bien, non, elle ne l’est pas. Et dans la vidéo d’après, j’utilisais des Lego pour montrer un truc. « Je ne suis pas sponsorisé par Lego, hein ». Et tu montres du Canon pendant tout le temps, les gens ils ne te disent pas que tu es sponsorisé par Canon, quoi !

F : On me l’avait reproché sur une vidéo. Je faisais voler mon drone Mavic pour la première fois. Et au moment où je le sors, j’ai dit : « Ceci n’est pas un placement de produit ». J’aimerais hein, mais bon ! Après dès que tu t’adresses comme ça à la masse, les gens forcément, de la même façon que tu as des haters, tu as aussi des gens qui vont même parfois te suivre, même des clients chez toi qui vont quand même commenter de façon un peu bizarre parfois.

S : Ouais, mais ça, ce n’est pas très grave. Tu vois, contrairement, j’ai sorti une vidéo sur Adobe Stock en disant bien que c’est une vidéo sponsorisée, qu’il y avait une offre et tout et expliquant totalement le truc derrière et ça s’est ultra bien passé.

F : Oui parce que tu coupes l’herbe sur le pied des gens qui vont potentiellement t’embêter. Justement c’est une très bonne transition.

S : Je savais que tu m’évaluais là-dessus, c’est pour ça.

F : C’est ça ! (rires) Et on va finir sur ça parce que je n’ai pas envie de te prendre tout ton temps. Tu as plein de vidéos à tourner. Justement, tu parlais dans l’une de tes dernières vidéos au moment où on enregistre ce podcast, sur Adobe et sur le business de l’image de stock, c’est quelque chose qui fait toujours un peu débat sur tout ce qui est Fotolia, Shutterstock, etc.

S : Fotolia est Adobe Stock maintenant !

F : C’est les deux même maintenant !

S : Ah bon ?

F : Adobe a racheté Fotolia. Ah bon, je ne savais pas.

S : Même si ça existe encore. Enfin, ils sont en train de…

F : Ils gardent la marque jusqu’au moment…

S : Je ne connais pas tout ça, mais… Je ne sais pas si Stock est devenu Stock parce qu’ils ont racheté Fotolia, mais en tout cas, c’est le même… il y a un truc quoi.

F : Parce que moi, je parle pas mal dans les formations notamment des agences de presse et banques d’images. Parfois, on est un peu à la frontière tu vois avec des structures comme Alamy. Je ne sais pas si tu connais !

S : De nom, oui !

F : …Qui est un peu comme une agence de stock, mais qui vend quand même majoritairement à la presse ou dans l’éditorial. Est-ce que tu conseilles aux photographes de se lancer dessus ? Et qu’est-ce que tu en dirais de ce business-là ?

S : Après c’est un business que je ne connais pas encore assez. Mais juste de façon — pas philosophique, le mot serait trop fort — mais juste de façon éthique et de conscience, c’est un business comme un autre. Et je ne vois pas pourquoi je dirais aux gens de ne pas y aller. Après il faut juste ne pas se faire d’illusion. J’ai comparé en fait les stocks avec YouTube. C’est que sur YouTube, il y a des millions et des millions de vidéos, pourquoi la tienne plus qu’une autre ? Eh bien, c’est pareil. Il y a des millions et des millions de photos, pourquoi la tienne plus qu’une autre ? Pour réussir sur YouTube, c’est du boulot, c’est un peu de la stratégie, c’est de l’abnégation, c’est se donner à fond. C’est pareil pour les stocks. En tout cas, je vois ça de la même façon. C’est-à-dire qu’il va falloir bosser. Ce n’est pas juste : « Tiens, je vais rester chez moi, je vais prendre 4 photos, je vais les mettre et je vais devenir multimillionnaire ». Ceux qui font des millions grâce aux stocks bossent comme des acharnés ou bossaient comme des acharnés. Et je dirai que le seul truc qui est vraiment bien avec Stock comme avec la formation en ligne ou quelque chose comme ça, c’est que c’est du produit qui, une fois que c’est fait, ², ça peut nous rapporter même dans 10 ans.

F : C’est de l’actif, quoi !

S : Voilà, c’est de l’actif. Plutôt que par exemple pour un workshop, eh bien, une fois qu’il est fait, normalement il ne te rapporte plus rien derrière, quasiment plus rien. Un mariage, derrière il ne va rien te rapporter, 1 an après il ne te rapportera plus rien le mariage.

F : C’est un peu comme un livre, comme une formation en ligne.

S : C’est quelque chose qui va pouvoir durer si tu as bien fait ton truc, si tu entretiens, tout ça. Donc c’est en ça que les stocks peuvent être une bonne chose. C’est juste qu’il faut bosser, il faut chercher, il faut y aller. Si on ne se fait pas d’illusion, oui, c’est une bonne chose. Si on se fait des illusions, non ce n’est pas une bonne chose. Si tu es du genre à ne pas te lever le matin pour bosser et attendre d’avoir un vrai client qui t’appelle pour pouvoir faire quelque chose, tu n’y arriveras pas. Donc je conseillerais aux gens qui ont vraiment envie de se lancer, qui ont vraiment envie de bosser et que si c’est un domaine qui les intéresse, de faire des photos de tout et de n’importe quoi. Donc tu peux techniquement faire ce que tu veux de ta vie. À chaque voyage, je rencontre quelqu’un qui suit ma chaine. À Bali, en juin, en sortant d’un truc, quelqu’un qui m’appelle, c’était un Marocain qui suivait ma chaine depuis quelques années. Et lui il faisait tout un tour, il était devenu backpacker. Il va de pays en pays faire des photos qu’il met sur les stocks. Et voilà, ça peut être une façon de vivre.

F : Il gagnait combien tous les mois, il t’a dit ?

S : Ça, je ne sais pas, on ne s’est pas encore revu. Puis on s’est vu 5 minutes donc ce n’était pas non plus le truc. Je dois lui faire un interview. Et voilà, je trouve ça cool. Même moi, ça m’a changé quand j’ai commencé à voir pour les stocks. C’est vrai qu’en partant à Bali j’ai fait plein d’images qui pourront aller sur le stock. Donc au lieu de revenir et de me dire je ne sélectionne que 100 photos, dont tout ce que j’ai fait, j’en ai sélectionné 800 que je pourrais mettre sur le stock. Donc il y a des trucs que j’ai pris en photo uniquement en me disant que ça va se mettre sur les stocks et je n’en ai absolument rien à foutre de ces photos. Et même pour un photographe lambda, ça peut être cool de juste — enfin, il faut bosser divers, quand tu fais du mariage et qu’il n’y a rien — de faire des photos de voyage. Plutôt qu’elles dorment sur ton disque dur, tu peux les mettre là. Je ne pense pas que ça prenne du travail à des gens…

F : Il y a tout le boulot des IPTC quand même qui doivent être assez… je passe un temps fou. D’ailleurs si tu as des petites astuces sur ça, je suis preneur.

S : Non, je ne passe pas de temps dessus. Ça fait partie des choses que je dois bosser et qui m’emmerdent.

F : Moi, je suis journaliste, du coup quand je fais des reportages pour la presse j’essaie de vendre après les photos en individuel, en illustration. D’ailleurs, c’est des tarifs qui sont bien meilleurs que le stock en général puisque ça dépend des publications aussi. Si c’est Paris Match forcément ça sera bien mieux payer qu’une publication web sur un site en Corée du Sud. Et du coup l’investissement vaut le coup, mais il y a quand même un énorme travail à faire sur les IPTC des images, les métadonnées. Il n’y a quasi pas de ressources en ligne sur ça. Donc oui, c’est quand même assez compliqué.

S : Là-dessus… ça fera partie… Parce que là, j’ai un partenariat avec Adobe Stock donc ça fera partie des choses qu’ils vont m’apprendre.

F : Tu vas faire une formation sur ça ?

S : Que je pourrais redonner là-dessus. Si tout se passe normalement, il y aura des vidéos en semaine sur le sujet de temps en temps, et ils vont me former là-dessus auprès de gens qui réussissent.

F : C’est chouette !

F : C’est cool, oui !

F : On attend ça avec impatience alors.

S : Oui, il faut être un peu patient parce que là, c’est l’été, tout le monde est en vacances. En fait, ce qui est cool dans tout ça, ce qui est cool dans la photo, c’est qu’il y a tellement de façons d’en vivre. Il y a tellement de façon de faire la photo et surtout d’en vivre. Il y a tellement de domaines différents qu’il y a de la place pour toutes les personnalités et tous ceux qui ont envie de bosser. Le seul conseil que je vais pouvoir vraiment donner, c’est de bosser. Après, de bosser intelligemment, mais c’est juste que rien n’arrive quand on ne fait rien.

F : C’est qu’on fait en plus un métier qui est frustrant parce que quand on parle de notre métier aux autres, enfin moi, quand je rencontre des gens, que je leur explique un peu ce que je fais ils me disent : « Ah ouais, en fait, tu es tout le temps en vacances ou c’est quoi le délire ? À quel moment tu travailles ? C’est quoi ton vrai travail ? » Du coup, je leur explique. Ils me répondent : « Ah ouais, mais moi aussi je peux le faire appuyer sur un bouton et gagner 2000 € en faisant un reportage ». Mais c’est vrai que c’est frustrant. Et de voir en plus que tous les ans c’est le métier préféré des Français, la photographie. Enfin c’est le métier qui fait le plus rêver les Français.

S : J’ai du mal à le comprendre ça !

F : Ouais, et finalement…

S : Ça doit être truqué !

F : Il y a quelqu’un qui doit jouer avec ça…

S : Je ne trouve pas ça logique. Mais après ils voient, je pense, certaines choses du monde de la photo qui sont complètement… genre les grands photographes de star ou les trucs comme ça et tout quoi.

F : De jolis modèles !

S : Après le boulot d’un photographe, c’est 80 % du temps n’est pas faire des photos.

F : D’ailleurs 80 % du temps de ce podcast, on n’a quasiment pas parlé de photo. Et puis même, j’ai l’impression que plus je fais des interviews moins je parle en plus de business aussi, j’ai l’impression de plus parler de développement personnel. De pousser un peu la discussion…

S : Eh bien, le truc c’est qu’on va parler vraiment de photographe professionnel, on ne parle pas de photographe amateur. Mais avant d’être photographe professionnel, tu as ton entreprise donc il faut savoir la gérer. La compta, c’est con, mais la compta, c’est pour tout le monde. N’importe quelle activité que tu fais, il y a de la compta. N’importe quelle activité que tu fais il y a de la paperasse. Si tu travailles avec quelqu’un, il va avoir du mal à le joindre. Donc il vaut mieux être bon, il vaut mieux sortir d’une école de commerce plutôt que de sortir d’une école de photo.

F : D’ailleurs la compta d’une pizzéria doit être beaucoup plus simple que la compta d’un photographe, par moment. Tu dois gérer le tarif, les différents clients, les facturations étrangères, la TVA qui est aussi à l’étranger ou pas. C’est bien rigolo !

S : C’est vrai ! C’est un domaine qui peut être absolument passionnant. C’est juste qu’il ne faut pas se donner l’illusion de « J’adore ça, c’est ma passion donc je vais en faire un métier ».

F : Ça ne suffit pas !

S : Ça ne suffit vraiment pas.

F : Ce que disait un précédent photographe Ambroise Tézenas, je ne sais pas si tu connais, qui est un photographe artiste qui bosse beaucoup pour de grands magazines de déco ou des choses comme ça, qui disait « Vous voulez vous lancer dans la photo ? Vous aimez ça ? Vous avez envie de le faire ? Ça ne suffit pas. » Il faut aller chercher le client, il faut se vendre, il faut faire plein de choses.

S : Totalement !

F : Super ! Est-ce que tu as envie de rajouter quelque chose ? Un dernier conseil ou nous dire ou est-ce qu’on peut te retrouver ?

S : Oui, eh bien, un dernier conseil, j’en aurai plein donc…

F : On va directement envoyer sur ta chaine YouTube pour trouver tes conseils.

S : Ça sera plus simple (rires). Le conseil, c’est d’y aller. J’ai la chaine « F/1.4 ». Après c’est plus facile de le retrouver sur le site funquatre.fr. La chaine YouTube F/1.4, c’est avec une vidéo toutes les semaines, au moins une par semaine même l’été. Et l’idée de ces vidéos c’est vraiment d’enseigner la photographie bien sûr, mais de le faire sans se prendre la tête avec beaucoup de gros mots (rires). On me fait souvent la remarque qu’il faut arrêter de dire « putain ». Je leur réponds : « Putain ! ».

F : Mais c’est un peu français quoi !

S : Ouais, mais c’est vrai que c’est un gros mot !

F : Viens à Toulouse, ça ne l’est plus, c’est une conjonction de coordination.

S : C’est comme à Marseille c’est ça ?

F : Un peu moins trash que les Marseillais, c’est un peu plus classe quoi ! (rires)

S : Et avec de l’humour, j’aime bien ne pas me prendre la tête. Et dire les choses comme j’ai envie de le dire. C’est essentiellement tourné vers les photographes professionnels, en tout cas qui se lancent dans le professionnel. Un peu plus axé forcément vers ce que je fais dans le cœur de mon métier donc le mariage. Et il y a aussi beaucoup de Photoshop, beaucoup de Lightroom avec de super formations sur Photoshop et sur Lightroom, pour se lancer dedans.

F : Tu auras… à la fin de ce podcast.

S : C’est ça ! (rires) On fait une offre à la fin pour qu’ils…

F : « Cliquez dans le lien en description, cliquez… »

S : Non, mais ce n’est pas ça. Normalement, il faut faire une interview donc il faut faire une offre vers la fin pour affilier et tout ça.

F : Il faut qu’on organise un workshop à deux pour ça. On prend les préinscriptions, ça marche, on le fait.

S : J’ai fait ça à la fin d’une vidéo, c’était avec Michael Ferire, il a dit : « Ça vous tente qu’on fasse un workshop ensemble ? » Et on en a déjà fait 3 ensemble, et ça continuera.

F : C’est génial, excellent ! C’est un vrai message.

S : Ça peut être vraiment cool. Quand tu fais plaisir aux gens et que tu leur apportes une vraie valeur, autant s’amuser. Tout le monde est étonné de l’ambiance des workshops parce qu’on n’est pas à table, on n’est pas en salle de classe, on est en train de rigoler, on passe la soirée ensemble à se bourrer la gueule, à manger et à discuter…

F : C’est intéressant, c’est quand le prochain workshop ?

S : Le prochain est à Lyon, le prochain libre est à Lyon pour du portrait, fin septembre. Il y aura tous les workshops mariage qui vont se relancer pour la saison 2019 et puis workshop portrait, mais je n’ai pas encore mis les dates. Ça, on trouvera sur funquatre.fr, sûrement quand le podcast sortira, le nouveau site sera en ligne. Il sera bien mieux, il sera bien mieux au niveau marketing aussi.

F : Écoute, je te remercie !

S : Merci à toi !

F : Merci beaucoup, merci pour tout !

S : Merci à toi de t’y être intéressé et puis à bientôt !

F : À bientôt !

Cet épisode du podcast est maintenant terminé. Si ce dernier vous a plu et que vous voulez le soutenir, il vous suffit de vous abonner sur iTunes et de laisser une note de 5 étoiles, ainsi qu’un commentaire. Cela ne vous prendra qu’une minute et aidera grandement au référencement du podcast. Enfin, un dernier mot pour vous dire que si vous souhaitez avoir plus d’information et de conseil pour faire grandir votre activité de photographe professionnel, vous pouvez-vous abonnez gratuitement à ma newsletter du lundi dans laquelle je partage chaque semaine des conseils très utiles. Le lien est en description de cet épisode. Je vous donne rendez-vous dans le prochain podcast du Photographe Pro 2.0. À bientôt !

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Entretien avec une iconographe

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Valérie Philippe est iconographe indépendante.
Dans ce nouvel épisode du podcast, elle nous parle de son métier et de l’importance de ce dernier.

Avec près de 20 ans d’expérience dans la presse et un long passage par la célèbre agence parisienne « Rapho », cette iconographe lyonnaise nous donne de très bons conseils pour bien proposer nos photos aux rédactions.

On parle notamment de l’importance de l’éditing et de la construction très rigoureuse d’un sujet, d’une histoire, d’un reportage.

Valérie nous donne aussi des pistes et des conseils pour bien négocier ses tarifs avec ses clients et notamment d’autres iconographes.

Enfin, elle rappelle l’importance d’aller au contact des autres acteurs de la photographie et le fait de privilégier le contact humain et dans la vraie vie.

Je vous souhaite une bonne écoute !

 

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Transcription écrite de l’épisode :

 

Salut à tous ! Et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0. Le podcast dans lequel je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce podcast, nous parlons webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, mais aussi des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes, de laisser une note de 5 étoiles et de partager cet épisode autour de vous.

Valérie Philippe est iconographe indépendante. Dans ce nouvel épisode du podcast, elle nous parle de son métier et de l’importance de ce dernier. Avec près de 20 ans d’expérience dans la presse, et un long passage par la célèbre agence parisienne Rapho, son iconographe lyonnaise nous donne de très bons conseils pour bien proposer nos photos aux rédactions. On va parler notamment de l’importance de l’editing, et de la construction très rigoureuse : un sujet d’une histoire de reportage. Valérie nous donne aussi des pistes et des conseils pour bien négocier ses tarifs avec ses clients, et notamment d’autres iconographes.

Enfin elle rappelle l’importance d’aller au contact des autres acteurs de la photographie, et le fait de privilégier le contact humain et dans la vraie vie. Je vous souhaite une bonne écoute.

On est avec Valérie Philippe sur une étude iconographe et qui va nous parler aujourd’hui d’iconographie, de choix de photo, qu’est-ce que c’est le métier d’iconographe parce qu’on n’en connait pas assez. Et est-ce que tu es d’accord aujourd’hui pour nous partager quelques conseils pour de bonnes pratiques ? Peut-être à avoir quand on est photographe pour vendre ses photos à la presse, pas forcément qu’à la presse puisque je pense que dans tes clients tu as aussi des journaux qui ne sont pas forcément des titres de presse classiques. On s’est rencontré avec une de tes demandes, justement, via… de photos pour un magazine, ce n’est pas magazine Défense, mais c’est un magazine sur la Mutuelle des Armées.

V : C’est le magazine de la Mutuelle des Armées qui s’appelle Uneo.

F : Donc c’est un magazine corporate, de communication ?

V : De communication, on peut dire oui. Mais en tout cas, qui s’adresse exclusivement au monde de l’Armée, aux militaires.

F : Est-ce que tu peux te présenter un petit peu ? Nous parler un petit peu de ton parcours.

V : Alors, mon parcours, moi j’ai commencé en tant qu’iconographe à l’agence Rapho, je suis rentré en 95 et j’y suis resté pendant 10 ans et je travaillais au département international. J’étais en charge en fait de l’iconographie pour la presse étrangère, l’édition étrangère. J’étais aussi en lien en fait avec les agences étrangères que nous représentions en France, donc il y avait plusieurs agences que ce soit une agence anglaise, une agence allemande, italienne, différentes agences. Et je m’occupais aussi de l’export, c’est-à-dire envoyer, traduire l’ensemble des sujets qui étaient produits par les photographes de l’agence Rapho et donc les envoyer à l’ensemble des agences. Et puis je dirais, booster les agences pour faire des ventes, pour booster les ventes. Et d’autre part, je m’occupais aussi, bien entendu, de vente directe auprès de magazines importants avec lesquels on travaillait comme Newsweek, Time, Le New York Times, Stern en Allemagne, Geo Allemagne, Marianne. Et puis je travaillais beaucoup avec la Suisse aussi avec la presse suisse. Donc j’essaie d’obtenir un maximum de commande, parce qu’il faut savoir que les photographes de Rapho n’étaient pas des photographes salariés, donc ils ne vivaient que de droit d’auteur donc il fallait trouver des opportunités pour que les photographes puissent produire et que ces productions soient prises en charge par des magazines. C’est en commande, donc en fait les photographes travaillent en commande, et ensuite une fois que les photos avaient été publiées dans le magazine producteur, les photos revenaient dans le fond de l’agence et on les revendait et voilà ! Mais bon les commandes étaient pas toujours si fréquentes que ça, tous les photographes ne travaillaient pas forcément en commande. Beaucoup d’entre eux produisaient leurs propres sujets sur leurs propres fonds, donc ce n’était pas évident parce que derrière il fallait déjà se rembourser les frais, donc c’était compliqué. Donc c’est vrai que la vie, financièrement, pour les photographes ce n’était pas évident. Et je pense qu’aujourd’hui ça ne s’est pas arrangé.

F : Donc du coup toi, ta mission c’était de mettre en relation le photographe avec un journal ?

V : Tout à fait. Donc moi j’allais voir mes clients, je montrai des portfolios, et j’essaie de vendre les photographes, vendre leur regard et aussi leurs reportages et tout ça quoi. Bon, la plupart des relations commerciales que j’avais, en fait, se passaient au festival de visa pour l’image à Perpignan où là, moi et la personne avec qui je travaillais, Sylvie Languin qui était donc la responsable du département international, on était 2 sur l’international et c’était à Perpignan pendant une semaine non-stop du lundi au samedi, de 9 h du matin jusqu’à 17-18 h c’était rencontrer les clients, trier les portfolios, recevoir des photographes étrangers qui montraient leurs portfolios et qui parfois justement 6 heures. On a fait des découvertes assez extraordinaires pour l’image. Je dis entre 95 et 2005, donc c’était soit une dizaine d’années. Donc, Rapho a été racheté par Hachette dans les années 2000, je ne sais plus exactement, et à ce moment-là, mon rôle a changé dans le sens sachant qu’entre temps, ils avaient racheté l’agence Gamma, et puis Keystone. Donc là, on m’a demandé en fait de m’occuper des ventes, donc là je ne faisais plus du tout d’iconographie, d’ailleurs j’en étais bien malheureuse, et je m’occupais exclusivement des ventes de reportage, essayer de trouver des commandes et vente aussi de portrait de célébrité, de photographe d’agence Gamma et de l’agence anglaise que nous représentions qui s’appelait, je crois, l’agence Kat si je ne me trompe pas, ça remonte un peu loin. La problématique pour moi c’était de mettre en concurrence des photographes salariés de Gamma et des photographes de Rapho qui ne vivaient que dans le droit d’auteur. Donc, il y a eu un plan social et je suis partie en même temps satisfaite et pensant avoir bouclé un peu la boucle, tout ce que je pouvais faire en fait à Rapho.

F : Et aujourd’hui du coup, tu es iconographe indépendante ?

V : Donc aujourd’hui je suis iconographe indépendante, pendant les 10 années qui ont suivi après Rapho, j’ai travaillé dans plusieurs agences comme Pitchertank, j’ai été responsable commerciale au sein du groupe Marie Claire pour revendre la production photo et texte des magazines du groupe. Ça, j’ai fait ça pendant 1 an. J’ai travaillé peu de temps, mais chez Max BPP, puis j’ai travaillé dans certains magazines, j’ai un petit peu tourné dans des magazines divers et variés. Voilà, et puis aujourd’hui je suis sur Lyon, et je continue mon activité d’iconographe avec quelques clients qui sont sur Paris.

F : D’accord, et c’est quoi le métier d’iconographe ? Ça consiste en quoi ?

V : Bah le métier d’iconographe, c’est proposer des visuels qui puissent coller à un propos.

F : Quel est l’intérêt d’avoir des iconographes aujourd’hui ? Volontairement, je mets un peu les pieds dans le plat aussi sur ça, aujourd’hui la grande partie des photographes sont photographes indépendants, ils travaillent pour plusieurs clients différents comme je fais, comme plein de gens qui écoutent ce podcast le font aussi. Et ils apprennent à se vendre eux-mêmes, ils arrivent à répondre à une demande qui est directe. Les agences aujourd’hui n’ont plus la puissance qu’elles avaient avant. Pourquoi aujourd’hui passer par une iconographe ? À quoi ils servent les iconographes aujourd’hui ?

V : Bah l’iconographe a une connaissance approfondie de l’ensemble des fonds iconographiques qui existent, déjà d’une part. En fait, de gens non professionnels je dirai, en quotient des entreprises, bon dans la presse je crois qu’ils connaissent leurs métiers, ou dans l’édition. Mais je veux dire un iconographe est censé en tout cas savoir où trouver tel type de document, ça peut être un document historique. On peut aller, on peut faire appel par exemple à des parcs nationaux aux États-Unis parce qu’on cherche une photo de montagne bien précise, ça peut être un fond historique, ça fait appel aussi quand même à des recherches plus approfondies sur des thématiques bien précises. Et puis aussi, tout dépend aussi du budget à louer par le client, parce que quand il n’y a quasiment pas de budget pour les droits d’auteurs, on est obligé parfois de se débrouiller sur ce qu’on appelle des microstocks. Et on ne trouve pas tout, donc il faut comprendre que parfois aussi il faut faire comprendre à nos clients que s’ils veulent vraiment de la qualité, il y a des choses qu’on ne trouve pas dans les agences de microstock.

F : Sur le côté en général, ils vont te payer toi et en plus du coup il faut qu’ils payent aussi la production que tu vas trouver ?

V : Tout à fait.

F : Et toi tu ne prends pas de commission par exemple sur ces ventes ?

V : Non non.

F : Donc toi tu vends une prestation à ce client et derrière il peut avoir des couts en plus ?

V : Tout à fait. Bah forcément il y a des couts en plus.

F : Et ça, ça fonctionne encore aujourd’hui ?

V : Bien sûr.

F : D’accord, c’est quelque chose qui semble un peu compliqué à imaginer en fait.

V : Il y a peut-être des iconographes qui prennent un pourcentage sur les droits d’auteur ? C’est possible, moi je n’ai jamais entendu. Mais moi, mon rôle, vis-à-vis de mes clients, c’est de leur fournir un nombre de visuels suffisant pour qu’ils puissent faire leurs choix. Donc imaginons, si j’ai, on va dire, 10 visuels à trouver, enfin 10 thématiques différentes, je vais proposer son sujet. Parce que parfois, les sujets ne sont pas aussi riches que ça. J’ai proposé 10 images, 15 images, peut-être parfois que 4, parfois que 3 parce qu’il n’y a pas autant de matériel que ça disponible. Et donc après c’est au client de choisir. Et mon rôle c’est aussi de négocier les droits d’auteur, c’est le rôle aussi d’un iconographe. S’assurer qu’on a tous les droits, droit d’image. Et puis négocier avec l’agence ou le photographe indépendant. Voilà, gérer le crédit, etc.. et après on apporte ça au client et le client après n’a plus qu’à payer de son côté. C’est ce que je fais par exemple avec le magazine Lunéo. Je fais un récapitulatif de photo, le format le négocie à tel tarif.

F : C’est toi qui négocies les tarifs pour ton client du coup ?

V : Ouais.

F : D’accord.

V : Mais il peut arriver parfois que des iconographes ne négocient pas et vont juste fournir les visuels sur des bons d’images, des microstocks par exemple.

F : Et là, quand tu négocies tu te bases sur des tarifs UPP, des trucs comme ça ? Sur des grilles tarifaires de syndicat ou pas forcément ?

V : Alors, il y a 2 possibilités parce que moi j’ai vu, quand j’étais salariée dans l’ensemble des groupes de presse dont lesquels j’ai travaillé, je pense presque tous, ce sont les magazines qui ont leurs propres tarifs. Donc là, on appelle le photographe, donc là je suis plus indépendante, là je suis au sein d’un magazine, c’est le magazine qui impose ses tarifs. Le photographe il est d’accord ou il n’est pas d’accord. Ou alors il y a des deals qui sont faits avec les agences ou quelqu’un, bon à ce moment-là, on est censé chercher dans telle ou telle agence, parce qu’il y a des deals qui ont été faits, des accords. Moi, actuellement, je travaille pour un client qui lui n’a pas ses propres tarifs, ce qui n’est pas fréquent. Mais bon, moi régulièrement j’appelle les photographes, je dis : « Voilà, le tirage il est d’autant, le format il est tant. Qu’est ce que vous proposez comme tarif ? »

F : Et pourquoi tu n’élabores pas une grille tarifaire ?

V : Mais j’y pense, mais voilà, le problème c’est que je veux que les choses soient équilibrées par rapport au photographe, c’est-à-dire que le client il aura tendance si moi j’établis une grille tarifaire à rabaisser un maximum. Si on commence « à imposer » en tout cas les tarifs du client au photographe, je mets un doigt dans quelque chose où je sais que ça peut franchement aller à la baisse. C’est ça qui me met un petit peu dans une situation où je ne suis pas très très à l’aise. Et moi je sais que les photographes ne vivent que dans un droit d’auteur, donc c’est pour ça que je tiens aussi à ce que les photographes soient suffisamment payés, en droit d’auteur ou en salaire.

F : Il y aura d’autres podcasts prochainement sur ça, sur notamment avec les gens de carte de presse et des syndicats d’auteur, justement pour ça. Qu’est-ce que tu donnerais comme conseil à un photographe qui va avoir une collaboration avec une iconographe ? Peut-être avec toi, qu’est-ce que tu remarques comme erreur fréquente que font les photographes et qui à chaque fois quand tu vois ça tu dis « mais c’est dommage parce que si tu ne faisais pas ces erreurs tu aurais beaucoup plus de résultats, tu arriveras à avoir plus de photos, tu arriverais à mieux vivre tes images » ?

V : Je pense c’est de savoir monter un sujet. Une histoire, raconter une histoire.

F : Même pour des photos d’illustration ? Correspondant à une demande très ciblée comme toi tu en fais souvent quand tu dis « il faut une photo pour une hauteur, pour une largeur, avec tant de personne, tant d’équipement, de chose comme ça.

V : En faisant du reportage aussi, on crée l’illustration.

F : Non, mais c’est vrai, il y a plein de gens d’ailleurs qui ne pensent pas à ça : à faire un reportage et créer de l’illustration en même temps.

V : Enfin, moi quand je travaillais à l’agence Rapho, l’ensemble des photographes qui faisaient du reportage, ses photos elles étaient utilisées aussi en illustration. Donc, ce qu’on appelle l’illustration pure, style un peu bon d’image et tout ça, moi c’est pas du tout ma culture en fait. Donc un photographe qui souhaite vraiment produire l’illustration pure et dure, ce n’est pas ma culture donc je ne sais pas trop moi je suis plus issue de la photo journaliste, du reportage humaniste.

F : Et pour une photo journaliste, justement, est-ce que tu penses qu’il fut avoir comme réflexe quand on est face à un iconographe ou quand on va l’être prochainement pour vendre des images ? Parce que pas forcément une iconographe indépendante comme toi, mais peut-être une iconographe dans une rédaction ?

V : Mais, je pense, il faut vraiment montrer des sujets, à mon avis construits, d’une part si on peut. C’est important, donc savoir raconter une histoire. Et puis savoir montrer aussi qu’on est capable de travailler dans des environnements différents. Et, alors est-ce qu’on sait faire du portrait ? Si on sait faire du portrait, il faut vraiment montrer du vrai portrait. Moi c’est ce que je pense donc il faut mettre en valeur, je veux dire ses compétences en tant que photographe et ses spécialités, ses spécificités. Je pense par exemple un photographe comme Jean Luc Manaud, bah qui est plus là, qui était un spécialiste du désert, de l’Afrique. Il ne faisait pas un bout que portrait par exemple, je pensais les choses comme ça. C’est montrer ce qu’on sait faire d’une façon la plus riche possible.

F : Mettre en avant ses qualités. Et est-ce que tu vois des erreurs, peut-être au niveau de la présentation de ses photos ? Dans le sens où on va peut-être t’envoyer, quand tu reçois une demande, des séries ou des liens Dropbox, des liens où ils transfèrent des choses qui sont peut-être même pas correctes en termes d’IPTC ou ce genre de chose, où les méthodes données ne sont pas ressemblantes.

V : Ça, c’est pas trop ça qui me choque en fait. Ce qui me dérange, je dirai plus, en fait le manque de compréhension par les photographes et parfois par certains iconographes dans certaines agences, ça arrive, qui en fait ne comprennent pas les demandes. Pourtant j’essaie d’être précise, je vais dire par exemple » je cherche une couverture, donc je vais avoir besoin, forcément a priori, don c’est plutôt une hauteur, ou alors si c’est une largeur qu’on peut recadrer » et j’envoie généralement la maquette avec le logo qui prend beaucoup de places donc il faut quand même s’adapter. Et j’envoie généralement un brief assez précis, et je dirai 80 % ne conviennent pas. Et je reçois trop d’images qui ne correspondent pas, la lumière parfois elle n’est pas bonne. Enfin soit ce n’est pas compris, soit ce n’est pas les images sont bonnes, elles ne sont pas bonnes niveau qualitatif, surexposé ou pas formidable ou alors pas du tout recadrable. Donc j’ai l’impression c’est une perte de temps. Je télécharge, donc de temps en temps j’en mets quelques-unes de côté, je dis « ouais, tiens ça c’est bien, tiens il a compris, un tel a compris, c’est bon ». Mais, c’est vrai que je ne garde pas la majorité parce qu’il y a un choix beaucoup trop large. Enfin bon, moi j’ai la culture, ce que j’ai appris à Rapho à faire des editing très courts, serrés. Et c’est vrai que ça je le vois pas beaucoup. Moi je préfère recevoir 4 images qui sont bien plutôt que 40 et après qu’il faut que je retravaille derrière, il faut que j’en extraie 4.

F : Donc, être plus concis, être plus sélectif, plus rigoureux dans son editing et surtout s’adapter à la demande, ce n’est pas pensé que ça le fera, et que ça pourra toujours être intéressant de t’envoyer des photos.

V : Mais il y en a certains qui pensent qu’en envoyant des photos, bon ça ne colle pas tout à fait, mais on ne sait jamais comme ça bon… Bah non, ça ne va pas, ça ne conviendra pas.

F : Et c’est un gros problème parce que l’editing ce n’est pas une matière qu’on apprend à l’école et même pas forcément à l’école de journalisme. Moi j’ai fait une école de journalisme, on n’apprend pas forcément à faire ça. Qu’est-ce que tu conseillerais au photographe pour se former seul à ça ? Comment apprendre à faire l’editing outre qu’en passant par une de mes formations ?

V : Je ne sais pas, parce que moi j’ai un peu appris à faire toute seule. J’ai appris sur le tas. Honnêtement, je ne sais pas quoi te répondre parce que moi mes premières années je suis arrivé à Rapho et j’avais l’œil et je savais ce qu’était une bonne image très très vite. Je ne suis pas meilleure que d’autres, mais je n’ai pas le souvenir qu’on m’a appris à faire un editing. C’est retenir, c’est conserver les meilleures images et qui en même temps faut que l’information soit importante et qu’elle soit esthétiquement parlant, ouais qu’elle tienne la route. Éventuellement qu’il y ait une horizontale et qu’il y ait une hauteur. Mais, j’ai vraiment appris sur le tas donc moi c’est ce que je dirais quoi. Trop d’images tuent l’image. On a un reportage qui tient sur 80 images. Enfin moi, j’ai appris à l’époque où les photographes travaillaient en Kodachrome ou en Ekta, et vraiment c’est pour ça qu’on déplaçait les photos tac tac tac, et puis on faisait l’editing avec le compte-fils sur la table lumineuse. Et c’est vrai que c’était serré, un reportage faisait 40 images, 30-40 et puis stop, basta ! Après le reste pouvait faire ce qu’on appelle des doublons, des triplons, ça pouvait partir en archive, en illustration, c’est comme ça qu’on travaillait. Mais c’est important de raconter une histoire et surtout ne pas faire de doublon, de répétition. C’est comme ça qu’on travaillait à l’agence Rapho, qui est une très très bonne école.

F : Moi, j’ai beaucoup appris aussi en rédaction. Puisque peut-être que t’es d’accord avec le fait qu’il faut aussi produire parfois en fonction du support dans lequel on va diffuser du coup ça sert à rien de faire que des hauteurs s’il y a que des doubles-pages de photos dans un magazine, et ce n’est pas quelque chose qu’on apprend instinctivement à faire.

V : Mais comme tu me disais, à Toulouse, tu avais fait un stage avec un photographe à « 20 minutes », et que tu disais que quand tu fais un reportage, mais il faut dans ta tête déjà prévoir « Tiens, il faut que je puisse proposer aussi une double, une couv’ ». Enfin, voilà il faut penser à tout. Moi je pense que c’est important aujourd’hui un photographe qui fait des reportages, qui veut vendre à la presse, je pense qu’il faut qu’il pense à tout ça. Mais je n’ai pas le sentiment que ça le freine dans sa créativité, enfin, je ne suis pas photographe, mais bon.

F : Tout à l’heure tu parlais de Visa pour l’image, justement qu’est-ce que tu comptes faire encore aux photographes d’aller à Visa pour rencontrer des iconographes et essayer de vendre, sachant que quand on y vend…

V : Alors je pense que c’est toujours bien d’y aller, honnêtement.

F : Puisqu’on se rend compte que c’est plus vraiment une plaque tournante pour faire du business quand on est photographe.

V : Alors, moi je n’y suis pas allé, ça fait un petit moment quand même, donc j’y suis allé vraiment à la belle époque, on va dire. Ça fait très longtemps que je n’y suis pas allée. Moi, j’ai connu Visa en 95-2008. Au début, c’était plutôt assez intimiste, mais bon c’est vrai que ça a un peu changé. Néanmoins, je pense que c’est intéressant pour rencontrer l’ANI (l’Association des Iconographes), vraiment, parce qu’ils sont très compétents et quand on est repéré par des iconographes… C’est-à-dire que l’information elle passe entre tous les iconos. Et les iconos c’est eux qui fournissent l’image dans les magazines. C’est très important d’être en contact avec les iconographes, vraiment. Donc je pense en tout cas, Visa pour l’image c’est l’occasion ou jamais. Je crois que s’ils ont… L’ANI intervient aussi et présent aussi en Arles, et sur d’autres manifestations. Donc il faut voir ça avec Claudia Zels, qui est la présidente de l’association. Et vraiment, ce sont des gens très compétents. Enfin moi je fais partie de cette association, mais je suis sur Lyon donc c’est un peu compliqué, je ne suis pas très active, mais c’est vraiment important en fait que les photographes se rencontrent via les membres de l’ANI. Je pense que c’est vraiment bien, s’il y a des photographes qui se manifestent parfois au sein de l’association pour montrer leur travail, je ne sais pas trop, ça, il faudrait voir avec Claudia. Mais c’est extrêmement important.

F : Qu’est-ce que tu penses quand tu parlais tout à l’heure des microstock ? Et c’est quoi la différence entre une agence et un microstock ?

V : Une agence pour moi, par exemple je vais parler de Signature. C’est une agence qui représente des photographes auteurs, qui sont dans une démarche humaniste, démarche personnelle, enfin on est vraiment dans quelque chose de très personnel, créatif. Tandis que ce que j’appelle moi, le microstock, ça ne veut pas dire que microstock est d’ailleurs nul, hein. Ce sont des photos d’illustration à moindre coût qu’on retrouve quasiment dans toutes les agences de microstock, qui ne coûtent pas très cher, mais qui sont censées représenter une certaine réalité de la vie, mais qui ne sont pas la réalité. Voilà, c’est une représentation American Way Of Life, c’est famille. Mais il y a des clients qui veulent ce type d’image, parce que non seulement c’est pas cher, mais aussi parce que quand ils demandent par exemple « Je veux un enfant avec sa mère en train de pique-niquer par exemple », si on va chez Tendance Floue, chez Signature on va avoir de vraies photos, « des photos qui ne sont pas montées », c’est la réalité. Ça va être peut-être la femme du photographe avec sa fille en train de grignoter un bout sur la plage. Par contre si on va sur des agences de stock, ça sera la jolie maman avec la jolie petite fille avec la petite nappe bien propre et ce qui n’est pas… Ce qu’on voit rarement quand même, voilà ce que je veux dire, ça reflète une réalité qui n’existe pas. Ça reflète un monde qui n’existe pas.

F : Ouais c’est plus pour du corporate ces usages-là.

V : Mais malheureusement non, dans la presse aussi.

F : Il y a quoi comme agence de microstock que tu peux citer par exemple pour qu’on ait une idée ?

V : Il y a Fotolia, AGE, Shutterstock, il y en a plein je sais plus.

F : Ça, ce n’est pas un moyen pour un photographe de faire connaître son travail ou tu penses que c’est une bonne chose ou une mauvaise chose de participer à ça ? Quand on est photographe pro ? Et qu’on veut bosser pour la presse ou faire du reportage par exemple ?

V : Un photographe qui fait du reportage pour moi, sa production ne correspond pas vraiment à ce que peut proposer les agences de microstock. Par contre, c’est juste parce que ça me fait penser à un photographe que j’ai rencontré qui habite à Paris dans le 18e, je ne m’en rappelle pas le nom. Le type est assez étonnant, qui en fait produit je ne sais combien d’images à l’année, je ne vais pas donner de faux chiffres, mais il produit en fait vraiment pour les agences de microstock. C’est un type calme, bosser pour la presse, etc. Qui a à peu près une cinquantaine d’années, il a son studio chez lui dans le 18e à Marx Dormoy et en fait, il a des accords avec des modèles, des mannequins, etc. Il fait ses prods, les mannequins ne se font pas payer et ils balancent ça à toutes les agences de microstock. Mais il produit, il produit, c’est du boulot, il produit énormément. Et en fait je l’ai rencontré il y a 5 ans, il gagnait 7000 € par mois, rien que de ses ventes de photos en microstock, donc elles ne sont pas vendues chères. Et ça augmentait de mois en mois, il a montré son relevé. Mais lui, en parallèle, il vendait ses photos sur son site, qui sont dans une agence de microstock, il les vendait en droit d’auteur. Il les vendait à la presse, à des agences qui connaissaient ce photographe qui ont vu sur son site « Ah elle est superbe cette image », mais qui ne savait pas que ces photos existaient en microstock, voilà !

F : En gros, on peut vendre à différents types de personne.

V : Mais lui, il produisait vraiment dans cet angle-là quoi. C’était : « Je veux coller à la demande, je veux faire… Je n’en sais rien, je sais plus ce qu’était la thématique », mais c’était bien fait, c’était propre et c’était clean. Il gagnait, il jubilait, il gagnait très très bien sa vie.

F : Mais ce que disent pas mal de photographes qui sont dans ce secteur-là, c’est que si on veut se lancer dans le stock, il faut vraiment faire que ça quoi. Et vraiment bien le faire. Et justement sur la partie, quand on est iconographe on est amené à chercher du « Libre de Droit », ce qui n’existe pas vraiment en France. Mais en gros, du gratuit.

V : Bah moi personnellement, quand j’ai des clients qui ont un budget, honnêtement je préfère faire appel à des photographes auteurs.

F : Je m’en doute, mais il y a des gens qui ne sont peut-être pas conscients comme toi que derrière il y a un vrai travail à rémunérer qui vont peut-être aller vers des Flickr, il y a ce genre de plateforme là. Et en même temps, j’ai rencontré des photographes qui m’expliquaient que c’était pour eux une façon d’avoir non seulement de la visibilité, mais aussi déclencher des ventes à long terme, d’avoir des images sur Flickr, pas libres de droits, mais librement téléchargeable par exemple, qu’est-ce que toi tu penses de tout ça ? Est-ce que tu penses qu’un photographe aurait tout à gagner à ne pas forcément percher à constamment protéger ses images.

V : Alors ça, c’est la grande question, pareil en musique, on pose la même question.

F : J’ai rencontré une compositrice, c’est pareil, qui fait ça. Toute sa discographie est sur Soundcloud.

V : C’est un album libre de droits pour se faire connaître. Moi, je ne suis pas convaincue.

F : C’est rigolo, un des premiers épisodes du podcast, c’est celui de Laurent Dequick, qui est photographe,  photographe un peu d’architecture, et qui bosse beaucoup avec Yellowkorner, qui fait du tirage d’art. Enfin tirage d’art, mais pour du particulier donc des gens qui n’ont forcément pas beaucoup de moyens pour investir dans de l’art. Et lui il dit quelque chose de très intéressant qui est : « Parfois ça ne sert à rien d’essayer de trop se bagarrer avec son client sur la question des droits d’utilisation des images, essayer de lâcher un petit peu du leste, être plus flexible pour être rappelé à nouveau, pour être moins casse-pied ». Toi, tu penses quoi de tout ça ?

V : (rires) C’est ménager la chèvre et le chou ! Je ne sais pas, c’est comme dans tout rapport commercial, c’est comme moi en tant qu’iconographe. Si je demande plus, si je demande à être mieux payée peut-être qu’on ne me rappellera plus. Qu’est-ce que j’en pense ? Je pense en tout cas il faut demander un minimum, comme un minimum syndical ou je ne sais pas. Mais on ne peut accepter de vendre une photo à 50 € par exemple.

F : Et justement, quel conseil tu donnerais à un photographe qui cherche les arguments un petit peu, autre que vous comprenez un appareil photo, ça coûte cher. Je fais un vrai métier, je n’appuie pas que sur un bouton. Quelle démarche tu conseillerais d’avoir à un photographe ?

V : En tout cas, un magazine, il se vend aussi en grande partie grâce à l’image, c’est l’image qui fait vendre. Et quand on vend une image, quel que soit le support, tout le monde est payé non ? Il me semble. Que ce soit pour une brochure, une affiche par exemple, une affiche d’un festival de théâtre, on va dire on n’a pas de budget, mais oui ! Mais alors l’imprimeur, il a été payé. Le graphiste il a été payé. Donc non j’estime que le photographe il doit être payé. À partir du moment où c’est de la création, on estime que la création quelque part ça n’a pas de valeur. Bah quand je vois, par exemple, sur Facebook des choses passer qui sont diffusées par la communauté de photographes avec lesquels je suis en contact. Et quand on voit des demandes que ce soit Marseille, je crois, qui ont passé… L’office du Tourisme de Marseille, je ne veux pas dire de bêtise, mais bon.

F : Ah oui, je l’ai vu passer. De Théo… un des membres d’… a partagé. J’ai vu, il a partagé !

V : Voilà, on demande : « Envoyez vos photos, vous êtes amateur alors on voudrait par exemple des champs de lavande en Provence, etc. Peut-être que vous aurez la chance d’être sélectionné, etc. »

F : Comme dans tous les concours d’Office du Tourisme ou de Région…

V : Et je trouve ça juste scandaleux quoi. Tout ça, c’est pour ne pas payer. Bah non, tu veux de la bonne image, tu payes.

F : Ouais, c’est être rationnel par rapport à avoir un discours commercial. Mais est-ce que toi, en tant qu’iconographe, ça ne t’est pas arrivé à un moment d’avoir une instruction de ne pas avoir de budget justement, et avoir quelqu’un au bout du fil qui te dit « Voilà, ce n’est pas assez cher payé pour cette photo ». Toi, tu n’as pas trop le choix parce que t’as que ce budget sous la main. Est-ce que t’as été convaincue par certains arguments de photographe qui t’ont fait changer d’avis ou que toi t’as envie de changer d’avis, tu vois ce que je veux dire ?

V : Ce n’est pas moi qui tiens la bourse non plus. Moi, je suis plutôt quand même du côté des photographes en général, parce que je comprends que ce n’est pas toujours évident. Et moi, je défends le photographe, mais j’essaie aussi que le client… Il y a parfois des demandes des photographes qui sont complètement aberrantes. Il peut y avoir des demandes de prix. « Écoute, non désolé, mais ça ne passera jamais ». Donc ça peut m’arriver de dire à des photographes : « En général, tu vois pour un quart de page, ça tourne à peu près autour de ça ». Donc j’essaie pour que les choses soient équilibrées, vraiment pour le client, et puis pour le photographe. C’est important, il faut aussi respecter les clients, moi je ne veux pas accepter il y a un photographe qui me demande 800 € pour un quart de page par exemple. Il y a des choses qui ne passent pas. Après… Je ne sais pas, j’ai été claire !?

F : Carrément, de toute façon après comme tu dis, c’est tout le temps un petit peu au feeling entre les gens. OK, écoute, est-ce que t’as un dernier conseil à donner aux gens qui nous écoutent, aux photographes ? Des trucs que t’aimerais partager ou peut-être une ressource que t’aimerais partager, peut-être un livre ou une ressource qui toi, tu penses qui pourrait être utile pour un photographe pour bien démarcher des iconographes ou vendre mieux sa production, vendre et revendre, si on parle d’agence par exemple ?

V : Alors là, non je n’ai pas d’idée là tout de suite maintenant, je n’ai pas réfléchi. En tout cas, c’est important de se faire connaître et ne pas hésiter à contacter, à appeler les rédactions, mais il n’y a pas que la presse. En tout cas, appeler les rédactions, se faire connaître. Il n’y a rien à dire c’est rencontré des gens. Ce n’est pas envoyer un mail, bon, envoyer un mail oui, mais aller rencontrer les rédacteurs photo, aller dans des festivals, rencontrer les iconographes, les membres de l’ANI (Association Nationale des Iconographes). Puis voir aussi, regarder tout ce qui se passe, regarder publication et ce qui se fait. C’est-à-dire qu’avant d’aller voir un magazine, va savoir un petit peu aussi de quoi ça parle. Parce qu’il arrive parfois qu’il y ait des photographes qui se présentent et qui ont un matériel qui ne correspond absolument pas.

F : Ce que dit justement Dimitri dans son interview.

V : C’est important, c’est garder les yeux ouverts, les oreilles grandes ouvertes et être toujours à l’affut de tout ce qui se passe, ce que m’avait dit Stanley Greene quand je suis rentré à Rapho, on avait des amis en communs donc c’était quelqu’un que je connaissais bien. Et avant que je suis rentrée à Rapho il m’a dit : « Valérie, open your eyes, open your ears, tu rentres à Rapho ça va être extraordinaire, mais tu écoutes, tu regardes et tu emmagasines, tu emmagasines toutes tes connaissances, c’est important ». Donc, oui je dirai ça. Va voir ce qui se passe, aller dans des festivals, puis voilà, regarder les livres qui sortent et voilà !

F : Je te remercie.

Cet épisode du podcast est maintenant terminé. Si ce dernier vous a plu et que vous voulez le soutenir, il vous suffit de vous abonner sur iTunes et de laisser une note de 5 étoiles ainsi qu’un commentaire. Cela ne vous prendra qu’une minute et aidera grandement au référencement du podcast. Enfin un dernier pour vous dire que si vous souhaitez avoir plus d’informations et de conseils pour faire grandir votre activité de photographe pro, vous pourrez vous abonner gratuitement à ma newsletter du lundi dans lequel je partage chaque semaine des conseils très utiles, le lien est en description de cet épisode. Je vous donne rendez-vous dans le prochain podcast du Photographe Pro 2.0. À bientôt !

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Julien Fabro : comment vivre de YouTube

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

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Julien Fabro est un jeune créateur lyonnais très actif sur les réseaux sociaux, notamment YouTube et Instagram.

Il n’est pas photographe professionnel mais il arrive à vivre de sa production photo et vidéo.

Dans ce nouvel entretien, on parle essentiellement d’influence.
Quel est ce nouveau marché et en quoi consiste ce nouveau métier d’influenceur ?

Julien nous donne des conseils pour avoir plus de followers sur Instagram et faire gonfler sa chaîne Youtube.
Au moment où nous avons enregistré cet épisode, sa chaîne est suivie par plus de 40 000 personnes et des marques viennent régulièrement le solliciter pour des collaborations et autres prestations.

Il va partager avec nous comment monétiser ses réseaux sociaux et concrètement comment gagner de l’argent avec un blog ou une chaîne Youtube.

Enfin, Julien est aussi ambassadeur Panasonic, il est équipé par cette marque et nous explique comment il en est arrivé là.

Je vous souhaite une bonne écoute !

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Salut à tous et bienvenue dans Podcast Photographe Pro 2.0. Je m’appelle Fred et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, mais aussi des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Julien Fabro est un jeune créateur lyonnais très actif sur les réseaux sociaux notamment YouTube et Instagram. Il n’est pas photographe professionnel, mais il arrive à vivre de sa production photo et vidéo. Dans ce nouvel entretien, on parle essentiellement d’influence. Quel est ce nouveau marché et en quoi consiste ce nouveau métier d’influenceur ? Julien nous donne des conseils pour avoir plus de followers sur Instagram et faire gonfler sa chaine YouTube. Au moment où nous avons enregistré cet épisode, sa chaine est suivie par plus de 40 000 personnes et des marques viennent régulièrement le solliciter pour des collaborations et autres prestations. Il va partager avec nous comment monétiser les réseaux sociaux et concrètement comment gagner de l’argent avec un blog ou une chaine YouTube. Enfin, Julien est également ambassadeur pour Panasonic, il est équipé par cette marque et nous explique comment il en est arrivé là. Je vous souhaite une bonne écoute.

F : On est donc à Lyon avec Julien Fabro qui est influenceur, YouTubeur. Tu vas te présenter, tu vas nous dire qui tu es exactement. Nous on s’est connu la veille du 14 juillet l’année dernière où on était tous les deux dans un hélicoptère de combat en dessus de Paris. Ce qui était une expérience assez rigolote, pas banale. Merci à toi de donner un peu de ton temps pour partager avec les auditeurs de ce podcast. Tu es aussi photographe en tant que vidéaste. Est-ce que tu peux te présenter et nous dire un peu qui tu es et ce que tu fais ?

J : Ouais carrément. Bonjour à tous ! En gros je suis un jeune créateur lyonnais, j’ai 26 ans. Aujourd’hui sur Internet, je produis des vidéos sur YouTube sur ma chaine. Ça, on va dire c’est mon plus gros business. Autour de tout ça, on a plein de choses qui gravitent. Déjà j’ai un site Internet qui s’appelle Piwee.net. C’est un blog lié à l’actualité, marketing, etc. Ensuite je fais aussi pas mal de consulting sur le social média. Je fais aussi pas mal de prod » vidéo parce que ça s’imbrique un petit peu avec YouTube, etc. J’essaie vraiment de m’axer sur ça. Et je suis petit peu prof sur story telling vidéo et sur l’influence marketing.

F : Et tu as quel âge ?

J : 26 ans.

F : OK, c’est génial ! Ici on est dans un espace de co-working au moment où on fait l’interview à Lyon. Et tu interviens aussi dans ce même bâtiment tu me disais pour donner des cours en tant que prof sur cette thématique-là justement. Comment tu en es venu à arriver comme ça, à créer un business en ligne et aussi à devenir créateur vidéaste, photographe ?

J : Longue question ! En fait tout a commencé, j’ai eu mon bac, etc., j’ai commencé par suivre des études dans le commerce. Un BTS NRC, j’ai fait 2 ans. Et suite à mon diplôme, j’ai décidé de rejoindre une société. J’ai eu une opportunité, j’ai été chargé de développement pendant 1 an au sein d’une start-up qui faisait une sorte de coque pour téléphone. C’est juste une coque que tu mets derrière, tu peux personnaliser et moi j’étais là pour la partie commerciale. Mais vu que c’était une start-up, j’ai touché un petit peu à tout. Aux réseaux sociaux et à la communication. D’ici là, je me suis dit en fait que c’est génial. Internet c’est magique, il y a encore 5 ans je n’étais pas sur Facebook. Je n’avais rien ni Twitter ni chaine YouTube. Je n’avais rien. Et là j’ai été piqué à ça. Je me suis dit « Écoute, là, je quitte tout ». Je quitte le commerce pour me consacrer à la com ». J’ai repris en fait une 3e année à suivre du com », école de communication. Donc là c’était vraiment apprendre les bases de la com ». Et pendant ce temps j’étais en alternance en community manager (CM). En fait c’est à partir de cette année où j’ai ouvert tous les profils sur les réseaux sociaux. Vu que j’étais CM en alternance, j’avais de grosses responsabilités, mais bon j’y suis allé un peu au bullshit. Je leur ai dit « Prenez-moi, je suis très bon, je m’y connais en social média » alors que pas du tout. Et en fait les 3 premiers mois je me suis vraiment autoformé dessus. Mais vraiment sur la créa, sur le story telling, sur les réseaux sociaux, sur la curation, sur tout un tas de choses. Et c’est en faisant toutes ces recherches que j’ai découvert l’univers magique des blogs. Et là je me suis dit, c’est incroyable. La partie même qui me faisait rêver tu sais c’est ces blogueurs qui partaient en voyage et qui recevaient des cadeaux. Et là je me suis dit, j’étais tout jeune, vraiment c’est cool. Du coup, je me suis dit que moi aussi je vais écrire un blog. Donc là j’ai créé un premier site sur quelque chose qui me faisait kiffer. J’avais envie d’écrire sur le marketing. Donc j’ai créé un premier site qui s’appelait creativads.wordpress.com. Il n’y avait pas question de payer, je ne savais pas comment ça marchait donc j’avais quelque chose de gratuit. Et voilà, j’ai découvert tout ça comme ça. Pour te dire en espace de 1 an j’ai fait 12 000 visites sur ce site. Ce n’était pas dégueu j’étais content. Ensuite j’ai fait mon année, j’ai eu mon diplôme. En début de 4e année je me suis dit, là ça me plait, j’ai fait un peu de visiteurs, etc., maintenant j’aimerais un vrai site à moi, plus large, je ne vais pas me cantonner qu’à la pub. Et là, je mets les moyens, je m’achète un thème, un nom de domaine, un hébergement, etc. Et le projet Piwee est né ! Donc j’étais toujours en alternance dans l’entreprise où j’étais avant. J’étais toujours en SUP’DE COM en 4e année. Et là dès le premier mois, en lançant ce premier site bidon l’année d’avant, je me suis fait mes armes. J’ai connu tout un tas de gens sur Twitter, mais de manière totalement virtuelle. Et en fait il y a un truc que j’adore faire, c’est aller échanger avec les gens par DM. Des gens que je ne connais pas. Des pointures, des CM, des chargés de com », des responsables com », même des directeurs d’agence. Et en fait je me suis fait mon petit réseau, très rapidement j’ai eu plein de personnes qui m’ont suivi. Donc quand j’ai lancé Piwee, il y a eu le petit coup d’annonce. Dès le premier mois, j’ai fait 15 000 visiteurs. Et là, la machine était lancée. Deuxième mois, pareil, 30 000 visiteurs.

F : Et c’était déjà monétisé ou pas encore ?

J : Non. Pas du tout. Les 6 premiers mois, ce n’était pas monétisé. Et dis-toi que sur les 4 premiers mois je faisais fois 2 tous les mois en termes de trafic. Au bout du 2e mois, j’ai créé Piwee en novembre 2013. En décembre 2013 j’avais une agence de com » à Lyon, agence RP qui m’a dit « Julien, on a vu ce que tu fais avec Piwee, etc., on aimerait te proposer un poste chez nous pour on va dire créer un pôle social média pour digitaliser l’agence. Pour que l’agence prenne ce virage digital. » Je leur ai dit OK, à 2 conditions : j’ai négocié un peu le salaire et surtout je ne peux pas venir sans travailler sur Piwee. Donc l’idée c’était que je peux gérer Piwee quand je veux. Ils ont dit oui pour les 2 choses. Du coup j’ai dit au revoir à l’école, à la formation. Finalement je n’ai qu’un bac +3 et j’ai dit au revoir à l’alternance. Ça les a un peu fait chier. Et pendant 6 mois j’étais community manger en agence et à la fois blogueur. En fait ça a duré 6 mois parce qu’au bout d’un moment Piwee grossissait, je devais être à 150 000 visiteurs au bout de 6 mois, ce qui est cool. J’avais déjà une petite équipe de rédaction, des gens qui étaient chargés de produire du contenu gratuitement pour moi en échange de visibilité. C’est des étudiants qui ont besoin d’avoir une petite ligne sur le CV en mode « moi aussi je produis des choses sur Internet » et ça les distingue des autres quoi. Donc ça, c’est super cool, c’est fait de manière donnant donnant. Et en aout, 8 mois après le lancement de Piwee, j’ai quitté l’agence pour me consacrer à Piwee à plein temps. Et le jour où j’ai pris cette décision, je n’ai rien négocié, j’ai dit « Je me barre » et je n’avais aucun revenu sur Piwee. Donc là j’ai ouvert toutes les vannes pub : Adsense, Criteo de la retargeting, un peu de Taboola, c’est les suggestions de site en bas. Il y a eu quelques articles sponso et en fait dès le premier mois je me suis fait un SMIC et là, la machine était lancée.

F : Ah ouais direct ? Excellent !

J : Et il n’y a pas eu de temps mort. Et c’était une prise de risque de ouf parce que j’avais un CDI, j’ai démissionné. Donc je n’avais pas le chômage, je n’avais rien et je me suis dit que mon kiff c’était de produire du contenu sur Internet et voilà. Et voilà c’était une histoire un peu longue désolée.

F : Non c’est super intéressant. C’était quand que tu as quitté ton boulot pour monétiser ton site ?

J : C’était il y a 4-5 ans.

F : Ah c’était il y a pas très longtemps en fait.

J : 2014 donc 4 ans.

F : Tu penses qu’aujourd’hui tu pourrais refaire ce même choix avec les revenus Adsense qui baissent et tout ça ?

J : Pour donner un chiffre, enfin je m’en fous de parler d’argent. Avec Piwee très rapidement, j’ai gagné entre 600 et 2600 € par mois avec Adsense. Ce qui est costaud.

F : Genre les mois les plus mauvais, c’était 600 €…

J : Là on s’était arrêté en aout 2014, 1 an après, en avril, mai et juin 2015, c’est des mois où j’ai pété les scores où on était à plus de 1 million de visiteurs mensuels. Là, c’est ouf c’était un peu plus de 2600 € sur Adsense. Donc là tu vois ça fait plaisir, c’est cool.

F : Là, aujourd’hui tu fais encore du Adsense et tout ça ou tu as arrêté ?

J : Et du coup là, ça s’est totalement pété la gueule. Parce que déjà tu as l’audience de Piwee qui a baissé totalement parce que c’est un site qui dépend des réseaux sociaux, du reach et des algorithmes qui font chier. Excuse-moi, mais on peut le dire.

F : On va en parler un petit peu de ça justement.

J : On va en parler un petit peu, mais voilà aujourd’hui Piwee fait 100 000 visiteurs. C’est du quali, une cible de créateurs, de communicants, etc. Mais c’est dommage. Et les revenus Adsense…

F : Dépendent du trafic et donc du coup, se sont cassé la figure.

J : Attends je reprends juste le fil de ta question, tout ça pour dire que pour finir l’histoire, Piwee, j’aime bien prendre cet exemple, tu as toujours un cycle de vie d’une entreprise. Tu sais t’as la phase de création, t’as la croissance, t’as la phase de maturité et t’as le déclin. Piwee aujourd’hui est en fin de maturité. C’est-à-dire qu’il faut que je me pose la question est-ce que c’est en déclin ou est-ce que ça va repartir ? Là j’en suis là aujourd’hui. Et en fait je me suis posé cette question il y a 2 ans. Là, les algos, ils commencent à faire chier. La vidéo est tendance, etc., et j’ai découvert un créateur américain, c’est un peu ma star. C’est Casey Neistat ! Et les vlogs en fait qu’il faisait, ça m’a transpiré. Parce que pareil je bougeais énormément avec les marches, je faisais beaucoup de voyage, etc. Et je me suis dit, le format vidéo même si j’avais hyper peur de la vidéo je me suis dit c’est ce qu’il faut faire.

F : Donc Casey Neistat, pour ceux qui ne connaissent pas c’est un vlogueur américain qui a révolutionné un petit peu le style de vidéo sur YouTube, sur les réseaux sociaux en filmant sa propre vie. Enfin il n’a pas vraiment inventé, il y a des gens qui le faisaient avant lui, mais qui ne faisaient pas aussi fréquemment. Lui, il l’a fait tous les jours le daily vlog. Je crois qu’il est passé de 300000 à 4 millions d’abonnés en 1 an. C’était la plus grosse audience sur YouTube. C’est vrai qu’aujourd’hui il y a plein de gens qui ne le connaissent pas encore alors qu’il a 10 millions d’abonnés. Et c’est hallucinant quoi. Juste une petite parenthèse pour ceux qui ne le connaissaient pas.

J : Et tout ça pour dire que j’ai pris ce virage. En fait depuis 2 ans, ce qui est marrant c’est que j’ai retrouvé cette fougue quand j’ai créé ma chaine YouTube que j’avais au début de Piwee. Au début de Piwee, j’écrivais tout le temps des articles pour entretenir le feu, pour avoir du trafic, etc. Et quand j’ai lancé ma chaine YouTube, je faisais 200 vues par vidéo pendant les 6 premiers mois. Et je faisais 3 vidéos par semaine. Donc ça me prenait environ 60 % de mon temps. C’est à partir de ce moment où Piwee a aussi diminué en trafic parce que j’avais moins de temps dessus. Mais après, c’était tellement un kiff personnel que Go, quoi ! Et aujourd’hui tu vois pour répondre à ta question, c’est difficile de vivre d’un business par Internet uniquement avec les revenus Adsense ou publicitaires. Avant c’était ouf, même sur Piwee tu sais quand tu mets des vidéos Dailymotion par exemple sur ton site, les pubs tournent, c’est toi qui vas gagner de l’argent. J’étais à 15 $ du CPL.

F : Ce qui est énorme !

J : C’est incroyable ! Aujourd’hui à mon avis c’est divisé par 15.

F : Le CPL sur YouTube c’est 1 je crois hein.

J : 0,70. Et aujourd’hui tu vois avec ma chaine YouTube, je suis à un peu plus de 40000 abonnés. Je fais entre 200 000 et 400 000 vues mensuelles.

F : Et tu génères de la publicité sur chacune des vidéos ?

J : Oui. Juste au début.

F : D’accord. Ca génère combien ça ?

J : Ça génère environ 200-300 € par mois.

F : Surtout quand on voit le travail que tu mets dans tes vidéos. J’invite les auditeurs à aller voir tes vidéos parce qu’il y a vraiment des trucs. En fait ce qui est rigolo c’est de voir ta progression. Je vois dans les commentaires il y a tant de gens qui disent « Wouah, t’as progressé, etc. ». Et c’est vrai en fait pour t’avoir suivi depuis pas loin du début parce que ta première vidéo en immersion avec l’armée c’était il y a 1 an et demi ? Voilà donc pour avoir suivi un peu de loin tout ça je vois la différence avec aujourd’hui, ta prod » vidéo ressemble à certaine prod » d’agence de com » qui envoie quoi ! Je ne dis pas tout ça pour te flatter, mais c’est vraiment impressionnant et puis ce qui est rigolo c’est que t’as cette capacité de fougue, de joie, d’avoir envie de comprendre comment ça fonctionne et ça se voit avec la photo. Et non c’est vraiment très impressionnant. Et c’est quoi aujourd’hui ton business model, parce qu’à force des choses t’es devenu ce qu’on appelle un influenceur. J’avais déjà parlé dans un précédent podcast avec l’interview de Steven Herteleer, tu connais ? C’est un photographe de mode. Il bosse beaucoup pour L’Oréal en prod » vidéo aussi. Il a un gros business et à force des choses comme il bouge tout le temps, il est 6 mois par an dans un avion, il est devenu un influenceur voyage. Il travaille avec Alex Vizeo. Il a livré énormément de trucs. L’interview dure 45 min je crois, je te conseille de l’écouter, tu apprendras peut-être 2-3 trucs. Et du coup ce nouveau métier d’influenceur est-ce que tu peux en parler ? Comment toi tu le vois, comment tu le vis ?

J : Déjà le mot influenceur ça veut tout dire et ne rien dire. L’influenceur on va dire pour définir, c’est quelqu’un qui a une communauté sur internet et qui a cette capacité d’influencer. Ça peut être l’acte d’achat, c’est ce que les marques visent en fait. Les influenceurs, ça existe depuis la nuit des temps avec les célébrités, avec les stars, etc. C’est des communautés en ligne. C’est un métier hyper compliqué parce que t’en as des vrais, t’en as des faux, t’as ceux qui achètent. Je pense que t’as vu mon évolution.

F : Oui t’as acheté des followers, ça se sent. (rires)

J : Tous mes followers sont faux. On les voit dans les commentaires. Voilà c’est un travail de longue haleine. Tu travailles tout le temps, etc. Et aujourd’hui ça a la chance de payer et c’est super cool, mais il y a énormément de taffes derrière.

F : Et puis tout le monde ne perce pas en plus.

J : Oui tout le monde ne perce pas non plus. Moi je dirai l’influenceur c’est le truc à la mode. Quand tu vois un petit peu les courbes aux USA, les investissements dans l’influence marketing c’est énorme. Et apparemment dans les 5 ans à venir il y aura plus de budgets dans l’influence que dans la télé. Et vu qu’on a 5 ans de retard en France là, on commence vraiment à avoir beaucoup beaucoup d’opérations avec les influenceurs. Toutes les marques veulent faire ça.

F : On voit beaucoup d’influenceurs qui sont en fait des créateurs et on a l’impression que pour être influenceur il faut forcément être un bon créateur. Est-ce que t’es d’accord avec ça ou pas ?

J : Non. En fait pour moi je dissocie vraiment créateur et influenceur. L’influenceur tu vois c’est, je ne sais pas par exemple si on reste un peu dans le délire de YouTube. Sur YouTube tu prends McFly et Carlito, tu prends Squeezie, tu prends Amixem ou des choses comme ça, je les adore ils font du bon taffe, mais ce n’est pas des gens qui savent filmer tu vois. C’est des mecs qui sont drôles. Ils ont des monteurs avec eux. Et Go quoi !

F : Ils sont dans la création, mais pas vidéo ni photo. Ils sont dans la création de texte…

J : C’est des créateurs de fait, parce qu’ils sont sur Internet, ils font des vidéos, mais ce n’est pas eux qui font… Tu n’es pas sur la même patte qu’un photographe, qu’un vidéaste.

F : Et à contrario est-ce que tu penses que tous les photographes peuvent être influenceurs ? C’est un peu la question que se posent beaucoup de photographes. Tu vois par exemple dans mon audience, il y a des photographes qui ont parfois 10-20 même 30 ans de métier qui se retrouvent à se prendre un peu la réalité du marché aujourd’hui notamment le marché de la presse dans la figure, qui voient les gens comme toi qui regardes avec un peu méfiant ou parfois risible et qui se disent que c’est pas juste ou tu vois qui sont un peu parfois même aigris. Et qui se disent « Ouais, mais moi tout ça je pourrais le faire » tu vois, mais qui finalement ne le font pas du coup ils ne trouveront jamais les résultats. Est-ce que tu penses que toi, avec le recul que t’as sur ça et qui fait maintenant de la photo et de la vidéo de façon professionnelle sauf que t’es pas sur les mêmes canaux de distribution que nous autres photographes pros qui vont dans la presse, les particuliers les choses comme ça… C’est quoi ton opinion sur ça ? Est-ce que toi tu penses, est-ce que t’as envie de dire que les photographes devraient être influenceurs ou pas forcément ?

J : En fait « on ne nait pas influenceur on le devient ». Et on ne choisit pas. Moi je n’ai jamais choisi de devenir influenceur. Quand j’ai lancé Piwee c’était un kiff. Quand j’ai lancé les vidéos, c’était un kiff aussi. Il n’y avait aucune finalité derrière. C’est juste un élan. Après quand t’es photographe t’as la chance d’avoir une patte. T’as la chance de produire du contenu qui est visible et qui est beau. Donc c’est beaucoup plus facile de se créer une communauté parce que c’est chouette ce que tu fais. Par contre quelqu’un qui se lance, qui ne sait pas trop faire de photos, ça va être un peu plus difficile. Après genre un photographe peut devenir influenceur ? Ça dépend, pour toi c’est quoi un influenceur ? C’est quelqu’un qui a une communauté ou c’est quelqu’un qui a la capacité de vendre des choses à des marques ?

F : Qui crée une communauté, qui va faire des opérations avec des marques, qui va faire du contenu sponsorisé, qui va produire du contenu comme tu fais en marque blanche, des choses comme ça.

J : Je pense que tous les photographes, tous les vidéastes, tous ces créateurs doivent avoir des comptes pour être visibles sur Internet, mais on ne peut pas déclencher le truc. Il y a des photographes qui sont bourrés de talents et qui sont à 200 abonnés sur Instagram depuis 4 ans quoi.

F : Qu’est-ce qui leur manque à ces gens tu penses ? Pourquoi un photographe ne fait pas décoller son compte Instagram même s’il a la meilleure prod » du monde, qu’il a des publications dans les plus gros magazines et que son compte n’explose pas ?

J : Mauvais hashtag, mauvaise visibilité, mauvaise communication. Il ne sait peut-être pas se mettre en valeur. Ce n’est pas son métier non plus tu vois. On va dire que l’influenceur, c’est un couteau suisse. Il maitrise tout. Il maitrise la prod », la communication, il sait se vendre. Il deale avec des marques, il modère. Bref il y a tout un éventail de chose qu’on doit maitriser pour être « influenceur », pour entretenir sa communauté. Donc le photographe sait se vendre, mais est-ce qu’il sait communiquer autour de ce qu’il fait ? Ça, ce n’est pas sûr.

F : Donc ça veut dire qu’il faut qu’il se forme à toutes ces compétences-là.

J : Ça peut être intéressant de passer par de la formation ou de prendre des conseils. Un petit consultant qui va driver en y faisant une strat social média à suivre. Mais c’est hyper compliqué. Toi par exemple, t’as des voyages de fous, etc., t’as un bon compte Insta ?

F : Moins de 10 000.

J : Ah non, je n’ai rien dit. Je croyais que t’étais à 300 k.

F : Sur YouTube par exemple j’ai un peu de mal, mais je sais que je n’y vais pas à 100 %. Moi la leçon que j’ai tiré de tout ça c’est que si tu ne t’y mets pas à 100 % tu n’auras pas les résultats qui suivent. Ce n’est pas un truc qui se fait tout seul, tu peux automatiser une partie de ton activité, de ta création, etc., mais c’est toujours un peu compliqué. Est-ce que t’as des conseils à donner sur tout ce qui est justement autour d’Instagram ? Et puis après de YouTube ? Instagram c’est assez évident pour un photographe, YouTube un peu moins.

J : Tu parles en termes d’évolution et de communauté ?

F : Par exemple, ouais. Ou d’optimisation de chaine, de compte.

J : Ben après sur Instagram je m’y lance vraiment à fond. Là l’objectif c’est vraiment péter le game et balancer vraiment de la belle photo et faire plaisir. Du coup sur Instagram il y a plein de choses qu’il faut faire pour que ta chaine grossisse, etc. Moi je capitalise vraiment sur ma chaine YouTube. Tous les abonnés que j’ai sur Insta, c’est des gens qui me suivent sur YouTube. Et du coup j’essaie de faire un maximum de relais depuis ma chaine YouTube sur Instagram. Ensuite sur Instagram, l’objectif, ça va être de se faire repérer par des comptes plus gros qui vont réutiliser tes photos, te taguer, etc. T’as des comptes par exemple @bokehshots ou @electricshots, etc. C’est des comptes qui ont entre 100 et 500000 abonnés. Ils partagent que de belles photos avec des bokeh ou avec une patte ou avec une certaine lumière, un flair, etc. Et l’objectif ça peut être les taguer sur tes photos pour qu’eux les voient et te citent.

F : Pour qu’ils repartagent ton contenu, l’utilisent sans te payer pour ensuite te donner de la publicité.

J : Exactement. Et ça cartonne.

F : Et ça tu vois c’est un truc qui est complètement inconcevable pour un photographe professionnel. Parce que nous le but du jeu, c’est qu’on achète nos images.

J : Ouais c’est sûr, mais quand tu tapes un compte à 200 k abonnés, les gens qui suivent ce compte ils savent que c’est de la belle photo donc ils ont envie de la transpirer. Une photo qu’ils trouvent cool, ils vont aller voir les créateurs. S’ils aiment bien une photo, ils aimeront toutes tes photos. Après c’est ça, tu investis pour être visible. Et demain une OP que tu vendras à 500 € avec 300 abonnés Instagram, demain tu la vendras à 2000 € avec 15000 abonnés Instagram.

F : C’est quoi une OP justement ? Qu’est-ce que tu entends par OP ?

J : Une OP je ne sais pas, c’est une marque qui vient me voir en me disant Julien écoute j’aimerai t’inviter en Corse pour que tu testes mon hôtel et que tu me fasses une vidéo et des photos Insta.

F : Donc là tu vas travailler pour cette marque, mais bénévolement. En échange juste du voyage et des trucs comme ça où tu vas être payé en plus ?

J : Ça dépend, t’as un peu tout. Généralement t’es payé.

F : T’es payé comment ? T’es payé à la journée de travail ou au contenu que tu vas délivrer ?

J : Ca dépend de tout le monde quoi. Moi je sais que je facture à la journée de travail. On va dire qu’une vidéo, ça me nécessite 2 jours de travail, je vends 2 jours de travail. Pour les immersions par exemple, quand je pars 4 jours, là c’est au forfait.

F : Et tu définis ça en fonction de tes clients ou tu as des tarifs fixes ?

J : Non j’ai des tarifs fixes. Après l’influence c’est hyper modulable. Je sais qu’une vidéo, ça me coute ça, par contre quand il faut faire une vidéo plus 15 stories plus 3 photos Insta plus des Tweets, etc.

F : En gros plus il y a du boulot, plus tu vas en demander plus.

J : Ah, c’est sûr !

F : Donc en gros ton nombre de followers, de fans, de likes virtuels va définir aussi ton chiffre d’affaires indirectement puisque ça sera une augmentation éventuellement de ton cout de travail.

J : En fait c’est une petite partie tu vois. Après je sais que j’ai ma patte bien à moi. Si quelqu’un me contacte pour que je lui fasse une vidéo, il ne va pas me contacter pour avoir une vidéo. Il va me contacter pas pour me jeter des fleurs, mais pour avoir du Julien Fabro. Un style très identifiable avec du B-roll qui part dans tous les sens, des beaux plans, etc.

F : Après tu fais de la prestation vidéo classique en fait en quelque sorte. Ou t’as un client, une demande et tu produis.

J : Ce qui est marrant c’est qu’en fait j’ai plusieurs activités vidéo. Les marques qui viennent me dire « Julien, j’aimerai que tu fasses une vidéo sur moi », donc là c’est une vidéo sponsorisée. T’as les vidéos en marques blanches, donc la même marque qui me dit « Je veux que tu me fasses une vidéo, mais tu ne la publies pas, mais tu nous la livres pour que nous on la diffuse sur nos chaines », donc là c’est de la prod ». Et troisième cas, t’as ceux qui veulent une vidéo en marque blanche avec moi qui apparait dessus comme une vidéo que je fais sauf que je ne la publie pas sur ma chaine, mais c’est pour eux.

F : Ah et tu monnayes aussi ton image à ce moment-là. Et ça tu le fais en tant qu’auto entrepreneur ?

J : Là où j’en suis, je suis auto entrepreneur.

F : D’accord. Donc ce n’est pas des droits d’auteur, c’est de la prestation.

J : Puis après t’as plusieurs lignes dans le devis. Mais tu vois quand tu fais une vidéo avec ta tête où l’objectif final derrière est de vendre, la marque utilise ton image pour faire vendre le produit. Donc c’est normal.

F : Et toi tu n’as pas de problème avec ça sur justement quand une marque, je prends l’exemple je fais exprès de mettre un peu les pieds dans le plat, mais par exemple la vidéo que t’as faite pour Ferrero où t’allais filmer des communautés-là. À ce moment-là comment ça se passe ? T’es payé par… ?

J : Je ne suis pas payé. Là c’est mon petit flair, je me suis dit Non. Déjà je suis un consommateur Nutella, je me suis dit que visiter la plus grosse usine Nutella au monde qui se trouve en France, c’est cool quoi. Donc j’y suis allé comme ça. Déjà parce que l’expérience était sympa. Et après je me suis dit j’ai un format qui marche bien sur ma chaine, c’est le format immersion. J’ai fait des choses avec l’armée, j’ai fait des choses avec la gendarmerie, autour de France, aux 24 h du Mans, enfin bref il y en a plein. Et en fait je me suis dit le fait de faire une sorte d’immersion dans les coulisses d’une énorme société, ça peut être que bénéfique. Moi je vais faire la vidéo et derrière si ça plait je vais surement avoir par effet domino d’autres marques qui me disent « On a kiffé ce que t’as fait et on aimerait que tu viennes le faire chez nous.

F : Oui c’est comme ce que tu disais sur ton portfolio de vidéo corpo.

J : Et la vidéo a cartonné. Ça a généré énormément de conversation parce que Nutella, c’est un sujet qui porte un peu touchy, je l’ai fait à ma manière.

F : Ça ne t’a pas desservi ?

J : Non je ne pense pas. Je ne pense pas parce que je n’ai pris… Je reste fidèle à moi-même quoi. Je kiffe le Nutella, j’en mange tous les matins. J’y vais en tant que Julien Fabro qui aime le Nutella qui en mange tous les matins. Mais qui essaie, eh bien, déjà de filmer tout le processus de fabrication, mais surtout qui essaie de poser les bonnes questions aux directeurs d’usines sur les méthodes de fabrication, etc. Comme ça chacun pouvait se faire sa libre opinion. Là-dessus la vidéo a fait un peu plus de 120 000 vues, il me semble. Donc c’est cool pour 40 000 abonnés. Et ça n’a pas manqué, quelque mois après j’ai eu, là j’ai 3 immersions qui sont bookées suite à cette vidéo. Les gens me disent on a vu ta vidéo Nutella, on veut ça. Appliqué à d’autres domaines.

F : C’est rigolo parce que ce que tu fais, ton business model, c’est un peu le business modèle des vidéastes, des photographes indépendants, mais à la sauce réseaux sociaux, mais avec la touche influence quoi. Par exemple quand tu fais un voyage de presse, tu fais un blogtrip, c’est comme un journaliste qui serait invité par une société pour venir créer du contenu, on lui fasse vite un peu l’accès quoi.

J : Toute façon toutes les OP de presses aujourd’hui elles sont dupliquées en OP influenceurs. T’as toujours par exemple, tu prends les essais automobiles, pendant 3 semaines pour un lancement européen ou mondial t’as la marque qui va t’envoyer au Canari. Pendant 3 semaines tu vas avoir des vagues, pendant 2 jours, le jour J, les mecs arrivent en avion, ils prennent la caisse, ils la prennent en main. Ils font leur truc, ils bouffent à l’hôtel, etc. Ils partent le lendemain et le jour d’après t’as une nouvelle vague de journées qui arrivent, etc. Et là t’as toujours des dates qui sont pour les influenceurs. Influenceurs autos, influenceurs tech, influenceurs lifestyle etc.

F : En fait, il n’y a pas grand-chose de nouveau en quelque sorte, c’est juste une adaptation à la différence que toi tu peux en plus profiter de ces moments-là pour créer du contenu pour toi, pour ta chaine, pour des trucs qui ne sont pas forcément monétisés.

J : En fait j’investis énormément, c’est-à-dire que quand on me propose des trucs cool, j’ai tendance à accepter en me disant, parce que la finalité c’est quand même de vivre de tout ça, en me disant, c’est cool on va essayer de faire une chouette vidéo pour essayer d’intéresser d’autres gens après. Pour essayer de pérenniser un petit peu le format. Après c’est clair qu’il y a la dimension kiff. Je kiffe avant tout voyager, découvrir des choses, je suis très curieux.

F : Oui c’est cool, ça te permet de vivre de ta passion.

J : Comme l’armée, tu vois ce qu’on a fait ensemble, c’est génial. Découvrir comment se préparent les soldats au 14 juillet, etc.

F : Il y a un truc sur lequel j’aimerai bien y revenir sur la partie vlog, et quand tu parles justement de vendre un peu ton image en plus de ton contenu. Il y a beaucoup de photographes qui ont du mal, j’en avais discuté encore tout à l’heure avec la précédente interview que j’avais tournée sur la question de se mettre en avant personnellement surtout les photographes de presse tu vois qui ont beaucoup de mal avec ça. Pour eux c’est : il faut mettre en avant son sujet, les gens qu’on prend en photo, les gens qu’on filme, mais pas soit en tant que personne parce que ça fait trop égoïste, ça fait trop photo centré. Parfois, j’ai une peur aussi de me mettre en avant. J’ai eu beaucoup de mal aussi à tester le vlog. Je me suis vraiment fait violence. Mais je pense que toi aussi t’es passé par là, tout le monde passe par là. Qu’est-ce que toi tu dirais à quelqu’un qui bloque sur cet aspect-là ? Voilà, qu’est-ce que tu lui dirais concrètement ? Sachant qu’il ne sait même pas si ça vaut le coup en fait.

J : Ouais après déjà si on n’a pas une petite envie à l’intérieur, il ne faut pas le faire. Parce qu’on ne tiendra jamais le rythme. Si on a envie, si on ne le fait pas on ne le saura jamais. Pendant 10 ans j’ai eu une sorte de problème d’image. Je ne m’acceptais pas trop. Dès qu’il y avait un objectif braqué sur moi c’était en famille, c’était des potes n’importe qui, je me cachais en mode “Noon tu ne me prends pas en photo”. Donc les vlogs c’était l’étape la plus compliquée de toute ma vie. Et je me suis dit “Mon gars, il faut te lancer”, si tu ne le fais pas tu vas regretter toute ta vie. Aujourd’hui tu voyages, t’as la chance d’avoir du beau contenu, tu peux inspirer des gens, tu peux faire passer tous les messages que tu veux, mais il faut faire de la vidéo. » Et ça s’est fait. Les 10 premières vidéos étaient très compliquées, la toute première était encore plus. Mais aujourd’hui tu vois je kiffe ça, je ne peux pas m’en passer, c’est une drogue aujourd’hui la vidéo. Après tu me connais. Je ne fais pas des vidéos pour l’aspect starification, je m’en fous d’être connu ou reconnu. C’est juste raconter une histoire. Tu racontes une histoire, tu fais passer des messages et ça, c’est trop cool. La vidéo c’est un format qui est hyper modulable et t’apprends sans cesse comme la photo.

F : Ouais c’est vrai qu’il y a une grosse logique d’apprentissage et de test.

J : Mais après ouais c’est sûr que c’est compliqué de se lancer.

F : Mais si c’était facile, tout le monde le ferait. Et parfois il faut aussi sortir de sa zone de confort et se challenger et ce n’est pas ce qu’on fait naturellement en fait. Ce n’est pas évident.

F : Aujourd’hui tu bosses avec des marques, tu bosses notamment avec une marque d’appareil photo. Comment ça se passe ? Tu es ambassadeur pour Panasonic c’est ça ?

J : Alors je suis ambassadeur Panasonic. Donc là c’est plus le côté Lumix qui sont les appareils photo. En fait c’est marrant parce que j’avais un voyage à Tahiti là l’année dernière. Une sorte de voyage de presse on va dire avec plusieurs sponsors. Donc là j’étais déjà équipé Lumix, c’était l’appareil photo que j’avais, c’était le G80. Et il y a un boitier qui me faisait rêver, c’était le GH5 qui est l’une des caméras référentes aujourd’hui sur le côté vidéo et rapport qualité/prix. T’as un boitier avec des specs de ouf à 2000 €, boitier nu donc c’est génial. Et là j’ai essayé de contacter Panasonic en leur disant j’ai un beau voyage de prévu à Tahiti, j’aimerais si c’est possible vous emprunter un GH5 pour faire du… là-bas. Je n’ai pas eu de réponse, ils m’ont répondu en janvier de cette année. Le voyage était en octobre. Et ils m’ont contacté, je leur ai dit que ce que je veux vraiment c’est essayer de mettre en place un partenariat à l’année. L’idée c’est vous me filer du matos et moi je crée du contenu avec ça pour inspirer les gens et dire « GH5 c’est le feu ». Du coup ils m’ont dit « Garçon t’es gentil, des demandes comme ça on en a 50 par jours, fais tes preuves ». Donc là ils m’ont filé le GH5 avec une optique pendant 1 mois. Et j’ai blindé de partout. J’ai fait 2 vidéos sur YouTube. J’ai fait plein de photos sur Instagram en les taguant. Et en fait ils ont kiffé. Et là j’étais passé par une agence de presse et suite à ça ils ont totalement kiffé. J’ai réussi à avoir le contact de la marque.

F : Une agence de com » avec une attachée de presse. Oui parce que l’agence de presse c’est pour diffuser en image.

J : Du coup j’ai eu contact avec la marque et là je leur ai proposé mon deal, je leur ai dit qu’il faut que je m’équipe. Vous kiffez le taf que je fais. Je kiffe vos boitiers. Puisqu’il faut bien avoir conscience que je n’ai pas pris Lumix parce que c’était les seuls à m’accepter. J’étais déjà client Lumix et je voulais un GH5. Et du coup le deal c’est « Écoute Jul, on te file ce que tu veux. C’est du prêt à long terme en fait sur 1 an. Le matos n’est pas à toi, tu dois nous le rendre. Mais dès que t’as besoin de quelque chose, tu nous dis et toi tu produis ton contenu derrière. » Donc aujourd’hui j’ai la chance d’avoir 2 boitiers, 5 optiques, 5 batteries et c’est génial quoi. J’ai du télé objectif, de la focal fixe, du grand-angle, quelque chose d’un plus hybride. Enfin bref c’est génial quoi. Sans dépenser 1 centime.

F : Je te comprends parce que moi c’est pareil avec Fujifilm, j’ai 2 boitiers, 5 optiques, des batteries.

J : T’es aussi ambassadeur ?

F : Ouais ouais je suis ambassadeur aussi pour Fujifilm. On me pose beaucoup la question justement comment on devient ambassadeur, etc., et ça m’intéressait d’avoir ton point de vue. J’ai déjà fait avec Olivier Lavielle qui est un photographe qui est aussi ambassadeur pour Panasonic, mais lui c’est un deal un peu différent. Il crée du contenu pour leurs réseaux sociaux. Et il est rémunéré pour ça. En plus d’avoir du prêt de matériel. Et sur certains shooting il est aussi aidé financièrement quand il a besoin de louer quelque chose. C’est Panasonic qui sort le chéquier. Donc pour te montrer que ça existe aussi à un autre niveau. Je pense qu’on peut donner en plus un peu la récompense parce qu’on arrive à la fin de l’interview et il y a eu beaucoup de trucs qui ont été dits et pour les gens qui sont restés jusqu’à la fin. Quand on négocie quelque chose comme ça avec une société, c’est toujours important de se renseigner au maximum sur tout ce qui se passe, ce qui est possible de faire pour pouvoir demander toujours le plus possible quitte à avoir ce qu’on peut avoir le moins quoi. Et si on fait un deal du prêt de matériel contre du contenu, parfois il faut savoir que des sociétés donnent même des appareils photo, donc les appareils sont à toi, tu peux es revendre si tu veux, ce qui te fait de l’argent. Ils sont prêts à payer du contenu. Bon bref c’était une petite parenthèse sur ça. Pour négocier, toute façon pour négocier c’est un art, il y a 50 000 bouquins sur ça et ce n’est pas forcément évident.

J : Après tu vois par exemple pour conclure, enfin pour terminer la question, je suis ambassadeur d’une marque de skateboard électrique qui s’appelle Acton. Donc là c’est le produit qui me faisait rêver. Là j’y suis vraiment aller, enfin c’est la seule fois je pense que je suis allé voir non. C’est une des rares fois où je suis allé voir une marque en mode votre produit il est trop ouf, il me le faut. Et je suis allé le voir, on a monté un deal. « On te file la planche, si elle est pétée, tu nous la renvoies, on te refile une. »
Et en plus il y a de l’affiliation.

F : T’as un bon de réduction et de l’affiliation.

J : Donc là mes abonnées ont 15 % avec le code…

F : Et la planche elle vaut combien ?

J : T’as plusieurs prix, mais on va dire que celle que j’ai est à 1000 €.

F : Donc 15% sur 1000 € c’est quand même intéressant.

J : Et moi derrière j’ai un petit cashback sur ce montant.

F : De combien ?

J : Je ne peux pas dire. Mais tu vois c’est gagnant-gagnant et là, je leur ai fait à peu près 20 000 € de chiffre d’affaires, je pense, depuis le début de l’année. Ce qui est pas mal.

F : L’affiliation c’est un truc qui est très puissant. On n’a pas trop parlé de tous les business modèles qui étaient possibles pour monétiser un site web ou une audience, mais toi tu connais lesquels et tu utilises lesquels par exemple à part l’affiliation du coup.

J : J’en utilise 3. Régie, donc tout ce qui est display, etc.

F : Donc là c’est de l’Adsense en gros ?

J : C’est l’Adsense, du pré-roll sur YouTube, etc. Donc là tout ce qui est display.

F : Pré-roll, c’est des publicités qui arrivent avant d’ouvrir la vidéo. Quand un moment on ouvre la vidéo, il y a une petite pub en bas. Skip ad, c’est ça !

J : Donc là c’est du dynamique en fait. Plus tu fais de vues, plus tu gagnes. Ensuite t’as le brand content. C’est-à-dire tu vas produire du contenu pour une marque. Donc « tu ne vas pas te prostituer », tu continues de faire ce que t’as l’habitude de faire sauf que t’essaies de réfléchir à une mécanique pour mettre en avant la marque. Et enfin troisième, l’affiliation. Donc là le principe je pense que tout le monde le connait.

F : Tu fais de l’affiliation avec Amazon aussi ?

J : Oui, beaucoup avec la chaine YouTube.

F : Et ça marche bien ?

J : Ça dépend. Je fais plus d’argent avec le skate électrique qu’avec l’affiliation Amazon.

F : L’affiliation Amazon ça reste quand même assez obscur. Il y a des gens qui arrivent à faire beaucoup, des gens qui ne décollent pas. C’est assez particulier. Est-ce que tu as quelque chose à rajouter et puis merci pour tout le contenu que tu partages. Est-ce que tu as des trucs à rajouter, un message que t’aimerais faire passer à ta copine ou à tes parents ? (rires). Mais je veux dire est-ce que t’as un truc que t’aimerais partager sur la création de contenu ou sur l’influence, la création de communauté qui toi t’as marqué, un conseil qu’on t’a déjà donné que t’aimerais partager un peu, qui pourrait faire changer un peu l’état d’esprit général.

J : On ne m’a jamais donné de conseil, mais ce conseil tu vas le comprendre c’est familier, mais sortez-vous les doigts du cul quoi. Vous avez des rêves, faites-les. Lâcher tout si vous êtes aujourd’hui mathématicien, prof, n’importe quoi, que vous êtes passionnés de photos lâchez tout pour la photo et Go ! Tu vois j’ai passé 2 jours à la montagne, je pue encore le feu pour faire de l’astro photographie, pour découvrir ça. On a bivouaqué avec un ami et juste pour le kiff de se dire on a truc en tête et Go ! Et c’est comme ça que tu kiffes, c’est comme ça que tu produis du beau contenu et c’est comme ça que tu progresses aussi. Donc voilà, un conseil si vous avez des envies, des rêves, foncez, ne vous posez pas de questions puisqu’on a qu’une vie.

F : Génial. À part sur YouTube, on te retrouve où du coup ? Sur Piwee encore ?

J : Piwee, Instagram en tapant Julien Fabro. Je mettrai les liens dans l’article en lien avec ce podcast. Ben écoute merci et à bientôt !

F : Yeah, ça marche ! A plus !

Cet épisode du podcast est maintenant terminé. Si ce dernier vous a plu et que vous voulez le soutenir, il vous suffit de vous abonner sur iTunes et de laisser une note de 5 étoiles, ainsi qu’un commentaire. Cela ne vous prendra qu’une minute et aidera grandement au référencement du podcast. Enfin, un dernier mot pour vous dire que si vous souhaitez avoir plus d’information et de conseil pour faire grandir votre activité de photographe professionnel, vous pouvez-vous abonnez gratuitement à ma newsletter du lundi dans laquelle je partage chaque semaine des conseils très utiles. Le lien est en description de cet épisode. Je vous donne rendez-vous dans le prochain podcast du Photographe Pro 2.0. À bientôt !

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Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Claudia Zels a une double casquette, elle est présidente de l’ANI, l’association nationale des iconographes et cheffe photo du magazine Management.

Avec elle, on parle d’iconographie, de la mission des iconographes et surtout de l’intérêt de travailler avec ces professionnels de l’image.
Quand on est photographe indépendant, c’est vraiment primordial de savoir comment travaillent les personnes susceptibles de nous acheter des images.

Quel est leur quotidien, comment font il pour trouver les images ou les photographes dont ils ont besoin ?

En sachant cela, il sera plus simple de réussir à vendre des photos et surtout de ne pas perdre son temps ainsi que celui des iconographes.
Car comme le rappelle Claudia, il est très important de bien cibler ses clients et proposer des histoires pertinentes par rapport au support visé.

Nous avons déjà abordé ce sujet lors d’un entretien précédent avec Dimitri Beck du magazine Polka, d’ailleurs je vous conseille d’écouter de toute urgence cet épisode si vous voulez vendre vos photos à la presse.

Claudia nous donne également de très précieux conseils pour bien se présenter à une rédaction.

Elle insiste notamment sur l’importance des mails personnalisés et la demande de rendez-vous, notamment lors de lectures de portfolio.

Si vous avez un peu du mal à présenter votre travail, cet épisode va vous plaire !

Je vous souhaite une bonne écoute.

 

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