Julien Fabro : comment vivre de YouTube - Destination Reportage

Julien Fabro : comment vivre de YouTube

Salut à tous, et bienvenue dans le Podcast Photographe Pro 2.0 !

Je m’appelle Fred, et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo.

Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, et d’experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe.

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Julien Fabro est un jeune créateur lyonnais très actif sur les réseaux sociaux, notamment YouTube et Instagram.

Il n’est pas photographe professionnel mais il arrive à vivre de sa production photo et vidéo.

Dans ce nouvel entretien, on parle essentiellement d’influence.
Quel est ce nouveau marché et en quoi consiste ce nouveau métier d’influenceur ?

Julien nous donne des conseils pour avoir plus de followers sur Instagram et faire gonfler sa chaîne Youtube.
Au moment où nous avons enregistré cet épisode, sa chaîne est suivie par plus de 40 000 personnes et des marques viennent régulièrement le solliciter pour des collaborations et autres prestations.

Il va partager avec nous comment monétiser ses réseaux sociaux et concrètement comment gagner de l’argent avec un blog ou une chaîne Youtube.

Enfin, Julien est aussi ambassadeur Panasonic, il est équipé par cette marque et nous explique comment il en est arrivé là.

Je vous souhaite une bonne écoute !

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Transcription écrite de l’épisode :

 

Salut à tous et bienvenue dans Podcast Photographe Pro 2.0. Je m’appelle Fred et dans ce podcast, je vais partager avec vous des conseils et des stratégies pour vous aider à vivre de la photo. Dans ce nouveau format, on va parler webmarketing, techniques de vente, réseaux sociaux, à travers des interviews de photographes professionnels reconnus, mais aussi des experts dans différentes thématiques qui vont vous aider à faire grandir votre activité de photographe. N’oubliez pas de vous abonner sur iTunes et de partager cet épisode autour de vous pour faire connaître ce podcast.

Julien Fabro est un jeune créateur lyonnais très actif sur les réseaux sociaux notamment YouTube et Instagram. Il n’est pas photographe professionnel, mais il arrive à vivre de sa production photo et vidéo. Dans ce nouvel entretien, on parle essentiellement d’influence. Quel est ce nouveau marché et en quoi consiste ce nouveau métier d’influenceur ? Julien nous donne des conseils pour avoir plus de followers sur Instagram et faire gonfler sa chaine YouTube. Au moment où nous avons enregistré cet épisode, sa chaine est suivie par plus de 40 000 personnes et des marques viennent régulièrement le solliciter pour des collaborations et autres prestations. Il va partager avec nous comment monétiser les réseaux sociaux et concrètement comment gagner de l’argent avec un blog ou une chaine YouTube. Enfin, Julien est également ambassadeur pour Panasonic, il est équipé par cette marque et nous explique comment il en est arrivé là. Je vous souhaite une bonne écoute.

F : On est donc à Lyon avec Julien Fabro qui est influenceur, YouTubeur. Tu vas te présenter, tu vas nous dire qui tu es exactement. Nous on s’est connu la veille du 14 juillet l’année dernière où on était tous les deux dans un hélicoptère de combat en dessus de Paris. Ce qui était une expérience assez rigolote, pas banale. Merci à toi de donner un peu de ton temps pour partager avec les auditeurs de ce podcast. Tu es aussi photographe en tant que vidéaste. Est-ce que tu peux te présenter et nous dire un peu qui tu es et ce que tu fais ?

J : Ouais carrément. Bonjour à tous ! En gros je suis un jeune créateur lyonnais, j’ai 26 ans. Aujourd’hui sur Internet, je produis des vidéos sur YouTube sur ma chaine. Ça, on va dire c’est mon plus gros business. Autour de tout ça, on a plein de choses qui gravitent. Déjà j’ai un site Internet qui s’appelle Piwee.net. C’est un blog lié à l’actualité, marketing, etc. Ensuite je fais aussi pas mal de consulting sur le social média. Je fais aussi pas mal de prod » vidéo parce que ça s’imbrique un petit peu avec YouTube, etc. J’essaie vraiment de m’axer sur ça. Et je suis petit peu prof sur story telling vidéo et sur l’influence marketing.

F : Et tu as quel âge ?

J : 26 ans.

F : OK, c’est génial ! Ici on est dans un espace de co-working au moment où on fait l’interview à Lyon. Et tu interviens aussi dans ce même bâtiment tu me disais pour donner des cours en tant que prof sur cette thématique-là justement. Comment tu en es venu à arriver comme ça, à créer un business en ligne et aussi à devenir créateur vidéaste, photographe ?

J : Longue question ! En fait tout a commencé, j’ai eu mon bac, etc., j’ai commencé par suivre des études dans le commerce. Un BTS NRC, j’ai fait 2 ans. Et suite à mon diplôme, j’ai décidé de rejoindre une société. J’ai eu une opportunité, j’ai été chargé de développement pendant 1 an au sein d’une start-up qui faisait une sorte de coque pour téléphone. C’est juste une coque que tu mets derrière, tu peux personnaliser et moi j’étais là pour la partie commerciale. Mais vu que c’était une start-up, j’ai touché un petit peu à tout. Aux réseaux sociaux et à la communication. D’ici là, je me suis dit en fait que c’est génial. Internet c’est magique, il y a encore 5 ans je n’étais pas sur Facebook. Je n’avais rien ni Twitter ni chaine YouTube. Je n’avais rien. Et là j’ai été piqué à ça. Je me suis dit « Écoute, là, je quitte tout ». Je quitte le commerce pour me consacrer à la com ». J’ai repris en fait une 3e année à suivre du com », école de communication. Donc là c’était vraiment apprendre les bases de la com ». Et pendant ce temps j’étais en alternance en community manager (CM). En fait c’est à partir de cette année où j’ai ouvert tous les profils sur les réseaux sociaux. Vu que j’étais CM en alternance, j’avais de grosses responsabilités, mais bon j’y suis allé un peu au bullshit. Je leur ai dit « Prenez-moi, je suis très bon, je m’y connais en social média » alors que pas du tout. Et en fait les 3 premiers mois je me suis vraiment autoformé dessus. Mais vraiment sur la créa, sur le story telling, sur les réseaux sociaux, sur la curation, sur tout un tas de choses. Et c’est en faisant toutes ces recherches que j’ai découvert l’univers magique des blogs. Et là je me suis dit, c’est incroyable. La partie même qui me faisait rêver tu sais c’est ces blogueurs qui partaient en voyage et qui recevaient des cadeaux. Et là je me suis dit, j’étais tout jeune, vraiment c’est cool. Du coup, je me suis dit que moi aussi je vais écrire un blog. Donc là j’ai créé un premier site sur quelque chose qui me faisait kiffer. J’avais envie d’écrire sur le marketing. Donc j’ai créé un premier site qui s’appelait creativads.wordpress.com. Il n’y avait pas question de payer, je ne savais pas comment ça marchait donc j’avais quelque chose de gratuit. Et voilà, j’ai découvert tout ça comme ça. Pour te dire en espace de 1 an j’ai fait 12 000 visites sur ce site. Ce n’était pas dégueu j’étais content. Ensuite j’ai fait mon année, j’ai eu mon diplôme. En début de 4e année je me suis dit, là ça me plait, j’ai fait un peu de visiteurs, etc., maintenant j’aimerais un vrai site à moi, plus large, je ne vais pas me cantonner qu’à la pub. Et là, je mets les moyens, je m’achète un thème, un nom de domaine, un hébergement, etc. Et le projet Piwee est né ! Donc j’étais toujours en alternance dans l’entreprise où j’étais avant. J’étais toujours en SUP’DE COM en 4e année. Et là dès le premier mois, en lançant ce premier site bidon l’année d’avant, je me suis fait mes armes. J’ai connu tout un tas de gens sur Twitter, mais de manière totalement virtuelle. Et en fait il y a un truc que j’adore faire, c’est aller échanger avec les gens par DM. Des gens que je ne connais pas. Des pointures, des CM, des chargés de com », des responsables com », même des directeurs d’agence. Et en fait je me suis fait mon petit réseau, très rapidement j’ai eu plein de personnes qui m’ont suivi. Donc quand j’ai lancé Piwee, il y a eu le petit coup d’annonce. Dès le premier mois, j’ai fait 15 000 visiteurs. Et là, la machine était lancée. Deuxième mois, pareil, 30 000 visiteurs.

F : Et c’était déjà monétisé ou pas encore ?

J : Non. Pas du tout. Les 6 premiers mois, ce n’était pas monétisé. Et dis-toi que sur les 4 premiers mois je faisais fois 2 tous les mois en termes de trafic. Au bout du 2e mois, j’ai créé Piwee en novembre 2013. En décembre 2013 j’avais une agence de com » à Lyon, agence RP qui m’a dit « Julien, on a vu ce que tu fais avec Piwee, etc., on aimerait te proposer un poste chez nous pour on va dire créer un pôle social média pour digitaliser l’agence. Pour que l’agence prenne ce virage digital. » Je leur ai dit OK, à 2 conditions : j’ai négocié un peu le salaire et surtout je ne peux pas venir sans travailler sur Piwee. Donc l’idée c’était que je peux gérer Piwee quand je veux. Ils ont dit oui pour les 2 choses. Du coup j’ai dit au revoir à l’école, à la formation. Finalement je n’ai qu’un bac +3 et j’ai dit au revoir à l’alternance. Ça les a un peu fait chier. Et pendant 6 mois j’étais community manger en agence et à la fois blogueur. En fait ça a duré 6 mois parce qu’au bout d’un moment Piwee grossissait, je devais être à 150 000 visiteurs au bout de 6 mois, ce qui est cool. J’avais déjà une petite équipe de rédaction, des gens qui étaient chargés de produire du contenu gratuitement pour moi en échange de visibilité. C’est des étudiants qui ont besoin d’avoir une petite ligne sur le CV en mode « moi aussi je produis des choses sur Internet » et ça les distingue des autres quoi. Donc ça, c’est super cool, c’est fait de manière donnant donnant. Et en aout, 8 mois après le lancement de Piwee, j’ai quitté l’agence pour me consacrer à Piwee à plein temps. Et le jour où j’ai pris cette décision, je n’ai rien négocié, j’ai dit « Je me barre » et je n’avais aucun revenu sur Piwee. Donc là j’ai ouvert toutes les vannes pub : Adsense, Criteo de la retargeting, un peu de Taboola, c’est les suggestions de site en bas. Il y a eu quelques articles sponso et en fait dès le premier mois je me suis fait un SMIC et là, la machine était lancée.

F : Ah ouais direct ? Excellent !

J : Et il n’y a pas eu de temps mort. Et c’était une prise de risque de ouf parce que j’avais un CDI, j’ai démissionné. Donc je n’avais pas le chômage, je n’avais rien et je me suis dit que mon kiff c’était de produire du contenu sur Internet et voilà. Et voilà c’était une histoire un peu longue désolée.

F : Non c’est super intéressant. C’était quand que tu as quitté ton boulot pour monétiser ton site ?

J : C’était il y a 4-5 ans.

F : Ah c’était il y a pas très longtemps en fait.

J : 2014 donc 4 ans.

F : Tu penses qu’aujourd’hui tu pourrais refaire ce même choix avec les revenus Adsense qui baissent et tout ça ?

J : Pour donner un chiffre, enfin je m’en fous de parler d’argent. Avec Piwee très rapidement, j’ai gagné entre 600 et 2600 € par mois avec Adsense. Ce qui est costaud.

F : Genre les mois les plus mauvais, c’était 600 €…

J : Là on s’était arrêté en aout 2014, 1 an après, en avril, mai et juin 2015, c’est des mois où j’ai pété les scores où on était à plus de 1 million de visiteurs mensuels. Là, c’est ouf c’était un peu plus de 2600 € sur Adsense. Donc là tu vois ça fait plaisir, c’est cool.

F : Là, aujourd’hui tu fais encore du Adsense et tout ça ou tu as arrêté ?

J : Et du coup là, ça s’est totalement pété la gueule. Parce que déjà tu as l’audience de Piwee qui a baissé totalement parce que c’est un site qui dépend des réseaux sociaux, du reach et des algorithmes qui font chier. Excuse-moi, mais on peut le dire.

F : On va en parler un petit peu de ça justement.

J : On va en parler un petit peu, mais voilà aujourd’hui Piwee fait 100 000 visiteurs. C’est du quali, une cible de créateurs, de communicants, etc. Mais c’est dommage. Et les revenus Adsense…

F : Dépendent du trafic et donc du coup, se sont cassé la figure.

J : Attends je reprends juste le fil de ta question, tout ça pour dire que pour finir l’histoire, Piwee, j’aime bien prendre cet exemple, tu as toujours un cycle de vie d’une entreprise. Tu sais t’as la phase de création, t’as la croissance, t’as la phase de maturité et t’as le déclin. Piwee aujourd’hui est en fin de maturité. C’est-à-dire qu’il faut que je me pose la question est-ce que c’est en déclin ou est-ce que ça va repartir ? Là j’en suis là aujourd’hui. Et en fait je me suis posé cette question il y a 2 ans. Là, les algos, ils commencent à faire chier. La vidéo est tendance, etc., et j’ai découvert un créateur américain, c’est un peu ma star. C’est Casey Neistat ! Et les vlogs en fait qu’il faisait, ça m’a transpiré. Parce que pareil je bougeais énormément avec les marches, je faisais beaucoup de voyage, etc. Et je me suis dit, le format vidéo même si j’avais hyper peur de la vidéo je me suis dit c’est ce qu’il faut faire.

F : Donc Casey Neistat, pour ceux qui ne connaissent pas c’est un vlogueur américain qui a révolutionné un petit peu le style de vidéo sur YouTube, sur les réseaux sociaux en filmant sa propre vie. Enfin il n’a pas vraiment inventé, il y a des gens qui le faisaient avant lui, mais qui ne faisaient pas aussi fréquemment. Lui, il l’a fait tous les jours le daily vlog. Je crois qu’il est passé de 300000 à 4 millions d’abonnés en 1 an. C’était la plus grosse audience sur YouTube. C’est vrai qu’aujourd’hui il y a plein de gens qui ne le connaissent pas encore alors qu’il a 10 millions d’abonnés. Et c’est hallucinant quoi. Juste une petite parenthèse pour ceux qui ne le connaissaient pas.

J : Et tout ça pour dire que j’ai pris ce virage. En fait depuis 2 ans, ce qui est marrant c’est que j’ai retrouvé cette fougue quand j’ai créé ma chaine YouTube que j’avais au début de Piwee. Au début de Piwee, j’écrivais tout le temps des articles pour entretenir le feu, pour avoir du trafic, etc. Et quand j’ai lancé ma chaine YouTube, je faisais 200 vues par vidéo pendant les 6 premiers mois. Et je faisais 3 vidéos par semaine. Donc ça me prenait environ 60 % de mon temps. C’est à partir de ce moment où Piwee a aussi diminué en trafic parce que j’avais moins de temps dessus. Mais après, c’était tellement un kiff personnel que Go, quoi ! Et aujourd’hui tu vois pour répondre à ta question, c’est difficile de vivre d’un business par Internet uniquement avec les revenus Adsense ou publicitaires. Avant c’était ouf, même sur Piwee tu sais quand tu mets des vidéos Dailymotion par exemple sur ton site, les pubs tournent, c’est toi qui vas gagner de l’argent. J’étais à 15 $ du CPL.

F : Ce qui est énorme !

J : C’est incroyable ! Aujourd’hui à mon avis c’est divisé par 15.

F : Le CPL sur YouTube c’est 1 je crois hein.

J : 0,70. Et aujourd’hui tu vois avec ma chaine YouTube, je suis à un peu plus de 40000 abonnés. Je fais entre 200 000 et 400 000 vues mensuelles.

F : Et tu génères de la publicité sur chacune des vidéos ?

J : Oui. Juste au début.

F : D’accord. Ca génère combien ça ?

J : Ça génère environ 200-300 € par mois.

F : Surtout quand on voit le travail que tu mets dans tes vidéos. J’invite les auditeurs à aller voir tes vidéos parce qu’il y a vraiment des trucs. En fait ce qui est rigolo c’est de voir ta progression. Je vois dans les commentaires il y a tant de gens qui disent « Wouah, t’as progressé, etc. ». Et c’est vrai en fait pour t’avoir suivi depuis pas loin du début parce que ta première vidéo en immersion avec l’armée c’était il y a 1 an et demi ? Voilà donc pour avoir suivi un peu de loin tout ça je vois la différence avec aujourd’hui, ta prod » vidéo ressemble à certaine prod » d’agence de com » qui envoie quoi ! Je ne dis pas tout ça pour te flatter, mais c’est vraiment impressionnant et puis ce qui est rigolo c’est que t’as cette capacité de fougue, de joie, d’avoir envie de comprendre comment ça fonctionne et ça se voit avec la photo. Et non c’est vraiment très impressionnant. Et c’est quoi aujourd’hui ton business model, parce qu’à force des choses t’es devenu ce qu’on appelle un influenceur. J’avais déjà parlé dans un précédent podcast avec l’interview de Steven Herteleer, tu connais ? C’est un photographe de mode. Il bosse beaucoup pour L’Oréal en prod » vidéo aussi. Il a un gros business et à force des choses comme il bouge tout le temps, il est 6 mois par an dans un avion, il est devenu un influenceur voyage. Il travaille avec Alex Vizeo. Il a livré énormément de trucs. L’interview dure 45 min je crois, je te conseille de l’écouter, tu apprendras peut-être 2-3 trucs. Et du coup ce nouveau métier d’influenceur est-ce que tu peux en parler ? Comment toi tu le vois, comment tu le vis ?

J : Déjà le mot influenceur ça veut tout dire et ne rien dire. L’influenceur on va dire pour définir, c’est quelqu’un qui a une communauté sur internet et qui a cette capacité d’influencer. Ça peut être l’acte d’achat, c’est ce que les marques visent en fait. Les influenceurs, ça existe depuis la nuit des temps avec les célébrités, avec les stars, etc. C’est des communautés en ligne. C’est un métier hyper compliqué parce que t’en as des vrais, t’en as des faux, t’as ceux qui achètent. Je pense que t’as vu mon évolution.

F : Oui t’as acheté des followers, ça se sent. (rires)

J : Tous mes followers sont faux. On les voit dans les commentaires. Voilà c’est un travail de longue haleine. Tu travailles tout le temps, etc. Et aujourd’hui ça a la chance de payer et c’est super cool, mais il y a énormément de taffes derrière.

F : Et puis tout le monde ne perce pas en plus.

J : Oui tout le monde ne perce pas non plus. Moi je dirai l’influenceur c’est le truc à la mode. Quand tu vois un petit peu les courbes aux USA, les investissements dans l’influence marketing c’est énorme. Et apparemment dans les 5 ans à venir il y aura plus de budgets dans l’influence que dans la télé. Et vu qu’on a 5 ans de retard en France là, on commence vraiment à avoir beaucoup beaucoup d’opérations avec les influenceurs. Toutes les marques veulent faire ça.

F : On voit beaucoup d’influenceurs qui sont en fait des créateurs et on a l’impression que pour être influenceur il faut forcément être un bon créateur. Est-ce que t’es d’accord avec ça ou pas ?

J : Non. En fait pour moi je dissocie vraiment créateur et influenceur. L’influenceur tu vois c’est, je ne sais pas par exemple si on reste un peu dans le délire de YouTube. Sur YouTube tu prends McFly et Carlito, tu prends Squeezie, tu prends Amixem ou des choses comme ça, je les adore ils font du bon taffe, mais ce n’est pas des gens qui savent filmer tu vois. C’est des mecs qui sont drôles. Ils ont des monteurs avec eux. Et Go quoi !

F : Ils sont dans la création, mais pas vidéo ni photo. Ils sont dans la création de texte…

J : C’est des créateurs de fait, parce qu’ils sont sur Internet, ils font des vidéos, mais ce n’est pas eux qui font… Tu n’es pas sur la même patte qu’un photographe, qu’un vidéaste.

F : Et à contrario est-ce que tu penses que tous les photographes peuvent être influenceurs ? C’est un peu la question que se posent beaucoup de photographes. Tu vois par exemple dans mon audience, il y a des photographes qui ont parfois 10-20 même 30 ans de métier qui se retrouvent à se prendre un peu la réalité du marché aujourd’hui notamment le marché de la presse dans la figure, qui voient les gens comme toi qui regardes avec un peu méfiant ou parfois risible et qui se disent que c’est pas juste ou tu vois qui sont un peu parfois même aigris. Et qui se disent « Ouais, mais moi tout ça je pourrais le faire » tu vois, mais qui finalement ne le font pas du coup ils ne trouveront jamais les résultats. Est-ce que tu penses que toi, avec le recul que t’as sur ça et qui fait maintenant de la photo et de la vidéo de façon professionnelle sauf que t’es pas sur les mêmes canaux de distribution que nous autres photographes pros qui vont dans la presse, les particuliers les choses comme ça… C’est quoi ton opinion sur ça ? Est-ce que toi tu penses, est-ce que t’as envie de dire que les photographes devraient être influenceurs ou pas forcément ?

J : En fait « on ne nait pas influenceur on le devient ». Et on ne choisit pas. Moi je n’ai jamais choisi de devenir influenceur. Quand j’ai lancé Piwee c’était un kiff. Quand j’ai lancé les vidéos, c’était un kiff aussi. Il n’y avait aucune finalité derrière. C’est juste un élan. Après quand t’es photographe t’as la chance d’avoir une patte. T’as la chance de produire du contenu qui est visible et qui est beau. Donc c’est beaucoup plus facile de se créer une communauté parce que c’est chouette ce que tu fais. Par contre quelqu’un qui se lance, qui ne sait pas trop faire de photos, ça va être un peu plus difficile. Après genre un photographe peut devenir influenceur ? Ça dépend, pour toi c’est quoi un influenceur ? C’est quelqu’un qui a une communauté ou c’est quelqu’un qui a la capacité de vendre des choses à des marques ?

F : Qui crée une communauté, qui va faire des opérations avec des marques, qui va faire du contenu sponsorisé, qui va produire du contenu comme tu fais en marque blanche, des choses comme ça.

J : Je pense que tous les photographes, tous les vidéastes, tous ces créateurs doivent avoir des comptes pour être visibles sur Internet, mais on ne peut pas déclencher le truc. Il y a des photographes qui sont bourrés de talents et qui sont à 200 abonnés sur Instagram depuis 4 ans quoi.

F : Qu’est-ce qui leur manque à ces gens tu penses ? Pourquoi un photographe ne fait pas décoller son compte Instagram même s’il a la meilleure prod » du monde, qu’il a des publications dans les plus gros magazines et que son compte n’explose pas ?

J : Mauvais hashtag, mauvaise visibilité, mauvaise communication. Il ne sait peut-être pas se mettre en valeur. Ce n’est pas son métier non plus tu vois. On va dire que l’influenceur, c’est un couteau suisse. Il maitrise tout. Il maitrise la prod », la communication, il sait se vendre. Il deale avec des marques, il modère. Bref il y a tout un éventail de chose qu’on doit maitriser pour être « influenceur », pour entretenir sa communauté. Donc le photographe sait se vendre, mais est-ce qu’il sait communiquer autour de ce qu’il fait ? Ça, ce n’est pas sûr.

F : Donc ça veut dire qu’il faut qu’il se forme à toutes ces compétences-là.

J : Ça peut être intéressant de passer par de la formation ou de prendre des conseils. Un petit consultant qui va driver en y faisant une strat social média à suivre. Mais c’est hyper compliqué. Toi par exemple, t’as des voyages de fous, etc., t’as un bon compte Insta ?

F : Moins de 10 000.

J : Ah non, je n’ai rien dit. Je croyais que t’étais à 300 k.

F : Sur YouTube par exemple j’ai un peu de mal, mais je sais que je n’y vais pas à 100 %. Moi la leçon que j’ai tiré de tout ça c’est que si tu ne t’y mets pas à 100 % tu n’auras pas les résultats qui suivent. Ce n’est pas un truc qui se fait tout seul, tu peux automatiser une partie de ton activité, de ta création, etc., mais c’est toujours un peu compliqué. Est-ce que t’as des conseils à donner sur tout ce qui est justement autour d’Instagram ? Et puis après de YouTube ? Instagram c’est assez évident pour un photographe, YouTube un peu moins.

J : Tu parles en termes d’évolution et de communauté ?

F : Par exemple, ouais. Ou d’optimisation de chaine, de compte.

J : Ben après sur Instagram je m’y lance vraiment à fond. Là l’objectif c’est vraiment péter le game et balancer vraiment de la belle photo et faire plaisir. Du coup sur Instagram il y a plein de choses qu’il faut faire pour que ta chaine grossisse, etc. Moi je capitalise vraiment sur ma chaine YouTube. Tous les abonnés que j’ai sur Insta, c’est des gens qui me suivent sur YouTube. Et du coup j’essaie de faire un maximum de relais depuis ma chaine YouTube sur Instagram. Ensuite sur Instagram, l’objectif, ça va être de se faire repérer par des comptes plus gros qui vont réutiliser tes photos, te taguer, etc. T’as des comptes par exemple @bokehshots ou @electricshots, etc. C’est des comptes qui ont entre 100 et 500000 abonnés. Ils partagent que de belles photos avec des bokeh ou avec une patte ou avec une certaine lumière, un flair, etc. Et l’objectif ça peut être les taguer sur tes photos pour qu’eux les voient et te citent.

F : Pour qu’ils repartagent ton contenu, l’utilisent sans te payer pour ensuite te donner de la publicité.

J : Exactement. Et ça cartonne.

F : Et ça tu vois c’est un truc qui est complètement inconcevable pour un photographe professionnel. Parce que nous le but du jeu, c’est qu’on achète nos images.

J : Ouais c’est sûr, mais quand tu tapes un compte à 200 k abonnés, les gens qui suivent ce compte ils savent que c’est de la belle photo donc ils ont envie de la transpirer. Une photo qu’ils trouvent cool, ils vont aller voir les créateurs. S’ils aiment bien une photo, ils aimeront toutes tes photos. Après c’est ça, tu investis pour être visible. Et demain une OP que tu vendras à 500 € avec 300 abonnés Instagram, demain tu la vendras à 2000 € avec 15000 abonnés Instagram.

F : C’est quoi une OP justement ? Qu’est-ce que tu entends par OP ?

J : Une OP je ne sais pas, c’est une marque qui vient me voir en me disant Julien écoute j’aimerai t’inviter en Corse pour que tu testes mon hôtel et que tu me fasses une vidéo et des photos Insta.

F : Donc là tu vas travailler pour cette marque, mais bénévolement. En échange juste du voyage et des trucs comme ça où tu vas être payé en plus ?

J : Ça dépend, t’as un peu tout. Généralement t’es payé.

F : T’es payé comment ? T’es payé à la journée de travail ou au contenu que tu vas délivrer ?

J : Ca dépend de tout le monde quoi. Moi je sais que je facture à la journée de travail. On va dire qu’une vidéo, ça me nécessite 2 jours de travail, je vends 2 jours de travail. Pour les immersions par exemple, quand je pars 4 jours, là c’est au forfait.

F : Et tu définis ça en fonction de tes clients ou tu as des tarifs fixes ?

J : Non j’ai des tarifs fixes. Après l’influence c’est hyper modulable. Je sais qu’une vidéo, ça me coute ça, par contre quand il faut faire une vidéo plus 15 stories plus 3 photos Insta plus des Tweets, etc.

F : En gros plus il y a du boulot, plus tu vas en demander plus.

J : Ah, c’est sûr !

F : Donc en gros ton nombre de followers, de fans, de likes virtuels va définir aussi ton chiffre d’affaires indirectement puisque ça sera une augmentation éventuellement de ton cout de travail.

J : En fait c’est une petite partie tu vois. Après je sais que j’ai ma patte bien à moi. Si quelqu’un me contacte pour que je lui fasse une vidéo, il ne va pas me contacter pour avoir une vidéo. Il va me contacter pas pour me jeter des fleurs, mais pour avoir du Julien Fabro. Un style très identifiable avec du B-roll qui part dans tous les sens, des beaux plans, etc.

F : Après tu fais de la prestation vidéo classique en fait en quelque sorte. Ou t’as un client, une demande et tu produis.

J : Ce qui est marrant c’est qu’en fait j’ai plusieurs activités vidéo. Les marques qui viennent me dire « Julien, j’aimerai que tu fasses une vidéo sur moi », donc là c’est une vidéo sponsorisée. T’as les vidéos en marques blanches, donc la même marque qui me dit « Je veux que tu me fasses une vidéo, mais tu ne la publies pas, mais tu nous la livres pour que nous on la diffuse sur nos chaines », donc là c’est de la prod ». Et troisième cas, t’as ceux qui veulent une vidéo en marque blanche avec moi qui apparait dessus comme une vidéo que je fais sauf que je ne la publie pas sur ma chaine, mais c’est pour eux.

F : Ah et tu monnayes aussi ton image à ce moment-là. Et ça tu le fais en tant qu’auto entrepreneur ?

J : Là où j’en suis, je suis auto entrepreneur.

F : D’accord. Donc ce n’est pas des droits d’auteur, c’est de la prestation.

J : Puis après t’as plusieurs lignes dans le devis. Mais tu vois quand tu fais une vidéo avec ta tête où l’objectif final derrière est de vendre, la marque utilise ton image pour faire vendre le produit. Donc c’est normal.

F : Et toi tu n’as pas de problème avec ça sur justement quand une marque, je prends l’exemple je fais exprès de mettre un peu les pieds dans le plat, mais par exemple la vidéo que t’as faite pour Ferrero où t’allais filmer des communautés-là. À ce moment-là comment ça se passe ? T’es payé par… ?

J : Je ne suis pas payé. Là c’est mon petit flair, je me suis dit Non. Déjà je suis un consommateur Nutella, je me suis dit que visiter la plus grosse usine Nutella au monde qui se trouve en France, c’est cool quoi. Donc j’y suis allé comme ça. Déjà parce que l’expérience était sympa. Et après je me suis dit j’ai un format qui marche bien sur ma chaine, c’est le format immersion. J’ai fait des choses avec l’armée, j’ai fait des choses avec la gendarmerie, autour de France, aux 24 h du Mans, enfin bref il y en a plein. Et en fait je me suis dit le fait de faire une sorte d’immersion dans les coulisses d’une énorme société, ça peut être que bénéfique. Moi je vais faire la vidéo et derrière si ça plait je vais surement avoir par effet domino d’autres marques qui me disent « On a kiffé ce que t’as fait et on aimerait que tu viennes le faire chez nous.

F : Oui c’est comme ce que tu disais sur ton portfolio de vidéo corpo.

J : Et la vidéo a cartonné. Ça a généré énormément de conversation parce que Nutella, c’est un sujet qui porte un peu touchy, je l’ai fait à ma manière.

F : Ça ne t’a pas desservi ?

J : Non je ne pense pas. Je ne pense pas parce que je n’ai pris… Je reste fidèle à moi-même quoi. Je kiffe le Nutella, j’en mange tous les matins. J’y vais en tant que Julien Fabro qui aime le Nutella qui en mange tous les matins. Mais qui essaie, eh bien, déjà de filmer tout le processus de fabrication, mais surtout qui essaie de poser les bonnes questions aux directeurs d’usines sur les méthodes de fabrication, etc. Comme ça chacun pouvait se faire sa libre opinion. Là-dessus la vidéo a fait un peu plus de 120 000 vues, il me semble. Donc c’est cool pour 40 000 abonnés. Et ça n’a pas manqué, quelque mois après j’ai eu, là j’ai 3 immersions qui sont bookées suite à cette vidéo. Les gens me disent on a vu ta vidéo Nutella, on veut ça. Appliqué à d’autres domaines.

F : C’est rigolo parce que ce que tu fais, ton business model, c’est un peu le business modèle des vidéastes, des photographes indépendants, mais à la sauce réseaux sociaux, mais avec la touche influence quoi. Par exemple quand tu fais un voyage de presse, tu fais un blogtrip, c’est comme un journaliste qui serait invité par une société pour venir créer du contenu, on lui fasse vite un peu l’accès quoi.

J : Toute façon toutes les OP de presses aujourd’hui elles sont dupliquées en OP influenceurs. T’as toujours par exemple, tu prends les essais automobiles, pendant 3 semaines pour un lancement européen ou mondial t’as la marque qui va t’envoyer au Canari. Pendant 3 semaines tu vas avoir des vagues, pendant 2 jours, le jour J, les mecs arrivent en avion, ils prennent la caisse, ils la prennent en main. Ils font leur truc, ils bouffent à l’hôtel, etc. Ils partent le lendemain et le jour d’après t’as une nouvelle vague de journées qui arrivent, etc. Et là t’as toujours des dates qui sont pour les influenceurs. Influenceurs autos, influenceurs tech, influenceurs lifestyle etc.

F : En fait, il n’y a pas grand-chose de nouveau en quelque sorte, c’est juste une adaptation à la différence que toi tu peux en plus profiter de ces moments-là pour créer du contenu pour toi, pour ta chaine, pour des trucs qui ne sont pas forcément monétisés.

J : En fait j’investis énormément, c’est-à-dire que quand on me propose des trucs cool, j’ai tendance à accepter en me disant, parce que la finalité c’est quand même de vivre de tout ça, en me disant, c’est cool on va essayer de faire une chouette vidéo pour essayer d’intéresser d’autres gens après. Pour essayer de pérenniser un petit peu le format. Après c’est clair qu’il y a la dimension kiff. Je kiffe avant tout voyager, découvrir des choses, je suis très curieux.

F : Oui c’est cool, ça te permet de vivre de ta passion.

J : Comme l’armée, tu vois ce qu’on a fait ensemble, c’est génial. Découvrir comment se préparent les soldats au 14 juillet, etc.

F : Il y a un truc sur lequel j’aimerai bien y revenir sur la partie vlog, et quand tu parles justement de vendre un peu ton image en plus de ton contenu. Il y a beaucoup de photographes qui ont du mal, j’en avais discuté encore tout à l’heure avec la précédente interview que j’avais tournée sur la question de se mettre en avant personnellement surtout les photographes de presse tu vois qui ont beaucoup de mal avec ça. Pour eux c’est : il faut mettre en avant son sujet, les gens qu’on prend en photo, les gens qu’on filme, mais pas soit en tant que personne parce que ça fait trop égoïste, ça fait trop photo centré. Parfois, j’ai une peur aussi de me mettre en avant. J’ai eu beaucoup de mal aussi à tester le vlog. Je me suis vraiment fait violence. Mais je pense que toi aussi t’es passé par là, tout le monde passe par là. Qu’est-ce que toi tu dirais à quelqu’un qui bloque sur cet aspect-là ? Voilà, qu’est-ce que tu lui dirais concrètement ? Sachant qu’il ne sait même pas si ça vaut le coup en fait.

J : Ouais après déjà si on n’a pas une petite envie à l’intérieur, il ne faut pas le faire. Parce qu’on ne tiendra jamais le rythme. Si on a envie, si on ne le fait pas on ne le saura jamais. Pendant 10 ans j’ai eu une sorte de problème d’image. Je ne m’acceptais pas trop. Dès qu’il y avait un objectif braqué sur moi c’était en famille, c’était des potes n’importe qui, je me cachais en mode “Noon tu ne me prends pas en photo”. Donc les vlogs c’était l’étape la plus compliquée de toute ma vie. Et je me suis dit “Mon gars, il faut te lancer”, si tu ne le fais pas tu vas regretter toute ta vie. Aujourd’hui tu voyages, t’as la chance d’avoir du beau contenu, tu peux inspirer des gens, tu peux faire passer tous les messages que tu veux, mais il faut faire de la vidéo. » Et ça s’est fait. Les 10 premières vidéos étaient très compliquées, la toute première était encore plus. Mais aujourd’hui tu vois je kiffe ça, je ne peux pas m’en passer, c’est une drogue aujourd’hui la vidéo. Après tu me connais. Je ne fais pas des vidéos pour l’aspect starification, je m’en fous d’être connu ou reconnu. C’est juste raconter une histoire. Tu racontes une histoire, tu fais passer des messages et ça, c’est trop cool. La vidéo c’est un format qui est hyper modulable et t’apprends sans cesse comme la photo.

F : Ouais c’est vrai qu’il y a une grosse logique d’apprentissage et de test.

J : Mais après ouais c’est sûr que c’est compliqué de se lancer.

F : Mais si c’était facile, tout le monde le ferait. Et parfois il faut aussi sortir de sa zone de confort et se challenger et ce n’est pas ce qu’on fait naturellement en fait. Ce n’est pas évident.

F : Aujourd’hui tu bosses avec des marques, tu bosses notamment avec une marque d’appareil photo. Comment ça se passe ? Tu es ambassadeur pour Panasonic c’est ça ?

J : Alors je suis ambassadeur Panasonic. Donc là c’est plus le côté Lumix qui sont les appareils photo. En fait c’est marrant parce que j’avais un voyage à Tahiti là l’année dernière. Une sorte de voyage de presse on va dire avec plusieurs sponsors. Donc là j’étais déjà équipé Lumix, c’était l’appareil photo que j’avais, c’était le G80. Et il y a un boitier qui me faisait rêver, c’était le GH5 qui est l’une des caméras référentes aujourd’hui sur le côté vidéo et rapport qualité/prix. T’as un boitier avec des specs de ouf à 2000 €, boitier nu donc c’est génial. Et là j’ai essayé de contacter Panasonic en leur disant j’ai un beau voyage de prévu à Tahiti, j’aimerais si c’est possible vous emprunter un GH5 pour faire du… là-bas. Je n’ai pas eu de réponse, ils m’ont répondu en janvier de cette année. Le voyage était en octobre. Et ils m’ont contacté, je leur ai dit que ce que je veux vraiment c’est essayer de mettre en place un partenariat à l’année. L’idée c’est vous me filer du matos et moi je crée du contenu avec ça pour inspirer les gens et dire « GH5 c’est le feu ». Du coup ils m’ont dit « Garçon t’es gentil, des demandes comme ça on en a 50 par jours, fais tes preuves ». Donc là ils m’ont filé le GH5 avec une optique pendant 1 mois. Et j’ai blindé de partout. J’ai fait 2 vidéos sur YouTube. J’ai fait plein de photos sur Instagram en les taguant. Et en fait ils ont kiffé. Et là j’étais passé par une agence de presse et suite à ça ils ont totalement kiffé. J’ai réussi à avoir le contact de la marque.

F : Une agence de com » avec une attachée de presse. Oui parce que l’agence de presse c’est pour diffuser en image.

J : Du coup j’ai eu contact avec la marque et là je leur ai proposé mon deal, je leur ai dit qu’il faut que je m’équipe. Vous kiffez le taf que je fais. Je kiffe vos boitiers. Puisqu’il faut bien avoir conscience que je n’ai pas pris Lumix parce que c’était les seuls à m’accepter. J’étais déjà client Lumix et je voulais un GH5. Et du coup le deal c’est « Écoute Jul, on te file ce que tu veux. C’est du prêt à long terme en fait sur 1 an. Le matos n’est pas à toi, tu dois nous le rendre. Mais dès que t’as besoin de quelque chose, tu nous dis et toi tu produis ton contenu derrière. » Donc aujourd’hui j’ai la chance d’avoir 2 boitiers, 5 optiques, 5 batteries et c’est génial quoi. J’ai du télé objectif, de la focal fixe, du grand-angle, quelque chose d’un plus hybride. Enfin bref c’est génial quoi. Sans dépenser 1 centime.

F : Je te comprends parce que moi c’est pareil avec Fujifilm, j’ai 2 boitiers, 5 optiques, des batteries.

J : T’es aussi ambassadeur ?

F : Ouais ouais je suis ambassadeur aussi pour Fujifilm. On me pose beaucoup la question justement comment on devient ambassadeur, etc., et ça m’intéressait d’avoir ton point de vue. J’ai déjà fait avec Olivier Lavielle qui est un photographe qui est aussi ambassadeur pour Panasonic, mais lui c’est un deal un peu différent. Il crée du contenu pour leurs réseaux sociaux. Et il est rémunéré pour ça. En plus d’avoir du prêt de matériel. Et sur certains shooting il est aussi aidé financièrement quand il a besoin de louer quelque chose. C’est Panasonic qui sort le chéquier. Donc pour te montrer que ça existe aussi à un autre niveau. Je pense qu’on peut donner en plus un peu la récompense parce qu’on arrive à la fin de l’interview et il y a eu beaucoup de trucs qui ont été dits et pour les gens qui sont restés jusqu’à la fin. Quand on négocie quelque chose comme ça avec une société, c’est toujours important de se renseigner au maximum sur tout ce qui se passe, ce qui est possible de faire pour pouvoir demander toujours le plus possible quitte à avoir ce qu’on peut avoir le moins quoi. Et si on fait un deal du prêt de matériel contre du contenu, parfois il faut savoir que des sociétés donnent même des appareils photo, donc les appareils sont à toi, tu peux es revendre si tu veux, ce qui te fait de l’argent. Ils sont prêts à payer du contenu. Bon bref c’était une petite parenthèse sur ça. Pour négocier, toute façon pour négocier c’est un art, il y a 50 000 bouquins sur ça et ce n’est pas forcément évident.

J : Après tu vois par exemple pour conclure, enfin pour terminer la question, je suis ambassadeur d’une marque de skateboard électrique qui s’appelle Acton. Donc là c’est le produit qui me faisait rêver. Là j’y suis vraiment aller, enfin c’est la seule fois je pense que je suis allé voir non. C’est une des rares fois où je suis allé voir une marque en mode votre produit il est trop ouf, il me le faut. Et je suis allé le voir, on a monté un deal. « On te file la planche, si elle est pétée, tu nous la renvoies, on te refile une. »
Et en plus il y a de l’affiliation.

F : T’as un bon de réduction et de l’affiliation.

J : Donc là mes abonnées ont 15 % avec le code…

F : Et la planche elle vaut combien ?

J : T’as plusieurs prix, mais on va dire que celle que j’ai est à 1000 €.

F : Donc 15% sur 1000 € c’est quand même intéressant.

J : Et moi derrière j’ai un petit cashback sur ce montant.

F : De combien ?

J : Je ne peux pas dire. Mais tu vois c’est gagnant-gagnant et là, je leur ai fait à peu près 20 000 € de chiffre d’affaires, je pense, depuis le début de l’année. Ce qui est pas mal.

F : L’affiliation c’est un truc qui est très puissant. On n’a pas trop parlé de tous les business modèles qui étaient possibles pour monétiser un site web ou une audience, mais toi tu connais lesquels et tu utilises lesquels par exemple à part l’affiliation du coup.

J : J’en utilise 3. Régie, donc tout ce qui est display, etc.

F : Donc là c’est de l’Adsense en gros ?

J : C’est l’Adsense, du pré-roll sur YouTube, etc. Donc là tout ce qui est display.

F : Pré-roll, c’est des publicités qui arrivent avant d’ouvrir la vidéo. Quand un moment on ouvre la vidéo, il y a une petite pub en bas. Skip ad, c’est ça !

J : Donc là c’est du dynamique en fait. Plus tu fais de vues, plus tu gagnes. Ensuite t’as le brand content. C’est-à-dire tu vas produire du contenu pour une marque. Donc « tu ne vas pas te prostituer », tu continues de faire ce que t’as l’habitude de faire sauf que t’essaies de réfléchir à une mécanique pour mettre en avant la marque. Et enfin troisième, l’affiliation. Donc là le principe je pense que tout le monde le connait.

F : Tu fais de l’affiliation avec Amazon aussi ?

J : Oui, beaucoup avec la chaine YouTube.

F : Et ça marche bien ?

J : Ça dépend. Je fais plus d’argent avec le skate électrique qu’avec l’affiliation Amazon.

F : L’affiliation Amazon ça reste quand même assez obscur. Il y a des gens qui arrivent à faire beaucoup, des gens qui ne décollent pas. C’est assez particulier. Est-ce que tu as quelque chose à rajouter et puis merci pour tout le contenu que tu partages. Est-ce que tu as des trucs à rajouter, un message que t’aimerais faire passer à ta copine ou à tes parents ? (rires). Mais je veux dire est-ce que t’as un truc que t’aimerais partager sur la création de contenu ou sur l’influence, la création de communauté qui toi t’as marqué, un conseil qu’on t’a déjà donné que t’aimerais partager un peu, qui pourrait faire changer un peu l’état d’esprit général.

J : On ne m’a jamais donné de conseil, mais ce conseil tu vas le comprendre c’est familier, mais sortez-vous les doigts du cul quoi. Vous avez des rêves, faites-les. Lâcher tout si vous êtes aujourd’hui mathématicien, prof, n’importe quoi, que vous êtes passionnés de photos lâchez tout pour la photo et Go ! Tu vois j’ai passé 2 jours à la montagne, je pue encore le feu pour faire de l’astro photographie, pour découvrir ça. On a bivouaqué avec un ami et juste pour le kiff de se dire on a truc en tête et Go ! Et c’est comme ça que tu kiffes, c’est comme ça que tu produis du beau contenu et c’est comme ça que tu progresses aussi. Donc voilà, un conseil si vous avez des envies, des rêves, foncez, ne vous posez pas de questions puisqu’on a qu’une vie.

F : Génial. À part sur YouTube, on te retrouve où du coup ? Sur Piwee encore ?

J : Piwee, Instagram en tapant Julien Fabro. Je mettrai les liens dans l’article en lien avec ce podcast. Ben écoute merci et à bientôt !

F : Yeah, ça marche ! A plus !

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Fred
Je m'appelle Fred et je suis reporter-photographe professionnel. En plus de mon travail pour la presse magazine, j'aide les autres photographes, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Mon métier de photographe m'amène à voyager un peu partout à travers le monde. J'en profite donc pour partager ces expériences et ces découvertes à travers des reportages et des carnets de voyage sur cette chaîne YouTube. Si vous êtes photographe amateur et que vous êtes à la recherche de conseils et d'astuces pour progresser en photo, faire de meilleures images et vous faire davantage plaisir en photographie, alors cette chaîne est faite pour vous ! ► Téléchargez gratuitement mon dernier livre « J’apprends la Photographie en mode Reportage" : http://bit.ly/pdfmethodephoto Aujourd'hui, j'arrive à vivre pleinement de ma passion : la photographie et j'aide des milliers de photographes à y parvenir eux aussi. Si vous êtes pro ou que vous souhaitez le devenir, je partage avec vous mes meilleurs conseils marketing et business pour trouver plus de clients, vendre plus de photos et vivre concrètement de ce fabuleux métier. ► Ressources pour photographe professionnel : http://bit.ly/ressourcesphotographepro
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