Entretien avec une iconographe - Destination Reportage

Entretien avec une iconographe

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

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Valérie Philippe est iconographe indépendante.
Dans ce nouvel épisode du podcast, elle nous parle de son métier et de l’importance de ce dernier.

Avec près de 20 ans d’expérience dans la presse et un long passage par la célèbre agence parisienne « Rapho », cette iconographe lyonnaise nous donne de très bons conseils pour bien proposer nos photos aux rédactions.

On parle notamment de l’importance de l’éditing et de la construction très rigoureuse d’un sujet, d’une histoire, d’un reportage.

Valérie nous donne aussi des pistes et des conseils pour bien négocier ses tarifs avec ses clients et notamment d’autres iconographes.

Enfin, elle rappelle l’importance d’aller au contact des autres acteurs de la photographie et le fait de privilégier le contact humain et dans la vraie vie.

Je vous souhaite une bonne écoute !

 

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Transcription écrite de l’épisode :

 

Salut à tous ! Et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0. Le podcast dans lequel je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce podcast, nous parlons webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, mais aussi des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes, de laisser une note de 5 étoiles et de partager cet épisode autour de vous.

Valérie Philippe est iconographe indépendante. Dans ce nouvel épisode du podcast, elle nous parle de son métier et de l’importance de ce dernier. Avec près de 20 ans d’expérience dans la presse, et un long passage par la célèbre agence parisienne Rapho, son iconographe lyonnaise nous donne de très bons conseils pour bien proposer nos photos aux rédactions. On va parler notamment de l’importance de l’editing, et de la construction très rigoureuse : un sujet d’une histoire de reportage. Valérie nous donne aussi des pistes et des conseils pour bien négocier ses tarifs avec ses clients, et notamment d’autres iconographes.

Enfin elle rappelle l’importance d’aller au contact des autres acteurs de la photographie, et le fait de privilégier le contact humain et dans la vraie vie. Je vous souhaite une bonne écoute.

On est avec Valérie Philippe sur une étude iconographe et qui va nous parler aujourd’hui d’iconographie, de choix de photo, qu’est-ce que c’est le métier d’iconographe parce qu’on n’en connait pas assez. Et est-ce que tu es d’accord aujourd’hui pour nous partager quelques conseils pour de bonnes pratiques ? Peut-être à avoir quand on est photographe pour vendre ses photos à la presse, pas forcément qu’à la presse puisque je pense que dans tes clients tu as aussi des journaux qui ne sont pas forcément des titres de presse classiques. On s’est rencontré avec une de tes demandes, justement, via… de photos pour un magazine, ce n’est pas magazine Défense, mais c’est un magazine sur la Mutuelle des Armées.

V : C’est le magazine de la Mutuelle des Armées qui s’appelle Uneo.

F : Donc c’est un magazine corporate, de communication ?

V : De communication, on peut dire oui. Mais en tout cas, qui s’adresse exclusivement au monde de l’Armée, aux militaires.

F : Est-ce que tu peux te présenter un petit peu ? Nous parler un petit peu de ton parcours.

V : Alors, mon parcours, moi j’ai commencé en tant qu’iconographe à l’agence Rapho, je suis rentré en 95 et j’y suis resté pendant 10 ans et je travaillais au département international. J’étais en charge en fait de l’iconographie pour la presse étrangère, l’édition étrangère. J’étais aussi en lien en fait avec les agences étrangères que nous représentions en France, donc il y avait plusieurs agences que ce soit une agence anglaise, une agence allemande, italienne, différentes agences. Et je m’occupais aussi de l’export, c’est-à-dire envoyer, traduire l’ensemble des sujets qui étaient produits par les photographes de l’agence Rapho et donc les envoyer à l’ensemble des agences. Et puis je dirais, booster les agences pour faire des ventes, pour booster les ventes. Et d’autre part, je m’occupais aussi, bien entendu, de vente directe auprès de magazines importants avec lesquels on travaillait comme Newsweek, Time, Le New York Times, Stern en Allemagne, Geo Allemagne, Marianne. Et puis je travaillais beaucoup avec la Suisse aussi avec la presse suisse. Donc j’essaie d’obtenir un maximum de commande, parce qu’il faut savoir que les photographes de Rapho n’étaient pas des photographes salariés, donc ils ne vivaient que de droit d’auteur donc il fallait trouver des opportunités pour que les photographes puissent produire et que ces productions soient prises en charge par des magazines. C’est en commande, donc en fait les photographes travaillent en commande, et ensuite une fois que les photos avaient été publiées dans le magazine producteur, les photos revenaient dans le fond de l’agence et on les revendait et voilà ! Mais bon les commandes étaient pas toujours si fréquentes que ça, tous les photographes ne travaillaient pas forcément en commande. Beaucoup d’entre eux produisaient leurs propres sujets sur leurs propres fonds, donc ce n’était pas évident parce que derrière il fallait déjà se rembourser les frais, donc c’était compliqué. Donc c’est vrai que la vie, financièrement, pour les photographes ce n’était pas évident. Et je pense qu’aujourd’hui ça ne s’est pas arrangé.

F : Donc du coup toi, ta mission c’était de mettre en relation le photographe avec un journal ?

V : Tout à fait. Donc moi j’allais voir mes clients, je montrai des portfolios, et j’essaie de vendre les photographes, vendre leur regard et aussi leurs reportages et tout ça quoi. Bon, la plupart des relations commerciales que j’avais, en fait, se passaient au festival de visa pour l’image à Perpignan où là, moi et la personne avec qui je travaillais, Sylvie Languin qui était donc la responsable du département international, on était 2 sur l’international et c’était à Perpignan pendant une semaine non-stop du lundi au samedi, de 9 h du matin jusqu’à 17-18 h c’était rencontrer les clients, trier les portfolios, recevoir des photographes étrangers qui montraient leurs portfolios et qui parfois justement 6 heures. On a fait des découvertes assez extraordinaires pour l’image. Je dis entre 95 et 2005, donc c’était soit une dizaine d’années. Donc, Rapho a été racheté par Hachette dans les années 2000, je ne sais plus exactement, et à ce moment-là, mon rôle a changé dans le sens sachant qu’entre temps, ils avaient racheté l’agence Gamma, et puis Keystone. Donc là, on m’a demandé en fait de m’occuper des ventes, donc là je ne faisais plus du tout d’iconographie, d’ailleurs j’en étais bien malheureuse, et je m’occupais exclusivement des ventes de reportage, essayer de trouver des commandes et vente aussi de portrait de célébrité, de photographe d’agence Gamma et de l’agence anglaise que nous représentions qui s’appelait, je crois, l’agence Kat si je ne me trompe pas, ça remonte un peu loin. La problématique pour moi c’était de mettre en concurrence des photographes salariés de Gamma et des photographes de Rapho qui ne vivaient que dans le droit d’auteur. Donc, il y a eu un plan social et je suis partie en même temps satisfaite et pensant avoir bouclé un peu la boucle, tout ce que je pouvais faire en fait à Rapho.

F : Et aujourd’hui du coup, tu es iconographe indépendante ?

V : Donc aujourd’hui je suis iconographe indépendante, pendant les 10 années qui ont suivi après Rapho, j’ai travaillé dans plusieurs agences comme Pitchertank, j’ai été responsable commerciale au sein du groupe Marie Claire pour revendre la production photo et texte des magazines du groupe. Ça, j’ai fait ça pendant 1 an. J’ai travaillé peu de temps, mais chez Max BPP, puis j’ai travaillé dans certains magazines, j’ai un petit peu tourné dans des magazines divers et variés. Voilà, et puis aujourd’hui je suis sur Lyon, et je continue mon activité d’iconographe avec quelques clients qui sont sur Paris.

F : D’accord, et c’est quoi le métier d’iconographe ? Ça consiste en quoi ?

V : Bah le métier d’iconographe, c’est proposer des visuels qui puissent coller à un propos.

F : Quel est l’intérêt d’avoir des iconographes aujourd’hui ? Volontairement, je mets un peu les pieds dans le plat aussi sur ça, aujourd’hui la grande partie des photographes sont photographes indépendants, ils travaillent pour plusieurs clients différents comme je fais, comme plein de gens qui écoutent ce podcast le font aussi. Et ils apprennent à se vendre eux-mêmes, ils arrivent à répondre à une demande qui est directe. Les agences aujourd’hui n’ont plus la puissance qu’elles avaient avant. Pourquoi aujourd’hui passer par une iconographe ? À quoi ils servent les iconographes aujourd’hui ?

V : Bah l’iconographe a une connaissance approfondie de l’ensemble des fonds iconographiques qui existent, déjà d’une part. En fait, de gens non professionnels je dirai, en quotient des entreprises, bon dans la presse je crois qu’ils connaissent leurs métiers, ou dans l’édition. Mais je veux dire un iconographe est censé en tout cas savoir où trouver tel type de document, ça peut être un document historique. On peut aller, on peut faire appel par exemple à des parcs nationaux aux États-Unis parce qu’on cherche une photo de montagne bien précise, ça peut être un fond historique, ça fait appel aussi quand même à des recherches plus approfondies sur des thématiques bien précises. Et puis aussi, tout dépend aussi du budget à louer par le client, parce que quand il n’y a quasiment pas de budget pour les droits d’auteurs, on est obligé parfois de se débrouiller sur ce qu’on appelle des microstocks. Et on ne trouve pas tout, donc il faut comprendre que parfois aussi il faut faire comprendre à nos clients que s’ils veulent vraiment de la qualité, il y a des choses qu’on ne trouve pas dans les agences de microstock.

F : Sur le côté en général, ils vont te payer toi et en plus du coup il faut qu’ils payent aussi la production que tu vas trouver ?

V : Tout à fait.

F : Et toi tu ne prends pas de commission par exemple sur ces ventes ?

V : Non non.

F : Donc toi tu vends une prestation à ce client et derrière il peut avoir des couts en plus ?

V : Tout à fait. Bah forcément il y a des couts en plus.

F : Et ça, ça fonctionne encore aujourd’hui ?

V : Bien sûr.

F : D’accord, c’est quelque chose qui semble un peu compliqué à imaginer en fait.

V : Il y a peut-être des iconographes qui prennent un pourcentage sur les droits d’auteur ? C’est possible, moi je n’ai jamais entendu. Mais moi, mon rôle, vis-à-vis de mes clients, c’est de leur fournir un nombre de visuels suffisant pour qu’ils puissent faire leurs choix. Donc imaginons, si j’ai, on va dire, 10 visuels à trouver, enfin 10 thématiques différentes, je vais proposer son sujet. Parce que parfois, les sujets ne sont pas aussi riches que ça. J’ai proposé 10 images, 15 images, peut-être parfois que 4, parfois que 3 parce qu’il n’y a pas autant de matériel que ça disponible. Et donc après c’est au client de choisir. Et mon rôle c’est aussi de négocier les droits d’auteur, c’est le rôle aussi d’un iconographe. S’assurer qu’on a tous les droits, droit d’image. Et puis négocier avec l’agence ou le photographe indépendant. Voilà, gérer le crédit, etc.. et après on apporte ça au client et le client après n’a plus qu’à payer de son côté. C’est ce que je fais par exemple avec le magazine Lunéo. Je fais un récapitulatif de photo, le format le négocie à tel tarif.

F : C’est toi qui négocies les tarifs pour ton client du coup ?

V : Ouais.

F : D’accord.

V : Mais il peut arriver parfois que des iconographes ne négocient pas et vont juste fournir les visuels sur des bons d’images, des microstocks par exemple.

F : Et là, quand tu négocies tu te bases sur des tarifs UPP, des trucs comme ça ? Sur des grilles tarifaires de syndicat ou pas forcément ?

V : Alors, il y a 2 possibilités parce que moi j’ai vu, quand j’étais salariée dans l’ensemble des groupes de presse dont lesquels j’ai travaillé, je pense presque tous, ce sont les magazines qui ont leurs propres tarifs. Donc là, on appelle le photographe, donc là je suis plus indépendante, là je suis au sein d’un magazine, c’est le magazine qui impose ses tarifs. Le photographe il est d’accord ou il n’est pas d’accord. Ou alors il y a des deals qui sont faits avec les agences ou quelqu’un, bon à ce moment-là, on est censé chercher dans telle ou telle agence, parce qu’il y a des deals qui ont été faits, des accords. Moi, actuellement, je travaille pour un client qui lui n’a pas ses propres tarifs, ce qui n’est pas fréquent. Mais bon, moi régulièrement j’appelle les photographes, je dis : « Voilà, le tirage il est d’autant, le format il est tant. Qu’est ce que vous proposez comme tarif ? »

F : Et pourquoi tu n’élabores pas une grille tarifaire ?

V : Mais j’y pense, mais voilà, le problème c’est que je veux que les choses soient équilibrées par rapport au photographe, c’est-à-dire que le client il aura tendance si moi j’établis une grille tarifaire à rabaisser un maximum. Si on commence « à imposer » en tout cas les tarifs du client au photographe, je mets un doigt dans quelque chose où je sais que ça peut franchement aller à la baisse. C’est ça qui me met un petit peu dans une situation où je ne suis pas très très à l’aise. Et moi je sais que les photographes ne vivent que dans un droit d’auteur, donc c’est pour ça que je tiens aussi à ce que les photographes soient suffisamment payés, en droit d’auteur ou en salaire.

F : Il y aura d’autres podcasts prochainement sur ça, sur notamment avec les gens de carte de presse et des syndicats d’auteur, justement pour ça. Qu’est-ce que tu donnerais comme conseil à un photographe qui va avoir une collaboration avec une iconographe ? Peut-être avec toi, qu’est-ce que tu remarques comme erreur fréquente que font les photographes et qui à chaque fois quand tu vois ça tu dis « mais c’est dommage parce que si tu ne faisais pas ces erreurs tu aurais beaucoup plus de résultats, tu arriveras à avoir plus de photos, tu arriverais à mieux vivre tes images » ?

V : Je pense c’est de savoir monter un sujet. Une histoire, raconter une histoire.

F : Même pour des photos d’illustration ? Correspondant à une demande très ciblée comme toi tu en fais souvent quand tu dis « il faut une photo pour une hauteur, pour une largeur, avec tant de personne, tant d’équipement, de chose comme ça.

V : En faisant du reportage aussi, on crée l’illustration.

F : Non, mais c’est vrai, il y a plein de gens d’ailleurs qui ne pensent pas à ça : à faire un reportage et créer de l’illustration en même temps.

V : Enfin, moi quand je travaillais à l’agence Rapho, l’ensemble des photographes qui faisaient du reportage, ses photos elles étaient utilisées aussi en illustration. Donc, ce qu’on appelle l’illustration pure, style un peu bon d’image et tout ça, moi c’est pas du tout ma culture en fait. Donc un photographe qui souhaite vraiment produire l’illustration pure et dure, ce n’est pas ma culture donc je ne sais pas trop moi je suis plus issue de la photo journaliste, du reportage humaniste.

F : Et pour une photo journaliste, justement, est-ce que tu penses qu’il fut avoir comme réflexe quand on est face à un iconographe ou quand on va l’être prochainement pour vendre des images ? Parce que pas forcément une iconographe indépendante comme toi, mais peut-être une iconographe dans une rédaction ?

V : Mais, je pense, il faut vraiment montrer des sujets, à mon avis construits, d’une part si on peut. C’est important, donc savoir raconter une histoire. Et puis savoir montrer aussi qu’on est capable de travailler dans des environnements différents. Et, alors est-ce qu’on sait faire du portrait ? Si on sait faire du portrait, il faut vraiment montrer du vrai portrait. Moi c’est ce que je pense donc il faut mettre en valeur, je veux dire ses compétences en tant que photographe et ses spécialités, ses spécificités. Je pense par exemple un photographe comme Jean Luc Manaud, bah qui est plus là, qui était un spécialiste du désert, de l’Afrique. Il ne faisait pas un bout que portrait par exemple, je pensais les choses comme ça. C’est montrer ce qu’on sait faire d’une façon la plus riche possible.

F : Mettre en avant ses qualités. Et est-ce que tu vois des erreurs, peut-être au niveau de la présentation de ses photos ? Dans le sens où on va peut-être t’envoyer, quand tu reçois une demande, des séries ou des liens Dropbox, des liens où ils transfèrent des choses qui sont peut-être même pas correctes en termes d’IPTC ou ce genre de chose, où les méthodes données ne sont pas ressemblantes.

V : Ça, c’est pas trop ça qui me choque en fait. Ce qui me dérange, je dirai plus, en fait le manque de compréhension par les photographes et parfois par certains iconographes dans certaines agences, ça arrive, qui en fait ne comprennent pas les demandes. Pourtant j’essaie d’être précise, je vais dire par exemple » je cherche une couverture, donc je vais avoir besoin, forcément a priori, don c’est plutôt une hauteur, ou alors si c’est une largeur qu’on peut recadrer » et j’envoie généralement la maquette avec le logo qui prend beaucoup de places donc il faut quand même s’adapter. Et j’envoie généralement un brief assez précis, et je dirai 80 % ne conviennent pas. Et je reçois trop d’images qui ne correspondent pas, la lumière parfois elle n’est pas bonne. Enfin soit ce n’est pas compris, soit ce n’est pas les images sont bonnes, elles ne sont pas bonnes niveau qualitatif, surexposé ou pas formidable ou alors pas du tout recadrable. Donc j’ai l’impression c’est une perte de temps. Je télécharge, donc de temps en temps j’en mets quelques-unes de côté, je dis « ouais, tiens ça c’est bien, tiens il a compris, un tel a compris, c’est bon ». Mais, c’est vrai que je ne garde pas la majorité parce qu’il y a un choix beaucoup trop large. Enfin bon, moi j’ai la culture, ce que j’ai appris à Rapho à faire des editing très courts, serrés. Et c’est vrai que ça je le vois pas beaucoup. Moi je préfère recevoir 4 images qui sont bien plutôt que 40 et après qu’il faut que je retravaille derrière, il faut que j’en extraie 4.

F : Donc, être plus concis, être plus sélectif, plus rigoureux dans son editing et surtout s’adapter à la demande, ce n’est pas pensé que ça le fera, et que ça pourra toujours être intéressant de t’envoyer des photos.

V : Mais il y en a certains qui pensent qu’en envoyant des photos, bon ça ne colle pas tout à fait, mais on ne sait jamais comme ça bon… Bah non, ça ne va pas, ça ne conviendra pas.

F : Et c’est un gros problème parce que l’editing ce n’est pas une matière qu’on apprend à l’école et même pas forcément à l’école de journalisme. Moi j’ai fait une école de journalisme, on n’apprend pas forcément à faire ça. Qu’est-ce que tu conseillerais au photographe pour se former seul à ça ? Comment apprendre à faire l’editing outre qu’en passant par une de mes formations ?

V : Je ne sais pas, parce que moi j’ai un peu appris à faire toute seule. J’ai appris sur le tas. Honnêtement, je ne sais pas quoi te répondre parce que moi mes premières années je suis arrivé à Rapho et j’avais l’œil et je savais ce qu’était une bonne image très très vite. Je ne suis pas meilleure que d’autres, mais je n’ai pas le souvenir qu’on m’a appris à faire un editing. C’est retenir, c’est conserver les meilleures images et qui en même temps faut que l’information soit importante et qu’elle soit esthétiquement parlant, ouais qu’elle tienne la route. Éventuellement qu’il y ait une horizontale et qu’il y ait une hauteur. Mais, j’ai vraiment appris sur le tas donc moi c’est ce que je dirais quoi. Trop d’images tuent l’image. On a un reportage qui tient sur 80 images. Enfin moi, j’ai appris à l’époque où les photographes travaillaient en Kodachrome ou en Ekta, et vraiment c’est pour ça qu’on déplaçait les photos tac tac tac, et puis on faisait l’editing avec le compte-fils sur la table lumineuse. Et c’est vrai que c’était serré, un reportage faisait 40 images, 30-40 et puis stop, basta ! Après le reste pouvait faire ce qu’on appelle des doublons, des triplons, ça pouvait partir en archive, en illustration, c’est comme ça qu’on travaillait. Mais c’est important de raconter une histoire et surtout ne pas faire de doublon, de répétition. C’est comme ça qu’on travaillait à l’agence Rapho, qui est une très très bonne école.

F : Moi, j’ai beaucoup appris aussi en rédaction. Puisque peut-être que t’es d’accord avec le fait qu’il faut aussi produire parfois en fonction du support dans lequel on va diffuser du coup ça sert à rien de faire que des hauteurs s’il y a que des doubles-pages de photos dans un magazine, et ce n’est pas quelque chose qu’on apprend instinctivement à faire.

V : Mais comme tu me disais, à Toulouse, tu avais fait un stage avec un photographe à « 20 minutes », et que tu disais que quand tu fais un reportage, mais il faut dans ta tête déjà prévoir « Tiens, il faut que je puisse proposer aussi une double, une couv’ ». Enfin, voilà il faut penser à tout. Moi je pense que c’est important aujourd’hui un photographe qui fait des reportages, qui veut vendre à la presse, je pense qu’il faut qu’il pense à tout ça. Mais je n’ai pas le sentiment que ça le freine dans sa créativité, enfin, je ne suis pas photographe, mais bon.

F : Tout à l’heure tu parlais de Visa pour l’image, justement qu’est-ce que tu comptes faire encore aux photographes d’aller à Visa pour rencontrer des iconographes et essayer de vendre, sachant que quand on y vend…

V : Alors je pense que c’est toujours bien d’y aller, honnêtement.

F : Puisqu’on se rend compte que c’est plus vraiment une plaque tournante pour faire du business quand on est photographe.

V : Alors, moi je n’y suis pas allé, ça fait un petit moment quand même, donc j’y suis allé vraiment à la belle époque, on va dire. Ça fait très longtemps que je n’y suis pas allée. Moi, j’ai connu Visa en 95-2008. Au début, c’était plutôt assez intimiste, mais bon c’est vrai que ça a un peu changé. Néanmoins, je pense que c’est intéressant pour rencontrer l’ANI (l’Association des Iconographes), vraiment, parce qu’ils sont très compétents et quand on est repéré par des iconographes… C’est-à-dire que l’information elle passe entre tous les iconos. Et les iconos c’est eux qui fournissent l’image dans les magazines. C’est très important d’être en contact avec les iconographes, vraiment. Donc je pense en tout cas, Visa pour l’image c’est l’occasion ou jamais. Je crois que s’ils ont… L’ANI intervient aussi et présent aussi en Arles, et sur d’autres manifestations. Donc il faut voir ça avec Claudia Zels, qui est la présidente de l’association. Et vraiment, ce sont des gens très compétents. Enfin moi je fais partie de cette association, mais je suis sur Lyon donc c’est un peu compliqué, je ne suis pas très active, mais c’est vraiment important en fait que les photographes se rencontrent via les membres de l’ANI. Je pense que c’est vraiment bien, s’il y a des photographes qui se manifestent parfois au sein de l’association pour montrer leur travail, je ne sais pas trop, ça, il faudrait voir avec Claudia. Mais c’est extrêmement important.

F : Qu’est-ce que tu penses quand tu parlais tout à l’heure des microstock ? Et c’est quoi la différence entre une agence et un microstock ?

V : Une agence pour moi, par exemple je vais parler de Signature. C’est une agence qui représente des photographes auteurs, qui sont dans une démarche humaniste, démarche personnelle, enfin on est vraiment dans quelque chose de très personnel, créatif. Tandis que ce que j’appelle moi, le microstock, ça ne veut pas dire que microstock est d’ailleurs nul, hein. Ce sont des photos d’illustration à moindre coût qu’on retrouve quasiment dans toutes les agences de microstock, qui ne coûtent pas très cher, mais qui sont censées représenter une certaine réalité de la vie, mais qui ne sont pas la réalité. Voilà, c’est une représentation American Way Of Life, c’est famille. Mais il y a des clients qui veulent ce type d’image, parce que non seulement c’est pas cher, mais aussi parce que quand ils demandent par exemple « Je veux un enfant avec sa mère en train de pique-niquer par exemple », si on va chez Tendance Floue, chez Signature on va avoir de vraies photos, « des photos qui ne sont pas montées », c’est la réalité. Ça va être peut-être la femme du photographe avec sa fille en train de grignoter un bout sur la plage. Par contre si on va sur des agences de stock, ça sera la jolie maman avec la jolie petite fille avec la petite nappe bien propre et ce qui n’est pas… Ce qu’on voit rarement quand même, voilà ce que je veux dire, ça reflète une réalité qui n’existe pas. Ça reflète un monde qui n’existe pas.

F : Ouais c’est plus pour du corporate ces usages-là.

V : Mais malheureusement non, dans la presse aussi.

F : Il y a quoi comme agence de microstock que tu peux citer par exemple pour qu’on ait une idée ?

V : Il y a Fotolia, AGE, Shutterstock, il y en a plein je sais plus.

F : Ça, ce n’est pas un moyen pour un photographe de faire connaître son travail ou tu penses que c’est une bonne chose ou une mauvaise chose de participer à ça ? Quand on est photographe pro ? Et qu’on veut bosser pour la presse ou faire du reportage par exemple ?

V : Un photographe qui fait du reportage pour moi, sa production ne correspond pas vraiment à ce que peut proposer les agences de microstock. Par contre, c’est juste parce que ça me fait penser à un photographe que j’ai rencontré qui habite à Paris dans le 18e, je ne m’en rappelle pas le nom. Le type est assez étonnant, qui en fait produit je ne sais combien d’images à l’année, je ne vais pas donner de faux chiffres, mais il produit en fait vraiment pour les agences de microstock. C’est un type calme, bosser pour la presse, etc. Qui a à peu près une cinquantaine d’années, il a son studio chez lui dans le 18e à Marx Dormoy et en fait, il a des accords avec des modèles, des mannequins, etc. Il fait ses prods, les mannequins ne se font pas payer et ils balancent ça à toutes les agences de microstock. Mais il produit, il produit, c’est du boulot, il produit énormément. Et en fait je l’ai rencontré il y a 5 ans, il gagnait 7000 € par mois, rien que de ses ventes de photos en microstock, donc elles ne sont pas vendues chères. Et ça augmentait de mois en mois, il a montré son relevé. Mais lui, en parallèle, il vendait ses photos sur son site, qui sont dans une agence de microstock, il les vendait en droit d’auteur. Il les vendait à la presse, à des agences qui connaissaient ce photographe qui ont vu sur son site « Ah elle est superbe cette image », mais qui ne savait pas que ces photos existaient en microstock, voilà !

F : En gros, on peut vendre à différents types de personne.

V : Mais lui, il produisait vraiment dans cet angle-là quoi. C’était : « Je veux coller à la demande, je veux faire… Je n’en sais rien, je sais plus ce qu’était la thématique », mais c’était bien fait, c’était propre et c’était clean. Il gagnait, il jubilait, il gagnait très très bien sa vie.

F : Mais ce que disent pas mal de photographes qui sont dans ce secteur-là, c’est que si on veut se lancer dans le stock, il faut vraiment faire que ça quoi. Et vraiment bien le faire. Et justement sur la partie, quand on est iconographe on est amené à chercher du « Libre de Droit », ce qui n’existe pas vraiment en France. Mais en gros, du gratuit.

V : Bah moi personnellement, quand j’ai des clients qui ont un budget, honnêtement je préfère faire appel à des photographes auteurs.

F : Je m’en doute, mais il y a des gens qui ne sont peut-être pas conscients comme toi que derrière il y a un vrai travail à rémunérer qui vont peut-être aller vers des Flickr, il y a ce genre de plateforme là. Et en même temps, j’ai rencontré des photographes qui m’expliquaient que c’était pour eux une façon d’avoir non seulement de la visibilité, mais aussi déclencher des ventes à long terme, d’avoir des images sur Flickr, pas libres de droits, mais librement téléchargeable par exemple, qu’est-ce que toi tu penses de tout ça ? Est-ce que tu penses qu’un photographe aurait tout à gagner à ne pas forcément percher à constamment protéger ses images.

V : Alors ça, c’est la grande question, pareil en musique, on pose la même question.

F : J’ai rencontré une compositrice, c’est pareil, qui fait ça. Toute sa discographie est sur Soundcloud.

V : C’est un album libre de droits pour se faire connaître. Moi, je ne suis pas convaincue.

F : C’est rigolo, un des premiers épisodes du podcast, c’est celui de Laurent Dequick, qui est photographe,  photographe un peu d’architecture, et qui bosse beaucoup avec Yellowkorner, qui fait du tirage d’art. Enfin tirage d’art, mais pour du particulier donc des gens qui n’ont forcément pas beaucoup de moyens pour investir dans de l’art. Et lui il dit quelque chose de très intéressant qui est : « Parfois ça ne sert à rien d’essayer de trop se bagarrer avec son client sur la question des droits d’utilisation des images, essayer de lâcher un petit peu du leste, être plus flexible pour être rappelé à nouveau, pour être moins casse-pied ». Toi, tu penses quoi de tout ça ?

V : (rires) C’est ménager la chèvre et le chou ! Je ne sais pas, c’est comme dans tout rapport commercial, c’est comme moi en tant qu’iconographe. Si je demande plus, si je demande à être mieux payée peut-être qu’on ne me rappellera plus. Qu’est-ce que j’en pense ? Je pense en tout cas il faut demander un minimum, comme un minimum syndical ou je ne sais pas. Mais on ne peut accepter de vendre une photo à 50 € par exemple.

F : Et justement, quel conseil tu donnerais à un photographe qui cherche les arguments un petit peu, autre que vous comprenez un appareil photo, ça coûte cher. Je fais un vrai métier, je n’appuie pas que sur un bouton. Quelle démarche tu conseillerais d’avoir à un photographe ?

V : En tout cas, un magazine, il se vend aussi en grande partie grâce à l’image, c’est l’image qui fait vendre. Et quand on vend une image, quel que soit le support, tout le monde est payé non ? Il me semble. Que ce soit pour une brochure, une affiche par exemple, une affiche d’un festival de théâtre, on va dire on n’a pas de budget, mais oui ! Mais alors l’imprimeur, il a été payé. Le graphiste il a été payé. Donc non j’estime que le photographe il doit être payé. À partir du moment où c’est de la création, on estime que la création quelque part ça n’a pas de valeur. Bah quand je vois, par exemple, sur Facebook des choses passer qui sont diffusées par la communauté de photographes avec lesquels je suis en contact. Et quand on voit des demandes que ce soit Marseille, je crois, qui ont passé… L’office du Tourisme de Marseille, je ne veux pas dire de bêtise, mais bon.

F : Ah oui, je l’ai vu passer. De Théo… un des membres d’… a partagé. J’ai vu, il a partagé !

V : Voilà, on demande : « Envoyez vos photos, vous êtes amateur alors on voudrait par exemple des champs de lavande en Provence, etc. Peut-être que vous aurez la chance d’être sélectionné, etc. »

F : Comme dans tous les concours d’Office du Tourisme ou de Région…

V : Et je trouve ça juste scandaleux quoi. Tout ça, c’est pour ne pas payer. Bah non, tu veux de la bonne image, tu payes.

F : Ouais, c’est être rationnel par rapport à avoir un discours commercial. Mais est-ce que toi, en tant qu’iconographe, ça ne t’est pas arrivé à un moment d’avoir une instruction de ne pas avoir de budget justement, et avoir quelqu’un au bout du fil qui te dit « Voilà, ce n’est pas assez cher payé pour cette photo ». Toi, tu n’as pas trop le choix parce que t’as que ce budget sous la main. Est-ce que t’as été convaincue par certains arguments de photographe qui t’ont fait changer d’avis ou que toi t’as envie de changer d’avis, tu vois ce que je veux dire ?

V : Ce n’est pas moi qui tiens la bourse non plus. Moi, je suis plutôt quand même du côté des photographes en général, parce que je comprends que ce n’est pas toujours évident. Et moi, je défends le photographe, mais j’essaie aussi que le client… Il y a parfois des demandes des photographes qui sont complètement aberrantes. Il peut y avoir des demandes de prix. « Écoute, non désolé, mais ça ne passera jamais ». Donc ça peut m’arriver de dire à des photographes : « En général, tu vois pour un quart de page, ça tourne à peu près autour de ça ». Donc j’essaie pour que les choses soient équilibrées, vraiment pour le client, et puis pour le photographe. C’est important, il faut aussi respecter les clients, moi je ne veux pas accepter il y a un photographe qui me demande 800 € pour un quart de page par exemple. Il y a des choses qui ne passent pas. Après… Je ne sais pas, j’ai été claire !?

F : Carrément, de toute façon après comme tu dis, c’est tout le temps un petit peu au feeling entre les gens. OK, écoute, est-ce que t’as un dernier conseil à donner aux gens qui nous écoutent, aux photographes ? Des trucs que t’aimerais partager ou peut-être une ressource que t’aimerais partager, peut-être un livre ou une ressource qui toi, tu penses qui pourrait être utile pour un photographe pour bien démarcher des iconographes ou vendre mieux sa production, vendre et revendre, si on parle d’agence par exemple ?

V : Alors là, non je n’ai pas d’idée là tout de suite maintenant, je n’ai pas réfléchi. En tout cas, c’est important de se faire connaître et ne pas hésiter à contacter, à appeler les rédactions, mais il n’y a pas que la presse. En tout cas, appeler les rédactions, se faire connaître. Il n’y a rien à dire c’est rencontré des gens. Ce n’est pas envoyer un mail, bon, envoyer un mail oui, mais aller rencontrer les rédacteurs photo, aller dans des festivals, rencontrer les iconographes, les membres de l’ANI (Association Nationale des Iconographes). Puis voir aussi, regarder tout ce qui se passe, regarder publication et ce qui se fait. C’est-à-dire qu’avant d’aller voir un magazine, va savoir un petit peu aussi de quoi ça parle. Parce qu’il arrive parfois qu’il y ait des photographes qui se présentent et qui ont un matériel qui ne correspond absolument pas.

F : Ce que dit justement Dimitri dans son interview.

V : C’est important, c’est garder les yeux ouverts, les oreilles grandes ouvertes et être toujours à l’affut de tout ce qui se passe, ce que m’avait dit Stanley Greene quand je suis rentré à Rapho, on avait des amis en communs donc c’était quelqu’un que je connaissais bien. Et avant que je suis rentrée à Rapho il m’a dit : « Valérie, open your eyes, open your ears, tu rentres à Rapho ça va être extraordinaire, mais tu écoutes, tu regardes et tu emmagasines, tu emmagasines toutes tes connaissances, c’est important ». Donc, oui je dirai ça. Va voir ce qui se passe, aller dans des festivals, puis voilà, regarder les livres qui sortent et voilà !

F : Je te remercie.

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Fred
Je m'appelle Fred et je suis reporter-photographe professionnel. En plus de mon travail pour la presse magazine, j'aide les autres photographes, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Mon métier de photographe m'amène à voyager un peu partout à travers le monde. J'en profite donc pour partager ces expériences et ces découvertes à travers des reportages et des carnets de voyage sur cette chaîne YouTube. Si vous êtes photographe amateur et que vous êtes à la recherche de conseils et d'astuces pour progresser en photo, faire de meilleures images et vous faire davantage plaisir en photographie, alors cette chaîne est faite pour vous ! ► Téléchargez gratuitement mon dernier livre « J’apprends la Photographie en mode Reportage" : http://bit.ly/pdfmethodephoto Aujourd'hui, j'arrive à vivre pleinement de ma passion : la photographie et j'aide des milliers de photographes à y parvenir eux aussi. Si vous êtes pro ou que vous souhaitez le devenir, je partage avec vous mes meilleurs conseils marketing et business pour trouver plus de clients, vendre plus de photos et vivre concrètement de ce fabuleux métier. ► Ressources pour photographe professionnel : http://bit.ly/ressourcesphotographepro
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